24/08/2026
⚔️ LES TRACES VIKINGS RETROUVÉES EN NORMANDIE ⚔️
Sur quoi s’appuie le Clan DArDHar pour ses reconstitutions ?
Quand on parle des Vikings en Normandie, on pense immédiatement aux raids, aux drakkars et à la naissance du duché de Normandie.
Mais que reste-t-il réellement de leur présence dans le sol normand ?
Pour le Clan DArDHar, qui travaille sur le début de l’ère viking, du VIIIe au Xe siècle, nous avons voulu regarder ce que l’archéologie nous permet réellement d’affirmer.
Et contrairement à certaines idées reçues, les découvertes sont peu nombreuses… mais certaines sont particulièrement intéressantes.
🪦 LA SÉPULTURE DE PÎTRES : UNE FEMME SCANDINAVE ?
En 1865, à Pîtres dans l’Eure, une découverte fortuite a livré une paire de magnifiques fibules ovales en bronze, dites « fibules en carapace de tortue ».
Ces bijoux sont caractéristiques de la parure féminine scandinave de la seconde moitié du IXe siècle et sont aujourd’hui conservés au musée des Antiquités de Rouen.
La découverte est traditionnellement interprétée comme une sépulture féminine scandinave et reste, dans les études archéologiques consacrées à la Normandie, la seule tombe considérée comme viking avec suffisamment d’éléments pour être retenue comme telle.
⚠️ Il faut cependant rester prudent : la découverte étant ancienne, son contexte archéologique est malheureusement très mal documenté. Nous ne connaissons donc pas le nom de cette femme, son origine exacte ni l’intégralité de ses vêtements.
Mais ses fibules constituent une référence exceptionnelle pour comprendre la parure féminine scandinave du IXe siècle en Normandie.
⚔️ DES ARMES SCANDINAVES EN SEINE-MARITIME
Le musée des Antiquités de Rouen conserve également plusieurs objets associés à la présence scandinave.
Parmi eux figurent des armes, notamment des épées de fabrication anglo-saxonne qui ont pu être utilisées par des Scandinaves, ainsi que des armes scandinaves retrouvées notamment dans la Seine.
Ces découvertes sont importantes car elles montrent que les traces matérielles vikings ne se limitent pas aux tombes : elles apparaissent également dans les cours d’eau et dans les zones fréquentées par les Scandinaves.
🪙 LE TRÉSOR DE SAINT-PIERRE-DES-FLEURS
En 2007, dans l’Eure, la découverte de Saint-Pierre-des-Fleurs a apporté une preuve exceptionnelle des réseaux économiques scandinaves.
Le trésor, enfoui vers 890-895, contient notamment des monnaies carolingiennes, des monnaies anglaises de type scandinave, une monnaie arabe ainsi que des fragments de lingots d’argent.
Certaines monnaies ont été pliées ou testées par des coups de couteau afin d’en vérifier le métal.
Nous avons donc ici une véritable fenêtre sur le commerce et la circulation de l’argent à l’époque viking.
Les Scandinaves ne sont donc pas uniquement des pillards : ils sont également des commerçants, des voyageurs et des acteurs de réseaux qui relient la Normandie aux mondes anglais, carolingien et même islamique.
🔨 LES MARTEAUX DE THOR EN SEINE-MARITIME
Deux découvertes sont particulièrement intéressantes pour comprendre les croyances nordiques.
Deux marteaux de Thor en argent ont été retrouvés en Seine-Maritime :
➡️ un à Saint-Pierre-de-Varengeville, sur les hauteurs dominant la Seine ;
➡️ un autre à Sahurs.
Ils sont datés du Xe siècle.
Ces objets sont particulièrement intéressants car ils témoignent de la persistance de symboles religieux scandinaves dans la région.
Les spécialistes les rapprochent davantage de l’installation de populations anglo-scandinaves au Xe siècle que des grands raids du IXe siècle.
Pour DArDHar, ils constituent donc une référence archéologique régionale particulièrement intéressante lorsqu’on parle de religion et de paganisme nordique.
