SOS Chrétiens d'Orient

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SOS Chrétiens d'Orient Elle effectue également des missions ponctuelles en Jordanie. L’objectif ? Apporter une aide matérielle et un soutien moral aux chrétiens d’Orient.
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SOS Chrétiens d’Orient est une association à but non lucratif qui vient en aide aux familles chrétiennes les plus pauvres en Syrie, en Irak, en Ethiopie, en Ukraine, au Liban, en Jordanie, en Arménie et en Egypte. Fondée en octobre 2013 suite à la prise du village de Maaloula (Syrie) par les djihadistes, SOS Chrétiens d’Orient est présente de manière continue en Syrie, Irak, Liban, Egypte et Arménie. Depuis sa création, SOS Chrétiens d’Orient a envoyé plus de 2.200 volontaires sur le terrain, aidé plus de 50 000 personnes, distribué 30 tonnes de jouets, vêtements et packs hygiènes ou alimentaires distribués, 55 tonnes de matériel médical et logistique et contribué à la construction ou la reconstruction de huit écoles, seize bâtiments religieux et neuf bâtiments hospitaliers.

🙏🎉   - Sœur Emmanuelle, la « petite sœur des pauvres ».Au cœur des quartiers les plus pauvres du Caire, sous la chaleur ...
20/10/2026

🙏🎉 - Sœur Emmanuelle, la « petite sœur des pauvres ».

Au cœur des quartiers les plus pauvres du Caire, sous la chaleur écrasante de la ville aux mille minarets, une petite femme à la force de caractère exceptionnelle a consacré la majeure partie de sa vie à améliorer les conditions de vie des chiffonniers du Caire, ces collecteurs de déchets qui survivent en marge de la société.

Soeur Emmanuelle, née Madeleine Cinquin en 1908 en Belgique, rejoint la congrégation de Notre-Dame de Sion à l'âge de 21 ans. Après avoir enseigné en Turquie et en Tunisie, elle demande à être envoyée en Égypte. Ce n'est qu'à l'âge de 63 ans, en 1971, qu'elle commence réellement son travail auprès des chiffonniers du Caire.

« Le soir de mon arrivée, j’ai posé mes quelques affaires dans une cabane que m’avait donnée un chiffonnier […] et je me suis interrogée : que faire ? A entendre ceux qui m’avaient parlé de ce bidonville auparavant, il n’était peuplé que de voleurs, de tueurs, de brigands. […] Bon, j’étais venue, et je n’allais pas reculer. »

Lorsque Soeur Emmanuelle marche pour la première fois dans le bidonville d’Ezbet El Nakhl, les hommes boivent beaucoup et se droguent, les femmes sont souvent battues, 40% des nouveaux-nés meurent du tétanos leurs ongles enfoncés dans la chair parce que leur mère accouche par terre et qu'ils sont mordus par les rats… C’est presque l’enfer. « C'était le rêve de ma jeunesse : partager jusqu'au bout, la vie de ceux qui sont les plus démunis de la Terre. Pour moi ça me paraissait être ce que le Christ a fait. Alors je suis venue un jour ici et quand j'ai vu ça, j'ai compris que c'était mon lieu... »

Les chiffonniers, principalement des coptes orthodoxes, vivent de la collecte et du tri des déchets de la ville, une profession éreintante qui leur offre peu de protection contre les dangers sanitaires.

Dans ces quartiers, les cabanes sont souvent construites à partir de matériaux de récupération comme des bâches, des morceaux de bois et des tôles métalliques. L'accès à l'eau potable est limité et les installations sanitaires sont rudimentaires, ce qui pose de sérieux problèmes de santé publique. Les ruelles étroites et encombrées, jonchées de déchets, sont la cause de transmission rapide d’épidémies et de maladies telles que le choléra et la typhoïde, exacerbées par le manque quasi total d'infrastructures sanitaires. Beaucoup d'enfants souffrent de maladies respiratoires et de maladies de peau dues à la pollution et à l'insalubrité. « Ici, la misère ne se décrit pas, elle se vit. »

Délaissant le confort relatif de son existence précédente, elle choisit de s’installer dans une petite cabane en bambou du bidonville d’Ezbet el Nakhl et vit dans les mêmes conditions insalubres et dangereuses que les chiffonniers, au milieu des ordures, des poubelles, des rats, des cochons, le tout dégageant des odeurs nauséabondes. Son objectif ? Transformer radicalement la vie de ces communautés par l'éducation et l'amélioration des conditions sanitaires.

