KARIM DAOUD

KARIM DAOUD Laboratoire régional de suivi de la faune sauvage LRSFS

28/10/2024

fermeture définitive du seul laboratoire d'épidémio-surveillance Ile de France (laboratoire régional de suivi de la faune sauvage LRSFS
Chères et chers partenaires, chères et chers élus, chères et chers collègues, chères et chers amis,
C’est avec grande tristesse que je vous annonce la dissolution volontaire de l’Association du LRSFS prise en Assemblée Générale Extraordinaire le 15 octobre 2024. En effet aucune réponse positive de l’Etat, ni des collectivités territoriales ou de la Région ne nous a été donnée à ce jour sur le projet de pérennisation et développement du LRSFS présenté au Préfet de Région d’Ile-de-France lors de notre réunion du mois de juillet 2024. Vu ce constat et les problèmes de financement du LRSFS depuis plusieurs années, la dissolution volontaire de l’Association du LRSFS a été prononcée pour raison financière par l’Assemblée Générale Extraordinaire du LRSFS du 15 octobre 2024 par l’ensemble des 3 collèges.
Cela fait des années que je tire la sonnette d’alarme sur la situation financière du laboratoire, que je mendie des subventions pour boucler le budget de l’année. Le laboratoire était jusque-là sauvé par des subventions exceptionnelles. Cet abandon est symptomatique de la manière dont sont gérées les politiques sanitaires dans notre pays : on rogne les crédits pour la prévention et la surveillance, on fait des économies de bouts de chandelle au nom de la rigueur budgétaire
Pourtant, les chiffres sont alarmants :
 60% des maladies infectieuses humaines sont d’origine animale.
 60% des nouvelles maladies sont également d’origine animale.
La Covid a tué 110.000 personnes et coûté 140 milliards d’Euros à la France. Mais les autorités n’ont pas retenu la leçon : N’avons-nous donc rien appris ?

A l’heure où je vous écris, l’Etat et les collectivités territoriales ont laissé couler le seul laboratoire vétérinaire d’Île-de-France (12 millions d’habitants) chargé de la prévention des zoonoses, c’est à dire des épidémies d’origine animale transmissibles à l’homme. Les autorités se renvoient la b***e à grand renfort de langue de bois, en arguant que cela ne fait pas partie de leurs compétences. Aujourd’hui, je tire de nouveau la sonnette d’alarme, Il y a un véritable vide juridique en matière de responsabilité relative à l’épidémio-surveillance de la faune sauvage en dehors des maladies réglementaires. Il est urgent que le législateur se penche sur cette question.

Une page se tourne. Malheureusement il ne semble pas que les pouvoirs politiques aient entendu les nombreux messages d’alerte sur les risques sanitaires qui vont s’intensifier vis-à-vis des maladies zoonotiques et vectoriels lié au dérèglement climatique. Tous les chercheurs s’accordent à dire que ces risques sont éminents. Nous avons alerté depuis des années le Président de la République, les Ministres, la Région, le Préfet, les Présidents des collectivités et autres élus, en vain. Je ne peux que déplorer que les pouvoirs publics n’aient pas réagi et que cet outil, le LRSFS, plus qu’indispensable d’épidémio-surveillance vis-à-vis de la santé animale et humaine ne puisse perdurer.

Je tiens à vous remercier toutes et tous pour votre soutien, collaboration et amitié durant les 14 ans et 11 mois d’existence du LRSFS.
Merci à toutes et tous d’avoir cru en et participé à ce magnifique outil d’épidémio-surveillance francilien.

