03/03/2026
CANCER, CHIMIO, SEIN MUTILÉ, DEUX FILLES À CHARGE, ET ZÉRO AIDE : JUSQU'OÙ LAISSERONS-NOUS CE SYSTÈME BROYER LES MALADES ?
Je suis le président de l'association Vi? Vivre l'Instant? . Aujourd'hui, je prends la parole au nom d'une femme de notre association : Nathalie. Et ce que je vais vous décrire n'est pas un dysfonctionnement. C'est un CRIME SOCIAL.
Qui est Nathalie ?
Nathalie est une mère qui élève seule ses deux filles. Une femme solidaire qui fait partie des piliers de notre association. Depuis 4 mois, elle se bat contre un cancer du sein.
Novembre : le diagnostic tombe.
Mi-décembre : elle est opérée. Elle subit une ablation complète de la poitrine. Une mutilation. Une épreuve que des milliers de femmes connaissent, mais qu'aucune ne devrait affronter seule.
Aujourd'hui : elle vient de terminer sa deuxième séance de chimiothérapie. Son corps est empoisonné pour guérir. Ses forces la quittent. Ses cheveux tombent. Sa dignité tient à un fil.
Elle devrait n'avoir qu'un seul combat : celui pour sa vie.
Mais non.
Elle doit aussi se battre contre le système. Contre la France. Contre le Luxembourg. Contre la CPAM. Contre la CNS.
Le jeu de ping-pong de l'indifférence
Depuis 4 mois, Nathalie n'a pas perçu un seul euro d'indemnités journalières.
Pourquoi ?
Parce que la France dit : "C'est le Luxembourg qui doit payer."
Parce que le Luxembourg dit : "C'est la France qui est compétente."
Pendant ce temps, son dossier voyage. Il fait des allers-retours. Il dort dans des guichets. Et chaque semaine, on lui demande un nouveau papier.
· "Il manque une fiche de salaire."
· "Il manque un justificatif de la CNS."
· "Ah non, celui-ci n'est pas le bon, il nous faut l'original."
· "Finalement, il nous faut un document de la CNS du Luxembourg et également remplir un dossier France Travail..."
C'est une machine à broyer. C'est le guichet de la maison des fous d'Astérix. Vous entrez, vous tournez en rond, vous ressortez avec rien, sinon la certitude que vous n'êtes pas chez vous.
Mais le pire, c'est ce qui vient après.
Où sont les soutiens ?
Ils ont déserté. Ils ont fui. Ils ont baissé les bras avant même d'essayer.
· Le CCAS de sa commune : inexistant. Pas de centre communal d'action sociale. Personne pour frapper à sa porte.
· L'assistante sociale de secteur : pas disponible. Injoignable. Une ligne téléphonique qui sonne dans le vide.
· L'assistante sociale de l'hôpital : disparue. Économie budgétaire ? On fait des économies sur le dos des malades.
· La Ligue contre le cancer : impossible d'obtenir une aide sans un dossier rempli par une assistante sociale. Un cercle vicieux.
Alors Nathalie est sortie de l'hôpital après l'ablation des seins, la poitrine mutilée, et maintenant avec des perfusions de chimio dans les veines... et elle est chez elle seule.
Seule.
Pendant ce temps, que vit Nathalie ?
Elle vit avec ses deux filles dans un logement dont les loyers s'accumulent, impayés.
Elle ouvre son courrier : ce sont des factures, des relances, des menaces.
Son téléphone sonne : c'est la banque qui harcèle, ce sont des sociétés de recouvrement pour des crédits qu'elle ne peut plus honorer.
Ses filles regardent leur mère sombrer. Elles s'inquiètent. Elles entendent les mots "impayé", "saisie", "dette".
Pendant qu'elle lutte contre les nausées et la fatigue de la chimio, elle doit chercher des papiers.
Pendant qu'elle gère les douleurs, elle doit rassurer ses filles.
Pendant qu'elle pleure sur l'accumulation des problèmes et de la maladie, elle doit trouver la force de remplir des formulaires.
Où est la dignité là-dedans ?
J'engage ma responsabilité
En tant que président d'association, je refuse de me taire. Je refuse de regarder ailleurs.
J'engage la responsabilité de notre association Vi? Vivre l'Instant? en portant ces accusations haut et fort :
J'accuse la CPAM de se cacher derrière des lenteurs administratives criminelles.
J'accuse la CNS de jouer la montre en sachant parfaitement que, pendant ce temps, une mère de famille s'enfonce.
J'accuse les deux administrations de préférer la guerre des compétences à la protection des malades.
J'accuse l'Europe sociale d'être un chiffon de papier quand il s'agit de protéger celles et ceux qui ont cotisé des deux côtés de la frontière.
J'accuse les décideurs politiques d'avoir supprimé les aidants et les assistantes sociales dans les hôpitaux et les communes.
J'accuse les collectivités locales de laisser des communes sans CCAS, sans filet de sécurité.
J'accuse le silence des élus, des médias, de tous ceux qui savent et qui ne bougent pas.
J'accuse ce système de pousser les gens à bout.
J'accuse cette indifférence qui transforme une bataille pour la vie en une bataille contre la rue.
CE QUE NOUS EXIGEONS, MAINTENANT :
1. Une intervention d'URGENCE de la CPAM et de la CNS pour verser immédiatement les indemnités journalières dues à Nathalie. Pas dans un mois. Pas quand le ping-pong sera fini. MAINTENANT.
2. L'affectation d'une assistante sociale dédiée pour Nathalie, qui la suive à domicile et gère 100 % de ses démarches. Elle est malade, ce n'est pas à elle de courir.
3. Un moratoire immédiat sur toutes les poursuites, dettes, loyers impayés et harcèlements bancaires. Qu'on laisse cette femme guérir en paix.
4. Une enquête parlementaire sur la disparition des assistantes sociales dans les hôpitaux et la carence de CCAS dans certaines communes.
5. La désignation claire et rapide de l'organisme payeur, avec une décision qui mette fin au ping-pong franco-luxembourgeois.
Un appel solennel
Je lance un appel solennel à toutes les personnes de bonne volonté :
· Élus locaux (Moselle, Meurthe-et-Moselle, Luxembourg), levez-vous ! Où êtes-vous ? Une de vos citoyennes est en train de sombrer.
· Médias, faites votre travail ! Cette histoire, c'est celle de milliers de frontaliers. Venez filmer son quotidien. Montrez la réalité.
· Citoyens, partagez ce message. Faites-le sortir des travées de l'indifférence. Que le nom de Nathalie devienne un symbole.
Nathalie n'est pas un numéro de dossier.
Nathalie, c'est une maman qui veut juste pouvoir guérir sans perdre son logement, sans perdre ses filles, sans perdre sa dignité.
Nous ne la lâcherons pas
Nous sommes là pour toi Nath Nounou
---