11/06/2026
Merci Merci Monsieur François Ruffin dâinterpeller Madame StĂ©phanie RIST, Ministre de la SantĂ©, des familles, de lâautonomie et des personnes handicapĂ©es sur la situation dramatique des malades d'encĂ©phalomyĂ©lite myalgique et de covid long en France.
Notre collectif voxEM (voxem.fr) ainsi que tous les malades attendent une réponse et surtout des actions concrÚtes de la part du gouvernement, notamment :
đž la reconnaissance mĂ©dicale, politique et sociale de lâEM
đž lâaccĂšs Ă des soins adaptĂ©s via la formation des professionnels de santĂ©
đž le financement de la recherche.
Quelques rappels :
đ LE NĂANT DES AUTORITĂS DE SANTĂ
Bien que lâEM soit une maladie reconnue depuis 1969 par lâOMS, sa prise en charge en France est au mieux inexistante, et, au pire, nocive.
LâEM nâest toujours pas reconnue par les autoritĂ©s sanitaires françaises.
Il nâexiste donc ni lignes directrices, ni programmes de formation mĂ©dicale, ni prise en charge adaptĂ©e des malades, ni programme de recherche de biomarqueurs ou de traitement.
Nous nous voyons fréquemment refuser des soins médicaux de base.
Nous subissons des prescriptions nocives de rĂ©adaptation Ă lâeffort ou des psychiatrisations forcĂ©es.
Dans les situations les plus graves, des malades en danger nâont pas accĂšs Ă la nutrition artificielle ou se retrouvent hospitalisĂ©s dans des conditions inadĂ©quates qui aggravent leur Ă©tat extrĂȘmement fragile.
đ VIOLENCE INSTITUTIONNELLE ET SOCIALE
L'EM n'Ă©tant pas reconnue, l'accĂšs aux prestations financiĂšres et sociales est trĂšs difficile. Les malades doivent se battre pour obtenir de quoi vivre et font face Ă des refus frĂ©quents dâALD, de mise en invaliditĂ©, de droits auprĂšs de la MDPH.
Les jeunes malades, subissent plus de psychologisation abusive, facilement suspectés de simulation ou de fainéantise. Ils sont souvent contraints à suivre une scolarisation au-delà de leurs capacités, ce qui aggrave leur état de santé.
Leurs parents, les mĂšres surtout, sont souvent accusĂ©es de maltraitance et doivent se battre contre des enquĂȘtes sociales, voire des procĂ©dures judiciaires dâhospitalisation ou de placement de leur enfant.
Cet enfer mĂ©dical, social et institutionnel doit cesser â
Covid long : 2 millions de Français abandonnés.
DerriÚre ce chiffre, il y a des vies brisées, des patients épuisés, souvent jeunes, contraints de renoncer à leur emploi, à leur autonomie, à leur existence sociale.
J'attire lâattention de la ministre de la santĂ© sur la situation dramatique des patients atteints de covid long et dâencĂ©phalomyĂ©lite myalgique/syndrome de fatigue chronique (EM/SFC) en France.
Charlotte, jeune Ă©tudiante en Normandie, souffre dâun Covid-long, qui la handicape profondĂ©ment. Suite Ă un Ă©change avec elle, nous souhaitons alerter.
Depuis la pandĂ©mie de Covid-19, une part significative des personnes infectĂ©es souffre encore de symptĂŽmes persistants, parfois invalidants, bien au-delĂ de la phase aiguĂ«. Reconnue par lâOMS sous le terme « covid long », cette affection toucherait environ 2 millions de Français, avec des rĂ©percussions majeures sur leur vie quotidienne, leur santĂ© et leur capacitĂ© Ă travailler. Parmi eux, au moins 500 000 prĂ©sentent des symptĂŽmes compatibles avec lâEM/SFC, maladie neuro-immunitaire caractĂ©risĂ©e par une fatigue profonde, des troubles cognitifs et des malaises post-effort, pouvant entraĂźner une aggravation durable de leur Ă©tat aprĂšs un effort minime. Les Ă©tudes montrent que ces pathologies conduisent souvent Ă des limitations fonctionnelles sĂ©vĂšres, voire Ă une incapacitĂ© durable Ă travailler. On estime quâau moins un quart des patients sont confinĂ©s Ă domicile ou alitĂ©s, certains depuis des annĂ©es, dĂ©pendant dâaidants pour les actes les plus Ă©lĂ©mentaires.
Pourtant, la France accuse un re**rd criant dans la prise en charge de ces maladies. Les patients, souvent livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes, subissent une errance diagnostique interminable et voient rĂ©guliĂšrement leurs symptĂŽmes psychologisĂ©s. Les rares spĂ©cialistes disponibles sont dĂ©bordĂ©s, et de nombreux dĂ©partements ne comptent aucun mĂ©decin formĂ© pour diagnostiquer ou traiter ces pathologies. RĂ©sultat : des milliers de malades, abandonnĂ©s et dĂ©sespĂ©rĂ©s, se retrouvent sans solution. Et, paradoxalement, les patients les plus sĂ©vĂšrement touchĂ©s sont parfois les plus mal soignĂ©s puisque se rendre Ă un rendez-vous peut provoquer un malaise post-effort important, attendre dans une salle, se dĂ©placer, voyager, voire mĂȘme parler longtemps peut ĂȘtre impossible et multiplier les dĂ©marches administratives dĂ©passe leur capacitĂ©. Comment expliquer que la France nâait toujours pas instaurĂ© de formation obligatoire pour les professionnels de santĂ©, ni créé de centres pluridisciplinaires dĂ©diĂ©s, alors que ces maladies exigent une prise en charge globale et adaptĂ©e aux multiples comorbiditĂ©s ?
ParallĂšlement, lâAssurance Maladie constate une hausse significative des arrĂȘts maladie (+6,3 % entre 2019 et 2023), souvent imputĂ©e Ă des facteurs psychosociaux. Pourtant, des analyses internationales, notamment de lâOCDE, suggĂšrent que les pathologies post-infectieuses, comme le covid long, pourraient y contribuer de maniĂšre majeure. Pourquoi cette hypothĂšse nâest-elle pas Ă©valuĂ©e en profondeur en France ?
Par ailleurs, les recommandations internationales ont Ă©voluĂ©. Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) a revu ses lignes directrices en 2021, dĂ©conseillant notamment les approches fondĂ©es sur lâexercice physique systĂ©matique pour les patients atteints dâEM/SFC, en raison des risques dâaggravation liĂ©s au malaise post-effort. Ces avancĂ©es peinent pourtant Ă ĂȘtre intĂ©grĂ©es dans les pratiques françaises.
Enfin, alors que des pays comme lâAllemagne investissent massivement (500 millions dâeuros allouĂ©s Ă la recherche sur lâEM/SFC), la France semble en retrait, avec des moyens bien plus limitĂ©s malgrĂ© quelques initiatives rĂ©centes.
Face Ă cette situation, je demande Ă Mme la ministre :
âą Quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour amĂ©liorer la connaissance Ă©pidĂ©miologique du covid long et de lâEM/SFC en France ;
âą Comment il compte renforcer la formation des professionnels de santĂ© et structurer des parcours de soins accessibles et adaptĂ©s sur lâensemble du territoire ;
⹠Quels moyens supplémentaires seront consacrés à la recherche sur ces pathologies, notamment sur leurs mécanismes et leurs traitements ;
âą Si une Ă©valuation de lâimpact du covid long sur les arrĂȘts maladie et sur lâĂ©conomie est envisagĂ©e Ă court terme.
-> https://francoisruffin.fr/covid-long-2-millions-de-francais-abandonnes/