02/10/2026
REPÈRES TSA — Quand changer ses habitudes devient difficile
« Le même trajet, le même bol, le même rituel du soir… Et le jour où un élément change, tout devient difficile. Pourquoi ? »
Toutes les personnes, autistes ou non autistes, ont des habitudes et des routines qui structurent leur quotidien. Cependant, pour certaines personnes autistes, ces repères peuvent prendre une place particulièrement importante et leur changement peut entraîner une réaction plus forte.
👁 Ce que l'on voit
L’enfant :
• insiste pour que les choses se passent toujours de la même façon
• il peut réagir fortement à un changement, même minime : un trajet différent à cause des travaux, un autre bol pour le petit déjeuner, sa chaise habituelle déjà occupée …
• il pose de nombreuses questions sur le changement : « pourquoi ? » « on va faire comment ? » « et après, ce sera comment? »
• il peut avoir du mal à abandonner ce qui était prévu et se montrer très contrarié lorsque la situation change
🧠 Ce que cela peut cacher
Pour certaines personnes autistes, les routines peuvent apporter des repères importants.
Un changement peut être difficile parce que :
→ le besoin de prévisibilité est important :
La routine permet de savoir ce qui va se passer. Lorsqu’elle change l’imprévu peut générer de l’insécurité ou du stress
→ Les habitudes sont des points d’appui :
Elles peuvent apporter une sentiment de sécurité, de stabilité, d’ancrage. Lorsqu’elles sont modifiées les repères sont fragilisés
→ S’adapter peut demander beaucoup de ressources :
Il faut changer le scénario, réorganiser ce qui était prévu, envisager une autre possibilité. Pour certaines personnes autistes s’adapter à l’imprévu demande un gros effort. Plus la situation est imprévisible, plus les ressources nécessaires pour s’y ajuster peuvent être importantes.
▶️ Pour certaines personnes autistes la routine peut être un point de repère permettant de structurer le quotidien, de réduire les surprises et d’économiser des ressources d'adaptation.
🤝 Ce qui peut aider
→ prévenir les changements autant que possible, même minimes:
« demain, on prendra un autre chemin pour aller à l’école »
→ utiliser un support visuel
modifier le planning, utiliser un pictogramme qui montre le changement pour que celui-ci soit vu, anticipé
→ expliquer ce qui change ET ce qui ne change pas:
« on ne prendra pas la même route mais on arrivera quand même à l’école. Ta maîtresse sera là et je viendrai te chercher à la même heure »
→ introduire progressivement de petites variations, lorsque c’est possible:
varier un élément à la fois dans un moment où l’enfant est disponible et reposé
→ laisser un temps d'adaptation:
ne pas exiger une acceptation immédiate. Une hésitation, un temps de pause, le silence, ne sont pas un refus définitif.
🗨️ À retenir :
Ce qui peut sembler être de la rigidité peut parfois être une manière de retrouver des repères face au changement.
La routine est un point d’appui.
Kadjè Kouassi Service des Sœurs pour la Promotion Humaine - SSPH OCPSP Institut Supérieur de Formation des Educateurs Spécialisés. Sœurs Salésiennes Don Bosco