Association Ton Secret Est Le Mien

Association Ton Secret Est Le Mien L'Association Ton Secret Est Le Mien à Cholet consiste à aider les victimes d'abus sexuels.

31/08/2026

JOUR 2

« ÇA VA ? »

Il est 8h15.

J’arrive au travail.

« Ça va ? »

Je souris.

« Oui, ça va. Et toi ? »

Premier « ça va » de la journée.

À 10h30, un message arrive :

« Coucou, comment tu vas ? »

Je regarde mon téléphone quelques secondes.

Est-ce que je raconte ma nuit ?

Mes pensées ?

La tristesse ?

Le manque ?

Non.

J’écris :

« Ça va ❤️ »

Deuxième « ça va ».

À midi, on parle du week-end.

« Samedi, je vais chez mes parents. »

« Dimanche, c’est l’anniversaire de ma sœur. Toute la famille sera là. »

Je souris.

J’écoute.

Je participe à la conversation.

Parce que je ne veux pas que mon histoire prenne toute la place.

Puis quelqu’un me demande :

« Tu peux échanger ton samedi avec moi ? J’ai une fête de famille. »

« Oui, bien sûr. »

Pour elle, c’est juste du planning.

Pour moi, c’est parfois un petit rappel.

Moi, je n’ai plus ça.

Je n’ai plus les repas où tout le monde se retrouve.

Les anniversaires.

Les photos de famille.

Les « Tu viens dimanche chez papa ? »

Ma famille existe toujours.

Ils sont vivants.

Ils rient.

Ils se retrouvent.

Ils fêtent leurs anniversaires.

Mais moi, je n’en fais plus partie.

Et ça aussi, c’est un deuil.

Un deuil sans décès.

Sans cérémonie.

Sans fleurs.

Sans condoléances.

Juste une absence.

Une place vide. La mienne.



À 17h30, je rentre.

Je prépare le repas.

Je m’occupe du linge.

Je souris.

Je vis.

De l’extérieur, tout va bien.

Et pourtant, à 18h02, j’appelle mon psychologue pour décaler un rdv :

« Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? »

Et cette fois, j’ai envie de répondre autrement.

Parce que je peux aller bien le matin…

et m’effondrer le soir.

Je peux rire…

et être triste.

Je peux faire des projets…

et avoir mal.

Je peux être heureuse avec ma fille…

et souffrir de ceux qui ne sont plus dans ma vie.

Les deux peuvent exister en même temps.



Alors peut-être qu’un jour, quand on me demandera :

« Ça va ? »

Je ne répondrai plus automatiquement oui.

Je pourrai dire :

« Aujourd’hui, c’est difficile. »

Ou :

« J’ai besoin que tu restes un peu avec moi. »

Ou simplement :

« Je tiens debout. »

Parce qu’une victime ne répond pas toujours « ça va » parce que tout va bien.

Elle répond parfois « ça va » parce qu’elle ne sait pas comment raconter tout le reste.

Alors si vous me demandez aujourd’hui :

« Ça va ? »

Peut-être que je vous répondrai simplement :

« Je suis là. »

Et parfois…

c’est déjà beaucoup.

31/08/2026

🌿 Bonne rentrée à toutes et à tous ! 🌿

L'Association Ton Secret Est Le Mien espère que vous avez passé un été aussi serein que possible et vous souhaite une excellente rentrée.

Nous avons le plaisir de vous annoncer la reprise de notre Groupe de Parole, qui se tiendra le jeudi 10 septembre à 18h30, en salle 12, au Centre Social du Planty à Cholet.

Ces rencontres sont destinées aux personnes victimes d'abus sexuels. Elles offrent un espace d'écoute, de parole et de soutien, dans un cadre bienveillant, respectueux et strictement confidentiel.

Afin de nous permettre d'organiser au mieux cette rencontre, nous vous remercions de bien vouloir confirmer votre présence.

Pour des raisons d'organisation, le Groupe de Parole sera maintenu à partir de 3 participants.