Je tiens à remercier sincèrement et chaleureusement les Présidents des Fédérations des Chasseurs d’Ile-de-France et leurs collaborateurs pour leur confiance et leur support financier indéfectible ainsi que les collectivités adhérentes, historiquement le CD 77, le CD 91 et le CD 93 et leurs Présidents, pour leur soutien sans faille que ce soit financier ou autre.
Je souhaite remercier toutes les personnes qui ont contribué à la création du LRSFS et toutes celles et ceux qui ont coopéré avec le LRSFS soit comme partenaires, clients, fournisseurs et prestataires et collaborateurs d’études pendant toute la période de plus de 14 ans d’existence du LRSFS.
Je remercie toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à cette épidémio-surveillance indispensable à mon sens pour le bien-être du vivant, que ce soit au sein des Fédérations des Chasseurs d’Ile de France, de la Fédération Nationale des Chasseurs, des CD 77, CD 91, CD 93, de la Mairie de Paris, de la Région Ile-de-France, de l’ELIZ, de l’OFB, de l’ENVA et du Museum National d’Histoire Naturel. Merci à l’IRD pour nous avoir hébergé sur le site de Bondy, merci au personnel et prestataires de l’IRD de Bondy pour son accueil et son soutien. Merci à nos donateurs, à nos bénévoles (comptable, chargé de mission et Président et collaborateurs d’Alertes.me) et à nos stagiaires.
Je tiens plus particulièrement à remercier chaleureusement le premier Président du LRSFS, le docteur Norin Chai, le Président actuel du LRSFS, Georges de Noni, directeur de recherches et ex-délégué régional IRD Ile-de-France ainsi que la vice-présidente, le docteur Claire Fabin, sans oublier Benoit Combes, directeur de l’ELIZ, trésorier du LRSFS.
J’ai été très heureux de collaborer avec vous toutes et tous. Je vous souhaite le meilleur.
Que Dieu vous garde et vous protège
Bien amicalement
Karim DAOUD

28/10/2024

COMPTE RENDU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU LRSFS DU MARDI 15 OCTOBRE 2024
IRD Bondy

Étaient présents :
- Pascal ARNE, Directeur du Chuv-Faune Sauvage Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort
- Magalie CHARMET, Directrice Régionale de l’OFB Ile-de-France
- Benoît COMBES, directeur de l’ELIZ et trésorier du LRSFS
- Karim DAOUD, Directeur du LRSFS
- Georges DE NONI, Président du LRSFS
- Jean-Luc DUMESNIL, Conseil Régional du Pole Ecologiste Région Ile-de-France
- Claire FABIN, Vice-Présidente du LRSFS et Présidente d’ASSITEB-BIORIF
- Amandine GALLOIS, SEAN -DNPB-CD93
- Olivier MARCAND, ITD FICIF en charge du réseau SAGIR
- Alain ROBERT, chargé de mission bénévole LRSFS
- Tuy TRUONG, bénévole LRSFS
Présents en visio-conférence :
- Julia BADAROUX, CD 93
- Anne de GALARD, Fédération Nationale des Chasseurs
- F***y CHEVALIER, Cheffe de Projet Santé Environnement CD 91
- Cathy DENIMAL, Directrice, Eau, Environnement et Agriculture, CD 77
- Laetitia GUIHOT, Chargée de mission animal en ville, Ville de Paris
- Glenn KECK, Chargé de mission Nature et Biodiversité, Région Île-de-France
- Sébastien MAES, Directeur de l’environnement à la région Île-de-France
- Nicolas MEARY, Vice-Président en charge de la biodiversité et de la transition écologique
- Sylvie PETIT, Ville de Paris /DEVE/Mission animal en ville
- Philippe WAGUET, Président FICIF
Excusés :
- Tarek AIT-MOUSSA, chef de service, DDPP77
- Norin CHAI, ancien Président du LRSFS
- Philippe CANDELO, Alerts me
- Marylène FABBIANO
- Jean-Roch GAILLET, IFCE
- Frédérique LE QUERREC, Préfecture de la Seine-Saint-Denis, cheffe du service santé et protection
- Thierry THUEGAZ

L’assemblée générale est ouverte à 9 :30 par une introduction du Président du LRSFS, Georges De Noni.
George de Noni souhaite la bienvenue à tous les participants. Il remercie chaleureusement Karim Daoud pour la qualité de son travail et pour son dévouement.
Georges de Noni rappelle que la situation est grave pour l’avenir du LRSFS et que l’ordre du jour de cette Assemblée Générale Extraordinaire (cf diapo 1 de la présentation ci-dessous) est de prendre une décision sur le devenir du LRSFS. Il laisse à Karim Daoud le soin de présentation la situation et les défis à court terme avant de demander à chacun d’exprimer sa position.
Karim DAOUD rappelle les défis à court terme du LRSFS
• La trésorerie du laboratoire qui n’est pas suffisante pour couvrir la fin de l’année 2024
• Le problème des locaux du LRSFS avec la fin de la convention des locaux à l’IRD de Bondy au 30 septembre 2024. Pas de solution alternative identifiée à ce jour
• Le manque de visibilité financière depuis plusieurs années pour assurer le fonctionnement du LRSFS de manière pérenne. A ce jour aucune option n’a été identifiée.

