Radio Zones

Radio Zones Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de Radio Zones, Organisation à but non lucratif, Ferney-Voltaire.

LIVRE : SYLVAIN QUI RIT, REGIS QUI PLEURE, C'EST LA FÊTE A L'EDITEURRégis Debray et Sylvain Tesson s’entreplument amical...
16/05/2026

LIVRE : SYLVAIN QUI RIT, REGIS QUI PLEURE,
C'EST LA FÊTE A L'EDITEUR
Régis Debray et Sylvain Tesson s’entreplument amicalement chez Gallimard / Equateurs, sous le titre « Le grimpeur et le grognard », paru en avril dernier. Dix-sept épîtres rédigées « dans le genre correspondance de Mme de Staline », comme nous l’écrit le moraliste de l’altitude dans la dédicace personnelle qu’il nous a adressée.

Ce sont deux vrais casse-cou. Le « grognard » a passé sa jeunesse de la rue d’Ulm aux prisons boliviennes, où il s’est fait casser la gu**le et faillit être fusillé. Le « grimpeur » s’est fracassé dans l’ascension malheureuse d’un toit, dont il a la manie. Tous deux ont mûri leur « engagement » dans une convalescence aussi douloureuse que philosophique.

L’un choisit de marcher lors plutôt en solitaire, quand il ne roule pas audacieusement à vélo ou en side-car dans les grands espaces, lointains de préférence, à la façon de Rousseau : tout près de l’écritoire. L’autre, tiré de l’ombre carcérale, a fréquenté depuis les arcanes de la politique, sa « boîte à chagrins », pour s’en extraire et planer, plume en main, au-dessus du pouvoir, en drone de drame.

Du catch sur le tatami de la dialectique

Ces champions cathodiques, catégorie poids lourds, trente-deux ans de différence d’âge au compteur, catchent devant nous leurs différences sur le tatami de la dialectique. D’emblée le ton est donné : Tesson : « A vingt ans, vous vouliez attaquer le monde. Moi, le fuir. Vous, le changer. Moi, en j***r. Cela faisait de vous un militant, de moi, un aventurier ». Debray : « Vive le solitaire qui a de la compagnie. L’odeur de poudre ayant pris le large, la poudre d’escampette fait rêver, et on vous en sait gré ». Histoire contre géographie (Tesson, écrivain marcheur, est géographe de formation). Debray : « Les lendemains qui chantent ayant déchanté, nous restent les sommets pour nous enchanter ». Tesson : « Monter sur la montagne, faire la révolution, descendre, échouer. Dans les deux cas, on revient au point de départ. Le grimpeur et le révolté : conquérants de l’inutile ».

Cette correspondance stylée - merci les éditeurs - est un duel savoureux entre poids des mots et choc des egos, où les bretteurs ferraillent franchement, à fleurets littéraires mouchetés, respect oblige, dans une réflexion sur l’engagement et le sens de la vie. Véritable veillée d’armes avant la lutte finale fatale.

Jean Musy, Rédacteur en chef de Radio Zones 93.8 FM
et www.radiozones.com
Voir : https://www.radiozones.com/chronique_debraytesson.php
Photo : © éditions Gallimard 2026 - Francesca Mantovani
Voir moins

RUSSIE : « NOUS SOMMES AUJOURD'HUI A UN TOURNANT DE LA LITTERATRURE RUSSE » avec Mikhaïl Chichkine, écrivain russeEcoute...
14/04/2026

