11/10/2023
[COMMUNIQUÉ]
Des informations inquiétantes ont circulé / circulent dans les réseaux :
Un post glaçant rédigé par une jeune en détresse suite à la garde à vue de ses parents ; une vidéo de la maman expliquant que ses enfants lui ont été enlevés lors d'une intervention violente des forces de l'ordre à leur domicile... Une fratrie instruite à la maison depuis des années, un parent qui explique ne pas avoir formalisé l'instruction en famille…
Ces informations mobilisent nos émotions : inquiétude, tristesse, peur, colère. Nous éprouvons une empathie immense pour la détresse qui frappe ces enfants, et sommes choqué.e.s de la violence de la situation décrite. L'incompréhension peut également être forte, puisque la non scolarisation en l'absence d'autorisation constitue normalement une « simple infraction » qui mène à une amende.
Mais cette situation terrible n'est pas une première : elle réfère explicitement à la posture politique du « Mouvement des citoyens souverains ». Et c'est cette posture, et non l'instruction en famille, qui génère la situation en question.
Promettant des issues faciles à des situations complexes, les grandes lignes des discours des gourous connus (A. Palazamar, R. Daillet, C. Fiamma…) assimilent les institutions à « une organisation terroriste ou une entreprise mafieuse » et assimilent l'État à une société (au sens entreprise privée) avec laquelle ils et elles refusent de signer un quelconque « contrat ». Concernant les enfants, la posture consiste à refuser toute formalisation de dialogue avec les instances éducatives, juridiques, policières, ou de l’aide sociale à l'enfance, avec des conséquences prévisibles en Droit.
Par exemple en cas de non scolarisation couplée à absence de formalisation de l'instruction en famille, le passif et la posture de ce Mouvement pilotent l'application de l'article 375 du code civil, qui ne peut alors déboucher que sur une mesure, de placement en urgence. Tout se passe comme s'il y avait accélération des procédures de protection de l'enfance, avec une mobilisation de moyens décuplée. Les possibilités pour les parents de recouvrer rapidement la garde de leurs enfants sont alors quasi inexistantes, et, déjà avant la "Loi séparatisme", cette posture a invariablement mené les famille dans le mur.
Nous souhaitons qu'aucun enfant n'ait à vivre ce drame, et appelons chacun.e à la vigilance : les forces en présence maîtrisent le web et ses codes, savent tirer partie des peurs et de la perte de repères, savent instrumentaliser notre actualité avec des narrations adaptées aux évolutions du contexte. Ils et elles s'appuient sur les failles de trajectoires personnelles qui peuvent concerner chacun.e d’entre nous.
La protection individuelle et collective des enfants instruits en famille, et la défense de ce droit pour tou.te.s reposent sur la solidarité : ne restez pas seul.e.s ! Au sein des structures associatives , des bénévoles sont mobilisé.e.s, localement et nationalement. La transparence est également une force : pour chaque pan de l'institution qui adresse un questionnement, une réponse peut être organisée.
L' est une modalité d'instruction recherchant l'intérêt supérieur des enfants dans ses multiples composantes : restons alerté.e.s des impacts directs de nos choix sur les enfants et indirects sur leur droit à être instruits en famille.