Nous, travailleuses et travailleurs de tout secteur d'activités, en CDD, en intérim, en contrats aidés, mais aussi chômeurs/euses ou même radié.e.s du chômage, allocataire de la CAF, avons les mêmes intérêts puisque les périodes réduites de travail sont souvent suivies de périodes plus ou moins longues d'activité. Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux ; les embauches en CDD représente
nt 85 % des 23 millions de contrats signés cette année, ce qui entraîne une hausse du chômage. Cette précarité grandissante détruit nos cadres de vie de jours en jours (vie de famille, accès à des logements décents…). Pourtant, les différents gouvernants et instances patronales réclament la destruction de nos droits. Moins de « charges », c'est-à-dire moins d'allocations (la moitié des chômeuses et chômeurs indémnisé.e.s touchent moins de 500 € par mois et 40 % des chômeurs et chômeuses inscrit.e.s n'ont pas d'allocations), la fermeture des accueils CAF et Pôle Emploi, l'obligation d'appeler 15 fois un numéro surtaxé pour prendre un rendez-vous… Moins de droit du travail, c'est-à-dire plus de licenciements. Nous sommes de plus en plus dépendant.e.s des aides sociales pour subvenir à nos besoins. Mais pour y accéder l’État nous impose des conditions bien plus strictes, nous infantilise et nous criminalise. Un chômeur ou une chômeuse refusant des offres d'emploi situées trop loin de son logement n'est pas « raisonnable », et peut être radié.e ; un.e prétendant.e au RSA est un.e « assisté.e »profitant du travail des autres. Les ministres en rajoutent ; ils considèrent que les allocataires sont responsables de leurs situations ; que la chasse aux mauvais.e.s allocataires doit être intensifiée. Peut-on décemment tenir un tel discours lorsque l'on sait que cette situation a été provoquée par leurs politiques d'austérité budgétaire et de flexibilité ? En réalité, ces attaques visent à isoler et diviser les travailleurs/euses en concurrence les un.e.s contre les autres ; tout ceci afin d'avoir à disposition une main-d’œuvre malléable et exploitable servant de variable d'ajustement en fonction des besoins du capital et des patrons. Ils espèrent avoir à disposition des travailleurs/euses prêt.e.s à travailler pour presque rien, sans garanties, ni contrat (de plus en plus de politiciens veulent obliger les allocataires à travailler pour mériter leurs allocations). Dans ces conditions qui relèvent davantage de la survie, il est difficile de nous organiser collectivement. Nous appelons à nous organiser démocratiquement sur des bases d'égalité et de respect en bannissant de nos pratiques toutes les formes de domination : sexisme, racisme, homophobie, transphobie, validisme, etc. C'est pourquoi nous, précaires ; tous ceux et celles ne bénéficiant pas d'un cadre de vie stable et satisfaisant ; avons décidé de nous organiser en syndicat. Un syndicat de précaires, c'est :
- se battre collectivement, indépendamment de tout parti politique, pour faire respecter nos droits, et en conquérir de nouveaux.
- la tenue de permanence pour écouter, assister, et informer juridiquement et solidairement, ceux et celles ayant besoin d'aide dans leurs démarches individuelles.
- des espaces de rencontres et d'auto-formations sur les droits au travail par la tenue une fois par mois d'apéro de précaires.
- intervenir auprès de toutes les institutions (CAF, Pôle Emploi) et entreprises bafouant nos droits.
- être offensifs/ves dans la lutte contre les politiques et ce système économique entretenant et propageant la pauvreté.
- informer toutes et tous sur nos droits et nos conditions de vie et de travail réelles.
- s'engager sur tous les fronts allant dans le sens d'une société plus juste et égalitaire, où la satisfaction des besoins sociaux immédiats remplacent les logiques de profits ! Les patrons ont besoin de nous pour faire des profits, nous n'avons pas besoin d'eux pour faire fonctionner la société ! Comment prendre part à nos activités ?
- Permanences tous les lundis de 17h à 19h.
- Assemblées Générales les 1ers mercredis de chaque mois à 19h.
- Apéro/Formations les 3èmes vendredis de chaque mois à 18h
au 12 bis rue des trembles à Grenoble
Tram A « La Bruyère »
contacts : [email protected]
04.76.09.18.92