RUSSIE : « NOUS SOMMES AUJOURD'HUI A UN TOURNANT DE LA LITTERATRURE RUSSE »
avec Mikhaïl Chichkine, écrivain russe
Ecoutez sur Radio Zones : https://www.radiozones.com/cdl73_mikhailchichkine.php
Pourquoi faut-il casser les statues de Pouchkine, se fonder sur Tchekhov, se soigner avec Tolstoï et se purifier les mains après la lecture de Dostoïevski, au grand dam des slavistes ? Qui a interdit Heidi en Russie ? L’écrivain russe Mikhaïl Chichkine, lauréat des trois plus grands prix littéraires russes nous en donne la clé avec Le Bateau de marbre blanc, son dernier livre (Editions Noir sur Blanc), une collection d’essais rassemblés comme une bibliothèque critique de la littérature et de la culture russe, vue sous le prisme de la guerre et de la répression qui frappe toujours son pays. Rencontre avec Radio Zones.
« Nous sommes dans une situation terrible où nous devons revoir et ré-estimer tout ce qui a été écrit en russe jusqu’à aujourd’hui », nous dit-il. La guerre a passé par là, omniprésente dans l’histoire de la Russie, récente ou non. Pour Chichkine, « nous sommes aujourd’hui à un tournant de toute la littérature russe, concentrée jusqu’alors sur son territoire et empreinte de patriotisme. Mais elle est restée dans le passé et les manuels ». Il y a désormais une fracture. « Maintenant commence l’ère d’une littérature russe en russe, avec des écrivains qui habitent partout de par le monde et qui font de la littérature en langue russe, qui appartient à la culture mondiale ».
R***e littéraire critique
Pouchkine : « Quand on détruit dans toute l’Ukraine les monuments et les statues de Pouchkine, j’estime que c’est parfaitement juste, car ces statues ont été érigées comme symboles de l’empire par l’empire russe, et cet empire doit disparaître avec tous ses symboles. Il a toujours utilisé les écrivains à ses propres fins. L’expérience de Pouchkine montre qu’en Russie, on ne peut vivre ni avec le pouvoir ni contre le lui. La vie de n’importe quel écrivain ou artiste en Russie, c’est toujours ce choix tragique : soit on chante des chants patriotiques, soit on se tait, soit on émigre ».
Tchekhov : Il est fondamental pour la future littérature, car « pour lui, le plus important n’est pas le patriotisme, mais la dignité humaine ».
Dostoïevski : « Dans Crimes et Châtiments, il prend un criminel en Sibérie, qui y découvre le Christ. Mais lequel ? Pour lui, il est évident qu’il n’y a que le Christ orthodoxe qui est authentique, pas le Christ occidental qui n’est pas vrai ». « Il a cette haine pour les catholiques et les révolutionnaires, tous des athéistes qui ne croient pas dans le vrai Christ orthodoxe. Pour lui, la Russie et les Russes sont les peuples élus qui doivent sauver l’occident ». Ainsi « il détestait aussi les Juifs pour la même raison. Si les Juifs sont le peuple élu, qui sont alors les Russes, des imposteurs ? Donc, il faut lire Dostoïevski, mais après on doit se laver les mains ».
Tolstoï : « Quand j’allais mal à l’hôpital, j’ai relu pour la dixième fois Guerre et Paix. C’était mon meilleur médicament ».
Autre curiosité révélée par Chichkine : « Dans mon enfance il n’y avait pas Heidi. J’ai découvert que la femme de Lénine, sa v***e Nadejda Kroupskaïa, responsable de la littérature enfantine en URSS, avait mis Heidi sur une liste noire, parce que la Révolution aime les orphelins, pas les enfants ».
Se taire pour survivre
Qu’est-ce qui a changé dans la société russe avec la guerre en Ukraine ? « La majorité de la population se tait et continue à mettre sa tête sur le billot, en disant le tsar sait mieux que nous. On l’explique par la peur. Cette stratégie de survie a eu lieu pendant des générations : pour survivre, on a intérêt à se taire ».
Interview : Jean Musy - Technique : Cyril Cailliez - Photo : © Igor Bitman
Rencontre à écouter sur Radio Zones (traduction simultanée : Maud Mabillard)

EDITO : ARRÊT SUR LANGAGESou l’illusion socratique de deux journalistes suissessur l’actualité américaine(Inutile ici de...
09/04/2026

