08/10/2026
La psychométrie : mettre des mots sur les perceptions, apprendre à poser des limites
Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'une forme de médiumnité dont on parle assez peu : la psychométrie.
Dans le vocabulaire médiumnique, ce terme désigne la faculté de percevoir, au contact d'un objet, des informations, des émotions ou des impressions concernant son histoire ou les personnes auxquelles il a appartenu.
Pourquoi vous parler de cela ?
Parce que je crois qu'il est important de mettre des mots justes sur les expériences inhabituelles que certains enfants nous rapportent.
Un enfant peut, par exemple, raconter qu'en touchant un objet, il a ressenti une émotion intense, qu'une image lui est venue à l'esprit ou qu'il a eu l'impression de connaître quelque chose de son histoire.
Que signifie réellement cette expérience ? Nous ne pouvons pas toujours le déterminer.
Mais savoir qu'il existe un terme pour désigner ce type de perception, dans certaines traditions, peut déjà permettre d'en parler plus sereinement, de mettre des mots sur des « maux ».
Nommer n'est pas toujours expliquer mais trouver les mots justes peut nous aider à exprimer ce que nous vivons et à mieux comprendre ce que nous ressentons.
Pour les parents, disposer d'un vocabulaire adapté permet d'accueillir les paroles de leur enfant sans les dramatiser ni les interpréter trop rapidement.
Pour l'enfant, découvrir qu'il existe un mot pour définir ce qu'il vit et que d'autres personnes ont décrit des expériences comparables peut contribuer à diminuer son sentiment d'étrangeté ou d'isolement.
Toutefois, mettre un mot sur une expérience ne signifie pas pour autant enfermer l'enfant dans une définition de lui-même. Il ne s'agit pas de lui dire : « Tu es psychomètre » ou « Tu possèdes tel don », mais de lui permettre d'ouvrir une parole, de raconter ce qu'il ressent, avec ses propres mots.
Et lorsque les perceptions deviennent envahissantes ?
Il est une autre chose que je souhaite partager avec vous, et qui me tient particulièrement à cœur : le droit de poser des limites.
Pour cela, je vais prendre mon propre exemple.
Je suis personnellement d'une sensibilité telle que je pourrais parfois me qualifier d'« éponge toutes surfaces » !
Pendant longtemps, j'ai vécu cette sensibilité comme quelque chose que je devais subir. Je pensais qu'il s'agissait simplement du revers de la médaille. Jusqu'au jour où j'ai commencé à utiliser une phrase toute simple :
« Je suis présente, je suis ouverte, mais je ne suis pas disponible. »
Chaque fois que je sortais de chez moi, je me plaçais devant un miroir et je m'adressais à moi-même, comme si je parlais à mon corps tout entier :
« Mon corps, mes cellules et moi sommes présents, ouverts, mais non disponibles. »
J'ai répété cette phrase pendant environ une semaine - à chaque fois que je devais sortir ou me trouver en situation où il y a beaucoup de personnes - puis je n'en ai plus ressenti le besoin.
J'avais le sentiment que quelque chose avait changé dans ma manière d'accueillir ce qui m'entourait. Je n'étais pas devenue insensible. Je ne cherchais pas à me couper du monde, des autres ou de mes ressentis.
J'avais simplement appris à me rappeler que je pouvais être présente au monde sans me rendre disponible à tout ce qui venait de l'extérieur.
Les personnes, les ambiances, les émotions environnantes… Je n'avais pas à tout accueillir ni à tout porter.
Bien entendu, il s'agit de mon expérience personnelle, et non d'une méthode universelle mais elle m'a enseigné quelque chose d'essentiel que j'aimerais partager avec les parents :
Apprendre à un enfant qu'il a le droit de dire non !
Lorsqu'un enfant nous raconte des perceptions inhabituelles, notre premier réflexe est parfois de chercher à comprendre ce qu'elles signifient. Cependant, nous pouvons aussi lui apprendre quelque chose de très simple :
Il a le droit de ne pas vouloir vivre une expérience. Il a le droit de ne pas en parler. Il a le droit de chercher à retrouver son calme et de se consacrer à sa vie d'enfant.
Il peut apprendre à reconnaître ce qui le met mal à l'aise, à exprimer ses besoins et à demander de l'aide. Certains enfants trouveront du réconfort dans une phrase rassurante, d'autres dans une respiration tranquille, une activité familière ou la présence d'un adulte attentif.
L'essentiel n'est pas de leur imposer une technique, mais de leur faire comprendre qu'ils ne sont pas obligés de subir silencieusement ce qui les trouble.
Il est bien évident que si ces expériences deviennent source d'angoisse ou perturbent durablement leur quotidien, il est important de rechercher un accompagnement professionnel adapté.
Mais, globalement, faisons confiance à nos enfants… tout en leur donnant les moyens et le temps de découvrir ce qui les aide !
Finalement, mettre des mots sur ce qu'un enfant raconte est une indispensable première manière de l'accompagner, lui apprendre qu'il a aussi le droit de poser des limites est tout aussi essentiel.
Toutes deux participent d'une même intention : l'aider à grandir sereinement, sans que ses perceptions prennent toute la place dans sa vie.
Par Nathalie pour Association Enfants Médiums - AEM
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