Club 589

Club 589 Suivez l'aventure de Walaby et de son skipper sur le circuit 2015/2016 de la classe mini

31/01/2020
Voila un petit résumé de la deuxième étape. C'est un peu long mais tellement de choses à raconter. (et encore j'ai fait ...
29/01/2020

Voila un petit résumé de la deuxième étape. C'est un peu long mais tellement de choses à raconter. (et encore j'ai fait très court ;-)

Une escale assez courte aux Canaries durant laquelle j’en ai profité pour rentrer à la maison et voir la famille et trouver un moyen d’améliorer mon système d’énergie (Je veux éviter de revivre les trois jours sans pilote de la première étape…) Du coup, achat d’un groupe électrogène et tout le système qui va avec pour charger mes batteries. Je mets tout ça dans le sac et hop direction Las Palmas. Une fois sur place il faut tout brancher, faire les tests finir les dernières bricoles, re-re-re refaire un check complet du bateau (système de direction, tout les cordages, tout le gréement, l’électronique, nettoyer le dessous du bateau…) et finir par l’avitaillement. Bref encore des journées bien remplies. Ils me reste un peu de temps pour profiter de l’ile qu’on explore un peu avec un copain. C’est sympa mais on à hâte de retourner en mer. L’avant veille du départ, petite soirée avec les gens du club nautique local. Et après quelques parties de babyfoot, me voila à 23h00 entrain de faire de la voile latine dans le port avec eux… super mais pas de vent et surtout pas de lumières sur le bateau pour nous permettre de sortir du port. Super sympas, ils nous proposent une nouvelle sortie le lendemain. Génial !!!

La veille au soir, dernier briefing météo et « derniers » conseils pour la traversée. C’est décidé, je prendrai une route Nord (comme tout le monde, tous les coach et routeurs nous font passer par une route nord) . Et nous voila le matin du départ sur les pontons à préparer nos voiles et à se mettre en configuration course. J’entends des bruits comme quoi il y aurai aussi une route sud avec les dernières info météo. Dans le doute je voir un quelqu’un qui pourrait m’en dire plus… Il fait tourner ses modèles et le résultat tombe…. Une routes SUD proche du Cap Vert. Sur les pontons, les skippers sont divisés. Ceux qui n’aiment pas les changements de dernières minutes, les opportunistes et ceux qui suivent un des deux groupe. Je pensais faire parti du 3ème, n’ayant pas pris le temps de suivre une formation météo approfondie pour la Transat, je me suis dit que je suivrais bien quelques bons dans le sud.

Je suis dans les derniers à être remorqué hors du port. Mon short que j’avais laissé sécher sur les filières la veille n’est plus là. Il m’en reste un autre et un maillot de bain. Il parait qu’on n’en a pas trop besoin et de toute façon bah c’est comme ça…

Météo annoncée pour le départ: 15 noeuds de Nord, un peu plus fort le long de la côte. Météo réelle au départ: un bon 25 noeuds de nord, plus fort le long de la côte. C’est musclé, mais ça va vite. Je vois les premières figures de style. Il faut vraiment réussir à anticiper les croisements pour éviter les cabrioles. Aux bout de quelques heures la flotte se disperse un peu, les croisements se font s’espacent un peu et l’attention diminue. Et PAF, je perds à mon tour le contrôle du bateau, il se couche sur le coté, le spi dans l’eau et plus moyen de redresser le bateau. Il faut rentrer le spi. Dans la manoeuvre il se retrouve derrière le bateau dans l’eau comme un chalut. Au bout de 30 minutes je parviens à le hisser entièrement à bord. Plus de peur que de mal. Le spi n’est pas déchiré et tout est rentré dans l’ordre. Et c’est reparti. La nuit tombe, je fais route vers le sud. Je croise pas mal de concurrents qui vont vers l’Ouest. Le lendemain (donc le 3 novembre), sur mes écrans de contrôle je ne vois plus qu’un seul concurrent juste derrière moi, il a le même bateau que moi . Toujours 20 noeuds de vent, ça continu à aller vite. Pendant la deuxième nuit, je le vois changer de direction, il va aussi vers l’ouest. Je continue vers le sud (persuadé que certains sont devant, plus au sud). Il disparait de mes écrans et n’est plus à portée VHF (moyen de communication entre les bateaux). Nous sommes le 4 novembre à 6h40 et Je suis SEUL. 18H, j’atteinds le point GPS que m’avait donné le routage le matin du départ, je peux empanner, direction plein ouest.