🌊 LA SEINE : UNE VÉRITABLE VOIE VIKING
La vallée de la Seine joue un rôle majeur dans l’histoire des Scandinaves en Normandie.
Rouen est attaquée à plusieurs reprises et devient un point stratégique. Oissel, sur la Seine, sert notamment de base aux Scandinaves.
En 862, Charles le Chauve fait construire le pont fortifié de Pîtres afin d'essayer de bloquer la circulation des flottes scandinaves remontant la Seine vers Paris.
La Normandie n’est donc pas seulement une terre atteinte par les Vikings : elle devient progressivement un espace où certains Scandinaves s’installent et se mélangent aux populations locales.
🌿 ET NOTRE RÉGION ?
Notre implantation dans le secteur de Dieppe, Petit-Caux, Penly, Grèges, Eu, Envermeu et plus largement l’est de la Seine-Maritime s’inscrit donc dans un territoire où l’influence scandinave est bien documentée à l’échelle régionale.
Cela ne signifie pas que chaque village possède une tombe viking ou qu’un « Viking de Dieppe » ait été retrouvé.
Au contraire, les archéologues soulignent un paradoxe : l’importance historique de la présence scandinave en Normandie est considérable, alors que les traces archéologiques directement identifiables sont relativement rares.
👩 ET LES FEMMES, LES ENFANTS, LA VIE QUOTIDIENNE ?
C’est justement là que la reconstitution historique devient passionnante.
Les découvertes normandes sont trop rares pour nous donner le costume complet d’une famille.
Nous devons donc croiser les découvertes normandes avec celles de Scandinavie et des autres régions du monde viking.
Pour les femmes de haut statut, les grandes références sont notamment Oseberg, Hvilehøj et les fibules de Pîtres.
Pour les hommes de haut rang, le tombeau de Mammen/Bjerringhøj, au Danemark, daté de la fin du Xe siècle, constitue une référence exceptionnelle pour les textiles, les broderies, les galons, la fourrure, la soie et les vêtements de prestige.
Cela nous permet de comprendre qu’un personnage important pouvait porter des vêtements de grande qualité, richement décorés et très colorés.
Pour les enfants, les données archéologiques sont malheureusement beaucoup plus limitées. Nous devons donc rester plus prudents et privilégier des vêtements simples en laine et en lin, adaptés à leur âge et au statut de leur famille.
🏕️ POURQUOI CES DÉCOUVERTES SONT IMPORTANTES POUR DArDHar ?
Notre objectif n’est pas de recréer un
« Viking de cinéma ».
Nous voulons montrer une société composée d’hommes, de femmes et d’enfants, avec ses artisans, ses commerçants, ses croyances, ses vêtements, ses bijoux, ses techniques et sa vie quotidienne.
Notre camp s’inscrit donc dans une période allant du VIIIe au Xe siècle, en nous appuyant autant que possible sur :
🔹 les découvertes archéologiques normandes ;
🔹 les objets conservés dans les musées ;
🔹 les sépultures et dépôts scandinaves ;
🔹 les sources historiques ;
🔹 les comparaisons avec les sites scandinaves contemporains.
Et surtout, nous faisons la distinction entre ce qui est attesté archéologiquement, ce qui est probable et ce qui relève de la reconstitution.
C’est cette démarche qui nous permet de faire vivre l’histoire sans la transformer en légende.
⚔️ CLAN DArDHar
Camp de Reconstitution Historique
Début de l’ère viking — VIIIe-Xe siècles
Artisanat • Us et Coutumes • Vie de Camp
📚 Quelques références scientifiques :
Patrick Périn, Les objets vikings du musée des Antiquités de la Seine-Maritime, à Rouen, Annales de Normandie, 1990.
Thibault Cardon, Jens Christian Moesgaard, Richard Prot & Philippe Sc*****er, Le premier trésor monétaire viking trouvé en Normandie : Saint-Pierre-des-Fleurs, Normandie Archéologie, 2019.
Traces et absence de traces. L’archéologie moderne face au paradoxe de l’implantation des Vikings en Normandie, r***e Nordiques.