07/09/2026
En cette période de montée de l'extrême-droite nazie en Allemagne et du RN -qui ne vaut guère mieux- en France, une pensée pour tous les hommes qui ont combattu vaillamment cette abomination.
🇫🇷 🇫🇷 C'était un 6 septembre... 🇫🇷 🇫🇷
Le 6 septembre 1944, Leclerc rejoint les siens à Tailly....
Quelques jours après avoir libéré Paris à la tête de la 2e DB, Leclerc atterrit à Tailly à bord d’un Piper Cub où il retrouve sa famille et ses racines picardes.
Ce 6 septembre 1944, Paris est libéré mais la guerre est loin d’être terminée. Alors que l’avance de l’armée américaine garantit la sécurité de la capitale, une pause dans les combats permet aux hommes de prendre du repos et de retrouver momentanément leur famille. Or, les Anglais de Montgomery et les Canadiens ont libéré la Somme dès les premiers jours de septembre. Leclerc peut enfin penser aux siens. Le 6, il s’autorise à s’envoler à bord d’un Piper Cub aux couleurs de la troisième armée américaine pour Tailly.
Vers 8 heures, le petit avion, volant très bas, lance un pavillon au-dessus de Tailly, effectue un tour de repérage puis atterrit dans un champ derrière le château. « L’un des fils Hautecloque a couru pour le voir de près et est rentré au château en criant : « C’est papa » », avait écrit un témoin de l’époque qui poursuit : « D’Airaines et des environs, les premiers prévenus accourent à Tailly pour saluer le général qui leur fait le meilleur accueil, leur adresse quelques mots et leur donne rendez-vous pour le soir.
À 19 heures à Tailly a lieu une manifestation à laquelle on vient de tous les environs. Entre Airaines et Tailly, ce ne sont que piétons, cyclistes, autos et camions. Après avoir suivi la longue allée du parc, nous arrivons devant le château où il y a déjà foule (…) Au bas du perron, le général se tient seul, debout, appuyé sur sa légendaire canne. Tenue de campagne kaki avec blouson, petites jambières, haut képi rigide avec les trois étoiles. Les habitants le décrivent comme ayant à peine changé, la figure peut-être un peu plus remplie, l’œil vif, un sourire aux lèvres, plutôt moins de rigidité qu’autrefois dans l’attitude. »
Il était parti capitaine Hautecloque quatre ans plus tôt. Il revenait général Leclerc, en héros »
Ce témoignage figure dans le musée de Tailly, dédié à l’épopée Leclerc et ouvert de mi-août à début octobre.
Passionné d’histoire locale, Didier Guillerand résume : « Il était parti capitaine Hautecloque quatre ans plus tôt. Il revenait général Leclerc, en héros. »
Le soir, le général dîne entouré de son épouse et de ses enfants ; une scène de bonheur éclairée par deux lampes à huile et quelques bougies, immortalisée par une photo d’André Claudel, le photographe amiénois de la Libération et de la reconstruction. De son épouse, qui avait élevé seule ses six enfants pendant quatre ans, Leclerc disait qu’elle avait assumé « la tâche la plus difficile ».
Le lendemain, vers dix heures, le général quitte Tailly en voiture cette fois, en raison du mauvais temps. Il emmène deux nouvelles recrues à la division, ses fils aînés, Henri et Hubert, âgés de dix-huit et dix-sept ans.
Deux affectations très symboliques :
« Henri demande à son père l’autorisation de s’engager. Le général place comme exigence qu’il ait fait quelque chose pendant l’Occupation. Comme il a participé à la Résistance locale, il est accepté. Hubert fait la même demande mais le général Leclerc s’interroge, il n’a que dix-sept ans. Il a demandé à ses hommes de ne recruter qu’à partir de dix-huit ans. Leur mère Thérèse fait pression pour qu’il accepte et suggère à ses fils de se vieillir d’une année. Henri est affecté au régiment de marche du Tchad et Hubert au 12e Chasseurs.»
Le fait d’affecter ses fils à ces deux régiments a son importance. Le régiment de marche du Tchad est le régiment des plus vieux compagnons, gaullistes de la première heure. Ce n’est pas du tout le cas du 12e Chasseurs. Mais en affectant un de ses fils à ce régiment, Leclerc montre que, pour lui, il n’y a qu’une 2e DB. Cela correspond à la volonté de cohésion d’hommes venant d’horizons divers.