19/07/2026
L’URGENCE est à l’ANTICIPATION !…
Bonne illustration de la résilience du marché pétrolier (pour le moment). Graphique parmi les plus clairs que nous ayons croisé pour expliquer la situation. Parcourons-le ensemble.
Malgré le blocage du détroit d'Hormuz — coupant 20 millions de barils par jour, soit un cinquième de la consommation mondiale, les prix du brut se sont stabilisés entre 90 et 100 $ le baril après un pic initial. Le système a absorbé ce choc historique, mais les amortisseurs sont épuisés, menaçant l'économie mondiale.
Ce graphique détaille les forces ayant équilibré le marché mondial face à une perte de production inédite, en comparant la crise (mars-mai) à la situation de référence (janvier-février).
1) L'excédent de départ (+2,0 Mb/j) : avant la guerre, l'offre dépassait la demande de 2 Mb/j, offrant un premier coussin de sécurité.
2) Le choc dans le Golfe (-13,6 Mb/j) : impact direct du blocage du détroit. Les voies de contournement alternatives n'ont compensé qu'une fraction de cette perte colossale.
3) La hausse de production alternative (+1,7 Mb/j) : l'offre hors Golfe a augmenté plus que prévu, menée par les États-Unis, le Venezuela, le Guyana et la Russie.
4) La baisse de la consommation (+5,8 Mb/j) : facteur le plus crucial. Sous l'effet des prix, la demande s'est comprimée de 5,8 Mb/j, surtout en Asie via une transition vers le charbon et le renouvelable. Le transport a moins ralenti à cause des subventions.
5) Le recours aux stocks (+4,1 Mb/j) : après ces ajustements, le déficit net du marché s'est établi à 4,1 Mb/j (solde de -4,1 sur le graphique). Ce manque à gagner a été comblé par un puisement massif dans les stocks commerciaux (Chine) et les réserves stratégiques mondiales.
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Le "retour à la normale" ne sera pas instantané. Les hostilités dans le Détroit ont récemment repris et quand bien même les US et l'Iran se remettaient d'accord demain (ce qui est peu probable), restaurer la liberté de navigation et regagner la confiance des assureurs, transporteurs et opérateurs prendra du temps.
L'industrie estime qu'il faudra 2 à 3 mois après réouverture complète pour qu'une part significative du trafic reprenne.
De plus, l'interruption prolongée fait craindre des pertes définitives de capacité d'extraction, faute de capitaux pour redémarrer certains puits. Le déficit ne se résorbera que progressivement, maintenant durablement les stocks mondiaux proches de leur minimum opérationnel, sous lequel le système physique se grippe.
Nous avons développé cette notion de "minimum opérationnel" dans plusieurs posts les derniers mois : on ne peut pas consommer nos "3 mois de stocks mondiaux" jusqu'à la dernière goutte, loin de là. Il faut en maintenir une part majeure pour assurer le bon fonctionnement des équipements (pipelines, raffineries, pompes) et éviter leur dégradation.
Au rythme vertigineux de baisse des stocks mondiaux, JP Morgan et autres analystes estimaient que le seuil critique serait franchi d'ici septembre.
Dans une communication toute récente, l'AIE vient de signifier que c'était une question de "semaines" avant que le monde ne soit confronté à un choc économique d'ampleur.
(publié par Cyrus Farhangi)