Nous serons heureux de vous retrouver et de poursuivre ensemble ce chemin de soutien, d'écoute et de reconstruction.

À très bientôt,

L'équipe de l'Association Ton Secret Est Le Mien

31/08/2026

JOUR 1 — UNE JOURNÉE ORDINAIRE, APRÈS AVOIR PARLÉ

Cette photo a été prise à Paris.

Je souris.

Nous venions de passer trois jours ensemble pour les 19 ans de ma fille.

Demain, elle fera sa rentrée.

Une nouvelle année commencera pour elle.

Et demain, comme pour des millions de personnes, une semaine ordinaire recommencera.

Alors j’ai regardé cette photo.

Et je me suis dit :

Voilà ce que vous voyez.

Une femme qui sourit sur les toits de Paris.

Une maman qui profite d’un moment avec sa fille.

Une vie qui semble continuer normalement.

Mais voilà aussi ce que vous ne voyez pas.



6h42.

Je me réveille.

Avant même d’ouvrir les yeux, je pense à eux.

À ma famille.

À ceux qui ne me parlent plus.

À ceux qui me parlent encore, mais différemment.

À ceux qui ont choisi leur camp.

À ceux qui disent qu’ils « ne veulent pas prendre parti ».

Je prends mon téléphone.

Aucun message.

Je savais pourtant qu’il n’y en aurait probablement pas.

Mais je regarde quand même.

Parce qu’une partie de moi espère encore recevoir :

« Comment vas-tu ? »

Un simple message.

Rien.

Je me lève.

La journée commence.

Et personne autour de moi ne voit que je viens déjà de prendre un coup.

Je prépare mon café.

Je fais ce que font les gens ordinaires.

Je m’habille.

Je travaille.

Je réponds aux messages.

Je souris.

Je plaisante même parfois.

Parce qu’il faut continuer.

Parce que le monde, lui, n’a pas changé.

Il faut payer les factures.

Faire les courses.

Prendre rendez-vous.

Répondre aux enfants.

Penser au dîner.

Faire semblant que tout va bien.

Mais certaines choses ont changé.

Avant, je pouvais entendre le mot « famille » sans avoir mal.

Aujourd’hui, il peut suffire d’une photo de famille sur les réseaux sociaux pour me couper le souffle.

Une fête.

Un anniversaire.

Un repas.

Une photo où tout le monde sourit.

Et moi, je regarde cette image avec une question qui me traverse :

« Comment ont-ils réussi à continuer comme si rien ne s’était passé ? »

Parfois, je vois qu’ils se sont retrouvés.

Sans moi.

Je ne dis rien.

Je ferme l’application.

Je pose mon téléphone.

Et je continue ma journée.

Parce que je ne veux pas leur donner le plaisir de savoir que ça me fait mal.

Mais ça fait mal.

Énormément.

Puis il y a les rencontres.

Celles que je redoute.

Un membre de ma famille dans un magasin.

Dans une rue.

Chez quelqu’un.

Je reconnais sa voiture avant même de voir son visage.

Mon cœur accélère.

Je me demande :

« Est-ce qu’il va me dire bonjour ? »

Et parfois, il ne me regarde même pas.

Alors je fais semblant de ne pas l’avoir vu.

C’est étrange de devenir une étrangère pour des gens avec lesquels on a partagé toute une vie.

Et puis il y a les phrases.

Celles qui restent.

« Tu aurais dû te taire. »

« Tu as détruit la famille. »

« Pourquoi maintenant ? »

« Tu es sûre de vouloir aller jusque-là ? »

« C’était il y a longtemps. »

« Tu ne peux pas penser aux conséquences ? »

Alors parfois, le soir, je me demande :

Est-ce que j’ai vraiment détruit ma famille ?

Et puis je me rappelle.

Non.

Je n’ai pas créé les violences.

Je n’ai pas créé le secret.

Je n’ai pas créé les années de silence.

Je n’ai pas choisi ce qui m’est arrivé.

J’ai seulement choisi de ne plus le porter seule.



19h37.

