18/06/2026
Agents publics : les règles à connaître pour vos congés d’été
L'été est presque là, et si ce n'est pas déjà fait, les congés d'été doivent être posés et validés. Calendrier de congés, droits de priorité...
L’été arrive à grands pas, et cela signifie aussi, pour la plupart des agents publics, un départ en vacances ! Comme dans le secteur privé, la pose de ces congés d’été doit répondre à certaines règles qu’il est bon d’avoir en tête. Le décret du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux dispose en effet que l’autorité territoriale définit un calendrier des congés. Pour l’avocate Nathalie Kaczmarczyk, c’est « de l’ordre du pratico-pratique » : « Il faut bien, surtout sur les périodes d’été par exemple, où tout le monde va vouloir partir en congé, déterminer qui est absent quand et qui doit assurer la permanence quand ».
Priorité aux agents avec enfants
En principe, un agent ne peut pas être absent plus de 31 jours calendaires consécutifs. Donc en été, impossible de partir un mois entier en congé, sauf à partir en deux fois. Il existe aussi des exceptions. En effet, cette règle ne s’applique pas aux fonctionnaires et agents autorisés exceptionnellement à cumuler leurs congés annuels pour se rendre dans leur pays d’origine ou pour accompagner leurs conjoints se rendant dans leur pays d’origine.
De plus, les fonctionnaires chargés de famille bénéficient d’un droit de priorité pour le choix des périodes de congés annuels. « Quand vous avez des enfants, vous pouvez donc avoir une priorité pour les congés en période scolaire », explique l’avocate. Mais c’est toujours le chef de service qui tranche en fonction des nécessités du service : « Imaginez que dans un service, tout le monde ait des enfants ! Il va bien falloir faire des choix entre les demandes de chacun ».
Nécessité du service
Les demandes de congés peuvent donc être refusées pour des raisons de nécessité de service. Ces raisons peuvent être objectivées dans un règlement des congés. L’avocate Nathalie Kaczmarczyk conseille fortement, si ce n’est pas déjà fait, d’en adopter un : ce règlement détermine la procédure à suivre pour poser les demandes de congés, dans quels délais, et pose les critères liées aux nécessités du service, qui permettent donc de prioriser les demandes de congés.
Le contenu de ce règlement n’est pas fixé par des textes. « Vous pouvez y préciser à quelles périodes vous avez besoin de tant d’agents présents dans le service. Vous pouvez aussi imposer aux agents de prendre trois semaines en été pour ne pas avoir trop d’absences le reste de l’année, alors que vous allez avoir une activité qui va fonctionner à plein régime ».
Finalement, tout est du cas par cas, et à chaque chef de service ses méthodes, du moment que les raisons avancées sont objectives et non discriminatoires, alerte l’avocate. « Et il vaut mieux fixer ses critères en amont, pour éviter de mauvaises surprises au moment de répondre aux demandes des congés ».
Informations sur les congés
L’avocate rappelle également que les administrations ont un devoir d’information vis-à-vis de leurs agents sur les droits à congés restant à courir, sur les droits au report, sur les potentielles pertes de congés quand les congés n’ont pas été pris en temps utile…. Ces changements en matière de congés annuels sont intervenus en 2025, alors « les administrations doivent adapter, si ce n’est déjà fait, leurs pratiques et leurs règlement de congés, par exemple ».
Finalement, les agents doivent savoir où ils en sont, en particulier ceux qui ont eu de longs congés de maladie. Le Conseil d’Etat a en effet posé le principe selon lequel « il incombe à l’employeur de l’informer, de manière précise et en temps utile, des conditions dans lesquelles il risque de perdre ses droits à congés ». Cette décision du 17 octobre 2025 concernait la fonction publique d’Etat, mais il faut l’étendre à la territoriale, explique l’avocate. « On ne peut pas simplement se contenter de dire que les agents n’ont pas posé leurs congés en temps utile. Il faut, je pense, les inciter aujourd’hui à prendre leurs congés ou en tout cas, les alerter quand ils sont susceptibles de les perdre ».
Des jours supplémentaires
Bien sûr, un agent peut aussi décider de ne pas prendre de congés pendant l’été, mais à une autre période de l’année. « Sur le papier, il n’y a rien qui vous l’empêche, sous raison des nécessités du service, selon Nathalie Kaczmarczyk, mais cela dépend aussi de ce que prévoit le règlement de congés ».
D’ailleurs, le décret du du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux précise : « Un jour de congé supplémentaire est attribué au fonctionnaire dont le nombre de jours de congé pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre est de cinq, six ou sept jours ; il est attribué un deuxième jour de congé supplémentaire lorsque ce nombre est au moins égal à huit jours ». Ce sont des jours de fractionnement.
L'été est presque là, et si ce n'est pas déjà fait, les congés d'été doivent être posés et validés. Calendrier de congés, droits de priorité... Le point avec Nathalie Kaczmarczyk ...