09/06/2026
Rencontre avec madame Hélène Dargon, Sous Préfète (8 juin 2026)
Les associations, coopératives, fondations et mutuelles des Hautes Alpes, comme l’ensemble du secteur de l’économie sociale et solidaire dans la région et le pays, traversent des moments difficiles en raison du grand nombre d’incertitudes liées au financement de leurs activités. C’est pour cela qu’une délégation de l’Union Départementale de l’Économie Sociale et Solidaire des Hautes Alpes (Udess 05) a rencontré le 8 juin 2026 madame Hélène Dargon, sous-préfète et secrétaire générale adjointe à la préfecture des Hautes-Alpes en charge notamment de la lutte contre la pauvreté et la précarité et des questions sociales.
La volonté des représentants de l’Udess 05 a été de rappeler l’utilité, l’impact, l’activité et les missions assurées par les structures de l’ESS dans les Hautes Alpes, souvent d’intérêt général auprès des populations en étroite collaboration avec l’État et les collectivités. Nous avons fait part de la fragilité économique de nos structures liée notamment à un versement tardif des subventions de l’État et au montant incertain, ce qui entraîne une très grande incertitude sur leur devenir, une précarisation des salariés ainsi qu’un épuisement des bénévoles. Cette situation se traduit déjà par des réductions de programmation, des difficultés de trésorerie, des reports de projets et des licenciements, notamment dans le domaine culturel.
Le contexte économique difficile nécessite de plus en plus d’ingénierie, des démarches administratives complexes et numérisées. Nous avons évoqué a question des nouvelles règles Européennes qui assimilent notre activité économique à celle soumise aux règles de concurrence européenne, ce qui risque d’entraîner le plafonnement de financements publics, le blocage de certaines subventions, le risque de remboursement.
Notre secteur a cependant montré dans notre département sa capacité de résilience, à aller chercher des fonds complémentaires et à innover afin d’assurer une meilleure implantation territoriale, le maintien et de la perspective pour nos structures. Nous sommes également préoccupés par le vieillissement des bénévoles assurant la gouvernance de nos structures, ce qui les fragilise.
Nous avons demandé que le modèle des structures de l’ESS continue à être soutenu, sachant que dans les Hautes Alpes, nous représentons un emploi privé sur cinq. Il faut maintenir un espace de dialogue, objet de cette rencontre, associant l'État, la Région, le Département, les réseaux de l'ESS et les acteurs qui permet de partager les difficultés rencontrées, d'anticiper les évolutions à venir et de renforcer la coordination entre partenaires publics. C’est ce qui est actuellement expérimenté dans le domaine de la culture. Un travail engagé par la Préfecture, le Département et leurs partenaires afin de réunir les acteurs culturels, partager les constats et mesurer les impacts des évolutions budgétaires est particulièrement salutaire.
Pour réussir cette transition, nous avons besoin de visibilité, de coordination entre partenaires publics et d'un accompagnement adapté. Au-delà du soutien aux projets, l'enjeu est aujourd'hui de donner aux structures les moyens humains et l'ingénierie nécessaires pour conduire leur transformation et continuer à répondre aux besoins des territoires.
Les actions qui disparaîtront faute de financement seront une perte pour la population Haute Alpine et mettront beaucoup de temps à pouvoir se déployer à nouveau. C’est ce que nous voulons éviter. Le principe d’une cellule de veille des structures de l’ESS dans le département a été acté.
Gap le 9 juin 26