21/11/2025
METHANISEUR DE CONDAL
DEBOUTEE PAR LE TRIBUNAL
L’ADEB NE LACHE RIEN DE SA VIGILANCE
Après 18 mois d’arrêt du chantier du méthaniseur industriel à Condal (71), l’Association de Défense de l’Environnement Bressan (ADEB) organisait une réunion pour faire le point sur ce projet à hauts risques pour l’environnement et les personnes et contre lequel elle lutte depuis 7 ans. Malgré son échec judiciaire, elle reste mobilisée.
Début 2024, les entreprises avaient retiré leurs engins du chantier, faute de paiement. Depuis, le porteur de projet BEB (Bio Energie Bressanne) est resté silencieux, lâché par des financeurs, réticents à soutenir un projet attaqué en justice. Ce qui n’a pas empêché l’ADEB de poursuivre son action, devant le tribunal administratif, jusque qu’à être déboutée, le 4 juillet. Valérie Poncin, présidente de l’ADEB, a rappelé ces actions et en particulier contre la prorogation de l’enquête publique qui donnait un délai supplémentaire au donneur d’ordre pour poursuivre le chantier. Et cela malgré plusieurs entorses à la conformité prévue par l’arrêté préfectoral de 2020, comme la capacité réduite de la lagune devant recueillir le digestat ou encore une étude hydrogéologique qui ne garantit pas la mise hors d’eau du site, dans tous les cas de figure.
UNE DIMENSION INDUSTRIELLE RENFORCEE
Plusieurs riverains directement exposés aux risques de dysfonctionnement de l’usine ont manifesté leur étonnement à l’égard de ce jugement du TA, qui condamne par ailleurs l’ADEB à verser à BEB 2000 euros pour frais de justice. Une manière pour le juge de dissuader l’Association de Défense de l’Environnement Bressan de poursuivre son action et de faire des vagues...
Pourtant, explique Valérie Poncin, le contexte économique et environnemental au moment de l’arrêté initial a considérablement changé. Du fait de la construction de plusieurs méthaniseurs par des agriculteurs à proximité, l’approvisionnement en lisier, cultures dédiées et cultures intermédiaires, n’est plus garanti dans le rayon prévu par l’arrêté préfectoral. Par ailleurs, beaucoup d’agriculteurs s’étant engagés à épandre les digestats et restés sans nouvelles de BEB depuis plusieurs années, ont renoncé à cette formule.
BEB renforcera la dimension industrielle du projet, craint-on à l’ADEB, en cherchant plus loin encore ses intrants (dont des déchets d’abattoir et ménagers non prévus à l'arrêté) et en transportant encore plus loin les digestats, qui en aucun cas remplacent l’engrais, selon un agriculteur présent. Pour respecter son modèle économique, Bio Energie Bressanne devra encore demander des modifications majeures de l'arrêté initial qui impacteront davantage l'environnement bressan.
UNE ACCIDENTOLOGIE INQUETANTE
Une étude de l’accidentologie (Bureau d’Analyses des risques et Pollution industriels), présentée par Pascal de Broissia, vice-président de l’ADEB, met en lumière l’augmentation du nombre d’accidents ou d’incidents qui touchent parfois plusieurs fois par an certains méthaniseur. Les plus nombreux sont les rejets de matières dangereuses ou polluantes (odeurs pollution des sols ou des rivières) et les explosions sont assez fréquentes. Au 12 juin 2025, le CNVM (Collectif National Vigilance Méthanisation) a recensé 659 accidents sur 361 sites de méthanisation.
La présentation de quelques extraits de presse donne la mesure des risques que l’usine de Condal fera peser sur les riverains et l’environnement (intoxications, mortalité de la faune dans les rivières, eau potable impropre à la consommation comme pour 180000 personnes en Bretagne, etc.).
Même dissuadée de poursuivre ses actions en justice, trop onéreuses, l’ADEB n’entend pas baisser sa garde. Sans soutien des maires, mais attachée à l’exercice de la démocratie participative, elle ne lâche rien de sa vigilance, par différents moyens. Elle a par exemple obtenu l’assurance de Mme la Sous-Préfète de Louhans de participer, une fois l’usine de méthanisation en service, à la commission locale de concertation et d’information, prévue aux conditions particulières de l’arrêté préfectoral de 2020. Même si ce dispositif ne garantit pas une exploitation vertueuse du méthaniseur, l’ADEB compte sur les riverains, pour recueillir leurs doléances et les représenter auprès des instances compétentes.
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