Toujours pas mal de vent, une mer assez forte (vagues de 6-7 mètres). je fais des surfs délirants avec assez peu de voile. La grand voile avec 2 ris (en gros la moitié) et un foc à l’avant. je bats mon record de vitesse avec une pointe à 18 noeuds et des surfs régulièrement au dessus des 15. C’est tonique mais j’aime ça. Je me sens bien. j’ai l’impression que le bateau ne souffre pas trop, le pilote tient bien le cap. C’est presque facile jusqu’au 6 novembre à 15h où dans un surf la grand voile se dégonfle et l’écoute s’enroule autour de mon système de direction et qu’a la fin du surf, quand la grand voile se regonfle, l’écoute casse mon système de direction. La sanction ne se fait pas attendre, je parts à l’abbaté (empannage non voulut et violent). La bôme sur son passage explose mes câbles qui retiennent mon mât vers l’arrière. Encore une fois le bateau est couché. Je suis à l’intérieur au moment de l’incident. Il faut réagir vite si je veux garder mon mât. Je suis obligé d’affaler complètement la voile. 1h30 de réparations!!! encore une fois plus de peur que de mal. OUF

Plus j’avance et plus temps est bon. Vent plus maniable, mer de moins en moins grosse. Il fait de plus en plus chaud. Je ne mets plus mes cirés. Le 7, première do**he (d’une grande série de 3 sur la transat).
Comment prendre une do**he sur la minitransat: Mettre de l’eau dans une bouteille de 1,5L le matin et la laisser chauffer au soleil toute la journée. au moment de prendre la do**he 1h avant le coucher du soleil, mettre sur la bouteille un bouchon percé de quelque trou d’aiguille et s’humidifier. Se laver puis se rincer avec le reste de la bouteille. Enfin attendre à l’air libre pour se sécher.

Mes journées sont rythmées par 3 horaires:
6h00 et 18h00 TU pour normalement des prises de contact avec les bateaux accompagnateurs (Perso je n’en ai eu que le premier jour)
et 15h00 pour une réception météo par radio et éventuellement un classement (que je n’ai écouté qu’à partir du 10 novembre pour ne pas me mettre plus de pression)

Après il y a les repas (un petit au chocolat le matin une salade en conserve le midi et le soir ce qui vient) plus le grignotage des graines et des fruits secs. Les barres chocolatées à oublier très vite à cause de la chaleur jusqu’à 38°C dans le bateau à l’ombre…

La lecture, un peu de nav aussi, des siestes courtes (entre 45 et 60 minutes) mais assez nombreuses réparti sur 24h (pas de nuit ordinaires de 8 ou 9h) des vérifications de matériel.

Vous connaissez l’expression « le monde est petit » Le 8, je croise un catamaran de croisière partis de La Rochelle direction la Martinique. Petit échange radio bien agréable(le premier depuis 5 jours). A bord, 4 copains pour convoyer jusqu’aux Antilles. Leurs compagnes doivent les rejoindre là bas. Et à l’aéroport de Fort de France Lilou discute avec 4 femmes dont leurs maris sont en convoyage sur un catamaran entre La Rochelle et la Martinique!!!! Elle est pas bonne celle là!!!!

Le 9, je passe la longitude 37°Ouest. C’est la moitié entre les Canaries et la Martinique. Le temps est particulièrement agréable, toujours 17 20 noeuds de vent, la houle est plus longue, propice aux surfs sous pilote.

