29/10/2026
En matière de TCA, on s’en tient souvent à l’anorexie mentale, à la boulimie nerveuse et à l’hyperphagie boulimique. Mais d’autres TCA, moins typiques voire franchement atypiques sont à connaître. Il s’agit de troubles réunis sous l’acronyme anglophone ARFID (de l'anglais « Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder ») caractérisés par une restriction ou un évitement important de l’alimentation, sans aucune préoccupation liée au poids, à la silhouette ou à une volonté de maigrir. Voici ses principales manifestations :
— Évitement lié aux sensations :
Difficulté avec certaines textures, odeurs, saveurs ou températures.
— Répertoire d’aliments acceptés très limité :
Préférence pour des aliments d’une même couleur ou pour des repas toujours identiques.
— Difficulté à manger un plat différent de ceux habituellement acceptés :
Peur des conséquences de l’alimentation
— Peur de s’étouffer ou d’avaler de travers :
Peur de vomir ou d’être malade après avoir mangé.
— Évitement pouvant apparaître après une expérience alimentaire éprouvante :
Petites bouchées, mastication très prudente ou repas prolongés.
— Faible intérêt pour la nourriture :
Peu d’appétit ou difficulté à reconnaître la faim.
— Impression que manger est une corvée :
Sensation d’être rassasié après quelques bouchées.
— Anxiété à l’approche des repas :
Évitement des restaurants, repas collectifs ou invitations.
— Difficulté à manger avec les autres :
Stress familial autour des repas et difficultés dans les relations, les études ou le travail.
Les trois grandes dimensions psychopathologiques sont les suivantes :
— Sensibilité sensorielle : « Cette texture ou cette odeur est insupportable. »
Réactivité sensorielle, dégoût, difficulté avec la nouveauté alimentaire.
— Peur des conséquences : « Si je mange, je risque de m’étouffer, de vomir ou d’avoir mal. »
Anticipation anxieuse, surveillance des sensations corporelles.
— Manque d'appétit bizarre : « Je n’ai pas faim ; manger me demande un effort. »
Faible motivation alimentaire, appétit réduit ou satiété précoce.
Le trouble peut s’entretenir :
Aliment perçu comme menaçant ou aversif → anxiété ou dégoût → évitement → soulagement immédiat → évitement plus probable au repas suivant.
Des stratégies "rigides" — aliments très précis, préparations identiques, vérifications — sont classiques.
Les comorbidités les plus fréquentes : troubles anxieux et TOCs, trouble du spectre de l’autisme (TSA), TDAH, troubles dépressifs, traumatismes, troubles (psycho)somatiques.