Je prépare le repas.

Une journée presque normale.

Personne ne pourrait deviner qu’au fond de moi, je suis épuisée.

Pas seulement par ce que j’ai vécu.

Par ce qui est arrivé après.

Parce qu’il faut aussi faire le deuil d’une famille telle qu’on la connaissait.

Faire le deuil de certaines personnes encore vivantes.

C’est probablement l’une des choses les plus difficiles à expliquer.

On peut perdre quelqu’un sans qu’il soit mort.

On peut perdre une mère.

Un père.

Un frère.

Une sœur.

Des cousins.

Des oncles.

Des tantes.

Sans qu’aucun cercueil ne soit jamais posé devant vous.

Et personne ne vient vous présenter ses condoléances.

Au contraire.

On vous demande parfois pourquoi vous ne faites pas un effort.

Pourquoi vous ne pardonnez pas.

Pourquoi vous ne tournez pas la page.

Comme si tourner la page était possible quand ceux qui ont écrit votre histoire continuent parfois de nier les chapitres les plus douloureux.



23h18.

Je suis dans mon lit.

La maison est silencieuse.

Et c’est souvent là que tout remonte.

Les souvenirs.

Les questions.

La solitude.

La culpabilité.

Cette pensée qui revient parfois :

« Si je n’avais jamais parlé, est-ce que tout le monde serait encore là ? »

Je connais pourtant la réponse.

Mais mon cœur, lui, ne l’accepte pas toujours.

Alors je respire.

Je me répète que je n’ai pas détruit ma famille.

J’ai cessé de protéger un silence qui me détruisait.

Et demain matin, à 6h42,

je regarderai peut-être encore mon téléphone.

J’espérerai encore un message.

Un « je pense à toi ».

Un « je te crois ».

Un « comment vas-tu ? »

Peut-être qu’il n’arrivera jamais.

Mais je continuerai.

Parce qu’un jour, j’ai compris quelque chose :

Je ne peux pas obliger ma famille à me croire.

Je ne peux pas obliger mes proches à me défendre.

Je ne peux pas obliger ceux qui aiment l’agresseur à regarder ce qu’il a fait.

Mais je peux choisir de ne plus me trahir pour préserver leur confort.

Alors oui…

Ma parole a peut-être changé ma famille.

Elle a peut-être fait tomber des liens.

Elle a peut-être révélé des fractures qui étaient déjà là.

Mais ma parole n’a pas créé les violences.

Et surtout…

je refuse désormais de m’excuser d’avoir survécu au silence.

Demain, une nouvelle semaine commencera.

Ma fille fera sa rentrée.

La vie continuera.

Et moi aussi.

Avec mon sourire.

Avec mes blessures.

Avec mon histoire.

Avec ma parole.

Une image de chaque jour.

Parce que derrière chaque image, il y a peut-être une histoire que vous ne voyez pas.

29/08/2026

LE MOT « VIOL »

Il y a des mots que l’on connaît.
Des mots que l’on comprend.
Mais qu’on est incapable de prononcer lorsqu’ils concernent notre propre histoire.

VIOL.

Pendant longtemps, je n’ai jamais utilisé ce mot.

Je disais « abus ».
« Agressions ».
« Ce qu’on m’a fait ».

Je racontais les faits, mais je ne les nommais pas.

Puis, il y a trois ans, j’ai raconté mon histoire à un avocat.

Après m’avoir demandé les faits précis, il m’a dit :

« Il n’y a pas eu de violence physique. Mais au regard de ce que vous me décrivez, il s’agit d’un viol. »

Cette phrase m’a bouleversée.

Parce que quelqu’un venait de mettre un mot sur quelque chose que je n’arrivais pas à nommer.

LE VIOL N’EST PAS SYNONYME DE COUPS

Dans notre imaginaire, le viol ressemble souvent à des cris, une lutte, des blessures.

Mais la contrainte peut aussi être morale.

La peur.
L’emprise.
Le chantage.
Les menaces.
La pression.
L’autorité.
L’insistance.