Le 11, le vent molli un peu 14-17 noeuds. Je mets mon plus grand spi (80m2). C’est génial. Ca glisse tout seul, je suis en symbiose totale avec le bateau, je l’entends, le ressens. Je sais très vite quand il est mal réglé ou que j’ai trop de voile.

Le 12, je rejoins deux autres mini (un polonais et un français). On se parle, on se raconte nos début de course, les stratégies envisagées pour la suite. Au début c’est réconfortant mais très vite j’ai besoin de reprendre ma route. Dans la nuit du 14 au 15, je me glisse devant un nuage pour profiter des vents plus favorables. Du vent j’en ai eu (beaucoup même) et la bonne direction. Je porte la voile en conséquence Grand voile avec 1 ris et petit spi, ça accélère. Je suis à l’intérieur en train de grignoter et Bim des éclairs autour de moi. En fait c’était un orage en formation… Je ne fais pas le malin. Sous le nuage les ondes radio sont perturbées, je ne capte plus mes voisins, et ne les vois plus sur mes écrans. Le vent monte mais la mer reste maniable. Le bateau ne force pas, il ne plante pas dans les vagues, je reste sous spi et essai de dormir un peu. pas facile. J’attends le jour avec impatience. Au matin, je suis toujours sans nouvelles de mes deux compagnons de route. Je file toujours à bonne allure vers la Martinique sous un ciel couvert.

Il me reste 300 miles à parcourir. A cette vitesse j’en ai pour 2 jours. On est le 16. Seulement voila un arc dépressionnaire qui me barre la route. J’essai de le contourner par le nord mais je suis trop sud. Je me fais piéger une première fois toute l’après midi. plus de vent, la température qui monte. Je reste à l’ombre dans le bateau avec les ventilateur et brumisateur. Le vent revient sur les coup de 20h apportant un peu de fraicheur avant de s’écrouler de nouveau le lendemain après midi. J’avance dans des vent légers sur une mer d’huile. 24h dans moins de 5noeuds de vent, ça use, ça use….le moral. J’en ai marre je veux en finir

Le 19, je vois enfin la Martinique. A 10h il me reste plus que 66miles à faire mais j'ai une vitesse de rapprochement de 1,5 noeud… c’est déprimant. Toute la famille m’attend au Marin depuis le 17 au soir et je suis encalminé devant l’arrivée. Je me débats comme je peux pour m’extraire de ces vents ératiques. Je me rapproche, la nuit tombe, je ne suis plus qu’à 25 miles et là, miracle ! Le vent revient timidement mais suffisamment pour gonfler mes voiles. Plus que 10 miles, il fait nuit noire, je longe la côte et je me prends dans une bouée de casier. Je suis obligé d’affaler le spi et au moment ou je sortais le couteau pour le libérer, la bouée passe sous le bateau: je suis de nouveau libre de finir ma course. J’appelle par radio le comité de course pour les prévenir de mon approche. « Bien reçu 589, on vous attend… » Je vois des feux venir à ma rencontre. Les photographes et la famille… C’est bon je l’ai fait. C’est dingue, j’ai réussi. Et POUET, le son de la corne pour confirmer mon passage de ligne. HOURRA !!! Papa et Gaëtan montent à bord pour m’aider à préparer l’arrivée à quai. Maman, Lilou, Angèle et Félix m’attendent au ponton. Ce sont les retrouvailles, du monde partout, du bruit, des lumières… Je pose enfin les pieds a terre après 17 jours de navigations en solitaire. La joie de retrouver enfin Lilou et les enfants. C’est fini. j’en reviens pas. Le bateau est amarré en Martinique.

Un immense merci à tous de votre soutien, je sais que vous étiez nombreux à me suivre, je suis heureux et fier d’avoir accompli mon rêve de participer à la minitransat et en plus avec la manière, en finissant 21 ème de l’étape…

A l’heure actuelle, le bateau est vendu et repartira pour de nouvelles courses sans moi… Un gros pincement au coeur.

16/09/2019

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