Trésorerie du LRSFS (cf diapo 3 de la présentation ci-dessous)
Karim Daoud explique que trésorerie du laboratoire au 13 octobre 2024 est de 49 798 Euros. Les dépenses estimées encore à venir sur octobre sont de 15 240 Euros (salaire octobre + dépenses courantes + charges sociales septembre + CNRACL (mai à octobre 2024). Les recettes encore à recevoir sur octobre sont de 2 728 Euros. La trésorerie estimée au 30 octobre 2024 est donc de 37 285 Euros avec un besoin en fonds de réserve 30 000 Euros et des dépenses mensuelles estimées à 11 000 Euros

Actions menées depuis la dernière AG
Karim Daoud présente toutes actions menées depuis la dernière Assemblée Générale du LRSFS avec le support de l’Association Alertes.me et Philippe Candelon pour tenter de trouver des solutions pour pérenniser les activités du Labo.
De très nombreux contacts ont eu lieu avec les autorités compétentes mais n’ont pas abouti
 Nouveau courrier adressé au Président de la République
 Réunion et échanges de courriers avec le Préfet de Région
 Courriers à la Présidente de la Région et aux Présidents des CDs d’Ile-de-France
 Courriers et demande de rendez-vous aux Ministres de la Santé et de l’Agriculture
 Contacts avec divers Elus
 Réponse négative du Président du CD77 relative à la prise en charge du salaire de Karim Daoud par le département dans l’hypothèse d’un transfert sur l’ENVA
Une subvention exceptionnelle de 12 360 Euros a été versé par le CD 77
Des demandes de support financiers à de nombreux laboratoires de santé animale et à des mécènes et fondations ont été réalisées mais n’ont pas donné de résultats positifs.
Karim Daoud mentionne aussi la rédaction et l’envoi aux médias d’un communiqué de presse à plis de 3000 journalistes, et la publication d’un article sur le LRSFS dans plusieurs journaux (Le Parisien, le Figaro, la Gazette des Communes, Evasion FM, la Dépêche Vétérinaire)
Un appel pour la sauvegarde du LRSFS a été lancé sur le site du Laboratoire et par mailing (‘une urgence sanitaire pour les 12 millions d’habitants de la Région’)
Une campagne de posts et de crowdfunding (financement participatif au moyen de dons) a été faite sur LinkedIn. Elle a donné
 Près de 500 000 vues
 Près de 10 000 likes
 Près de 400 commentaires de support et plus de 2300 republications
 6790 € reçus de donateurs
La recherche de nouveaux locaux s’est poursuivie notamment avec des contacts avec le CD 93 pour rester sur le site de Bondy. Aucune réponse positive n’a été reçu à ce jour. Georges De Noni est confiant que des solutions sont possibles avec le CD 93.
Karim Daoud annonce le vandalisme et cambriolage du labo en août avec de nombreux dégâts. Le remboursement de l’assurance n’est pas encore connu.
Et bien sûr Karim Daoud a poursuivi l’activité d’autopsies et d’analyses du LRSFS.
Karim Daoud explique ensuite le projet présenté au Préfet de Région en juillet pour pérenniser et développer le LRSFS, cf diapos 6, 7 et 8 de la présentation. Ce projet n’a pas reçu de soutien positif du Préfet.
Bilan financier prévisionnel au 31 octobre 2024 (cf diapos 9, 10, 11, 12 et 13)
Karim Daoud présente le suivie budgétaire et le bilan financier estimé à fin octobre 2024 dans le cadre d’une dissolution du LRSFS. La prévision de trésorerie serait de 1219 Euros au 31 octobre 2024. Elle inclut une hypothèse de remboursement à venir de 3000 Euros de l’assurance suite au cambriolage/vandalisme d’août 2024.
Karim Daoud rappelle les défis à très court terme pour le LRSFS
- Locaux à trouver même si Georges de Noni est confiant en des solutions possibles avec le CD 93.
- Financement des dépenses du laboratoire jusqu'à la fin de l'année 2024 n’est pas assuré
- Il n’y a toujours pas de visibilité financière pour assurer le fonctionnement du LRSFS de manière pérenne

