11/03/2025
🌱 Bastien Achard en résidence aux Filmeurs en février dernier :
"Les deux heures de train passent à une vitesse f***e. Trop d’impatience, d’excitation, de stress. Une fois arrivé, pas le temps de gamberger, je rencontre Romano en attendant notre pick-up. Directement nous évoquons nos projets, nos attentes, nos appréhensions.
La nuit est tombée, Emmanuel nous récupère pour nous emmener dans leur monde.
Chacun sa chambre, je fais la connaissance d’Aurore, ma colocataire durant ces deux semaines. La campagne m’apaise, loin du brouhaha parisien, l’espace est idéal pour la réflexion, l’échange. Arrivé à la résidence avec une première version dialoguée sur mon projet « Hazarde », mes attentes naviguent dans l’inconnu. « Comment tout cela va se passer ? » « Et la cuisine, mon dieu la cuisine qu’est ce que vais-je devoir me préparer ? » « ce projet il vaut vraiment le coup ? Une histoire de chien ? Vraiment ? »
Quelques pas sur le chemin boueux - pluie pluie pluie les grenouilles chantent - nous voilà chez Sabrina et Emmanuel. Quel accueil, quelle chaleur. Ce repas, des lasagnes (succulentes) précédées d’un apéro, du vin, du vin, un peu d’eau, du vin. Les échanges semblent si naturels, légers, engagés. Sabrina et Emmanuel débordent d’humanité, d’écoute. De vrai passionnés de part leur vécu, leur amour du cinéma ainsi que la vie qu’ils se sont construite ici, en Normandie.
Un coucou de leurs enfants, solaires, énergiques, fans de foot parait-il. L’un d’eux porte un maillot de Manchester. Moi c’est l’OM. Comme quoi.
Je me suis directement senti très à l’aise. Leur bonne humeur communicative me motive à avancer au mieux sur le projet. Daniela participe à la soirée. Elle nous accompagnera durant cette première semaine.
Bon dieu que ces sept journées furent déterminantes. Grâce à son regard de cinéaste, de monteuse, de passionnée, mon projet n’a jamais été autant revu, corrigé, modifié. Tout est mis à plat.
Sa bienveillance et la justesse de ses mots me plongent dans une profonde introspection sur mes intentions, mon vécu. J’avais rendez-vous chez la psy tous les jours, pendant deux heures. Quel privilège. Et son risotto… bonheur pour les papilles. On ne peut pas mieux débuter le séjour avec des Lasagnes et un Risotto le jour suivant. D’autant plus que nous conclurons ce merveilleux séjour dans un déluge d’arancini maison.
Tout glisse : la boue, les échanges, le vin… le sentiment d’être dans un cadre de plénitude m’envahit. Les échanges entre Aurore et Romano sont sincères, passionnants. On y parle de voix off, de danse, de voyages, de grand-mère, de cinéastes, de chiens. En parlant de chiens (c’est quand même ton projet Bastien), comment ne pas citer le superbe berger blanc suisse de Manu et Sabrina. Véritable agneau dans un corps d’ours polaire, grand fan de buches en bois et de chouettes. Les quelques soirées chez nos admirables hôtes permettent une évasion galvanisante. Dehors les projets, bonjour les échanges sur le cinéma, des films et des films, John Ford, le festival des Filmeurs, le monde qui part en sucette, des rires, Barbara, une glace caramel beurre salé / chocolat, du rire, des souvenirs, il faut aller dormir demain boulot. Et bis repetita.
Daniela nous éclaire, conseille… Mon projet semble avancer à une vitesse f***e : les personnages, la dramaturgie, tout s’harmonise. Merci Daniela.
Puis, c’est une deuxième semaine cette fois-ci seul. Orphelin de tout conseil et avis, nous échangeons davantage entre résidents. Emmanuel et Sabrina restent disponibles pour toute lecture et potentiel débriefing entre deux bouchées de pizza (la gastronomie italienne semble appréciée).
Ces deux semaines m’ont offert l’espace parfait pour avancer sur mon projet. Celui-ci semble bien plus complet, dense et réfléchi. La suite ? Un producteur, il me faut un producteur. Développer « Hazarde » avec une boite de production sonnerai comme un réel accomplissement, un rêve, une opportunité pour raconter cette histoire qui me tiens à coeur.
Je quitte cette résidence avec mélancolie, plein de reconnaissance. Mais aussi de l’appréhension, que va devenir ce projet, vais-je trouver preneur ? Et puis il faut prendre le métro en arrivant à Paris, porter cette valise de 20 000 tonnes (c’est beaucoup 20 000). Et des gens, trop de gens ça court, les portes s’ouvrent, se referment, n’oublie pas ton ticket à 2,50€, des escaliers, quelques « pardons excusez-moi je descends ici » … Le silence me manque déjà. J’ai hâte de revenir pour le festival. Merci pour tout."