EDITO : ARRÊT SUR LANGAGES
ou l’illusion socratique de deux journalistes suisses
sur l’actualité américaine
(Inutile ici de donner des noms. Il ne s’agit pas de faire le procès de quiconque, mais d’analyser le choix d’une démarche, voire de la posture)
Ils ont lancé leurs dialogues socratiques sur l’actualité américaine (élections US et arrivée de Trump II au pouvoir, guerre en Iran, etc.), fruits de leurs expériences de correspondant aux Etats-Unis pour des médias suisses. L’idée de dialo-bloguer en duo publiquement, à bâtons rompus, sur l’actualité outre-atlantique avec des points de vue quelque peu différents, pas très divergents, plutôt complémentaires, est en soi divertissante dans la forme et souvent intéressante.
Ils y apportent surtout des informations de l’intérieur, soit de la culture américaine et de ses tenants, assez peu de la contre-culture et des mouvements sociaux, sauf ce qu’on en rapporte là-bas, quand les événements les commandent. C’est aussi le fait que le public des médias pour lesquels ils publient, en général, ne sont pas l’expression du progressisme en Suisse, plutôt celui de la pensée libérale économique. Il faut informer les bourgeois avides de savoir où le monde va - intérêts commandent - mais ne pas trop les effrayer, quitte à prendre quelque liberté dans le choix des acteurs retenus.
Bien évidemment, ils sont de bonne foi. Et les voilà même courageux et parfois audacieux, car la presse européenne ne rapporte pas vraiment ce qu’est la vie américaine dans ses travers et ses banalités, voire ses brutalités, sauf quand la protestation devient insupportable face au meurtre d’état, comme récemment à Minneapolis, avec ICE.
Ils nous offrent leur état d’âme, eux, journalistes - Ah, mon cher Socrate ! Oh, mon bon Phaedon ! - une mise en scène mise au point avec style pour personnaliser le dialogue avec le lecteur, quand il ne s’agit du spectateur - ah ! la tentation de l’image, quand on a vu Hollywood ! « Le show must go on ». Le narratif devient scénario. On s’échange des émotions et des éblouissements, voire des indignations très sélectives.
LA VERITE PORTE UN NOM
On décortique la politique US avec les sources bien connues, au top des ventes ou des citations lues dans la « presse de référence » des grands journaux américains qui s’en vont un après l’autre dans le giron ultra-conservateur. L’importante est de tout dire jusqu’au coïtus journalisticus interruptus. Attention ! Ne pas franchir la ligne rouge qui pourrait nous collisionner avec un quelconque engagement, signe de perdition de la crédibilité bourgeoise. Pourtant la vérité porte un nom.
Fascisme, n**isme, dictature, les définitions sont claires et documentées. Qu’il s’agisse de les appliquer aux Etats-Unis et particulièrement à la clique de dirigeants en poste, pour certains, élus, n’empêche pas de nommer comme il convient leurs actions, leurs modes de pensée et d’expression.
Leur trouver une rationalité, une idéologie est devenue une mode intellectuelle en Europe. Des chercheurs s’en emparent, prenant parfois les idéologues du trumpisme pour des penseurs, là où il n’y a souvent que des imposteurs. C’est qu’un dirigeant, qui plus est d’une grande puissance, ne peut être qu’intelligent et rationnel. Ce qu’il dit, sous-tend, devient discours à décrypter, y compris ses actes et décisions. Tout ce qui s’exprime de lui se révèle un mystère à déchiffrer. Sa part monstrueuse devient ainsi plus atténuée et fréquentable. Surtout quand les décideurs du monde entier doivent le rencontrer, discuter, voire négocier avec lui. On est entre « grands ».
La parole du diable devient légitime et les calculs d’intérêts stratégie. Le choeur des anges chantent l’enfer. Les diablotins sont des lutins ludiques au langage impudique, où toute critique est vouée aux gémonies, le racisme et l’outrance familières. On ne trouble pas l’ordre du monde pour cela.
Reste qu’à un moment le tapis rouge est tâché par le sang versé toléré. Quelques gouttes sont vite enlevées, mais lorsque l’auréole grandit, on ne la cache plus. Maintenant la guerre est là. On marche désormais dans l’hémoglobine comme sur un passage obligé. Le sang colle aux talons et l’on en devient complice. Foin des chaussures vernies, voilà la boue rouge de la vérité qui vous scotche aux pieds.
C’est ainsi qu’est « monté » le n**isme, comme le fascisme, très « démocratiquement ». Jusqu’au point de non retour. C’est-à-dire sitôt toute opposition tue, voire définitivement éliminée. Les peuples ne sont pas innocents. En février dernier, les Archives nationales américaines ont mis en ligne la liste des 8,5 millions d’encartés du parti n**i (NSDAP) sur 69,3 millions d’habitants (chiffres de 1937). Le procès des médecins n**is de Nuremberg a révélé que la moitié au moins des membres de la profession avait adhéré au parti d’Hitler. Il y a des votes qui engagent et des responsabilités collectives qu’on n’efface pas.
LA VERITE FORGE LES RESISTANCES
Que dire des massacres annoncés par Trump en Iran sur les objectifs civils au prétexte d’« à la guerre comme à la guerre » ? Là, notre duo de plume devient émotionnel et tout remué. Finies les analyses, voici le temps de l’émotion : « Je dois prendre du recul », « Je me mets au vert ». Le « conducator » américain devient un objet non analysable, mais épithétique. Cette fois-ci le show consiste à se montrer, faute de démontrer.
La vérité forge les résistances. Les journalistes ont le devoir de la dire par métier. Louvoyer sur les événements, tourner autour du sujet sans trop le définir, l’apprivoiser par l’étude qui ne va jamais qu’au bout de l’analyse, ne pas nommer tyran un autocrate, ni dictateur un névropathe, même de la télé-réalité, conduit inexorablement à l’anesthésie critique. A l’acquiescement tacite de toutes les horreurs à venir, comme un jeu d’images qui se succèdent les unes aux autres, désensibilisées de la conscience humaine et de nos responsabilités citoyennes.
Jean Musy