Georges De Noni rappelle la question posée à l’Assemblée Générale Extraordinaire : Quelle est votre position sur l’avenir du LRSFS ? On continue ou pas ? Georges De Noni demande à tous les participants de préciser leur position
Magalie Charmet rappelle que le LRSFS est très important pour l’OFB mais ne peut pas apporter de soutien financier autre que d’être client du LRSFS. Magalie Charmet regretterait la fermeture du LRSFS et sa compétence reconnue.
Benoit Combes regrette l’hypocrisie de la réponse du Préfet de Région au projet de pérennisation du LRSFS qui lui a été présenté. Pour Benoit Combes, ce projet de refonte était très intéressant. Il rappelle les exigences législatives énoncées dans l’Article 128 de la Loi 3DS adoptée le 21 février 2022 et qui invitent les Départements à exercer la surveillance sanitaire des territoires par leurs groupements en lien avec notamment les laboratoires vétérinaires partie intégrante des compétences que la loi dite 3DS vient de confirmer aux Conseils Départementaux. Les collectivités départementales Franciliennes unies confirmeront ainsi l’importance de leur rôle dans cette dimension sanitaire par la connaissance du statut sanitaire de leur territoire vis-à-vis des zoonoses pour mieux s’en prémunir, mais ils ont du mal à travailler dans ce sens et pourtant c’est la responsabilité de l’Etat et des collectivités.

Philippe Waguet interroge sur la position des départements par rapport au devenir du LRSFS car ce sont les départements qui devraient financer l’épidémio-surveillance. Philippe Waguet demande si le PRSE4 (Plan Régional Santé Environnement 4) s’intéresse à l’épidémio-surveillance. Sébastien Maes lui répond qu’en effet le PRSE4 couvre l’épidémio-surveillance.
Nicolas Meary rappelle que le département de l’Essonne a toujours été auprès du LRSFS. Il confirme qu’il y a un besoin d’un outil de surveillance et de veille sanitaire et d’analyses en Ile-de-France. Mais il constate que la situation n’est plus tenable pour le LRSFS avec un petit nombre de départements franciliens qui cotisent. Le budget des départements va être encore plus complexe à gérer en 2025. Il semble donc qu’on soit dans une situation d’impasse pour le LRSFS mais Nicola Meary confirme que si un plan de financement pérenne est accepté, le département de l’Essonne participera.
Olivier Marcand informe l’Assemblée Générale que le risque de grippe aviaire est passé en risque moyen et va peut-être passer en risque élevé. Il interroge sur la destination des cadavres à autopsier si le LRSFS ferme.
Philippe Waguet rappelle que les fédérations de chasseurs font plus que leurs obligations dans la surveillance de la faune sauvage. Si le LRSFS ferme, les fédérations de chasseurs risquent de de ne plus vouloir aller au-delà de la mission de signaler les animaux morts et de ne plus se charger d’amener ces animaux à autopsier et analyser.
Georges De Noni invite les membres de l’Association à se prononcer sur la continuation ou la dissolution de l’Association, sachant que lui-même vote contre la dissolution.
• Fédération Nationale des Chasseurs : pour la dissolution
• Fédération Régionale des Chasseurs IDF : pour la dissolution
• CD91 : pour la dissolution
• ENVA : pour la dissolution
• ELIZ : pour la dissolution
• Le CD93 ne peut prendre part au vote car la personne présente n’a pas de pouvoir de vote
Claire Fabin s’abstient et adresse toute sa gratitude à Karim Daoud pour tout son travail et énergie au service du LRSFS.
La dissolution du LRSFS est actée ayant été prononcée par au moins 2/3 des membres de l’Association du LRSFS présents, représentés ou ayant donné pouvoir à l’Assemblée Générale extraordinaire siégeant et délibérant dans les conditions prévues à l’article 18 des statuts du LRSFS.
Nomination d’un liquidateur : Karim Daoud est nommé liquidateur
Karim DAOUD accepte à condition que le CD77 accepte qu’il s’en occupe jusqu’à la fin de l’année 2024.
Dévolution de l’actif conformément à l’article 9 de la loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901 : si un actif est constaté à l’issue de la liquidation du LRSFS, l’Assemblée Générale vote à l’unanimité son attribution à l’association Alertes.me afin de rembourser les montants dépensés par cette association pour soutenir le LRSFS.
Karim Daoud confirme qu’il va dès aujourd’hui demander officiellement sa réintégration au CD77 à la date du 1er novembre 2024 en demandant de pouvoir assurer la liquidation du LRSFS jusqu’à la fin de l’année. Cathy Denimal va transmettre cette demande aux RH du CD77.