Dans l’annexe de sa cabane, elle crée une « clinique de luxe » où elle officie avec son stéthoscope et un tensiomètre.

Pendant 22 ans, avec un dévouement inébranlable, Soeur Emmanuelle crée des écoles (Mahaba), des dispensaires, et des ateliers (de tissage notamment), des jardins d’enfants et des maternités. Elle est rejointe en 1977 par le Docteur Adel Ghali, jeune médecin égyptien dévoué et en 1978 par Sœur Sarah, aujourd’hui supérieure de la congrégation copte-orthodoxe des Filles de Marie de Béni-Souef. Ensemble, ils fondent le Centre Salam* au cœur du bidonville d’Ezbet el-Nakhl, fournissant des soins médicaux essentiels et une éducation de base aux enfants et adultes.

Des programmes de nettoyage et de recyclage sont mis en place, réduisant les risques de maladies et améliorant sensiblement les conditions de vie. Les efforts de sensibilisation aux pratiques d'hygiène contribuent également à une baisse notable des maladies liées à l'insalubrité.

Jusqu'à un âge très avancé, Sœur Emmanuelle s'active, plaidant pour les droits des plus pauvres devant les instances internationales. Elle s’éteint en 2008, à l'âge de 99 ans, laissant derrière elle un héritage d'amour et d'action qui continue d'inspirer de nombreux humanitaires à travers le monde. La communauté internationale, en particulier celle des chiffonniers du Caire, se souvient d'elle non seulement comme d'une religieuse, mais comme d'une mère, d'une amie et d'une véritable source d'inspiration.

À travers son incroyable parcours, Sœur Emmanuelle démontre que la détermination d'une seule personne peut, en effet, changer le monde.

Depuis l'ouverture de la mission permanente de SOS Chrétiens d'Orient en Egypte, les volontaires se relaient en permanence dans les bidonvilles du Mokattam et d’Ezbet El Nakhl pour dispenser des cours de langue aux enfants des chiffonniers, des formations d’aide soignantes aux élèves infirmières du centre Salam et des cours de nutrition et de premiers secours aux femmes du bidonville.

Que l’action vivifiante de Sœur Emmanuelle, son dévouement sans faille et sa recherche d'absolu, inspire nos volontaires pour que toujours ils se fassent petits auprès de ceux qu'ils servent et que comme Sœur Emmanuelle, ils puissent dire :
« J'ai eu tant d'enfants. Je n'ai pas ressenti de vide dans mon cœur, au contraire. Quand je vois ces enfants vivants, ce ne sont pas mes enfants biologiques, mais ce sont les enfants de mon cœur, que Dieu m'a permis de sauver d'une vie qui était assez dégradante. »

« J'ai pensé à vivre d'amour, et je crois en effet que l'amour est éternel. Plus fort que la mort. La mort attaque tout ce qui est matériel. Mais tout ce qui est don, ce qui est gratuit, ne peut pas mourir. »

✈️Venez vivre parmi les chiffonniers et transformer leurs vies. Rejoignez notre équipe de volontaires : [email protected]

❤️Soutenez les familles de chiffonniers des bidonvilles égyptiens. Faites un don : https://urlz.fr/sBB2

*Aujourd’hui, le centre Salam comprend un centre médico-social de trois étages comportant un dispensaire, un centre d’aide sociale, un jardin d’enfants, un centre pour personnes handicapées, un autre pour personnes âgées… Soixante-quinze médecins y travaillent. Toutes les spécialités sont représentées : gynécologie et obstétrique, médecine interne, dermatologie, neurologie, cardiologie, ophtalmologie, dentisterie, radiologie, etc.

Aujourd’hui, un hôpital sur six étages est en cours de construction, pour répondre aux besoins de la population du quartier passée d’environ 500 habitants en 1971, à un million aujourd’hui !

📸Anne de Boismilon

20/10/2026

🇦🇲💪On va recréer la Comté en Arménie !

À Urtsalandj, dans la région d’Ararat, à quelques kilomètres de la Turquie SOS Chrétiens d’Orient construit une ferme solidaire. Moutons, cochons, volailles, fruits et légumes : tout ce qui y naîtra et y poussera ira aux familles pauvres de la région, dont beaucoup ont dû fuir l’Artsakh en 2023.

