03/12/2025
Discours de Albert Massiah à l'occasion de la plantation d’un olivier à la mémoire d’Ilan Halimi – 2 décembre 2025
Monsieur le Maire de Bordeaux,
Monsieur le Directeur de cabinet de M. le Préfet de la Gironde,
Préfet de la Région Nouvelle Aquitaine
Madame la députée Européenne
Monsieur le Député
Mesdames et Messieurs les élus,
Madame la Consule des États Unis
Monsieur le Général officier de la zône de défense
Monsieur le Président de l’ACIG,
Mesdames, Messieurs, en vos rangs et grades,
Chers amis,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour un geste de mémoire, de
partage et d’hommage : planter un olivier en hommage à Ilan
Halimi, assassiné parce qu’il était juif il y a un peu plus de
vingt ans, et à toutes les victimes de l’antisémitisme et de
l’intolérance.
Un olivier est un arbre de vie, de paix et de résistance.
Il traverse les années, même lorsqu’on tente de le briser.
Et si cet arbre prend racine aujourd’hui au Parc bordelais, c’est
parce que la mémoire doit être visible, partagée, vivante.
Il est important de rappeler que cette initiative a été décidée
dès le début du mois de septembre.
Nous sommes donc ici selon le calendrier du respect, et non
celui de la politique.
Depuis plusieurs mois, le CRIF national, conjointement avec la
LICRA nationale, avait appelé les maires de France à
multiplier les gestes publics de mémoire.
Ce mouvement a déjà conduit en Gironde à la plantation
d’oliviers à Arcachon, à Bègles, et aujourd’hui ici, à Bordeaux.
Car la mémoire ne doit pas rester enfermée : elle doit vivre
dans nos villes et nos espaces publics.
Notre présence prend une dimension particulière après ce qui
s’est produit à Épinay-sur-Seine, où l’olivier planté en 2011
pour Ilan Halimi a été tronçonné dans la nuit du 13 au 14 août
2025.
Ce n’était pas un acte isolé : c’était un acte antisémite, une
tentative d’effacement, une attaque contre la mémoire juive et
la mémoire républicaine.
L’acte que nous faisons ici ensemble est une réponse à la
barbarie :
Un arbre a été détruit, mais ce sont désormais des forêts de
mémoire qui se plantent partout en France.
Là où la haine arrache, nous enracinons.
Là où elle détruit, nous construisons.
Je sais que, dans notre communauté, les débats ont été vifs ces
derniers mois, notamment autour du jumelage avec la ville
d’Ashdod.
Je ne les ignore pas, je les respecte.
Pour ma part, j’ai eu l’occasion de m’exprimer clairement sur
ce sujet lors de la cérémonie du 21 juillet, au Fort du Hâ.
Mais aujourd’hui, ce moment n’est pas politique :
il appartient à la mémoire, à la lutte contre l’antisémitisme, et à
la dignité de toutes les victimes.
Je veux remercier la Ville de Bordeaux, et vous, Monsieur le
Maire, pour cette initiative qui marque une étape importante
sur le chemin du dialogue, de la défense de la mémoire et de
l’apaisement.
Cet olivier sera un repère et un rappel.
À quelques pas des deux oliviers plantés en 2021 à la mémoire
de Jonathan Sandler et de Samuel Paty, tout deux enseignants
victimes du terrorisme islamiste,
Dorénavant la mémoire d’Ilan Halimi vit ici, dans notre ville
et rien ne pourra l’effacer, car nous serons toujours là comme
des vigies Elle restera vivante.
Je vous remercie de votre attention.
Albert Massiah
Président du Crif Bordeaux-Aquitaine