Karim Daoud est très attristé par la dissolution du LRSFS qui était un très bel outil au service de la santé publique mais après des années d’effort pour maintenir l’activité du LRSFS malgré tous les problèmes de financement, il se voit contraint de mettre un terme à cette mission. Il remercie toutes les personnes qui ont permis la création du LRSFS et toutes celles qui ont permis à ce laboratoire de fonctionner pendant plus de 14 ans.
L’Assemblée Générale rend hommage à Karim Daoud et l’applaudit.
Georges De Noni met fin à l’Assemblée Générale en regrettant la décision prise et en rappelant que l’Etat et les collectivités locales n’ont pas pris leurs responsabilités vis-à-vis de la santé animale et humaine en Ile-de-France en ne permettant pas au LRSFS de poursuivre sa mission de santé publique.
Fin de l’AG à 12:00


Président du LRSFS Directeur du LRSFS
George DE NONI DAOUD Karim

Le dernier laboratoire de suivi de la faune sauvage d’Île-de-France joue sa survie financièreCet établissement situé à B...
04/07/2024

Le dernier laboratoire de suivi de la faune sauvage d’Île-de-France joue sa survie financière
Cet établissement situé à Bondy joue un rôle central dans la surveillance des épidémies animales dans toute la région. Il a lancé une levée de fonds de 20 000 euros pour passer l’été. Et il lui manque 60 000 euros pour boucler son budget 2024.
Par Hélène Haus Parisien
Le 3 juillet 2024 à 13h30
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Bondy, janvier 2023. L'an dernier, le directeur du laboratoire régional de suivi de la faune sauvage a effectué 153 autopsies sur 29 espèces. LP/Olivier Arandel
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Lorsqu’un canidé a été retrouvé fauché par une voiture à Fontainebleau (Seine-et-Marne) en janvier 2023, c’est lui a qui permis de confirmer qu’il s’agissait bien d’un loup. « J’étais sûr à 99,9 % avant même d’envoyer les prélèvements pour la génétique », lâche Karim Daoud, le directeur du laboratoire régional de suivi de la faune sauvage (LRSFS). Depuis 2009, cet établissement situé à Bondy (Seine-Saint-Denis) effectue des autopsies d’animaux sauvages en cas de suspicion de maladie.
« Je travaille notamment avec les fédérations de chasseurs, explique son responsable. Lorsqu’ils trouvent des animaux morts sur le terrain, ils peuvent les faire analyser pour identifier ce qui a causé le décès. Cela leur permet de mieux adapter leur plan de chasse pour préserver certaines espèces. Cette collaboration est le premier maillon de la chaîne. Elle est très importante, car elle permet de suivre les maladies, d’en découvrir. »

Bondy, le 20 juin 2024. C'est dans cette salle que Karim Daoud autopsie les animaux qui lui sont adressés. LP/Hélène Haus
C’est aussi vers ce laboratoire que se tournent les instances publiques, comme l’Office français de la biodiversité, lorsqu’elles ont besoin de tester des animaux pour vérifier s’ils ont été victimes d’un virus, d’une bactérie ou d’un parasite et détecter une éventuelle zoonose, une maladie qui serait passée de l’animal à l’homme. Le LRSFS est donc un outil d’épidémiosurveillance indispensable.

