11/06/2026
CHIPIRON OU JIPI ROND ?
Première surprise ce mercredi 10 juin : le parking du stade est saturé. Plein comme un œuf. Obligé de se garer à l’Aérocampus puis de rallier l’enceinte sportive à pingo. Conséquence, je rate le début de la partie. Et avec lui, l’unique essai des Blacks face aux Tamalous, jugé fantastique par les vieux grigous de l’Académie, ô combien connaisseurs en la matière. Quand rien ne va…
Néanmoins, un miracle. Fût un temps où ce derby, même en vétéran n’excédait pas le quart d’heure de jeu. Hier adversaires acharnés, voir stupides, les belligérants de l’époque sont plutôt désormais du côté de la main courante et se saluent respectueusement. L’un se souvient de son nez de travers, l’autre d’avoir eu les côtes enfoncées, mais aussi l’épaule dans la boîte à gants et l’absence de quelques dents observée le lendemain devant son miroir. Aujourd’hui l’heure est à la réconciliation et au souvenir ressassés d’exploits heureusement plus en vigueur.
Saluons par ailleurs la bonne tenue des débats et l’excellent état d’esprit, que l’on doit très vraisemblablement à la qualité de l’arbitrage de Joris, l’enfant du club. Et à l’intelligence des 30 acteurs sur le terrain. Certes quelques décisions incomprises provoqueront toujours une forme de bronca, vite oubliée, surtout lorsqu’on se quitte sur un score – mérité - de parité (1/1) comme ce fût le cas ce soir-là, illustrant parfaitement la physionomie des débats.
Une soirée d’ailleurs un peu particulière puisque, après Beck (pas aperçu d’ailleurs) et bientôt Jipi (et après tant d’autres), Chipiron disputait également son dernier match. Lui aussi peut être fier de son parcours parmi les Old Blacks, l’élevant au niveau de monument, au rang des honorables serviteurs de la section, au regard de son implication sur et en dehors du terrain. Il rôdera toujours dans les parages tant on ne se défait pas si facilement d’une pareille ambiance fraternelle du jour au lendemain.
En atteste la présence d’amoureux du ballon ovale, tous retraités de l’ovalie pour diverses raisons, gravitant toujours et nombreux dans le giron de la grande famille des Blacks, épris de camaraderie retrouvée le temps d’une soirée, le temps d’un match.
Le match donc. Chaque équipe défend comme des morts-de-faim de bout en bout de la partie. Pas de grandes envolées ni de folles cavalcades. Les contacts sont âpres, ça tape et cogne fort, mais dans les règles. Beaucoup de travail dans l’axe, les avants sont au four et au moulin, fidèles aux valeurs de combat et de solidarité. Chaque camp a ses temps forts, peu payés en retour. Un peu d’indiscipline, quelques grains de sable dans la machine avortent un nombre incalculable d’actions pourtant bien parties. Nul ne baisse du regard ni l’échine. Chacun est fier du maillot. Et attentif, devant l’affluence, à donner la meilleure image de soi, du club. À l’issue d’un pilonnage en règle suite à un coup de mou des locaux, les Tamalous égalisent. On en restera là quand tout le monde se sépare sous les applaudissements d’un public conquis.
Au chapitre anecdote, on notera l’échauffement sans fin de Forest qui, une fois entré, ne restera sur le pré que l’espace de quelques secondes. Le temps d’hériter, à l’arrêt sur son aile, d’un ballon foireux, vite caviardé par ses mains fébriles, lesquelles mains se projettent vite sur sa nuque avant qu’il ne chute et ne reçoive sur le râble trois demi-quintaux de viande affalée. Resté au sol, une âme charitable le tracte vite fait par les pieds sur le bord de la touche située à quelques encablures, avant de se voir prodiguer quelques soins. À noter également la belle prestation du presque doyen Jipi, qui a touché quelques ballons de relance, cheveux au vent (de face), l’air décidé de celui qui pense encore pouvoir planter un essai de 60 mètres. Peut-être, y a-t-il un zéro de trop !
Pour conclure le résumé d’une soirée réussie dont, nul ne doute que le plaisir se sera prolongé avec les agapes d’après-match, une pensée émue pour l’un des fondateurs des Old Blacks, absent pour de tristes raisons familiales, pour qui chacun, nouveaux ou anciens, apportent sa compassion durant l’épreuve traversée.
The Touch