LA GRANDE OURSE, création au Théâtre de Poche à Genèveavec Penda Diouf, autrice de la pièce et Evelyne Castellino, mette...
20/03/2026

LA GRANDE OURSE, création au Théâtre de Poche à Genève
avec Penda Diouf, autrice de la pièce et Evelyne Castellino, metteuse en scène
Ecoutez sur https://www.radiozones.com/rep_lagrandeourse.php
Pour sa dernière création de la saison, le Théâtre de Poche de Genève présente La Grande Ourse, de la franco-sénégalaise Penda Diouf, dans une mise en scène d’Evelyne Castellino, fondatrice de la Compagnie 100 % Acrylique. A voir jusqu’au 1er avril.
Au départ de l’action, un geste banal, juste un bonbon offert par sa fille qu’une mère africaine croque, avant d’en jeter la papier à terre sans y penser. Et voilà le début de sa descente aux enfers, grâce aux caméras de surveillance qui en criminalisent le geste aux yeux de la police. Les uniformes ne la lâchent plus, tout comme la rumeur qui la conduit à sa destruction et à celui de son couple.
Son calvaire la transforme peu à peu en ourse, «une mutation dans le sauvage, comme si finalement redevenir un animal, est une façon de s’échapper à cet espèce dangereuse qu’est l’humain», analyse Evelyne Castellino. La metteuse en scène signe ici une figure imposée proposée par Martine Corbat, l’actuelle directrice du Poche, aventure à laquelle «elle s’est prise au jeu», nous confie-t-elle.
Et quel jeu ! Cinéma, vidéo, choeur antique des mauvaises langues - version symbolique «des réseaux, des médias et de tout ce qui harcèle». Nous nous évadons peu à peu de la prison pour gagner une immense forêt d'Afrique grâce aux images qui décuplent la petite scène du Poche. Un vrai voyage onirique dans l’inconscient de cette femme africaine vers son retour libératoire aux sources ancestrales, afin de retrouver force et vie naturelles.
L'oeuvre est puissante et saisit le public. «Elle s’inscrit dans une lutte féministe et antiraciste», nous raconte Penda Diouf, bibliothécaire devenue comédienne et dramaturge, autrice d’une douzaine de pièces et bientôt romancière, comme elle l’a confirmé à Radio Zones.
Rencontre-portait aussi avec Evelyne Castellino, par ailleurs cofondatrice de l’espace culturel genevois La Parfumerie qui fête cette année ses cinquante ans, au micro de Jean Musy.
Interview : Jean Musy -- Technique : Cyril Cailliez
Photo : © Rebecca Bowring
#

DECRYPTAGE : TRUMP MOT A MOT avec Alain Bauer, professeur émérite de criminologie Voir : https://www.radiozones.com/cdl7...
10/03/2026

