Colibri-Afrique-France

Colibri-Afrique-France "Colibri Afrique-France" (C.A.F.) est une association, enregistrée sous le récépissé : n° W563013861, Préfecture du Morbihan / France C.A.F.

est une association, enregistrée sous le récépissé : n° W563013861, Préfecture du Morbihan / France ; parution au Journal Officiel n° 935, en cours de légalisation auprès du Ministère de l'Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales, du Togo. a pour ambition :

1- informer les jeunes en Afrique (en commençant par le Togo) sur les dangers d'une migration clandes

tine.

2- faire émerger des idées de projets "économiques" (activités génératrices de revenus, TPE...), les former et les accompagner à élaborer un document-projet complet, les préparer à s'adresser à des partenaires techniques et/ou financiers, à avoir accès à l’emploi.

3- mettre en place une coopération décentralisée : créer du lien social entre les territoires (entre le Togo et la Région Bretagne / France)

Le parcours migratoire, depuis le Togo, via le Sahara,d’une Mère et de sa Jeune FilleRécit recueilli par :- M. Razakou A...
28/12/2024

Le parcours migratoire, depuis le Togo, via le Sahara,

d’une Mère et de sa Jeune Fille

Récit recueilli par :
- M. Razakou ABOUBAKARI (Pt de « l’Association Togolaise des Expulsés »
- M. Yves AUBAUD (Pt de l’ONG « Colibri-Afrique-France.org »
‘’Je réponds au prénom de Leila Agoro, et ma fille Aichetou. Je suis une mère
célibataire de 33 ans, et ma fille est âgée aujourd’hui de 10 ans.
Début 2022, j’ai quitté mon village au centre/Togo en compagnie d’amies pour arriver
à la Capitale de notre Région « Sokodé ». La vie dans notre village ou à Sokodé était
très difficile, nous rencontrions des difficultés pour manger régulièrement et pour
pouvoir envoyer nos enfants à l’Ecole. Progressivement l’idée de voyager est arrivée
dans nos discussions, et l’envie d’avoir accès à une vie meilleure me paraissait
évidente. Les photos que les amies me montraient (photos de villes, de paysages de
l’Europe, d’amies installées en Europe…) m’ont convaincue que moi-aussi, je
pouvais offrir une vie meilleure à ma Fille et que je devais partir.
Le 22.08.2022, je décide de suivre mes amies, en emmenant également ma fille qui
était en classe de CP2 à Sokodé et âgée de 8 ans.
Je n’avais aucune information sur le parcours des routes migratoires qui devaient
nous conduire jusqu’à la mer Méditerranée pour pouvoir embarquer via l’Italie et
aucune idée des risques et des dangers que vous allions rencontrer sur notre
chemin.
Nous avons pris contact avec un passeur togolais et sommes partis en bus, depuis
Sokodé, pour et rejoindre un passeur béninois au Niger.
Sans escale au Burkina Faso, nous avons atteint le Niger le 24.08 nous sommes
arrêtées par les passeurs béninois et placées dans différentes familles pendant
quelques jours.
Evidemment, le discours de ses arnaqueurs est bien rodé et se veut être rassurant.
Ils nous assurent que nous serons accompagnés jusqu’à la mer Méditerranée et
même pour traverser la mer et arriver en Italie, le transport est compris, la nourriture,
le logement pour dormir, les facilités pour passer les frontières… : « voyage clé en
main ». Ils nous ont demandé la somme de 2 100 000FCFA (soit 3 200euros) pour
moi et ma fille.

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Pour rassembler la somme exigée, j’avais vendu le peu de biens matériels dont je
disposais, j’ai emprunté de l’argent à des amis, à ma Famille, en leur promettant que
je les rembourserai largement à notre arrivée en Europe.
Une nuit, le rdv est prévu dans un endroit désertique et inconnu de tous. Nous
embarquons dans des pickups surchargés, traversons le désert, avec grande
difficulté. 2-3 degrés la nuit et 57-60 degrés le jour, l’eau est rationnée et du pain sec
pour nourriture.
Les passeurs ne nous ont pas accompagné. Nous devons prendre des
contournements pour éviter les contrôles des Autorités ou des arnaqueurs qui
cherchent à nous arrêter, nous torturent pour obtenir de l’argent et voler nos effets
personnels.
Après 2 semaines passées à sillonner le Sahara, nous atteignons le sud de la
Tunisie à au moins 600km de la Capitale Tunis.
Ce sont donc de petites villes, des villages où la population est assez pauvre. Les
ressources sont les dattes, les chameaux, les chèvres, l’artisanat et la pêche pour
ceux qui vivent en bordure de mer. Une petite activité économique s’est aussi
développée avec les Libyens qui fuient leur pays.
Nous sommes bloqués en Tunisie durant plus 18 mois et ni le passeur ni le chauffeur
ne sont réapparus.
Le groupe s’est séparé, nous vivons difficilement, nous dormons avec ma fille, sur le
sable au souk (marché). Le travail que nous trouvons (ménage, lessive…) est très
mal payé, et la plupart des Tunisiens ne nous aiment pas. Ils nous appellent en
langue arabe, « des singes ».
Des manifestations encouragées par l’Etat tunisien, contre les migrants se
développent de plus en plus : nous ne sommes pas les bienvenus. C’est une façon,
pour les dirigeants, de faire croire au peuple tunisien que la situation économique et
sociale du pays n’est pas bonne à cause de la présence des migrants et aussi de
faire pression sur l’Union Européenne pour recevoir de l’argent, afin que la Tunisie
ne laisse pas passer les migrants en direction de l’Europe.
Il arrive également que les militaires ou les policiers font des rafles et emmènent les
migrants en camion dans le désert. Ils sont abandonnés sans nourriture, sans eau et
l’issue est souvent fatale. De plus en plus de vêtements, de squelettes humains,
jonchent ces routes migratoires dans le Sahara.’’
Il existe en Tunisie, en Algérie, au Maroc, mais aussi et surtout en Lybie, les migrants
qui sont torturés (y compris par des africains subsahariens) pour leur extorquer de
l’argent, sont vendus comme esclaves sexuels pour les filles et esclaves pour le
travail pour les garçons (à partir de 200€).
Il faut aussi citer les jeunes migrants que l’on opère pour prélever leurs organes (foie,
cœur, reins, yeux…) qui sont vendus aux pays et aux gens riches. Après
l’intervention, on les laisse mourir et leur corps est jeté en mer.
‘’Début 2023, un autre passeur de nationalité béninoise nous propose de nous faire
passer en Algérie, pour pouvoir embarquer au nord pour l’Italie. Nous avons dû payer
1 100 000 FCFA (soit 1 675 euros), c’est toujours avec le soutien de ma Famille que
j’ai pu rassembler cet argent.
Du sud de la Tunisie, nous sommes conduits en voiture par des tunisiens/algériens,
dans le désert, mais au sud de l’Algérie, proche de la frontière du Niger. Le chauffeur
nous laisse à un carrefour entre la Tunisie et l’Algérie, appelé « carrefour de
CASSERIL ». Nous avons dû marcher pendant plus de 250 km, en direction de
Tamanrasset (à 2 000 km de la mer Méditerranée).