Il pourrait pourtant bien vivre ses dernières heures. Faute de moyens, la structure a lancé, avec l’aide de l’association alertes.me, une levée de fonds de 20 000 euros sur le site helloasso.com pour passer l’été. Seul un tiers de la somme a été réuni. Il lui manque aussi 60 000 euros pour équilibrer son budget 2024. Malgré son utilité publique, le LRSFS n’a qu’un statut associatif qui regroupe trois collèges : l’État, les collectivités territoriales et des associations (la Fédération nationale des chasseurs et la Fédération régionale des chasseurs d’Île-de-France).
« Des élus pensent qu’ils n’ont pas de faune sauvage sur leur territoire alors qu’elle existe partout »
« Au départ, les laboratoires comme le nôtre étaient rattachés aux services vétérinaires mais cette compétence est revenue aux départements lors des lois de décentralisation (dans les années 1980), retrace Karim Daoud. Chacun était censé développer son laboratoire. En Île-de-France, il y en a eu plusieurs, mais ils ont fermé petit à petit. Aujourd’hui, il ne reste que le nôtre. »
Le directeur du LRSFS aimerait que les huit départements franciliens participent à son financement. Aujourd’hui, seuls l’Essonne et la Seine-Saint-Denis lui versent chacun 12 360 euros par an. Le conseil régional d’Île-de-France lui alloue aussi une subvention. « Ce serait beaucoup plus intéressant qu’il soit cotisant, pointe Karim Daoud. Cela assurait la pérennité des fonds versés et nous permettrait de mieux anticiper notre budget annuel. Le problème des subventions, c’est qu’elles peuvent disparaître d’une année à l’autre. »
________________________________________
Pendant longtemps, le Seine-et-Marne a accordé une subvention de 60 000 euros, qui permettait notamment de payer le salaire de Karim Daoud, lui-même fonctionnaire de ce département où il a travaillé dans un laboratoire public similaire jusqu’à sa fermeture. « Ils ont arrêté de nous financer, tout comme la ville de Paris », regrette-t-il.
Certains départements n’ont jamais mis la main à la poche. « Des élus pensent qu’ils n’ont pas de faune sauvage sur leur territoire alors qu’elle existe partout », rappelle-t-il. Le spécialiste cite l’exemple des renards, des rats et des multiples volatiles qui peuplent l’Île-de-France.
Plus de 150 autopsies d’animaux en 2023
Que va-t-il se passer si la structure ferme ? « Les cadavres vont être acheminés ailleurs à Saint-Lô, Arras, Laon ou en Bourgogne-Franche-Comté, prédit Karim Daoud. Mais cela coûte de l’argent de transporter des animaux morts, il faut être habilité. Les délais de réponse des laboratoires vont être beaucoup plus longs. Ils vont finir par être débordés. »
Malgré les besoins, le directeur du LRSFS travaille seul. En 2023, il a réalisé 153 autopsies sur 29 espèces. Ce sexagénaire espérait pouvoir former un remplaçant avant de partir en retraite. « Il aurait fallu trois ans pour qu’il soit opérationnel, dit-il. Se former à l’autopsie d’animaux est très complexe, car il y a tout un tas d’espèces différentes. » Selon ses calculs, le laboratoire aurait besoin de 350 000 euros pour assurer sa pérennité et recruter du personnel.
« Si le LRSFS venait à fermer, il n’y aurait plus de laboratoire vétérinaire en mesure de réaliser des autopsies et des analyses sur les cadavres de la faune sauvage en Île-de-France », confirme l’Office français de la biodiversité. Pour ses prérogatives touchant à la « santé de la faune sauvage et à certaines missions de police judiciaire », ses agents « devraient effectuer des déplacements plus longs pour déposer les cadavres, voire assister aux autopsies, aux laboratoires vétérinaires des départements périphériques comme Troyes pour l’est de l’Île-de-France ».
Contactés, les différents départements franciliens non-cotisants n’ont pas répondu à nos questions sur le sujet. La région Île-de-France précise que « face aux difficultés financières que rencontre le laboratoire, une subvention (d’un montant de 12 360 euros selon le LRSFS) sera votée en septembre ». Sollicitée, la préfecture de région n’a pas répondu à nos questions.

24/06/2024

2024-06-19  Île-de-France : le Laboratoire Régional de Suivi de la Faune Sauvage menacé de fermeture Unique laboratoire vétérinaire public d’Île-de-France, le Laboratoire Régional de Suivi de la Faune Sauvage (LRSFS) est en première ligne pour la détection d’épidémies d’origine ani...

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14/06/2024

a Covid a tué 110.000 personnes et coûté 140 milliards d’Euros à la France. Mais les autorités n’ont pas retenu la leçon :

A l’heure où je vous parle, l’Etat et les collectivités territoriales s’apprêtent à laisser couler le seul laboratoire vétérinaire d’Île de France chargé de la prévention des zoonoses, c’est à dire des épidémies d’origine animale transmissibles à l’homme. Les autorités se renvoient la b***e à grand renfort de langue de bois, en arguant que cela ne fait pas partie de leurs compétences.

