10/06/2026
Le 10-11 juin 1942, sortie de vive force du Bataillon de Marche 2 durant la bataille de Bir Hakeim
Hommage
Le 1er novembre 1940, le BM2 est créé à Bangui par le commandant de Roux (ancien de St Maixent, Indochine et Maroc…), à partir des tirailleurs de l'Oubangui (BTO) et du Bataillon de tirailleurs sénégalais (BTSOC). Il compte environ 25 officiers, 115 sous-officiers et plus de 800 hommes, répartis en un groupe franc (lieutenant Bourgoin, sergent-chef Conus) et quatre compagnies (la 5e du capitaine Amiel, la 6e du lieutenant Hautefeuille, la 7e du lieutenant Féraud, la compagnie d’accompagnement du capitaine Duché de Bricourt). C'est une unité originale, exclusivement composée d'Oubanguiens. Elle répond à l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, l'Oubangui-Chari s'étant rallié à la France Libre lors des journées dites « les trois glorieuses » des 26 au 28 août 1940.
Le bataillon quitte Bangui le 25 décembre 1940 et rejoint la Palestine en avril 1941 où il est passé en r***e par le général de Gaulle.
Le BM2 prend part à une première campagne en Syrie, se distinguant notamment aux combats de Nebek le 30 juin 1941. Puis vient l'épisode de Mayadine, sur l'Euphrate, en septembre 1941. La 5ème compagnie, est attaquée par des bédouins en nombre supérieur. Le combat est rude. Le Bataillon déplore 15 morts dans les rangs français libres et environ 150 parmi les rebelles.
À la suite de ces combats, l’adjudant-chef Koudoukou est promu sous-lieutenant ; il devient ainsi le premier officier noir de l'Afrique Équatoriale Française.
Le 14 février 1942, le BM2 rejoint Bir Hakeim, point d'eau situé à l'extrême sud du dispositif allié, en plein désert libyen. Bir Hakeim est le point de résistance grâce auquel la 8ème armée britannique peut se reformer à la suite de ses échecs devant l'Afrika Korps. Cette position est cruciale pour les alliés.
Le BM2 est chargé de tenir le secteur des « Mamelles » au nord-ouest, l'un des points les plus exposés, donnant sur le champ de mines qui entoure la position. Il passe trois mois à aménager cette position. Les autres unité présentes de la 1ere BFL sont le Bataillon du Pacifique, le Bataillon d’Infanterie de marine, la 13e DBLE, les fusiliers marins... Le 6 avril 1942, l'ennemi déclenche les hostilités. Les combats sont acharnés. Le 2 juin, de violents bombardements aériens et d'artillerie s'abattent sur les troupes françaises. Le 3 juin, Rommel envoie un ultimatum. Aucun drapeau blanc n’est hissé. Le général Koenig ordonne à ses troupes de tenir coûte que coûte.
Du 5 au 10 juin, l'offensive italo-allemande devient massive. Le BM2, chargé de la défense du secteur nord-ouest, tient sans faiblir face aux troupes de l'Axe jusqu'aux derniers jours du siège.
Lors de la sortie de vive force dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, le BM2, en arrière-garde, est la dernière unité à quitter la position. C'est au cours de la sortie de la 7e compagnie que tombe Georges Koudoukou. Le sous-lieutenant, frappé par un éclat d'obus, décède des suites de ses blessures. Le général de Gaulle lui rend hommage en ces termes : « Tirailleur d'une bravoure et d'un dévouement admirables, il avait permis d'interdire à l'ennemi l'accès à l'observatoire nord-ouest, sauvant les Européens et les tirailleurs encore vivants dans cette position durement éprouvée. »
À la suite des quinze jours du siège de Bir Hakeim, le BM2 compte 216 tués ou disparus et de nombreux blessés, soit près de 30% de ses effectifs. Parmi eux, 177 Oubanguiens.
Le Bataillon se voit décerné une citation à l'ordre de l'armée le 28 août puis la Croix de la Libération le 29, au lendemain de la mort accidentelle de son premier chef, le lieutenant-colonel de Roux. Le général de Gaulle cite alors le bataillon en ces termes : « Blancs et Noirs de l'Oubangui, étroitement unis, ont donné dans la campagne 1941-1942 un bel exemple de patriotisme et de valeur militaire. »
Le BM2 reçoit l'ordre de se diriger sur Madagascar fin 1942, où il est désigné pour une mission de souveraineté avec le général Legentilhomme. En mars 1944, il part pour le Maroc, séjourne en Algérie, et n'arrive en France qu'en janvier 1945. Immédiatement envoyé sur le front de l'Atlantique, il prend position aux avant-postes de Royan et se distingue particulièrement les 15 et 16 avril en prenant des positions truffées de blockhaus. Il compte 84 blessés dans les combats de la libération de Royan.
Le bataillon de marche 2 est dissout le 1er novembre 1945. Au cours des combats auxquels il a pris part, il aura perdu 474 tués et eu de nombreux blessés. Il est Compagnon de la Libération, titulaire de la Croix de Guerre 1939-45, porteur de la Fourragère de la Croix de Guerre. 20 Compagnons de la Libération sont issus de ses rangs.
AAMTDM - Denis D.