DECRYPTAGE : TRUMP MOT A MOT
avec Alain Bauer, professeur émérite de criminologie Voir : https://www.radiozones.com/cdl72_alainbauer.php
«C’est dans les mots que nous pensons», disait Hegel. C’est sous cet angle qu’Alain Bauer, professeur émérite de criminologie et ancien conseiller de Michel Rocard, analyse le discours de Donald Trump, dans son dernier livre, "Trump, Le pouvoir des mots, Décryptage d’une redoutable mécanique de persuasion de masse" (Editions First). Ou comment le milliardaire de l’immobilier américain et showman télé depuis cinquante ans, est passé maître de l’économie de l’attention, en en faisant «une arme de guerre rhétorique» au service de sa politique populiste.

Pour Bauer, l’ascension de Trump «ne constitue pas un accident de l’histoire politique américaine. Elle représente l’aboutissement d’une révolution politique largement structurée par une insurrection linguistique, un usage méthodiquement orchestré d’un vocabulaire politiquement incorrect, qui plonge ses racines dans une compréhension aiguë des mécanismes de persuasion de masse».

Il y a bien deux Trump, révèle Bauer. Côté privé, celui des années 80 et 90, à en croire les archives télé, bon chic bon genre, «rompu aux codes linguistiques des cercles dirigeants». Côté public, l’homme de l’ascension au pouvoir des années 2010 et 2020, formé par l’ami de son père, l’avocat Roy Cohn, conseiller du sénateur Joseph McCarthy, tristement célèbre pour sa chasse aux sorcières anticommuniste, qui «avait transformé la manipulation en art de la survie».

De son enseignement Trump en a tiré «une philosophie de l’invulnérabilité performative», qui se manifeste notamment dans «la transformation de chaque échange en affrontement, lors duquel l’adversaire doit être non seulement vaincu mais humilié». Une vraie logique guerrière, car «Trump ne débat pas : il conquiert l’espace discursif par saturation, répétition et intimidation». Toute intervention devient une démonstration de force. «Ses mots sont des armes à fragmentation et à sous-munitions».

Pour Bauer, Trump «n’a pas dégradé accidentellement le discours politique américain : il l’a révolutionné avec méthode». Et sans doute durablement, car «en démontrant l’efficacité de la simplification contre la sophistication, de la provocation contre la mesure, de l’émotion contre la raison, Donald Trump a ouvert une voie que ses successeurs - qu’ils le veuillent ou non - seront contraints d’emprunter ou auront le plus grand mal à quitter».

Dans son livre Bauer y décrypte les principaux mots-clés et slogans chers au président américain, sans oublier les «trumpismes», ses fameux commentaires très souvent tendancieux, qui font les choux gras de la presse outre-atlantique.

«Les mots ont changé l’Amérique : il reste à déterminer si l’Amérique saura changer ses mots. Et malgré tout, résoudre ses maux», conclut le criminologue.
Rencontre avec Radio Zones: https://www.radiozones.com/cdl72_alainbauer.php
Interview : Jean Musy - Technique : Cyril Cailliez
Photo : © Jean Musy / 2026
Donald J. Trump

DE L'ARGENT POUR LA GENEVE INTERNATIONALE, DES COUPS POUR LA PRESSE INTERNATIOANLE ?par Me Michael Burkard, codirecteur ...
27/12/2025