Et cette situation me désole : Je dirige ce laboratoire et suite à une baisse drastique de nos subventions, nous allons devoir fermer d’ici 2 mois. Dans l’indifférence la plus générale.

Aujourd’hui, je tire la sonnette d’alarme, car au-delà de ma situation, cet abandon est symptomatique de la manière dont sont gérées les politiques sanitaires dans notre pays : on rogne les crédits pour la prévention et la surveillance, on fait des économies de bouts de chandelle au nom de la rigueur budgétaire.

Pourtant, les chiffres sont alarmants :

60% des maladies infectieuses humaines sont d’origine animale.

60% des nouvelles maladies sont également d’origine animale.

Et les spécialistes, Jean-François Delfraissy en tête, sont formels : il y aura très probablement de nouvelles crises à court et moyen terme.

N’avons donc rien appris ?

Aujourd’hui nous sommes à la recherche dans un premier temps de 20.000 euros pour ne pas fermer le laboratoire d’ici la fin du mois. Grâce à la générosité de nombreux donateurs, nous avons déjà réuni près de 3000 euros. C’est déjà énorme et je remercie toutes celles et ceux qui nous ont soutenu. Mais cela ne suffira pas.

En attendant de pouvoir convaincre les financeurs de s’engager à la hauteur de l’importance de notre mission et de son caractère vital pour les 12 millions d’habitants de l’Île de France, vous pouvez vous aussi nous soutenir :

1. En likant, commentant et en partageant ce post
2. En faisant un don. Même si ce n’est pas votre rôle, vous pouvez nous aider à réunir les 20.000 euros manquants en attendant de sécuriser l’engagement de nos financeurs à long terme. Ce don est déductible à 66%, grâce à notre partenaire Alertes.me, une association qui soutient les causes comme la nôtre

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Je vais devoir quitter la vocation à laquelle j’ai consacré toute ma vie professionnelle. Pourtant, mon laboratoire assu...
13/06/2024

Je vais devoir quitter la vocation à laquelle j’ai consacré toute ma vie professionnelle. Pourtant, mon laboratoire assure une mission sanitaire essentielle :

Nous sommes chargés, au sein du Laboratoire Régional de Suivi de la Faune Sauvage d’Île-de-France -le LRSFS-, d’assurer un travail de veille et de prévention des maladies pour la faune en général mais aussi des zoonoses, c’est à dire des épidémies d’origine animale transmissibles à l’homme (j’imagine que depuis le Covid cela vous dit quelque chose).

Notre mission permet donc de protéger plus de 12 millions de franciliens !

L’an dernier par exemple, nous avons détecté une cinquantaine de cas de grippe aviaire parmi une vingtaine d’espèces d’oiseaux. Et nous alertons fréquemment sur d’autres maladies contagieuses, voire mortelles pour l’homme (leptospirose et echinococcose).

Mais au fil des années, les subventions publiques qui permettaient à notre laboratoire d’assurer cette mission vitale ont été réduites. A tel point que nous allons devoir cesser nos prélèvements et nos analyses sur la faune sauvage d’ici 2 mois.

Malgré l’urgence de la situation, c’est un silence radio du côté de nos financeurs : ni l’Etat ni les collectivités -à l’exception des départements de l’Essonne et de la Seine-Saint-Denis- n’ont répondu à nos courriers.
Nous avons interpellé les médias, nous avons obtenu la signature d’un appel par des personnalités du monde scientifique et politique, mais rien n’a bougé.

Si nous ne réunissons pas 20.000€ dans l’urgence, le laboratoire va devoir fermer ses portes d’ici 2 mois. Nous ne pourrons plus alors alerter en cas de risque sanitaire.

Dans un contexte où 60% des maladies infectieuses sont d’origine animale, c’est faire courir un risque intolérable à la population francilienne.

J’écris cette publication en tant que directeur du laboratoire mais aussi en tant que citoyen et en désespoir de cause, pour alerter une fois de plus nos autorités de tutelle. Car j’ai le sentiment que nous avons été abandonnés.

Or, il me semble que les décideurs politiques ont la responsabilité et l’obligation morale de protéger leurs concitoyens et de mettre les moyens nécessaires pour y parvenir. La question n’est plus de savoir s’il y aura de nouvelles crises sanitaires liées aux maladies animales, mais quand elles se produiront.

Je vous remercie pour votre soutien, sur ce réseau ou ailleurs. C’est notre dernière chance, dans 2 mois il sera trop t**d.

