18/12/2025
A ceux qui pensent que les paysans éleveurs n'aiment pas leurs bêtes....
Je voudrais vous raconter quelques histoires autour de moi.
D' abord celle de mon amie, qui pleure depuis des semaines par peur de devoir abattre son troupeau. Devoir perdre la génétique que son père a commencé il y a de ça plusieurs décennies. Des années de sélection, mise à la poubelle par une ministre qui ne comprend rien à tout ça.
De mon voisin qui me fourni le foin, un sélectionneur hors pairs, qui a fait plusieurs champion/nes dans sa race, avec qui je prend toujours plaisir a parler de génétique. A quelques mois de la retraite, il a vendu une grande partie de son cheptel et le voir aujourd'hui avec les yeux embrumés de larmes en me disant " j'ai toujours pensé que le jour où je n aurais plus de vaches, je n aurais plus peur de devoir abattre mon cheptel, aujourd'hui, mes vaches sont chez quelqu'un d'autre et la ferme est tout près d'un foyer de DNC. J'ai tellement peur qu'on me dise que demain il faut les euthanasier."
Et il y a moi, Céline, éleveuse de chevaux, petite fille de 2 grand pères éleveurs. 1 de blondes d Aquitaine, l'autre de chevaux et de Maine Anjou.
Mon grand père de 91 ans, un type dur, rustre, qui écoute les informations en essuyant ses larmes quand il entend qu'on abat des troupeaux entier et qu'en plus on les fout a la poubelle. Comme il dit " ça se voit qu'ils ont pas fait la guerre ceux là "
Et puis il y a moi, qui pleure parce que j'ai une vache de plus de 20 ans avec mon troupeau de chevaux. Une vieille blonde qui n'est même pas à moi, mais punaise pour rien au monde je voudrais la sacrifier. Je pleure aussi, parce que je transpose et crève de peur qu'un jour on vienne me dire qu'on doit abattre mes chevaux. Je pleure parce que tous les collègues qui y sont passés ces derniers temps, ne s'en sortiront pas indemne, si tant est qu'on puisse s'en sortir.
Je pleure parce que c'est injuste de prendre à ces gens ce qui les tient au quotidien.
Alors oui, ils les envoient un jour ou l'autre à l'abattoir, c'est le cycle de la vie. Tout ce temps, elles sont choyées, nourries, entretenues, on en aura pris soin. Certaines resteront jusqu'au bout, d'autres partiront chez d'autres éleveurs pour leur génétique et perpeturont notre patrimoine.
Et puis il faut bien entretenir le cheptel, celles qui partent servent à nourrir le troupeau et nourrir le peuple.
Il n'empêche que chaqu un des éleveurs mentionné au-dessus verse sa larme au moment de fermer les portes du camion.
Alors s'il vous plaît, respectez les, respectez nous. Tout au moins faites donc preuve d'un peu d' empathie envers ceux qui vous nourrissent chaque jour, peu importe vos convictions et vos régimes.