07/10/2026
Resumé de l article : La rencontre de Léon XIV avec les victimes
À Lourdes, le pape a rencontré sept victimes d'abus se***ls commis par des membres du clergé. Il a écouté leurs témoignages, mais la rencontre était privée et les personnes reçues avaient été sélectionnées par les institutions ecclésiastiques.
C'est précisément ce choix qui suscite les critiques.
Le Washington Post rappelle que la France a été profondément marquée par le rapport de la CIASE de 2021, qui avait estimé à environ 330 000 le nombre de personnes ayant subi des violences se*****es dans le cadre de l'Église catholique française depuis 1950. (The Washington Post)
Et Lourdes se trouve à seulement une vingtaine de kilomètres de Bétharram, où des générations d'anciens élèves ont dénoncé des violences physiques et se*****es commises dans l'établissement catholique.
Alain Esquerre : « une occasion ratée »
C'est ici que la remarque d'Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes de Bétharram, est particulièrement importante.
Il estime que les victimes auraient dû pouvoir rencontrer le pape collectivement, et non simplement à travers quelques personnes choisies par l'Église.
Le Washington Post rapporte sa réaction :
« C'est une occasion ratée. Ils ne lui permettent de parler qu'à des personnes qui ne vont pas le mettre dans l'embarras et qui ne vont pas lui demander de reconnaître l'ampleur du problème et d'exprimer sa honte. Ils protègent le pape, pas les victimes. » (The Washington Post)
Et Esquerre va plus loin : selon lui, les paroles de compassion ne suffisent plus. Ce que les victimes demandent, c'est un plan d'action concret contre les abus.
Dans une autre déclaration citée par l'Associated Press, il explique pourquoi le collectif voulait une rencontre avec le pape :
« Recevoir les collectifs de victimes aurait eu une portée symbolique et politique beaucoup trop importante, et cela aurait exigé de prendre des mesures concrètes. Car ce que nous voulons, c'est aller au-delà du simple fait d'écouter le témoignage des victimes et, éventuellement, de leur verser une indemnisation. » (The Washington Post)
C'est probablement la phrase la plus importante pour comprendre la critique d'Esquerre : le problème n'est pas que le pape écoute des victimes. C'est que l'écoute risque de devenir une fin en soi, alors que les associations réclament des changements institutionnels.Le contraste qui ressort de l'article
Le contraste est finalement très fort :
Lourdes est un lieu où l'Église proclame la guérison des blessures.
Mais, pour les victimes, la guérison ne peut pas simplement consister à être écoutées avec compassion. Elles demandent que cette écoute débouche sur la reconnaissance de la responsabilité de l'institution, la justice et des mesures concrètes pour empêcher que les abus se reproduisent.
C'est exactement ce que résume la critique d'Alain Esquerre : « Ils protègent le pape, pas les victimes. » (The Washington Post)
Et cela donne au geste de Lourdes — cacher les mosaïques de Rupnik — une dimension beaucoup plus profonde qu'une simple décision concernant une œuvre d'art : il devient une question de savoir si l'Église est prête à mettre les victimes avant son propre patrimoine, son image et son confort institutionnel.
Mosaics by Marko Rupnik, a Slovenian priest-artist, were covered up after at least 20 women accused him of sexual and psychological abuse. He is now on trial.