Céder pour que ça s’arrête n’est pas consentir.

Ne pas résister ne signifie pas consentir.

Et combien de victimes se demandent :

« Est-ce que c’était vraiment un viol ? »

ET L’INCESTE DANS TOUT ÇA ?

Un enfant victime d’inceste peut apprendre que son corps ne lui appartient pas complètement.

Que son « non » ne compte pas.

Que se taire est plus simple.

Que céder permet parfois d’éviter le pire.

Et ces apprentissages peuvent nous suivre à l’âge adulte.

Accepter ce que l’on ne veut pas.
Se forcer.
Céder pour éviter un conflit.
Avoir peur de décevoir.
Confondre amour et sacrifice.

L’inceste ne condamne pas à subir des violences à l’âge adulte.

Mais il peut profondément perturber notre rapport aux limites, au corps, au consentement et à l’intimité.

Alors il faut parfois réapprendre :

Mon corps m’appartient.
J’ai le droit de dire non.
J’ai le droit de changer d’avis.
Je n’ai pas à céder pour être aimé(e).

POURQUOI AVONS-NOUS SI PEUR DE CE MOT ?

Parce qu’il nous paraît énorme.

Parce qu’on compare.

Parce qu’on pense :

« Je n’ai pas crié. »
« Je n’ai pas résisté. »
« J’ai fini par accepter. »
« Il n’y a pas eu de coups. »

Mais l’absence de violence physique visible ne signifie pas l’absence de contrainte.

Nommer ne signifie pas exagérer.

Nommer, c’est remettre la responsabilité au bon endroit.

Sur celui qui a franchi la limite.
Pas sur celui qui n’a pas réussi à la défendre.

Alors oui, les mots sont importants.

Mais chaque victime a aussi le droit de prendre le temps de pouvoir les prononcer.

Et lorsque les faits correspondent à cette réalité, il faut pouvoir le dire.

Il faut pouvoir l’entendre.

Il faut pouvoir le nommer.

Ce n’était pas ma faute.
Je n’avais pas à me battre davantage.
Je n’avais pas à céder.

Et un jour, peut-être, il devient possible de regarder son histoire avec les mots qui lui appartiennent.

Et de ne plus chercher à minimiser.

De ne plus comparer.

De ne plus se demander si l’on a suffisamment résisté.

Et enfin…

le prononcer.

VIOL.

Inspiré de faits réels
25/08/2026

Inspiré de faits réels

Inspiré de faits réels, ce film vous fera douter de tout le monde !...

16/08/2026

JE NE SAIS PAS QUAND J’AI PERDU MA VIRGINITÉ.

Il y a quelques jours, une personne m’a écrit pour me demander si j’avais perdu ma virginité avant les violences incestueuses que j’ai subies.

Cette question m’a bouleversée.

Parce que, pour la première fois, je me suis rendu compte que je ne savais pas.

Les violences sexuelles que j’ai subies enfant ne comportaient pas de pénétration pénienne vaginale. Elles étaient faites de fellations et de cu*******us que j’étais contrainte de donner, et de pénétrations digitales que je subissais.

Pendant toutes ces années, dans ma tête, c’était clair.

Je pensais avoir perdu ma virginité lors de mon premier rapport sexuel consenti, avec une pénétration vaginale.

C’était mon repère.

Mon histoire.

Le moment où, dans ma représentation, je suis devenue une femme.

Et soudain, cette question a fait vaciller quelque chose.

Et si une des pénétrations digitales subies enfant avait modifié ou blessé mon h***n ?

Et si cette petite fleur que j’imaginais avoir été offerte lors d’un moment choisi avait peut-être été sectionnée dans la violence ?

Je ne sais pas.

Et c’est précisément cela qui me fait mal.

Ne pas savoir.

Ne pas pouvoir remettre une date sur ce qui s’est passé dans mon propre corps.

Ne pas savoir si cette étape que j’avais imaginée comme un passage intime, choisi, partagé… avait déjà été franchie à mon insu, dans la violence.