Quelques poules pour une famille, une paire de brebis pour une autre : ici, la solidarité se mesure en choses très concrètes. Et autour de la ferme, nos volontaires préparent déjà un lieu de vie pour les enfants et les familles du village.

Je vous emmène sur le chantier, là où tout commence.

Pour nous aider à faire naître cette ferme, faites un don : lien en bio.

19/10/2026

🇵🇸✝️Voitures incendiées, terres accaparées : qui protégera les chrétiens de Taybeh ?

À Taybeh, dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie, les attaques de colons israéliens mettent les habitants sous pression. Accéder à ses oliveraies, faire tourner son entreprise, protéger ses biens : la vie quotidienne devient une épreuve.

Comment construire un avenir lorsque ses moyens de subsistance sont menacés ? Certaines familles envisagent désormais l’exil.

Que se passe-t-il dans ce village ? Pourquoi la récolte des olives cristallise-t-elle les tensions ? Et que demandent les habitants pour pouvoir rester ?

Derrière les images de violence, c’est l’avenir d’une présence chrétienne millénaire qui se joue. Voici ce qu’il faut comprendre.

18/10/2026

☦️🧔 - Pourquoi l’Orient ne rase pas ses prêtres ?

Et si la vraie question n’était pas « pourquoi les prêtres orthodoxes portent-ils la barbe ? », mais « pourquoi tant d’autres ont-ils décidé de la raser » ? Moïse, Aaron, les prophètes, les Pères du désert : tous barbus. Puis une partie de la chrétienté a sorti le rasoir. L’autre a simplement continué. Cette barbe n’est pas une originalité, c’est une tradition !

🎉🙏  - Il était médecin, écrivain… et peut-être le premier iconographe de l’histoire.Ce 18 octobre, l’Eglise fait mémoire...
18/10/2026

🎉🙏 - Il était médecin, écrivain… et peut-être le premier iconographe de l’histoire.

Ce 18 octobre, l’Eglise fait mémoire de saint Luc, apôtre et évangéliste. Auteur de l’Évangile qui porte son nom et des Actes des Apôtres, il est également considéré par la tradition comme l’un des fondateurs de l’iconographie chrétienne.

Saint Luc est un médecin et peintre originaire d’Antioche. Homme cultivé, il possède une solide formation en médecine, en philosophie grecque et dans les arts. Il connaît également l’hébreu et le syriaque.

En l’an 42, sous le règne de l’empereur Claude, il se rend à Thèbes, en Béotie, où il rencontre l’apôtre Paul et devient l’un de ses fidèles compagnons dans la prédication de l’Évangile.

Bien qu’il ne fasse pas partie des Douze Apôtres, l’Église l’honore parmi les Soixante-Dix Apôtres, puisqu’il participe à leur mission d’annoncer le Royaume de Dieu.

Luc accompagne saint Paul à Rome, où tous deux conduisent de nombreux païens et Juifs à la foi au Christ. À la demande des chrétiens, Luc rédige son Évangile ainsi que les Actes des Apôtres vers l’an 60.

Après le martyre de saint Paul, Luc quitte Rome et poursuit l’annonce de l’Évangile en Achaïe, en Libye, en Égypte et en Grèce.

La tradition lui attribue la réalisation, d’après nature, de la première icône de la Mère de Dieu, connue sous le nom d’Hodigitria, « Celle qui montre le chemin », ainsi que de plusieurs autres icônes. En les voyant, la Mère de Dieu aurait déclaré : « Que la grâce de Celui qui est né de moi, ainsi que ma miséricorde, soient avec ces icônes. »
À l’âge de 84 ans, Luc est arrêté et torturé par des païens. Il subit le martyre à Thèbes, en Grèce, où il est pendu à un olivier.

Ses reliques sont transférées à Constantinople au IVe siècle. En 1204, lors de la quatrième croisade, elles sont emportées à Padoue, en Italie, où elles sont aujourd’hui conservées dans la basilique Sainte-Justine.

En 1992, le métropolite Hiéronymos de Thèbes demande le retour d’une partie importante des reliques du saint. L’évêque catholique de Padoue remet alors une côte de saint Luc, aujourd’hui conservée auprès de son tombeau à Thèbes.

Le symbole de saint Luc est le bœuf, troisième créature mentionnée dans la vision du prophète Ézéchiel. Animal associé au sacrifice, le bœuf rappelle l’importance, dans l’Évangile de Luc, du Temple et de l’offrande sacerdotale, qui préfigurent le sacrifice du Christ sur la Croix.

