02/04/2026
Suite à la remise d’un rapport d’experts sur l’intervention précoce en psychiatrie, la Ministre de la Santé, de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, fixe un objectif clair :
👉 « qu’aucun jeune ne passe entre les mailles du filet et qu’aucun trouble débutant ne devienne une trajectoire brisée, faute d’avoir été repéré précocement ».
Une ambition nécessaire. Mais une question essentielle demeure :
Pourquoi, en France, l’intervention “précoce” commence-t-elle… à 15 ans ?
Alors même que l’Organisation mondiale de la santé rappelle que 50 % des troubles psychiques apparaissent avant 14 ans.
Sur le terrain, le paradoxe est encore plus frappant :
➡️ Des jeunes dont les troubles ont débuté bien avant 15 ans
➡️ Se tournent vers ces dispositifs d’intervention précoce
➡️ …et en sont exclus, car leurs symptômes durent depuis “trop longtemps” (plus de 2 ans et sans évolution favorable)
Autrement dit :
❌ Trop tôt pour être pris en charge hier
❌ Trop t**d pour l’être aujourd’hui
Entre les deux, des symptômes qui s’aggravent. Des familles qui explosent.
Et si nous posions enfin la vraie question :
👉 L’intervention précoce doit-elle commencer à l’adolescence… ou dès l’enfance ?
👉 Avant même les manifestations cliniques franches ?
Car les troubles psychiatriques ne surgissent pas à 15 ans. Ils s’inscrivent dans des trajectoires développementales, souvent visibles bien plus tôt :
* irritabilité persistante
* troubles du sommeil
* difficultés émotionnelles ou scolaires
* ou autres signaux souvent banalisés
Aujourd’hui, le modèle français de l’intervention précoce reste largement :
* centré sur des critères issus de la psychiatrie adulte
* structuré autour des premiers épisodes sévères
* peu adapté aux débuts précoces et progressifs car pilotés par des psychiatres de l’adulte
Et pendant ce temps, la pédopsychiatrie – en première ligne – manque de moyens, de formation et de structuration à la hauteur des enjeux.
Dans notre Manifeste sur la bipolarité à début précoce, remis à la délégation interministérielle pour les TND, nous demandions également une cartographie et une homogénéisation des ressources concernant les DIP.
Mais cela ne suffira pas.
👉 Le véritable enjeu est un changement de paradigme :
* passer d’une logique de seuil à une logique de trajectoire
* intervenir avant la rupture, pas juste après
* construire une continuité réelle entre enfance, adolescence et âge adulte
Nous ne pouvons plus accepter que “précoce” signifie “déjà trop t**d”.
Si nous voulons réellement éviter des trajectoires brisées alors l’intervention précoce doit commencer là où tout commence :
👉 dans l’enfance.
Après la remise d’un rapport d’expertes missionnées sur l’intervention précoce en psychiatrie, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes ...Lire la suite