Mais aujourd’hui, je comprends aussi quelque chose d’essentiel.

Ce n’est pas mon h***n qui définit ma virginité.

Il n’existe pas de preuve anatomique permettant de dire quand une personne a « perdu sa virginité ».

Et surtout, ce qui m’a été imposé enfant ne devrait jamais avoir le pouvoir de définir le moment où je suis devenue une femme.

Alors peut-être que ma « première fois » reste celle que j’ai choisie.

Celle où mon corps m’appartenait.

Celle où j’ai dit oui.

Celle où il y avait du désir, du consentement, de la liberté.

Parce qu’une enfant victime de violences sexuelles ne perd pas seulement des repères.

Elle peut perdre la possibilité de savoir où commence son histoire intime.

Et parfois, des décennies plus t**d, une simple question suffit à rouvrir ce vertige.

« Quand est-ce que c’était, ma première fois ? »

Je n’ai pas la réponse.

Et peut-être que je ne l’aurai jamais.

Mais je sais aujourd’hui une chose :

Ce qui m’a été imposé ne définit pas la femme que je suis devenue.

Et si toi aussi tu ne sais pas exactement quand tu as perdu ta « virginité » à cause des violences que tu as subies, sache que tu n’as pas à trouver une réponse à tout prix.

Ton histoire ne se résume pas à ce que quelqu’un a fait à ton corps.

Ton corps t’appartient.

Ton histoire t’appartient.

Et ton premier « oui » compte infiniment plus que tous les « non » qui n’ont pas été respectés.

15/08/2026

ET SI, POUR PROTÉGER LEUR ENFANT, LES PARENTS DEVENAIENT CEUX QUI FONT TAIRE LA VICTIME ?

Ils viennent d’apprendre que leur enfant a agressé sexuellement un autre enfant de la famille.

Leur fille.

Leur fils.

Leur petit-enfant.

Leur neveu.

Et soudain, deux réalités impossibles à faire coexister s’imposent à eux :

« ils connaissent cette personne. »

Et

« Cette personne a agressé un enfant. »

Ils l’aime.

Ils l’ont vu grandir.

Ils l’ont protégé.

Ils connaissent ses qualités, ses fragilités, son histoire.

Alors leur cerveau cherche parfois une autre explication.

« Il a mal compris. »

« Ils étaient jeunes tous les deux. »

« Ce n’était peut-être pas vraiment comme elle le raconte. »

« Pourquoi maintenant ? »

Et parfois…

Les parents commencent à douter de la victime.

Parce qu’il est plus facile de remettre en question sa parole…

que de remettre en question l’image qu’ils avaient de leur propre enfant.



Puis, ils pensent à leur famille.

Aux repas qui ne seront plus les mêmes.

Aux frères et sœurs qui vont devoir se positionner.

Aux petits-enfants qui pourraient apprendre ce qui s’est passé.

À leur enfant qui risque d’être rejeté.

Et ils se disent :

« Il faut préserver la famille. »

Mais que sont-ils réellement en train de préserver ?

Leur famille ?

Ou l’image qu’ils en ont ?



Alors viennent les conflits de loyauté.

« C’est quand même leur fils. »

« C’est quand même leur fille. »

« C’est quand même leur petit-fils. »

Et puis la honte.

La culpabilité.

La peur du regard des autres.

Et cette question terrible :

« Comment ont-ils pu ne rien voir ? »

Parce que si leur enfant est capable de faire cela…
Ils doivent peut-être accepter qu’ils ne connaissaient pas leur enfant comme ils le pensaient.

Et cette réalité peut être insupportable.

Alors ils peuvent protéger son image.

Protéger le silence.

Protéger l’équilibre familial.

Et, parfois, demander à la victime de payer le prix.

« Ne dis rien. »

« Pense à la famille. »

« Tu vas tout détruire. »

« Il faut pardonner. »



Mais la violence existait avant que la victime parle.

Elle n’a pas créé la fracture.

Elle l’a révélée.

