25/07/2026
Une histoire bouleversante qui nous rappelle pourquoi le combat contre la poliomyélite doit continuer. Ensemble, allons jusqu'au bout : .
73 ans. C'est le temps que Martha Ann Lillard aura passé branchée à un poumon d'acier, ce long cylindre métallique qui respirait à sa place. Le 17 juin 1953, à 5 ans, elle se réveille avec un mal de gorge et une douleur à la nuque. Diagnostic : poliomyélite. La maladie lui vole l'usage de ses muscles respiratoires. On la glisse dans la machine. Elle n'en sortira jamais vraiment.
Née le 8 juin 1948 à Shawnee, dans l'Oklahoma, Martha a grandi, vieilli et créé à l'intérieur de ce tube. Des centaines de dessins, des poèmes, une existence entière menée allongée, seule la tête dépassant d'un caisson qui aspire et relâche l'air à un rythme mécanique, jour et nuit. « C'était un immense soulagement », racontait-elle à propos du jour où on l'y a placée. Et plus t**d, sur cet appareil d'un autre âge : « C'est ce qui me maintient en bonne santé. C'est ce qui me guérit. »
Le poumon d'acier, inventé à la fin des années 1920, a presque disparu de la surface de la Terre avec l'arrivée du vaccin contre la polio. Les pièces détachées ne se fabriquent plus. Les techniciens capables de réparer ces machines ont disparu eux aussi. Martha vivait avec la crainte permanente qu'une panne, un moteur qui lâche, un joint qui cède, lui soit fatal.
À la mort de Paul Alexander, le 11 mars 2024, elle est devenue la toute dernière Américaine connue à dépendre encore d'un poumon d'acier. Le dernier témoin vivant d'une épidémie que la médecine croyait effacée des mémoires.
Martha Ann Lillard s'est éteinte le 26 juin 2026, à 78 ans, dans sa maison de Shawnee, des suites de complications d'un COVID long. Plus de sept décennies d'une vie entière rythmées par le souffle d'une machine.