12/08/2026
AUJOURD'HUI, J’AI BESOIN DE PARLER.
Pas en tant que bénévole.
Pas en tant que membre d’une association.
Mais simplement en tant qu’être humain.
Aujourd’hui, j’ai le cœur lourd.
Très lourd.
Cela fait 7 ans que je me bats pour les animaux.
Et depuis 1 an et demi, je vis cette aventure au sein d’une association.
En 7 ans, j’en ai vu des choses…
J’ai vu la souffrance.
J’ai vu la misère.
J’ai vu des animaux abandonnés, malades, affamés, terrorisés.
J’ai trappé.
J’ai sauvé.
J’ai soigné.
J’ai accompagné.
J’ai pleuré.
J’ai aussi connu des moments magnifiques. Des regards qui changent. Des animaux qui découvrent enfin un canapé, une caresse, une gamelle pleine, une maison, une famille.
Et puis il y a cette année…
Cette année qui fait mal.
Des chatons sont partis.
Certains dans la souffrance.
Des chats sont partis sans avoir jamais connu le bonheur d’un foyer.
Sans avoir connu la chaleur d’une maison.
Sans avoir connu une main qui caresse avec amour.
Parfois même sans avoir connu ce que c’est que de manger à sa faim chaque jour.
Et derrière tout ça, il y a les appels.
Encore un SOS.
Encore un chat abandonné.
Encore une portée.
Encore un animal malade.
Encore une urgence.
Et parfois, on raccroche avec le cœur en miettes parce qu’on sait qu’on ne pourra pas aider.
Pas parce qu’on ne veut pas.
Parce qu’on ne peut plus.
Et ça, certaines personnes refusent de le comprendre.
Alors oui, aujourd’hui, j’ai quelque chose à dire à ceux qui écrivent que « les associations se font de l’argent sur le dos des animaux ».
Vous savez quoi ?
Venez.
Venez voir les factures vétérinaires.
Venez voir les dettes.
Venez voir les SOS qui s’empilent.
Venez voir les cages pleines.
Venez voir les familles d’accueil qui n’ont plus de place.
Venez voir les nuits sans dormir.
Venez voir les larmes quand un animal ne survit pas.
Venez voir ce qu’il y a derrière un simple post Facebook.
Parce que derrière chaque sauvetage, il y a une histoire.
Derrière chaque facture, il y a une vie.
Derrière chaque refus, il y a souvent une bénévole qui raccroche en pleurant parce qu’elle aurait voulu dire oui.
Et malgré ça, on se fait insulter.
On se fait insulter quand on parle de stérilisation.
On se fait insulter quand on parle de misère féline.
On se fait insulter quand on explique qu’un chat ne doit pas avoir portée sur portée.
On se fait insulter quand on demande des dons.
Et on se fait même insulter quand on ne peut pas prendre un animal en charge.
Mais j’aimerais que vous compreniez quelque chose :
Une association n’est pas un refuge sans limite.
Nous avons des capacités limitées.
Des familles d’accueil limitées.
Des moyens financiers limités.
Des forces humaines limitées.
Et nous aussi, nous avons une vie.
Nous avons un travail.
Une famille.
Des enfants pour certains.
Des problèmes.
De la fatigue.
Et pourtant, malgré tout ça, nous continuons.
Parce qu’on ne sait pas fermer les yeux.
Parce qu’un miaulement nous touche.
Parce qu’un animal abandonné nous empêche de dormir.
Parce qu’on se dit toujours :
« Et si c’était le mien ? »
Alors aujourd’hui, je suis fatiguée.
Moralement, je suis à bout.
Cette journée a été une journée noire.
Et ce soir, j’ai une pensée pour tous ceux qui ont rejoint les étoiles.
Pour ceux que nous avons sauvés.
Pour ceux que nous n’avons pas réussi à sauver.
Pour ceux qui sont partis seuls.
Pour ceux qui n’ont jamais connu l’amour qu’ils méritaient.
Pardonnez-nous de ne pas pouvoir sauver tout le monde.
On aimerait.
Mon Dieu qu’on aimerait…
Mais nous ne sommes pas des super-héros.
Nous sommes simplement des personnes qui essayons de faire du mieux que nous pouvons avec les moyens que nous avons.
Alors avant de nous juger…
Aidez-nous.
Venez trapper.
Venez nourrir.
Venez stériliser.
Devenez famille d’accueil.
Devenez bénévole.
Ouvrez votre maison.
Ouvrez votre cœur.
Et si vous ne pouvez pas aider, alors au minimum…
Ne nous enfoncez pas davantage.
Parce que vous ne savez pas ce qu’il y a derrière votre commentaire.
Vous ne savez pas si la personne que vous venez d’insulter vient de passer deux heures chez le vétérinaire.
Vous ne savez pas si elle vient de perdre un animal.
Vous ne savez pas combien de nuits elle a passé sans dormir.
Vous ne savez pas combien de larmes elle a déjà versées.
Vous ne savez pas combien elle a donné.
Alors à ceux qui pensent que nous faisons du fric :
Venez payer les factures avec nous.
Venez porter les cages.
Venez nettoyer.
Venez trapper sous la pluie.
Venez passer des nuits à surveiller un animal malade.
Venez annoncer qu’un petit cœur n’a pas tenu.
Et après ça…
On en reparlera.
Parce qu’une association, ce n’est pas une machine à argent.
C’est du temps.
De l’énergie.
Des sacrifices.
Des nuits.
Des larmes.
Des factures.
Des déceptions.
Mais surtout…
C’est de l’amour.
Un amour immense pour ceux qui n’ont personne.
Alors oui, ce soir, je suis épuisée.
Mais demain, malgré tout…
Je me lèverai encore.
Parce qu’il y aura encore un SOS.
Encore un regard qui demandera de l’aide.
Encore une vie qui aura besoin de nous.
Et même avec le cœur en miettes…
on continuera.
Pour eux.
🤍Pour tous ceux qui sont partis rejoindre les étoiles :
vous n’aurez pas vécu pour rien.
Nous continuerons à nous battre pour ceux qui restent.