30/03/2026
Déjà en grève le 18 septembre 2025, nous sommes quelques AESH du Cher, dont moi-même, syndiqué au comité des travailleurs précaires du Cher, à faire grève de nouveau ce 31 mars.
Nous alertions déjà sur la nécessité d'une transformation sociale radicale, dépassant largement la seule question de l'école.
Ce qui se passe à l'école est le fruit de la politique dominant dans toute la société. La domination de l'Etat sur les politiques publiques et la destruction méthodique de l'organisation autonome de la société ont entrainé peu à peu un démantèlement des institutions du service public et de toute politique de soin. Tout cela au profit du contrôle, de la répression et déroulant le tapis rouge au fascisme.
La religion de la rentabilité a justifié la déresponsabilisation massive de la société envers ses membres.
Les parents sont abandonnés, les enfants sont abandonnés, les personnels des services publics comme l'école sont abandonnés. Tous ceux qui ne permettent pas un profit immédiat sont abandonnés. Et survivra qui pourra. C'est la fameuse philosophie du darwinisme social du 19e siècle.
En prétextant un déplacement des moyens du médico-social vers le scolaire pour l'inclusion des enfants, on a précarisé la prise en charge des enfants par des personnels peu ou pas qualifiés, peu rémunérés. Le droit d'accès aux enfants à ces accompagnements commence déjà se réduire alors que les troubles neuro-développementaux sont légion parmi les enfants, conséquences de la destruction du soin, des relations sociales, des structures sociales de tout ordre. Les comportements violents des enfants entre eux et contre les adultes trahissent un profond mal-être et abandon.
Les êtres humains ne sont dans l'esprit de la machine travail planétaire que des outils utilisables pour des objectifs de rentabilité ou de profit et ce constat s'avère de plus en plus criant chaque jour.
Nous appelons à un engagement de chacun et chacune dans une réorganisation de la société par ses membres au sein d'institutions autonomes comme celle qu'a représenté notamment la sécurité sociale d'autrefois, lorsqu'elle était gérée par les travailleurs.
Cette organisation démocratique de la politique par les travailleurs, dans le seul but de répondre aux besoins sociaux de chaque membre de la société et de cultiver un esprit de solidarité au lieu d'un individualisme prédateur, ainsi que la fin du fétichisme de la marchandise et de la rentabilité économique sont la seule solution pérenne pour reprendre ensemble les rennes des sociétés humaines. Cela est aussi la seule manière d'enrayer la machine écocidaire, responsable de la destruction des équilibres qui s'étaient construits pendant des centaines de milliers d'années.
Nous appelons aussi plus particulièrement les précaires, les chômeurs, à ne pas céder à tout prix au chantage de la Machine Travail Planétaire. Nous pouvons organiser ensemble des services communs autonomes, dont l'objet est de répondre aux besoins sociaux des communautés qui nous entourent. Spécialisés chacun et chacune dans un ou plusieurs services communs, nous donnons gratuitement de notre temps pour développer ces services qui garantissent un accès égal à nos contributions sociales. De la même façon, nous bénéficions des autres services communs gratuitement. Ainsi, la marchandise et l'exploitation par le travail ne seront plus notre seul imaginaire.
Faisons provision commune de nos solidarités.