DE L'ARGENT POUR LA GENEVE INTERNATIONALE,
DES COUPS POUR LA PRESSE INTERNATIOANLE ?
par Me Michael Burkard, codirecteur général d'Impressum, la première association suisse de journalistes
23 décembre 2025
Une manœuvre administrative opaque contre la presse internationale menace de contrecarrer les efforts du Parlement et du Conseil fédéral en faveur de « Genève internationale ».
Lors de la session d'hiver, les Chambres fédérales ont alloué 130 millions de francs à la Genève internationale. Cet argent doit servir à renforcer la position de Genève en tant que siège de nombreuses organisations internationales et plaque tournante du multilatéralisme international. Ce cadre financier décidé par le Parlement s'ajoute à un train de mesures urgentes que le Conseil fédéral a déjà adopté pour soutenir Genève en tant que plaque tournante de la coopération internationale. Il s'agit donc d'une somme importante destinée à renforcer la position de Genève en tant que siège d'organisations internationales dans le contexte de la concurrence mondiale. Il est d'autant plus surprenant que, parallèlement, le DFAE, ou une partie de celui-ci, semble vouloir entraver le travail de la presse internationale en Suisse.
OAcCP ou l'égalité poussée à l'absurde
Cette histoire déplaisante trouve son origine dans une simple modification d'ordonnance portant l'acronyme cryptique , qui signifie « Ordonnance sur l'accréditation des professionnels des médias et l'autorisation d'accès au centre de presse du Palais fédéral ». La OAcCP a été entièrement révisée par le Conseil fédéral le 20 juin 2025 et est en vigueur depuis le 1er août 2025. L'article 2 de cette ordonnance sur l'accréditation stipule que les professionnels des médias ne peuvent être accrédités que s'ils « couvrent les événements au Palais fédéral à hauteur d'au moins 40 % d'un poste à temps plein ». La Chancellerie fédérale statue sur les demandes d'accréditation. Cette nouvelle réglementation constitue un allègement dans la mesure où l'« ancienne OAcCP» exigeait une charge de travail de 60 %. Toutefois, les représentants des médias étrangers étaient expressément exclus de l'ancienne OAcCP de 2012. Leur accréditation était régie par l'ancienne OAcCP du 30 novembre 2012, qui était régie par le Département fédéral des affaires étrangères ( ).
La nouvelle OAcCP du 20 juin 2025 ne contient pas la norme de délégation au DFAE. Cela signifie que la Chancellerie fédérale (CF) est désormais également compétente pour les demandes d'accréditation présentées par les représentants des médias étrangers. Cependant, comme la CF n'a d'autre choix que de se baser sur la nouvelle OAcCP pour prendre ses décisions, les demandes des représentants des médias étrangers doivent désormais également satisfaire au critère des 40 %. Or, comme les représentants des médias étrangers couvrent généralement un large éventail de sujets en Suisse, leurs reportages « sur les événements au Palais fédéral » revêtent rarement autant d'importance que ceux de leurs collègues qui travaillent pour les médias suisses. En d'autres termes, pour les représentants des médias étrangers, le seuil de 40 % constitue en fait un critère d'exclusion.
Le principe d'égalité stipule que ce qui est égal doit être traité de manière égale et ce qui est inégal doit être traité de manière inégale. Contrairement à l'ancienne ordonnance sur l'accréditation, la nouvelle OAcCP traite les représentants des médias étrangers de manière formellement égale et donc matériellement inégale par rapport à leurs collègues nationaux, ce qui reste incompréhensible. Interrogé à ce sujet, le DFAE se dégage de sa responsabilité en invoquant l'argument juridique formel selon lequel il ne dispose plus, comme auparavant, de la base juridique nécessaire pour délivrer des accréditations. Une modification d'ordonnance ne se fait toutefois pas du jour au lendemain. Elle est précédée au minimum d'une consultation des offices ou départements concernés. La question de savoir pourquoi le DFAE n'a pas empêché cette perversion du principe d'égalité dans le cadre de la consultation des offices reste pour l'instant sans réponse.
Réduction de la présence suisse à l'étranger
Le refus de facto du DFAE de continuer à délivrer un document d'accréditation spécifique aux représentants des médias étrangers en Suisse les empêche non seulement d'accéder au centre de presse du Palais fédéral, mais aussi d'exercer leur activité dans le reste de la Suisse. Dans le cadre de la pratique antérieure prévue par l'« ancienne OAcCP » de 2012, les représentants des médias étrangers pouvaient s'identifier auprès des autorités et des institutions dans toute la Suisse grâce à l'accréditation du DFAE. Celle-ci était – et continuerait d'être – largement acceptée, tout comme les cartes de presse avec lesquelles s'identifient les représentants des médias suisses. Grâce à cette accréditation spécifique pour les représentants des médias étrangers, ceux-ci pouvaient rendre compte non seulement de l'actualité du Palais fédéral, mais aussi d'événements se déroulant ailleurs en Suisse. Il pouvait s'agir d'événements sportifs, culturels, politiques ou d'autres événements pertinents se déroulant n'importe où en Suisse. En l'absence d'une accréditation spécifique délivrée par le DFAE et reconnue dans toute la Suisse, les représentants des médias étrangers ne devraient désormais plus pouvoir rendre compte des événements qui se déroulent en Suisse et pour lesquels une accréditation est requise.
