11/06/2026
L'association AVA déplore la condamnation à mort de Curtis
L'association AVA – Agir pour la Vie Animale – a appris avec une immense tristesse la décision ordonnant l'euthanasie de Curtis, le chien d'Elisa Pilarski.
Au-delà de l'émotion et de l'indignation qu'elle suscite, cette décision marque, à nos yeux, une profonde injustice, à laquelle, hélas, nous nous attendions.
Depuis plus de six ans, l'affaire Elisa Pilarski déchire l'opinion publique et ravive des débats passionnés. Mais derrière les polémiques, il y avait un être vivant. Curtis n'était ni un symbole, ni un monstre, ni un coupable capable de comprendre les faits qui lui étaient reprochés. C'était un chien. Un animal entièrement dépendant des décisions prises par les humains qui, du début à la fin de sa vie, auront été mauvaises.
Aujourd'hui, la justice a choisi de mettre un terme à sa vie.
Depuis le premier jour, notre association a fait tout ce qui était en son pouvoir pour tenter de sauver Curtis. Et si, notre Président, le Dr vétérinaire Thierry Bedossa, a souvent pris la parole dans les médias pour plaider sa cause, nous ne nous sommes pas toujours exprimés publiquement sur les démarches entreprises. Nous avons parfois choisi d'agir dans l'ombre, loin des réseaux sociaux, loin des débats médiatiques devenus trop souvent contreproductifs. Parce que notre priorité n'a jamais été d'occuper l'espace public, mais d'œuvrer concrètement pour préserver la vie de ce chien.
Pendant six ans, jamais nous n'avons abandonné Curtis.
Jamais nous n'avons renoncé à l'idée de lui offrir une place au sein de notre refuge, de lui permettre de vivre sous surveillance adaptée, entouré de professionnels expérimentés, dans un cadre sécurisé et respectueux de son bien-être. Nous avons espéré jusqu'au bout qu'une autre issue puisse être trouvée.
Cette issue existait.
Nous n'ignorons pas le drame humain qui est à l'origine de cette affaire. Nous pensons avec respect à la mémoire d'Elisa Pilarski et à la douleur de ses proches, qui demeure immense et irréparable. Reconnaître cette souffrance ne doit toutefois pas empêcher de s'interroger sur le sens de la décision rendue aujourd'hui.
Que gagne notre société à exécuter un chien six ans après les faits ?
Cette décision ne réparera aucune perte. Elle n'apaisera aucun chagrin. Elle ne répondra pas davantage aux nombreuses interrogations qui ont traversé cette affaire depuis son commencement.
Au fil de ces six années, nous avons également conservé le sentiment douloureux qu'à aucun moment Curtis n'a véritablement bénéficié du doute qui devrait entourer toute accusation aussi grave.
Dès les premiers instants de cette affaire, tout s'est passé comme si l'enquête s'était construite à charge contre lui. Aux yeux de nombreux observateurs et de tous ceux qui ont suivi ce dossier avec attention, Curtis semblait désigné avant même que toutes les questions aient trouvé leurs réponses.
Aujourd'hui, l'issue retenue renforce ce profond malaise.
C'est comme si un individu présumé coupable avait été maintenu pendant six années en détention provisoire, privé de toute perspective d'avenir, avant d'être finalement condamné à mort au terme d'une attente interminable. Cette analogie ne vise pas à assimiler un chien à un être humain devant la loi, mais à rappeler l'épreuve que représente le temps lorsqu'il est mis au service d'une condamnation annoncée plutôt que de la recherche sereine d'alternatives.
Nous gardons la conviction qu'une autre voie était possible, qu'une autre décision pouvait être prise et qu'elle aurait honoré à la fois la mémoire d'Elisa Pilarski, les exigences de sécurité collective et les principes fondamentaux de protection animale.