Dans nos villages, quand on évoque les premières fêtes on pense d’abord aux réunions familiales : la fête du cochon ou les mariages au son du graille et de l’accordéon... Mais l’année festive était surtout marquée par la "Fête votive" qui excédait rarement une journée et s’articulait, dans les villages, autour de la célébration du saint patron de la paroisse. Ce n’était pas le cas à Brassac puisqu
’on fête les Georges le 23 avril et que la fête locale a toujours eu lieu dans le courant du mois d’août. Au 19ème siècle et au début du 20ème la fête est organisée par les conscrits : “los de la classa”, c’est à dire ceux qui passaient le conseil de révision dans l’année. S’ils n’étaient pas suffisamment nombreux, ils se faisaient seconder par tous ceux qui voulaient bien venir aider et en cas d’une trop grosse pénurie de main d’œuvre, les cafetiers prenaient les choses en mains et se chargeaient eux-mêmes de l’animation du village. Le matin, de bonne heure, les jeunes gens offraient des bouquets (faits souvent de fleurs en papier que les jeunes filles avaient eu bien soins de composer). Plusieurs musiciens les accompagnaient et jouaient les airs choisis par les habitants, on appelait ça “les aubades”. Les après-midi, sur les places du village, divers jeux étaient proposés aux enfants et adultes : Mât de cocagne, course de bicyclettes, course au sac, course aux ânes. En 1921, on a même procédé au lancement d’une “Montgolfière”, ce qui dut être un évènement. Chaque soirée se terminait par le bal populaire, accompagné de la bataille de confettis. Les diverses danses par couples se nomment : Le quadrille, la polka, la polka piquée, l’escotiche, la mazurka, la valse, au son de l’accordéon, de la clarinette, du saxo et du jazz. Elle est le cadre idéal pour les concours de nage, la course au canard, le concours de pêche à la ligne et surtout sa fête vénitienne avec son fabuleux feu d’artifice.Toutes ces réjouissances (n’excédant pas minuit !) se terminaient par la “Buffatière”, ronde bien connue dans les Monts de Lacaune qui se pratique aussi à Brassac. Son cérémonial est bien cadré : des individus vêtus d’une chemise de nuit, plus ou moins crasseuse, (c’est d’autant plus comique si elle présente des tâches suggestives) se suivent munis d’un soufflet, chacun souffle dans le postérieur de celui qui le précède en chantant le refrain : “E Buffas i al cuol, la paura vielha ! E Buffas i al cuol, que n’a besonh”. A l’époque du petit train de Lacaune, la Fête de Brassac obtient un tel succès que la C.F.D.T. (Compagnie des chemins de fer du Tarn) mettait des trains supplémentaires à la disposition de la population castraise pour monter faire la fête à la montagne au terme de plus de deux heures de trajet ! Après la deuxième guerre mondiale, la Fête locale perpétue sa tradition et reprend avec plus d’enthousiasme. Un Comité se met en place, la fête foraine est là : Les “auto-tamponnantes”, la “grande roue”, les “casseroles”, les stands de tirs ...Les bals sont plus importants, les orchestres brillants, les jeux diversifiés. Les concerts sur les places publiques sont très appréciés et attirent un nombreux public. Les défilés de fanfares à travers le village nous conduisent au bal populaire : c’est la mode du “passo-doble” et “tango”. L’Agoût est le théâtre de jeux aquatiques (ski, joutes sétoises). Nous assistons à des exhibitions de motos, les pêcheurs prennent plaisir à se déguiser pour participer au concours de pêche...
Ancêtres de l’équipe des conscrits, les Comités de Fêtes s’organisent vers la moitié du 20ème siècle. Il semble que c’est dans le but d’officialiser et de fixer les fêtes dans la longueur, que la municipalité ait créé une commission chargée d’organiser les festivités. C’était d’ailleurs souvent un adjoint au maire qui présidait ce Comité dont l’activité principale résidait déjà dans l’organisation des Fêtes estivales. Le comité devint ensuite une association autonome subventionnée par la mairie et par ses activités. L’actuelle association « Comité des fêtes de Brassac » date de 1975, elle a eu comme présidents successifs : Pierre Béziat (1975-1977), Reine Chiffre (1978), Michel Bouissière (1979-1984), Gilbert Loup (1985-1990), Daniel Thouy (1993-1999) , Marc Durand (2000-2014), les 4 P David Olarte, Sébastien Cabrol, Gaël Corbière, Mickaël Rouanet (depuis 2014). En 1991, après la démission en bloc du précédent comité, deux associations, le football club et la pétanque de la gare décident de reprendre l’organisation des fêtes. Pendant deux ans elles vont assurer l’intérim et permettre aux fêtes de Brassac de continuer à exister. Depuis 1993, les fêtes sont devenues le rendez-vous festif incontournable de l’été tarnais. Elles attirent des milliers de personnes de tous âges qui viennent profiter de la diversité des animations proposées autour du premier dimanche d’août. D’une durée de six jours depuis 1999, ces festivités sont associées depuis 2004 au « Mescladis Festival » (mélange en occitan) qui voit défiler sur scène des groupes aux multiples origines musicales : Sustraia (rock Basque), Funny Brasska (Ska Québecois), Les Garthloneys Rats (irlandais), Les Croquants (repriseurs de chansons), Sangria Gratuite (Festif), Goulamas K (Ska occitan), Les Flagrants Délires (festif), Iraven (Métal), La Varda (Folk alternatif), Paganella (power pop), Les Suprêmes Dindes (rock), Les Leaders (Rock), La Bronca (rock latino), Steevo’s Teen (Ska fanfare), Les Caméléons (ska rock festif), Roultaboul, boulevard des airs, Amandine Bourgeois, et les Banaboos (rock troubadours)… avec toutes les entrées gratuites ! Associés aux orchestres rock, aux traditionnels bals variétés ou musettes et autres bandas et fanfares qui enflamment les rues la journée, ces concerts donnent aux Fêtes de Brassac – Mescladis Festival un parfum unique.