19/01/2026
Antifa !
À Lille, la violence fasciste frappe encore : du saccage du Centre Culturel Libertaire à la riposte populaire dans les rues de Wazemmes
Jeudi 15 janvier 2026, à Lille, la brutalité d’extrême droite a de nouveau trouvé un terrain d’expression.
Dans le quartier populaire de Wazemmes, le Centre Culturel Libertaire (CCL) a été attaqué pendant un concert par un groupe de militants néonazis. Des personnes ont été agressées, frappées, blessées. Deux jours plus t**d, la réponse s’est organisée : une mobilisation antifasciste massive, visible, sonore, qui a traversé le quartier pour affirmer un refus clair de la peur et de l’intimidation.
Une soirée culturelle transformée en scène de violence
Jeudi 15 janvier, il est environ 21h30 lorsque la soirée bascule au Centre Culturel Libertaire. Le lieu accueille un concert, dans une ambiance ordinaire, culturelle, militante, sans incident signalé jusqu’à l’arrivée d’un groupe d’individus se réclamant de l’extrême droite.
Selon les témoignages recueillis par plusieurs médias militants et confirmés par des relais associatifs :
- environ une dizaine de néonazis participent à l’attaque,
- trois d’entre eux pénètrent à l’intérieur du local,
- ils frappent d’abord les personnes présentes au bar, puis s’en prennent au public assistant au concert,
- quatre autres individus, cagoulés, bloquent l’entrée du lieu, empêchent les déplacements et filment l’agression.
Plusieurs personnes sont violemment tabassées. Des blessures sont constatées. La violence est rapide, ciblée, assumée.
Les agresseurs arborent des symboles sans équivoque, notamment des croix celtiques, identifiées de longue date comme des marqueurs idéologiques de la mouvance néonazie. Pour les témoins comme pour les observateurs, aucun doute n’est possible : il s’agit d’une attaque politique, revendiquée par les signes qu’elle affiche.
Des violences qui ne s’arrêtent pas au CCL
Les faits ne se limitent pas à l’intérieur du Centre Culturel Libertaire.
Selon Demosphere.net et Nantes Indymedia, le même soir, d’autres agressions ont lieu dans le quartier de Wazemmes, notamment aux abords du métro. Plusieurs personnes y sont également violemment tabassées.
Ces éléments renforcent l’analyse d’une descente organisée, menée par un groupuscule structuré, avec une logique de territoire, d’intimidation et de démonstration de force.
Le Centre Culturel Libertaire, une cible assumée
Le CCL n’est pas un lieu neutre aux yeux de l’extrême droite.
Espace autogéré, sans subvention, sans hiérarchie, il est depuis des années un point d’ancrage pour les milieux libertaires, antifascistes et militants lillois. On y organise des concerts, des discussions politiques, des projections, des rencontres, dans une tradition de contre-culture assumée.
Plusieurs réactions sur les réseaux insistent sur ce point :
ce lieu a été attaqué pour ce qu’il est, et non par hasard.
Comme le souligne une militante citée sur X :
« Ce n’était pas un simple “lieu culturel”, mais un lieu culturel phare des milieux de gauche. Refuser de le nommer, c’est déjà minimiser la gravité de l’attaque. »
L’attaque survient pendant un concert, ce qui accentue encore son caractère symbolique : transformer un moment de culture et de partage en scène de peur.
Un climat local marqué par la répétition des agressions
Cette agression s’inscrit dans un contexte lillois déjà lourd.
Ces dernières années, Lille a été confrontée à de multiples épisodes de violences ou de tensions liées à l’extrême droite.
Parmi les précédents régulièrement rappelés :
- les affaires entourant le bar identitaire La Citadelle, associé à des militants issus de Génération identitaire, du Rassemblement National et de la mouvance néonazie, et impliqué dans plusieurs dossiers judiciaires,
- des agressions lors de la Braderie de Lille,
- des attaques visant le Planning familial,
- l’attaque d’un bar gay dans le Vieux-Lille en 2013, impliquant des figures multirécidivistes de la mouvance skinhead,
- plus récemment, un DJ tabassé en septembre pour avoir porté un t-shirt antifasciste,
- et, en novembre, l’agression de deux femmes devant un bar.
Sur les réseaux sociaux, un militant résume ainsi la situation :
« C’est la troisième attaque de l’extrême droite en cinq mois à Lille. Pendant que l’État dissout des collectifs antifascistes, l’extrême droite agit en toute impunité. »
Le fascisme à l’œuvre : frapper, intimider, faire taire
Plusieurs communiqués convergent sur un point central :
le fascisme ne débat pas.
Lutte Ouvrière rappelle que l’extrême droite, malgré son discours prétendument social, reste fondamentalement hostile aux travailleurs, aux militants et aux opprimés. Elle agit par la violence, l’intimidation, la peur.
Cette attaque rejoint une série plus large d’agressions recensées partout en France contre :
- des personnes racisées,
- des personnes LGBTQIA+,
- des militant·es,
- des lieux culturels, associatifs ou sociaux.
Ce qui est visé, ce sont des corps, des espaces, des idées.
De la solidarité immédiate à l’organisation collective
Dès le vendredi 16 janvier, près de 150 personnes se réunissent en soutien au Centre Culturel Libertaire.
Il est décidé collectivement d’organiser :
- des collages,
- du tractage,
- des échanges avec les habitant·es du quartier populaire de Wazemmes,
afin de dénoncer l’agression et d’alerter sur la présence active de groupuscules d’extrême droite.
Le 17 janvier, Wazemmes devient antifasciste
Un rassemblement est appelé samedi 17 janvier à 14h, place de la République.
Rapidement, l’ampleur de la mobilisation dépasse les attentes.
Selon La Voix du Nord, entre 250 et 300 personnes forment un cortège qui traverse le quartier de Wazemmes, notamment la rue Léon Gambetta. Ce qui devait être un rassemblement statique devient une manifestation.
Les slogans antifascistes se multiplient. La foule marque sa présence par les décibels, par les chants, par l’occupation de l’espace public.
Réactions politiques et prises de position publiques
Les réactions ne t**dent pas.
Sur Instagram, la LDH Lille confirme l’attaque et appelle à la mobilisation.
Lille Antifa, Révolution Permanente, et de nombreux collectifs relaient l’information et l’appel à la vigilance.
Sur X, de nombreuses personnalités politiques locales dénoncent l’agression, rappellent que Lille est une ville antifasciste et soulignent la nécessité d’enquêter sur les réseaux d’extrême droite actifs dans la métropole.
Le maire de Lille déclare notamment :
« Je dénonce cette agression, dans un climat où l’extrême droite intensifie ses attaques contre la culture. »
D’autres élus évoquent une attaque « inacceptable » contre un lieu de débat et de culture, et appellent à ne pas banaliser ces violences.
Une certitude : ne pas laisser faire
La manifestation du 17 janvier n’a pas mis fin à la menace.
Mais elle a envoyé un message clair : les lieux culturels, les quartiers populaires et les militant·es ne resteront pas isolés.
Ce qui s’est joué à Wazemmes est une bataille symbolique :
celle du droit de se rassembler, de créer, de militer sans subir la terreur.
Sources : La Voix du Nord, Révolution Permanente, Lutte Ouvrière, Demosphere.net, Nantes Indymedia, LDH Lille, Lille Antifa.
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