13/12/2025
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La CR 46, branche Lotoise de la Coordination Rurale, est animée par une équipe jeune et dynamique
Cambes
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Ils étaient trois agriculteurs, réunis dans le département du Gers, un dimanche de novembre 1991 pour réfléchir sur les conséquences de la réforme de la PAC. Jean Paul Couvreur, Philippe Arnaud et Jacques Laigneau. Ils n’espèrent plus rien de la FNSEA qui, après avoir promené les agriculteurs dans Paris en septembre 91, laissait entrer 3 jours plus t**d, en France, des vaches polonaises sans réagir et commençait à dire aux agriculteurs qu’il fallait « s’adapter, diversifier et relever le défi ».
Sûrs que cette PAC serait catastrophique, ils décident de tenter le tout pour le tout et d’essayer de soulever l’ensemble de la ruralité, paysans, artisans et commerçants contre la PAC 92. Le 2 décembre 1991, une quarantaine d’agriculteurs tiennent la réunion constitutive de la Coordination Rurale qui apparaît, pour la première fois, à l’Isle Jourdain, dans le Gers et adopte la forme associative loi 1901. « Tous unis contre la PAC 92 » sont les mots d’ordre qui bientôt rassemblent autour de Jacques Laigneau tous ceux qui ne veulent plus se résigner à la mort lente programmée.
A ce moment-là, la Coordination Rurale ne veut pas déstabiliser le syndicalisme traditionnel. Elle veut le faire évoluer et, très souvent, ses sympathisants demeurent à l’intérieur de la FNSEA ou du CNJA avec l’objectif d’en faire changer « la ligne ». En effet, le projet de la CR n’est pas de type institutionnel. Ce qui est en question, c’est l’action. Aussi, la Coordination Rurale se veut-elle structure trans-syndicale, mouvement transversal sur le modèle « des coordinations d’infirmières » qui, en 1988, avaient réussi à mobiliser très largement la profession pour fédérer des revendications.
Les fondateurs pressentaient que la baisse des prix compensée partiellement par des primes était une atteinte à la dignité des paysans qui passeraient pour des assistés qui coûtent cher. « Avec les primes, on nous mènera par le bout du nez… L’ouverture des frontières va nous ruiner. La baisse des prix est le principal facteur d’appauvrissement, donc de l’élimination des agriculteurs ». Les événements leur ont hélas donné raison.