La victime n’a pas détruit la famille en parlant.

Elle a simplement cessé de protéger un secret qui n’aurait jamais dû être le sien.



Dorothée Dussy a notamment montré, dans ses travaux sur l’inceste, comment le silence, le déni, la banalisation et les loyautés familiales peuvent contribuer à maintenir l’inceste dans le secret.

Parce qu’une famille peut parfois chercher à préserver son fonctionnement…

plutôt qu’à regarder ce qui menace son équilibre.

Et alors, paradoxalement, celle qui parle devient celle qui dérange.

Celle qui « détruit tout ».

Pendant que celui qui a commis la violence peut continuer à être protégé.



Je peux comprendre le déni d’un parent.

Je peux comprendre sa peur.

Je peux comprendre son bouleversement.

Mais comprendre n’est pas excuser.

L’amour qu’ils portent à leur enfant ne devrait jamais les obliger à abandonner celui ou celle qu’il a agressé.

Ils peuvent continuer à aimer leur enfant.

Mais ils peuvent et doivent aussi lui dire :

« Je t’aime.
Mais je ne nierai pas ce que tu as fait. »

Et à la victime :

« Je t’entends.
Je te crois.
Et je ne te demanderai pas de te taire pour protéger notre famille. »

Parce qu’une famille ne se protège pas en protégeant le secret.

Elle ne se reconstruit pas en rejetant celui ou celle qui parle.

Elle commence peut-être à se reconstruire le jour où elle décide enfin de protéger la victime.

Alors peut-être que la vraie question n’est pas :

« Comment empêcher cette histoire de détruire la famille ? »

Mais :

« Pourquoi faudrait-il sacrifier la victime pour que la famille puisse continuer à fonctionner comme avant ? »

La victime n’a pas détruit la famille.
Elle a simplement refusé de continuer à porter seule ce qui n’aurait jamais dû être son secret.

07/08/2026

ELLE AVAIT BU.

ELLE ÉTAIT EN JUPE.

ELLE ÉTAIT SEULE.

ELLE AVAIT FLIRTÉ.

Alors…

elle l’aurait cherché ?

Non.

Et pourtant, ces phrases existent encore :

« Tu as vu comment elle était habillée ? »
« Elle avait beaucoup bu… »
« Elle était en fin de soirée… »
« Après, faut pas s’étonner… »

Mais depuis quand la vulnérabilité donne-t-elle des droits sur le corps de quelqu’un ?

Si je vois une jeune fille vulnérable, mon premier réflexe est de vouloir la protéger.
Pas d’en profiter.

La vulnérabilité appelle la protection.
Elle ne donne aucun droit.

Une jupe n’est pas un consentement.
Un décolleté n’est pas un consentement.
Un sourire n’est pas un consentement.
Le maquillage n’est pas un consentement.
L’alcool n’est pas un consentement.
Flirter n’est pas un consentement.

Avoir dit oui à un ba**er n’est pas avoir dit oui à un rapport sexuel.

Et avoir dit oui quelques minutes auparavant ne signifie pas qu’on ne peut pas dire non ensuite.

Le consentement peut s’arrêter à tout moment.

Alors posons-nous une question simple.

Un homme qui se promène torse nu, alcoolisé, seul, t**d dans la nuit…
mérite-t-il d’être violé ?

Non.

Alors pourquoi serait-ce différent pour une femme ?

La seule personne responsable d’un viol est celle qui le commet.

L’agresseur.

MAIS APRÈS ?

C’est là que beaucoup de choses deviennent beaucoup plus complexes.

Parce que parler ne signifie pas être guérie.
Déposer plainte ne signifie pas être guérie.
Raconter son histoire ne signifie pas être guérie.
Sourire ne signifie pas être guérie.
Reprendre une vie « normale » ne signifie pas être guérie.
On peut travailler.
Aimer.
Avoir des enfants.
Rire.
Faire des projets.

Et pourtant porter encore les conséquences d’un traumatisme.

Parce qu’un viol ne s’arrête pas forcément lorsque l’agression s’arrête.

