23/06/2026
Malgré les mesures de restriction de dépenses mises en place par les pouvoirs publics au fil des années, l’avenir de notre système de protection sociale apparaît toujours assez trouble.
En réalité, les mesures prises ont surtout pour objectif de contenir les dépenses des régimes obligatoires, au détriment des organismes complémentaires et de leurs adhérents, mis à contribution notamment au travers du classement des médicaments, des augmentations de tickets modérateurs, d’obligations de prise en charge au travers du « contrat responsable » ou encore des augmentations de taxes assises sur les cotisations mutualistes.
Lorsque les mesures auront un réel objectif de maîtrise des dépenses de santé plutôt que de maîtrise des seules dépenses des régimes obligatoires, nous aurons la preuve que les pouvoirs publics ont pris la mesure de l’enjeu.
🔴 Madame la Ministre Stéphanie RIST,
À chaque difficulté budgétaire, la même solution semble s'imposer : transférer davantage de charges vers les complémentaires santé.
Après les transferts successifs de ces dernières années (particulièrement accentués ces derniers mois), les nouvelles mesures annoncées reviendraient une fois encore à diminuer les remboursements de l'Assurance maladie obligatoire tout en augmentant mécaniquement le reste à charge ou les cotisations des Français.
Mais qui paiera réellement ?
- Les retraités dont le pouvoir d'achat est déjà sous pression ?
- Les salariés qui verront leurs cotisations augmenter ?
- Les entreprises qui financent la protection sociale de leurs collaborateurs ?
- Les millions de Français qui renonceront à certains soins faute de pouvoir les financer ?
Une fois encore, les efforts semblent demandés à ceux qui se soignent, à ceux qui cotisent et à ceux qui assurent la solidarité, plutôt qu'à ceux qui contribuent le moins à son financement.
Il n'existe pas d'argent magique dans les mutuelles. Chaque euro de charge transféré finit par être supporté par les adhérents.
À force de considérer les complémentaires santé comme une variable d'ajustement budgétaire, c'est l'accès aux soins que vous prétendez défendre qui est affaibli.
Une question mérite d'être posée : êtes-vous la Ministre de la Santé ou uniquement la Ministre du financement de la Sécurité sociale ?
La santé ne peut pas se résumer à des lignes d'économies dans un budget. Derrière chaque décision comptable, il y a des patients, des familles et des renoncements aux soins.