🎉🙏  - Il était l’enfant que le Christ a pris dans ses bras ?Ce 17 octobre, l’Église catholique fait mémoire de saint Ign...
17/10/2026

🎉🙏 - Il était l’enfant que le Christ a pris dans ses bras ?

Ce 17 octobre, l’Église catholique fait mémoire de saint Ignace d’Antioche, saint hiéromartyr et Théophore, c’est-à-dire « porteur de Dieu ». Disciple de l’apôtre et évangéliste saint Jean, il compte parmi les Pères apostoliques de l’Église.

Selon la sainte Tradition, saint Ignace serait l’enfant que Notre Seigneur Jésus-Christ prit dans ses bras lorsqu’Il déclara : « Celui donc qui se fera humble comme ce petit enfant, celui-là est le plus grand dans le Royaume des cieux » (Mt 18, 4).
En 68, saint Ignace devient le deuxième évêque d’Antioche, succédant à saint Évode. Durant une période de violentes persécutions contre les chrétiens, il constitue un véritable soutien et une grande force pour son troupeau.

En 106, après une victoire militaire remportée sur les Scythes, l’empereur Trajan (98-117) ordonne à la population de rendre grâce aux dieux païens et de leur offrir des sacrifices, menaçant d’une mort cruelle ceux qui refuseraient.

Lorsque l’empereur passe par Antioche, Ignace se présente volontairement devant lui et refuse d’offrir un sacrifice aux idoles. Furieux, Trajan le fait torturer puis ordonne qu’il soit conduit sous escorte à Rome afin d’y être livré aux bêtes sauvages.

Saint Ignace accueille cette condamnation avec joie, considérant comme un grand honneur de souffrir pour le Christ. Les chrétiens tentent d’empêcher l’exécution de leur évêque bien-aimé, mais celui-ci les supplie de ne pas faire obstacle à son chemin vers le martyre.

Portant le Seigneur dans son âme et priant sans cesse au cours du voyage qui le conduit vers son supplice, saint Ignace reçoit le titre de Théophore, « porteur de Dieu ». Il rédige également sept épîtres. Quatre sont envoyées depuis Smyrne, aux Églises d’Éphèse, de Magnésie, de Tralles et de Rome. Trois partent de Troas, adressées aux chrétiens de Philadelphie et de Smyrne, et à leur évêque Polycarpe.

Ces lettres comptent parmi les plus anciens textes chrétiens après le Nouveau Testament. Ignace y emploie pour la première fois, dans un texte connu, l’expression « Église catholique », c’est-à-dire universelle. Il y décrit l’Église rassemblée autour de son évêque, entouré des prêtres et des diacres. Il appelle l’Eucharistie « remède d’immortalité ». Il défend avec force la réalité de l’Incarnation et de la Passion du Christ.

En 108, lors d’une fête païenne, Ignace est conduit dans le Colisée devant des milliers de spectateurs. Les lions sont lâchés et le saint Théophore est mis en pièces tandis qu’il prie le Seigneur.

Trajan pensait que l’exécution publique et violente d’Ignace inspirerait la peur et empêcherait les chrétiens de propager leur foi. Mais la joie et la détermination avec lesquelles saint Ignace affronte son martyre produisent l’effet inverse : elles fortifient la foi des chrétiens et conduisent de nombreux non-croyants à embrasser la foi chrétienne.

Le crâne de saint Ignace est aujourd’hui conservé dans la Sainte Métropole de Bérée, en Grèce.

🇸🇾   en   - La cour de l’église Saint-Georges fait peau neuve ! Grâce à votre soutien, SOS Chrétiens d’Orient a réhabili...
17/10/2026

🇸🇾 en - La cour de l’église Saint-Georges fait peau neuve !

Grâce à votre soutien, SOS Chrétiens d’Orient a réhabilité 900 m² de cour et aménagé un terrain de basket pour que les jeunes puissent jouer dans de meilleures conditions.

Les travaux sont désormais terminés, et cet espace a été inauguré mi-septembre en présence de Monseigneur Masri, archevêque grec-melkite catholique d’Alep.
Au total, quelque 5 000 personnes bénéficient déjà de ces nouveaux aménagements.

Merci à nos donateurs d’avoir rendu ce projet possible, en partenariat avec l’archevêché grec-melkite catholique d’Alep !