PS : Je sais bien que ce n’est pas votre rôle, mais en attendant de sécuriser l’engagement de nos financeurs à long terme, vous pouvez si vous le souhaitez faire un don pour participer à la collecte des 20.000 euros manquants dans l’urgence. Ce don est déductible à 66%, grâce à notre partenaire Alertes.me, une association qui soutient les causes comme la nôtre. Pour nous aider et participer à la collecte vous pouvez utiliser le lien ci-dessous. Un grand merci.

👉 https://bit.ly/3V4muS4

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16/05/2024

Le LRSFS est en danger.
La crise sanitaire du COVID-19 nous l’a rappelé brutalement : nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la surveillance des zoonoses, et plus généralement des épidémies sanitaires.
Ces maladies animales qui se transmettent à l’homme représentent un risque majeur pour la population.
« 60% des maladies infectieuses actuelles chez l’humain sont des zoonoses. On ne peut pas traiter la santé humaine sans se préoccuper de la santé animale et vice versa ».
Gilles Salvat — Directeur scientifique de la santé et du bien-être animal à l’ANSES
Le Laboratoire Régional de Suivi de la Faune Sauvage (LRSFS), unique laboratoire vétérinaire public en Ile-de-France, est un acteur essentiel de l’épidémiosurveillance et remplie ainsi une mission d’intérêt général et de santé publique.
Créé en 2009 à l’initiative des pouvoirs publics (état et collectivités territoriales) le LRSFS ne vit que grâce aux cotisations et subventions de ces organismes… qui ont diminués au fil des années.
Aujourd’hui le LRSFS est en danger.
Si aucun financement n’arrive d’ici quelques semaines, le laboratoire devra fermer ses portes à la fin du mois de juin 2024.
En effet, après avoir alerté sur sa situation aux autorités et dans les médias ces derniers mois, l’association arrive maintenant au bout de sa trésorerie.
Faute de financements, après cette date : les animaux ne seront plus examinés, les analyses ne seront pas faites,… et aucune alerte lancée en cas de risque sanitaire !
En quelques chiffres, en 2023 le LRSFS c’est :
153 autopsies (de 29 espèces) 90 recherches de grippe aviaire (56 positifs)
154 analyses post-autopsies
Et tous les départements de la région sont bénéficiaires des services du LRSFS !
Le LRSFS se charge également de :
> Examens bactériologiques, parasitologiques et mycologiques
> Diagnostic des maladies des abeilles et du couvain
> Diagnostic des maladies des poissons
> Alimentation du réseau SAGIR
> Formations et participation à des colloques
> Conduite de recherches scientifiques
> Rédaction de protocoles et manuels de laboratoire
> Rédaction de publications scientifiques
Le LRSFS est en danger, mais ils ne bougent pas !
L’intérêt des responsables politiques pour les zoonoses semble diminuer alors que la menace ne cesse d’augmenter !
Les départements les plus riches de l’Ile-de-France (92, 94 et 78) ne participent pas au financement du LRSFS alors qu’ils profitent des travaux du laboratoire. Alors même que la Loi 3DS de 2022 confie aux départements la mission de la surveillance de la sécurité sanitaire et la santé animale.
Aucune réponse des départements aux courriers envoyés (mis à part l’Essonne) alertant sur les difficultés économiques du LRSFS.

Si le LRSFS fermait :
> Les 12 millions de personnes de la région parisienne seraient en danger sanitaire
> L’Île-de-France deviendrait alors la seule région du pays sans le moindre vétérinaire en charge de l’épidémiosurveillance de la faune sauvage et domestique.
Est-ce vraiment raisonnable ?

Nous, soutiens du LRSFS, nous appelons :
• Monsieur Marc Guillaume, Préfet de la région Ile-de-France à intervenir à court-terme pour accorder une aide exceptionnelle au LRSFS.
• Les collectivités locales (départements et communes) à s’engager durablement dans le financement du laboratoire.

Le LRSFS rempli une mission de service public. Sauvons le LRSFS !

Bondy, le 16 mai 2024

Adresse

32 Avenue Henri Varagnat/IRD
Bondy
93140

Heures d'ouverture

Lundi 10:00 - 18:00
Mardi 10:00 - 18:00
Mercredi 10:00 - 18:00
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Vendredi 09:00 - 17:00

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