02/10/2026
La pratique,
expression des quatre vœux du Bodhisattva
Quand nous cultivons une intention résolue d'être intensément là, quand nous cultivons une pleine présence dans la pratique elle-même, que ce soit pendant la pratique de la méditation assise ou au cœur du quotidien de notre vie, se réalisent naturellement, automatiquement, inconsciemment les quatre vœux du Bodhisattva et cette réalisation peut rayonner à chaque instant :
«Aussi nombreux que soient les êtres je fais le vœu de les accompagner sur le chemin de l’éveil.»
En se donnant et en s’abandonnant complètement dans la pratique, comme le disait Maître Dogen, shin jin datsu raku, le corps et l’esprit précipités, abandonnés dans la pratique, dans un esprit de totale gratuité, sans chercher à en obtenir quoi que ce soit, (mushotoku) se révèle l’esprit de compassion dans lequel nous ne pratiquons plus seulement pour soi-même mais par soi-même pour les autres. Ainsi cette attitude de l’esprit est une aide profonde pour tous les êtres. Car au-delà des apparences nous pouvons percevoir en chacun(e) la présence de la lumière spirituelle insaisissable, indicible (quel que soit le nom que nous lui donnions, principe universel, nature de Bouddha, Dieu etc...) qui est la fréquence commune à tous les êtres.
«Aussi nombreux que soient les attachements je fais le vœu de m’en libérer.»
En pratiquant la concentration des six paramitas, cet "ancrage ouvert" dans le maintenant, l’esprit devient comme un pur miroir où viennent se refléter tous les phénomènes. Aussi nous pouvons les observer tranquillement sans nous y attacher, sans nous identifier. Nous pouvons réaliser en soi-même l’enseignement de Maître Tozan : «Le reflet qui est dans le miroir est moi mais je ne suis pas cela». Par exemple, quand il y a des pensées, bien entendu ce n’est personne d’autre que soi qui pense, c’est en soi qu’elles se manifestent mais cela ne veut pas dire que je suis exclusivement ces pensées, ce sont seulement des pensées qui apparaissent et qui disparaissent. Nous réalisons donc que ces phénomènes n’ont aucune substance, qu’ils sont exactement comme des nuages qui traversent le ciel. Nous réalisons que ces phénomènes nenous définissent pas en tant qu'Être. Alors, réalisant cela pleinement dans le corps et l’esprit non séparés, d’eux-mêmes ces phénomènes mentaux se dissipent. Il n’existe donc plus «personne» pour s’attacher et il n’existe plus rien à quoi s’attacher.
«Aussi nombreux que soient les enseignements je fais le vœu de les réaliser».
Pratiquant d’un seul corps et d’un seul esprit dans une totale intimité avec ce qui est, l’enseignement du Bouddha se réalise de lui-même. Quels que soient les phénomènes qui apparaissent pendant la méditation assise, comme nous ne nous en échappons pas, que nous sommes dans une observation qui ne bouge pas, une vision pénétrante qui voit leur aspect transitoire et sans substance fixe se manifeste, nous invitant à les vivre comme un enseignement au lieu de les percevoir comme une source d’empêchements.
Ainsi la pratique nous aide à comprendre intimement, profondément que tous les phénomènes que nous traversons dans notre vie sont autant d’enseignements que nous pouvons réaliser.
«Aussi vaste que soit la Voie de Bouddha je fais le vœu de l’accomplir.»
Ne saisissant rien et ne rejetant rien, arrêtant tout combat, n’essayant pas de supprimer quoi que ce soit, ne faisant obstacle à rien, ne résistant pas à la nouveauté du moment présent, au courant de maintenant, le cœur de l’esprit devient vaste ou plutôt retrouve sa condition originelle d’être vaste. Vaste comme la Voie de Bouddha. Alors il n’existe plus de séparations entre la vie relative, phénoménale et la vie absolue. N’existant plus de séparations, de divisions, nous sommes de véritables Bouddhas vivants assis, debout, couchés ou en mouvement. Alors, la Voie de Bouddha s'accomplit en soi-même naturellement, automatiquement, inconsciemment.
Je vous souhaite une belle pratique au dojo et au cœur du quotidien de votre vie !!
De cœur à cœur, Patrick