15/11/2025
Révisionnisme à Verdun : l’absurde hommage à Pétain interdit par le maire
Une fois de plus, la tentation révisionniste tente de lever la tête dans notre pays. Samuel Hazard, maire de Verdun, commune de la Meuse emblématique de la bataille de 1916, a pris un arrêté pour interdire une messe destinée à rendre hommage à Philippe Pétain. « Je n’accepterai jamais qu’une messe soit célébrée à Verdun en hommage à Pétain, frappé d’indignité nationale en 1945 et donc déchu, entre autres, de son grade militaire », a écrit l’édile divers gauche ce mardi 11 novembre sur ses réseaux sociaux. Une décision courageuse face à ceux qui veulent réécrire l’histoire pour glorifier un régime complice du n**isme.
L’information a d’abord été relayée par L’Est républicain. La messe devait se tenir samedi matin dans l’église Saint-Jean-Baptiste, « martyr pendant la Grande Guerre, en partie détruit par les bombardements et dont les vitraux rendent hommage aux soldats morts pour la France », rappelle l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) sur son site. Mais qu’on ne s’y trompe pas : cette tentative de glorification ne relève pas d’un hommage historique neutre, elle est une provocation contre la mémoire des victimes et contre la République.
Samuel Hazard justifie son arrêté en dénonçant des « troubles à l’ordre public » prévisibles. « Verdun est la cité de l’universalité. Pétain est l’antithèse de l’humanité », poursuit-il, exprimant son « dégoût et [sa] très vive colère ». Face à des groupes qui veulent transformer la mémoire en outil politique, il est impératif de rappeler que l’histoire n’est pas négociable, et qu’aucune manipulation de la mémoire nationale ne doit passer.
L’ADMP, de son côté, affirme avoir reçu du vicaire apostolique une autorisation écrite pour « organiser une messe en hommage au maréchal Pétain et à ses soldats », après « nombreuses démarches auprès des autorités ecclésiastiques ». Mais les lois et les principes républicains ne se limitent pas à des papiers officiels : l’honneur et la mémoire collective ne peuvent être instrumentalisés pour blanchir l’inacceptable.
Quand les révisionnistes osent tout
Cette messe n’est pas un incident isolé. L’ADMP, fondée en 1951, a pris le relais d’un comité militant pour la libération de Pétain créé en 1948, alors interdit. En 2022, une vingtaine de ses membres s’étaient réunis à l’Ossuaire de Douaumont pour « rendre hommage à nos soldats, tombés pour la défense de notre patrie et à leur chef, le maréchal Pétain ». Une provocation qui témoigne d’un mépris total pour les victimes de l’histoire et pour les valeurs républicaines.
Rappelons-le : Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, a dirigé le régime de Vichy, complice actif de l’occupant n**i et de la Shoah. Frappé d’indignité nationale en 1945, il fut déchu de ses fonctions et de ses honneurs militaires. Et pourtant, depuis plusieurs décennies, des thèses révisionnistes tentent de réhabiliter son image. Soutenues par certains polémistes et figures médiatiques, telles qu’Éric Zemmour, elles cherchent à effacer la part sombre de notre histoire. Même en 2018, Emmanuel Macron avait déclenché une polémique en défendant un hommage à ce « grand soldat ».
Cette répétition d’événements rappelle que le danger révisionniste n’est pas théorique : il est actif, organisé, et cherche à s’infiltrer dans nos institutions et nos mémoires collectives.
Pourquoi cette interdiction est nécessaire
L’enjeu dépasse la simple messe. Il s’agit de protéger la mémoire collective et d’affirmer que la République ne tolérera pas que l’histoire soit détournée pour glorifier la collaboration ou le racisme d’État. L’arrogance des révisionnistes doit être confrontée, non pas avec le silence, mais avec la clarté des faits et la fermeté des principes républicains.
Cette messe était censée se tenir dans un lieu emblématique de la Première Guerre mondiale, l’église Saint-Jean-Baptiste, qui symbolise le sacrifice de milliers de soldats. Transformer ce lieu en tribune pour un personnage complice de crimes contre l’humanité est un affront moral et civique. Samuel Hazard a eu raison de s’y opposer, car la mémoire ne se négocie pas avec les nostalgiques du fascisme.
En dépit de l’apparente neutralité administrative, les tentatives de réhabilitation de Pétain et de son régime sont une offense aux valeurs universelles et républicaines. Elles démontrent à quel point l’extrême droite, via des associations, des médias ou des figures politiques, cherche à manipuler l’opinion, à semer la confusion et à créer une nostalgie de l’autoritarisme. La vigilance reste donc impérative.
Verdun reste une ville symbole de résistance et de mémoire. Le combat contre les falsificateurs de l’histoire est loin d’être terminé. Chaque arrêté, chaque mise au point, chaque rappel de vérité historique compte pour défendre l’humanité, la justice et les droits collectifs. Et c’est à chacun d’entre nous de veiller à ce que jamais l’ombre de Pétain ne vienne entacher la lumière de la mémoire nationale.