Dans le cadre du différend avec les États-Unis concernant les avoirs en déshérence, la Suisse a pris conscience dans les années 1990 de l'importance de soigner son image à l'étranger. Depuis lors, la politique fédérale investit des moyens considérables dans « Présence Suisse » et dans d'autres instruments afin d'influencer positivement la perception de la Suisse à l'étranger et d'expliquer la politique suisse à l'étranger.
Les spécialistes des médias savent que les sources les plus fiables sont celles que l'on connaît le mieux (Petra Sandhagen, 2022). Lorsque des représentants de médias étrangers rendent compte d'événements survenus en Suisse dans leur langue respective, on peut donc supposer qu'ils touchent un public plus large à l'étranger que ne le pourraient des organisations suisses telles que « Présence Suisse ». Dans ce contexte, on ne comprend pas pourquoi le DFAE, ou une partie de celui-ci, semble sous-estimer cette ressource précieuse, mais pratiquement gratuite pour la Suisse. Lors d'entretiens, des représentants plus âgés des médias étrangers se souviennent d'une époque où la Suisse officielle leur offrait même un abonnement demi-tarif pour les CFF. C'est peut-être une coïncidence si la fin de cette campagne promotionnelle, sans doute la plus efficace et la moins coûteuse de la Suisse officielle, présente des similitudes avec la révision politiquement infructueuse de l'ordonnance sur l'accréditation dont il est question ici – Honi soit qui mal y pense.
Affaiblissement de « Genève internationale »
Le DFAE estime que la modification de l'ordonnance sur l'accréditation n'aurait aucune incidence sur l'accès des journalistes aux organisations internationales basées en Suisse, car celles-ci décideraient de manière indépendante des procédures d'accréditation. Cette affirmation n'est qu'à moitié vraie, voire à moitié fausse. En effet, les organisations internationales basées en Suisse peuvent décider de manière indépendante de la procédure d'accréditation. Dans la pratique, cependant, l'accréditation spécifique du DFAE était jusqu'à présent reconnue par toutes les organisations internationales en Suisse. Mais aujourd'hui, explique Jean Musy, président de l'Association de la presse étrangère en Suisse et au Liechtenstein ( ), les représentants des médias étrangers sont contraints, en l'absence d'une accréditation généralement reconnue, de demander une accréditation à chaque organisation internationale. M. Musy regrette également que l'APES n'ait pas été consultée tout au long du processus de modification de l'OAcCP, bien que cela lui ait été garanti par le chef du DFAE de l'époque, le conseiller fédéral René Felber, dans une directive datant de 1992 (« Règlement sur l'accréditation des représentants de médias étrangers »).
Notamment en raison de l'absence de consultation de l'APES, le DFAE, ou une partie de celui-ci, semble avoir réussi à exclure systématiquement les conditions de travail des représentants des médias étrangers en Suisse en matière d'accréditation tout au long de la procédure de modification de l'ordonnance sur l'accréditation (OAcCP). Et même maintenant, après l'entrée en vigueur de la OAcCP révisée et après qu'il soit devenu évident que les représentants des médias étrangers sont pratiquement en raison de cette lacune dans le système d'accréditation - nous supposons que le Conseil fédéral n'était pas conscient de la situation particulière de la presse étrangère lors de l'adoption de l'OAcCP -, le DFAE, ou une partie de celui-ci, ne semble pas vouloir faire quoi que ce soit pour combler cette véritable lacune dans le système d'accréditation.
Cette passivité manifeste du DFAE, ou du moins d'une partie de celui-ci, frôle le refus de travailler et contraste avec l'agitation dont font preuve le canton de et la en ce qui concerne la Genève . Genève investit à elle seule environ 2 millions de francs pour permettre aux collaborateurs en difficulté des organisations non gouvernementales ( ) de rester à Genève. À ces deux millions s'ajoutent les injections financières mentionnées ci-dessus, que la Confédération investit pour maintenir l'attractivité de Genève en tant que siège d'organisations internationales. Le fait que l'on prenne le risque, avec une modification d'ordonnance mise en vigueur discrètement et en catimini, que les représentants des médias étrangers tournent le dos à Genève et cessent ainsi de rendre compte de l'actualité suisse, rappelle une farce stupide, qui ne fera sans doute pas seulement parler d'elle lors de la prochaine réception du Nouvel An pour le . Une à ce sujet a d'ailleurs déjà été déposée au Conseil national le 19 décembre 2025.
*****
Lien vers l'interpellation 25.4878 de la conseillère nationale Fehlmann Rielle «Fin de l’accréditation des médias et des journalistes étrangers auprès du DFAE» du 19 décembre 2025: https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20254878
Lien vers la « nouvelle OAcCP 2025 » : https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2025/432/fr?version=20250731
Lien vers l'« ancienne OAcCP 2012 » : https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2012/846/fr

