05/12/2024
Sur proposition du Réseau Non, et avec le soutien de la ville de Dijon, et de son élue égalité Kildine Bataille : Valérie Tender a donné une conférence sur le thème de l'exploitation sexuelle des femmes
À retenir :
- la prostitution est la réponse à une demande : l'aménagement de la sexualité des hommes, l'accès des hommes aux corps des femmes, et la quête de chaire toujours plus fraîche,
- une femme en situation de prostitution : les femmes ne sont pas réduite à la prostitution, elles ne se résument pas à la prostitution, elles sont et restent des femmes normales, des filles, des mères, des sœurs, des voisines, des humaines avec des droits,
- syndicat des travailleur.euses du sexe : avez vous déjà vu des syndicats tenus par les patrons ?! Ici les proxénètes ?
- "travail du sexe" : ni un travail ni du sexe, les normes du travail ne peuvent pas s'appliquer à la prostitution, qui souhaite ce genre de "sexe" pour elle-même, pour sa fille, pour sa femme,
- frein à la sororité : aucune empathie pour les femmes en situation de prostitution qui seraient là pour limiter les viols, et donc épargner les autres femmes !!!
- si une femme est prostituable : noues le sommes toutes,
- santé et psychotrauma : les capacités de dissociation ne sont pas une compétence professionnelle, mais une conséquence traumatique, de décorporalisation et de somatisation des maladies,
- psychotrauma et excitation traumatique : les victimes de violences sexuelles essayent de reproduire les scénarios des violences avec un happy-end : une tentative de reprise de pouvoir, c'est courant et connu en psychotraumatologie causées par les violences sexuelles. Pas d'empouvoirement par la reprise du contrôle, mais une aggravation des conséquences traumatiques,
- pas de consentement quand l'argent est le moyen d'accès au corps des femmes, si on enlève l'argent les femmes en situation de prostitution ne "couchent" pas avec les "clients". L'argent est un agent de coercition,
- la prostitution ne fabrique pas des bons hommes : empathiques et en capacité à se connecter émotionnellement pendant le sexe en dehors de la prostitution,
- "clients" : homophiles obsédés par l'idée de j***r dans le même corps que le client précédent, sans préservatif,
- abolitionnisme : changement de paradigme, consensus social où on cherche à générer plus d'empathie, pour les femmes en situation de prostitution, et chez les hommes "clients". Fin de la criminalité des femmes en situation de prostitution.
Mot de la fin : rationnaliser sa souffrance permet de mieux supporter sa douleur.
Jamais une femme victime de violences conjugales ne va dire que c'est son conjoint qui est violent. TOUTES diront que c'est de leur faute à elles, qu'elles les provoquent, les poussent à bout : elles ont intériorisé le discours des conjoints violents.
C'est la même chose pour les femmes en situation de prostitution.
Quand on subit des violences, on a une meilleure estime de soi si on dit qu'on a choisi, qu'on consent à ces violences.
Ne pas parler d'elles, mais parler d'eux : les clients qui embrouillent, mentent, distordent les mots et les cognitions pour pouvoir consommer le corps des femmes sans empathie, comme des produits de consommation.
C'est stratégique puisque ça leur profite à eux les hommes !
Merci Valérie !