01/05/2026
Le 19 Septembre 2026, le CSC prépare sa balade fantastique au coeur du marais à Coulon.
Mais en attendant, parlons de la tradition du 1er mai à Coulon....les jeunes s'amusaient toute la nuit, voici l'histoire....
Coutume du 1er Mai dans le marais poitevin
Le mois de mai a de tout temps été célébré par des cérémonies mystiques et des coutumes populaires.
Dans l’Antiquité, le 1er mai était consacré à Flore, déesse des fleurs ; le calendrier républicain donna à ce mois le nom de Floréal. L’Église chrétienne consacra quant à elle ce mois à la Vierge Marie.
Les jeunes gens, après s’être approvisionnés de branches de jeunes arbres dans les bois voisins, venaient planter, pendant la nuit précédant le 1er mai, l’arbrisseau symbolique — le « mai » — devant la porte ou sous les fenêtres des jeunes filles.
La signification variait selon l’essence choisie :
• la charmille symbolisait la douceur et la modestie ;
• le chêne ou le hêtre, la force et la beauté ;
• une branche de lilas rendait hommage à la grâce et à la beauté.
En Bresse, en revanche, une branche de cerisier fleurie était un hommage discret à une vertu appréciée.
Mais de mauvais plaisantins ne manquaient pas de profiter de l’occasion pour commettre quelques méchancetés. Ils déposaient ainsi un bouquet d’orties à la porte de la jeune fille jugée la plus désagréable ou disgracieuse.
Avec le temps, cette coutume évolua vers une autre habitude : celle de parcourir les cours des maisons pour y ramasser les objets laissés dehors — bancs, charrettes, pots de fleurs…
Ah ! cette nuit du 1er mai… qu’elle était agitée, naguère encore ! Que de pots de fleurs s’évadaient, à minuit, pour aller s’empiler sur la place du village ! Mais il n’y avait pas que des pots : bancs, tables, parasols, barrières, tout ce qui pouvait être transporté l’était. On y a même trouvé des remorques et des appareils agricoles !
Il fallait entendre, au matin, les imprécations des femmes réunies sur la place pour trier les pots de fleurs !
Mais il fallait voir aussi la joie des jeunes filles que leurs galants n’avaient point oubliées et qui trouvaient, au réveil, un « mai » magnifique à leur porte : un énorme bouquet, parfois dérobé çà et là dans les jardins, lié d’un joli ruban. Et, à l’inverse, le dépit de celles qui avaient été gratifiées d’un bouquet d’orties…
Les commérages allaient bon train :
« C’est qui ? C’est quand ? J’avais pourtant tout fermé et caché mes pots de fleurs ! Et cette remorque, comment ont-ils fait ? »
Les jeunes gens se donnaient beaucoup de mal afin d’épater la population….eh oui.
Que de questions l’on se posait en ramenant ses affaires — ou parfois celles que l’on trouvait plus à son goût…
Mais attention au garde champêtre, qui, après avoir passé une nuit blanche sans rien pouvoir faire (« rien vu, rien pris »…), assistait, impuissant, à cette agitation.
Et puis, peu à peu, ces coutumes ont connu un déclin progressif sous l’effet de la transformation des modes de vie, de l’urbanisation et de l’affaiblissement des sociabilités rurales traditionnelles. Leur évocation participe à la mémoire collective locale et à la valorisation collective locale d’un héritage culturel.