22/08/2026
Libération de Montpellier, 22–25 août 1944, le GMICR n°4 et les combats de Montferrier
Le 22 août 1944, Montpellier est officiellement libérée : le commissaire de la République Jacques Bounin (« Maigret ») prend possession de la ville, fait arrêter les autorités vichystes et confie le commandement militaire de la place au lieutenant-colonel Arsac, tandis que les dernières troupes allemandes évacuent. Mais, sur ordre d'Hitler, plusieurs colonnes de la Wehrmacht et de la Kriegmarine en repli du Sud-Ouest cherchent à gagner la vallée du Rhône et traversent l'Hérault jusqu'au 26 août, pillant, incendiant et exécutant civils et résistants sur leur passage (Bel-Air, Grabels, Montarnaud).
Un acteur clé de ces journées est le lieutenant-colonel Louis Méar, officier de l'infanterie coloniale, cantonné à la caserne Robert Jammes. Il commandait le GMICR n°4 (Groupement de Militaires Indigènes Coloniaux Rapatriables), une unité composée majoritairement de tirailleurs coloniaux, malgaches, des Sénégalais et quelques Indochinois, restés bloqués en France après la dissolution de l'Armée d'armistice fin 1942.
Le 23 août, un important convoi de la Kriegsmarine venu de Port-Vendres (unité du capitaine de corvette Ernst Bettin, environ 1 500 hommes), stoppé par un mitraillage allié à l'entrée de Montpellier, est amené à se rendre au pont de Cholet. Après de longues tractations engagées par des inspecteurs de police et un interprète, puis par le commandant Humbert-David, c'est le LCL Méar, arrivé en fin de journée, qui scelle la reddition : il désarme les officiers, garantit l'application des conventions de la Croix-Rouge, fait inspecter et décharger les armes pour éviter tout accident, et fait conduire les 1 500 prisonniers à la caserne Robert Jammes, dont ses hommes assurent la garde extérieure.
Le 24 août, une autre colonne allemande (dite « de Rodez ») menace la ville ; des pourparlers tournent au drame à Bel-Air, où des FFI sont exécutés et un domaine incendié. Dans la nuit du 24 au 25, tous les hommes en armes se portent vers Montferrier, village perché offrant une bonne position défensive au-dessus du L*z. Le 25 août, la mission offensive est confiée au LCL Méar, avec environ 300 hommes du GMICR N°4, épaulés par des résistants, des FFI et des FTP (groupes Quarante/Ely et Vincent, renforts Léon et Valmy). Le combat, engagé vers 10 h au pont du L*z, est violent et longtemps indécis ; c'est finalement la mise en batterie de l'artillerie et le redressement mené par Méar qui, vers 15 h 30, permettent d'anéantir l'arrière-garde allemande. Bilan : deux morts et six blessés français (plus six patriotes fusillés la veille par les Allemands), de lourdes pertes ennemies et des centaines de prisonniers faits dans les jours suivants. Surnommé « le Valmy de notre Cité », Montferrier reste le seul combat où Montpellier estime avoir « gagné » sa Libération.
AAMTDM - Denis D.