❤️Soutenez nos projets en Syrie. Faites un don : https://jedonne.soschretiensdorient.fr/

🔴✝️🤔Deux mille ans de présence chrétienne peuvent-ils s’effacer dans l’indifférence ?Guerres, persécutions, exil : en Ir...
16/10/2026

🔴✝️🤔Deux mille ans de présence chrétienne peuvent-ils s’effacer dans l’indifférence ?

Guerres, persécutions, exil : en Irak, en Syrie ou au Liban, l’avenir des chrétiens d’Orient est menacé. Face à cette urgence, que fait l’Europe pour leur permettre de rester sur la terre de leurs ancêtres ?

Dans un échange animé par Catherine Griset, députée européenne, Mariani, président de l'Intergroupe chrétiens d'Orient au Parlement européen et Șerban Dimitrie Sturdza, député européen, dressent le bilan à mi-mandat de l’intergroupe du Parlement européen consacré aux chrétiens d'Orient. Protection des communautés, reconstruction, retour des familles : ils évoquent les moyens d’action européens et leurs priorités pour la suite du mandat.

Ils soulignent aussi le rôle de SOS Chrétiens d’Orient pour porter les témoignages du terrain jusqu’au Parlement. Avec un enjeu : que la présence chrétienne dans la région ne se conjugue pas un jour au passé.

15/10/2026

🇵🇰🔴Au Pakistan, une foule incendie la maison d’un chrétien accusé de blasphème

À Gharial Kalan, un village du Pendjab, une foule de musulmans ont accusé Kamran Masih d’avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo qu’ils jugeaient blasphématoire. Ce médecin chrétien de 40 ans, père de trois enfants, tenait un petit dispensaire et une pharmacie attenants à son domicile.

Jeudi 8 octobre, vers 21h30, la police l’a arrêté puis transféré dans un lieu sécurisé afin de le protéger et de prévenir les violences. Une procédure a également été engagée contre lui pour les faits qui lui étaient reprochés.

L’annonce de son arrestation a toutefois accru les craintes des habitants chrétiens. Redoutant une attaque, des membres de sa famille et d’autres familles du village ont commencé à quitter leur domicile.

Le lendemain, vendredi 9 octobre, après la prière, une foule s’est rassemblée devant le dispensaire et la maison de Kamran Masih. Des membres du groupe ont forcé la serrure du commerce, pénétré dans les locaux et saccagé les lieux avant d’incendier le dispensaire et l’habitation attenante. Certains participants étaient munis de bâtons, de pierres, d’essence et d’allumettes.

Alertés, les policiers sont intervenus avec les secours, qui ont participé à l’extinction du feu. Leur intervention a empêché que les destructions s’étendent à d’autres habitations chrétiennes. Des forces de police sont restées déployées dans le village pour protéger les habitants et leurs biens.

Une seconde procédure a été ouverte, cette fois contre les auteurs présumés de l’attaque, notamment pour incendie et dégradations. Plusieurs suspects ont été arrêtés. Des élus représentant les minorités religieuses sont également intervenus auprès des autorités pour demander la protection de la communauté chrétienne.

Plus de 35 familles chrétiennes auraient quitté leur domicile par crainte de nouvelles violences. L’ampleur de ces départs reste cependant contestée, la police ayant démenti l’existence de déplacements.

Pour les proches de Kamran Masih, cette attaque marque une rupture dans un village où chrétiens et musulmans vivaient jusqu’alors en bonne intelligence. « Nous entretenons de très bonnes relations avec nos voisins musulmans », confie un membre de sa famille, qui décrit un homme respecté et dit ne pas comprendre l’origine des accusations.

L’attaque de Gharial Kalan rappelle la vulnérabilité des chrétiens pakistanais face aux accusations de blasphème. Parfois instrumentalisées pour régler des différends personnels ou économiques, celles-ci peuvent déclencher des violences contre les personnes visées, leurs proches et leur communauté. Des maisons, des commerces et des églises deviennent alors des cibles, tandis que des familles sont contraintes de fuir avant toute décision de justice.

Cette menace entretient un climat d’insécurité pour une minorité déjà confrontée aux discriminations. La protection des chrétiens exige des autorités qu’elles interviennent dès les premières menaces et poursuivent les responsables des violences, afin que chacun puisse travailler, pratiquer sa foi et vivre chez soi en sécurité.

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92100

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