02/03/2026
🌍 Le fabuleux destin d’Abdullah Miakhail
Il y a deux ans, pour fuir la guerre en Afghanistan, Abdullah s’embarque dans un périple incroyable. À pied, avec un groupe d’une vingtaine de personnes, il traverse plusieurs pays avant d’arriver en France.
À seulement 21 ans, Abdullah décide de quitter Laghman, sa région natale.
« À cause de la guerre. On ne peut pas vivre avec la guerre tous les jours », explique-t-il.
Un matin, il prend la route, laissant derrière lui ses parents et ses deux petits frères. Le voyage est long et difficile. Le groupe marche sans cesse, évite les autorités, traverse des frontières, se nourrit de quelques réserves dans un petit sac à dos. Ils dorment dans les forêts, suivent des chemins isolés et boivent l’eau des ruisseaux.
➡️ Après quarante jours de marche, ils atteignent la Turquie, puis l’Italie.
Le groupe se sépare. Certains restent sur place. Abdullah, lui, continue jusqu’à Paris.
La capitale française est pour lui une révélation.
« J’ai rencontré une personne très gentille. La France est un très bon pays. J’avais entendu parler de la France, j’ai vu la Tour Eiffel et j’ai décidé de rester. »
Pris en charge par des associations d’aide aux réfugiés, dont l’ASER, il s’installe finalement à Bourges, où commence alors une nouvelle étape de sa vie : l’apprentissage et l’insertion.
Dans son pays, Abdullah n’est allé à l’école que trois ans, entre 6 et 9 ans.
À partir de 10 ans, il travaille avec son père dans la petite boutique familiale. C’est sans doute là qu’il apprend des valeurs essentielles : le travail et la rigueur.
Aujourd’hui encore, ces valeurs le guident.
« Il faut travailler beaucoup pour construire sa vie. »
📚 Deux jours par semaine, il apprend le français.
Son niveau progresse rapidement. Pour s’améliorer, il achète même un livre de conjugaison et travaille seul en dehors des cours.
Il suit également une formation pour obtenir le CACES (Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité), afin de conduire des engins de chantier et des chariots élévateurs.
Il effectue ensuite un stage dans une entreprise de transport, CQFD.
« Nous n’avons que de bons retours : bonne conduite, motivé, rigoureux », explique François, son encadrant à l’ASER.
De son côté, Abdullah raconte :
« Je n’ai pas pensé que je faisais un stage. J’ai vraiment travaillé parce que je voulais rester là-bas. »
Petit à petit, il s’intègre.
Il apprécie déjà le fromage de chèvre, écoute les chansons d’Indila et essaie de lire des livres en français.
Ses prochains objectifs :
⚡ se former en électricité et en plomberie
🚗 obtenir le permis de conduire
Pour lui, les plus grandes difficultés restent la langue et la complexité administrative.
« Dans les formulaires administratifs, les mots n’ont pas toujours le même sens… »
🤝 À ses côtés, l’association ASER et son antenne de Veaugues, qu’il remercie sincèrement.
« Son parcours chez ASER lui a permis d’apprendre le français, de passer le CACES et de réaliser une immersion professionnelle qui pourrait déboucher sur un CDI », explique Céline Bizet, encadrante.
Pour être totalement autonome, il devra encore obtenir son permis de conduire.
« Avec un permis, je pourrai trouver plus facilement du travail », affirme-t-il.
Malgré la distance, Abdullah pense souvent à sa famille restée en Afghanistan.
« Je ne peux pas retourner là-bas à cause de la guerre. Je pense que ce ne sera malheureusement jamais possible. »
Heureusement, il peut leur téléphoner régulièrement et leur raconter sa nouvelle vie en France.
Aujourd’hui, en tant que réfugié politique, il dispose d’un titre de séjour de 10 ans.
Et l’avenir se dessine peu à peu.
« Il est très méticuleux, apprend vite et a une grande envie de réussir », souligne Céline Bizet. « Il va s’en sortir. »
🇫🇷 Abdullah, lui, regarde déjà plus loin :
« J’aimerais obtenir la nationalité française. Je veux rester en France.
Et je rêve d’ouvrir un restaurant pour faire découvrir les spécialités de chez moi.