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Nous avons été arrêtées par les autorités algériennes, mises en prison, frappées,
torturées….pour exiger de l’argent.
J’ai été plusieurs fois violée de force sous les yeux de ma fille.
Nous étions tenues en rétention entre les murs d’une maison non terminée (photo).
Nous pouvions être 1000 à 1200 migrants subsahariens bloqués, torturés… et tous
nos biens personnels nous sont volés. Très souvent, en nous frappant, ils nous crient
qu’ils ne veulent pas de noirs chez eux.
Nous sommes restées bloquées presque 21 mois en Algérie, j’ai trouvé une activité
dans un petit restaurant, ce qui nous permettais de manger.
Début octobre 2024, les militaires algériens décident de nous emmener avec 1
centaine de migrants en bus. Nous sommes conduits à la frontière Lybie/Niger, en
plein désert. Sans eau ni nourriture. Je comprends que nous ne réussirons pas à
atteindre l’Italie et qu’il ne m’est plus possible de continuer à vivre dans la peur et de
subir le mépris et la violence de ces hommes.
Auprès de migrants que nous rencontrons, nous obtenons le numéro de M. Razakou
ABOUBAKARI (Pt de l’association togolaise des expulsés/Sokodé) via la ligne
téléphonique « APS : Alarm-phone Sahara » (pour aider les migrants en détresse
dans le désert). Grâce à M. R. ABOUBAKARI, à ses amis, ma famille, nous avons pu
recevoir 205 000 FCFA (soit 312 euros). Totalement épuisées, nous atteignons une
localité, retirons l’argent transféré et prenons un billet de bus pour Niamey/Niger.
Arrivées à Niamey, pendant 2 jours, j’ai voulu joindre O.I.M. (Organisation
Internationale pour les Migrations), au téléphone à plusieurs reprises, jamais
personne n’a décroché.
Nous avons donc repris un bus en direction de Cotonou (sud/Bénin), puis un taxi
collectif pour Lomé, où nous avons été accueillis dans notre Famille.
J’ai passé différents examens médicaux et je souffre de différents maux et blessures
(physiques, intérieurs et extérieurs et aussi psychologiques). Au Togo, les Autorités
nous disent facilement que l’on ne nous a pas forcé à partir et il est quasi impossible
de recevoir une aide.
Quant à O.I.M., ils appliquent un raisonnement administratif qu’ils ont décidé : je
devais d’abord rencontrer OIM-Niger (sauf qu’ils n’étaient pas joignable) et ensuite
espérer une aide financière de OIM/Togo. Comment faire ??
Nous prévoyons que ma fille reprenne sa scolarité, auprès de ma sœur à Dapaong
(au moins 650km au nord du Togo - zone touchée par les problèmes djihadistes).
En ce qui me concerne, je dois d’abord me faire soigner, acheter plusieurs
médicaments, si possible guérir et reprendre une activité (exple : petit commerce à
Sokodé ou dans la Région, ou d’abord suivre une formation qui soit prise en
charge…).
Je sais aussi que je dois beaucoup d’argent à ma Famille et que j’ai tout perdu….
Je dois absolument me soigner, reprendre une activité professionnelle, recommencer
un commerce….ou toute autre activité.
Je n’ai pas été en contact directe avec mes amies de Sokodé, depuis notre départ de
Tunisie. Selon des migrants, elles seraient toujours au Maghreb.’’
Merci, si vous pouvez nous aider :
[email protected] / WSapp +33.758.24.80.77
[email protected] / [email protected] (+228.90.38.34.87)

Adresse

3, La Métairie Aux Joly
Carentoir
56910

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