23/06/2026
Sacha, ma douce Sacha…
Parfois j’ai l’impression que le temps s’est figé autour de cette pièce, comme si le monde avait continué sans toi mais que moi, j’étais restée coincée entre deux battements. Il y a des instants où je cherche encore ton regard, réflexe absurde, comme si tu pouvais surgir derrière une porte ou au détour d’un silence.
Je rejoue cette journée sans fin. Pas parce que je veux me faire mal, mais parce que mon esprit refuse d’accepter qu’un moment puisse être aussi définitif. Tout semble trop simple pour contenir une absence aussi immense. Trois mots… et après, plus rien. Comme si toute une existence pouvait être suspendue à une phrase trop courte, trop froide, trop irréelle.
Et pourtant, tu étais tout sauf ça. Tu étais vivante dans chaque détail du quotidien, dans chaque habitude que j’ai gardée sans même m’en rendre compte, dans chaque regard donné, dans chaque patte posée sur mon bras.
C’est ça qui me détruit le plus : que la vie continue de m’entraîner alors que tout en moi reste accroché à toi. Comme si ta vie n’avait été qu’un simple battement de cil.
Je ne sais pas si c’est ta présence qui persiste ou si c’est moi qui m’accroche trop fort à ton absence. Peut-être que le deuil fait ça : il mélange les deux jusqu’à rendre flou ce qui est réel et ce qui ne l’est plus. Mais même dans ce flou, il y a quelque chose qui ne disparaît pas : l’amour.
Il ne s’est pas arrêté avec cette dernière journée. Il ne s’est pas arrêté dans cette pièce froide. Il est encore là, vivant autrement, douloureux mais intact.
Et si je ferme les yeux, ce n’est pas pour te retrouver comme avant… c’est juste pour ne pas oublier la sensation de t’avoir aimée si fort.
Un an, c’est le temps que la vie nous a laissé, et si j’avais su, j’aurais fait mieux, Sacha.
On aurait vécu dix vies ensemble, mais le temps m’a joué un mauvais tour. Si j’avais su que ce jour serait le dernier, j’aurais fait différemment. Comment une journée d’aspect normal peut-elle aussi vite devenir l’une des pires de notre vie ?
Je ne veux pas que ton histoire se résume à cette dernière journée, tu étais bien plus que ça.
Je suis en colère, en colère contre le temps qui n’a pas eu la décence de ralentir, en colère contre chaque seconde qui aurait pu faire que tu sois encore là aujourd’hui, en colère contre un futur que tu ne verras jamais.
Tu as été la lumière de ma vie, d’un projet, de notre famille. Tu étais de celles qui remplissent une maison juste avec leur présence, de celles dont on ne mesure l’importance qu’au moment où le silence devient insupportable.
Tu avais cette façon bien à toi de regarder le monde, comme si chaque promenade était une aventure, comme si chaque instant méritait d’être vécu pleinement.
J’aurais voulu que tu fasses partie de la suite.
Mais ton histoire ne s’arrête pas à ce que nous n’aurons pas vécu.
Elle existe dans tout ce que tu nous as donné. Dans les souvenirs que personne ne pourra nous enlever. Dans les empreintes que tu as laissées sur nos vies, si profondes qu’aucun départ ne pourra les effacer.
Tu me manques d’une façon que les mots ne savent pas raconter. Pourtant, quand je pense à toi, je ne veux pas seulement pleurer ce que j’ai perdu. Je veux aussi remercier la vie de m’avoir permis de te rencontrer.
Parce qu’un an avec toi valait plus que mille jours ordinaires.
Alors aujourd’hui, même si mon cœur refuse encore de comprendre, je veux que ton histoire se résume à ce qu’elle a toujours été : une histoire d’amour.
Et tu resteras à jamais dans cette maison qui portera à jamais ton âme, et pour toujours je continuerai à te faire exister.
Éternellement Sacha 🤍
2024–2026 🕊️