URGENT -- CONCERT  KOFFI OLOMIDE A GENEVE REPORTE 18h - Vendredi 12.12.25La société de production CAMA SWISS Production ...
11/12/2025

URGENT -- CONCERT KOFFI OLOMIDE A GENEVE REPORTE
18h - Vendredi 12.12.25
La société de production CAMA SWISS Production annonce le REPORT du concert du 13 décembre de Koffi Olomidé pour une prochaine date.

RUMBA SUR RHÔNE, unique concert à Genève
avec Koffi Olomidé, the GOAT
(https://www.radiozones.com/rep_koffiolomide.php)
Radio Zones reçoit The GOAT (The «Greatest Of All Time», le plus grand de tous les temps), comme on le surnomme : Koffi Olomidé. C’est aussi le titre de son dernier CD : GOAT intemporel, vol. 1. Rencontre à l'occasion de son unique concert à l’Arena de Genève, Samedi 13 décembre, à 20h, désormais reporté au printemps prochain.
Le pape du "tchatcho", la nouvelle rumba congolaise et du soukous, aux trente-cinq surnoms, qui seraient trop longs à citer, est sans doute l’un des plus grands vendeurs d’albums en Afrique, en 50 ans de carrière. Avec GOAT intemporel, il remixe ses meilleurs tubes au goût du jour, «à la demande de son public», nous a-t-il précisé.
Parolier, musicien guitariste, interprète, Koffi a d'abord beaucoup écrit et composé : plus de 300 chansons, surtout pour les autres, avant de prendre son propre essor. Qui aurait alors pensé que l’étudiant congolais de l’Ecole PEG, à Genève, écrivait chaque jour des succès à la pelle, pour les grands noms de la musique zaïroise, dont son mentor, Papa Wemba ? Genève lui est restée au fond du cœur. Il en a fait «sa ville préférée», comme il nous l’a confié.
Après avoir travaillé pour la Sonodisc pendant treize ans, il fonde en 2012 son propre label, Koffi Central, qui le produit encore aujourd'hui. Koffi chausse par ailleurs la casquette de producteur pour de jeunes artistes, dont sa dernière épouse, la chanteuse Cindy Le Coeur, "la plus belle voix en Afrique", insiste-t-il. Avec au compteur, une trentaine d'albums, notamment avec son groupe Quartier Latin International, quatre Kora Awards du meilleur artiste d'Afrique centrale, Koffi Olomidé est devenu une légende musicale sur tout le continent noir. Sa formation compte 23 artistes polyvalents, tantôt musiciens, chanteurs ou danseurs, qui l'accompagnent dans ses tournées, comme à Genève.
Koffi Olomidé, c'est encore la "sape africaine", une fantaisie vestimentaire élégante et débridée qui fait fureur sur ses clips et ravit ses fans, les "koffiettes" et les "koffiphiles".
Retour sur un parcours musical exceptionnel et une vie artistique, voire personnelle, riche et parfois tumultueuse, au micro de Radio Zones, avec Koffi Olomidé, the «GOAT».
Interview : Jean Musy -Technique : Cyril Cailliez
https://www.radiozones.com/rep_koffiolomide.php
#
Photo: © Jean Musy /2025

Adresse

Ferney-Voltaire
01210

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Radio Zones publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Partager