Le cerveau et le corps peuvent continuer à fonctionner comme si le danger était encore présent.

Hypervigilance.
Cauchemars.
Troubles du sommeil.
Anxiété.
Dépression.
Souvenirs intrusifs.
Dissociation.
Fatigue.
Douleurs.
Troubles digestifs.
Troubles gynécologiques.
Troubles sexuels.

Le traumatisme peut laisser des traces que personne ne voit.

ET PARFOIS, LE TRAUMATISME PREND UNE FORME QUE L’ON NE COMPREND PAS.

Certaines victimes vont fuir toute sexualité.

D’autres vont, au contraire, rechercher énormément de sexualité.

Multiplier les partenaires.

Avoir des rapports à risque.

Rechercher des situations dangereuses.

Avoir une sexualité compulsive.

Et là encore, le jugement arrive :

« Elle recommence. »
« Elle n’a rien compris. »
« Elle cherche les problèmes. »
« À force, c’est qu’elle aime ça. »

Mais…

Et si ce comportement était justement une conséquence du traumatisme ?

Certaines victimes peuvent chercher à reprendre le contrôle de leur corps.

À reprendre possession de leur sexualité.

À se prouver qu’elles peuvent choisir.

À rechercher de l’affection.

De la validation.

Une sensation de puissance.

Ou simplement tenter, sans même en avoir conscience, de comprendre ou de maîtriser quelque chose qui leur a été imposé.

Le cerveau traumatisé ne fonctionne pas toujours comme avant.

Et ce qui semble incompréhensible de l’extérieur peut parfois être une tentative de survivre intérieurement.

Alors non.

Elle ne « cherche » pas nécessairement le danger.

Elle peut être en train de chercher une façon de vivre avec ce qui lui est arrivé.

Et surtout :

Un comportement à risque n’est jamais un consentement à être violée.

ET PUIS UN JOUR… ELLE PARLE.

Parfois quelques semaines après.
Parfois quelques années.
Parfois vingt, trente ou quarante ans plus t**d.

Et certains demandent :

« Pourquoi maintenant ? »

Parce que le traumatisme n’a pas d’horloge.

Une odeur.
Une date.
Une rencontre.
Une séparation.
Une grossesse.
Un événement familial.
Un mot.
Une image.
Et quelque chose peut remonter.

Pas parce qu’elle invente.

Pas parce qu’elle cherche l’attention.

Mais parce que parfois, il faut des années pour comprendre ce que l’on a vécu.

Alors cessons de demander :

« Pourquoi était-elle habillée comme ça ? »
« Pourquoi avait-elle bu ? »
« Pourquoi est-elle retournée dans cette situation ? »
« Pourquoi n’a-t-elle pas parlé plus tôt ? »

Et commençons à demander :

« Qu’est-ce qui lui est arrivé ? »

Parce que cette question change tout.

Elle replace la responsabilité là où elle doit être.

Elle permet de regarder la victime autrement.

Avec moins de jugement.
Avec plus d’humanité.

Et peut-être, enfin, avec ce réflexe qui devrait être le premier :

Protéger les personnes vulnérables plutôt que chercher ce qu’elles auraient fait pour mériter ce qui leur est arrivé.

Une victime n’a pas besoin d’être parfaite.
Elle n’a pas besoin d’être prudente en permanence.
Elle n’a pas besoin d’être sobre.
Elle n’a pas besoin d’avoir une sexualité irréprochable.
Elle n’a pas besoin d’avoir toujours fait les bons choix.

Elle a simplement le droit de ne pas être violée.

Et rien.

Ni sa tenue.
Ni son alcoolisation.
Ni son comportement.
Ni sa sexualité.
Ni ses fragilités.
Ni ses erreurs.

Rien ne transforme jamais une victime en responsable de la violence qu’un autre a choisi de lui faire subir.

Partageons. Parce que changer les mentalités, c’est aussi changer le regard porté sur les victimes. 🙏🏻

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7 Rue Archimède
Cholet
49300

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