Patrimoine et Histoire en Loir et Cher

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Le Comité départemental du patrimoine et de l’archéologie en Loir-et-Cher (CDPA 41) répertorie et étudie les patrimoines du Loir-et-Cher et sensibilise le grand public.

📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗛𝗘𝗥𝗕𝗔𝗨𝗟𝗧 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙 - 𝗠𝗢𝗡𝗧𝗥𝗜𝗖𝗔𝗛𝗥𝗗 - 𝗕𝗜𝗡𝗔𝗦...👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 3/4👉🏻...
21/10/2026

📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...
𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗛𝗘𝗥𝗕𝗔𝗨𝗟𝗧 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙 - 𝗠𝗢𝗡𝗧𝗥𝗜𝗖𝗔𝗛𝗥𝗗 - 𝗕𝗜𝗡𝗔𝗦...
👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 3/4
👉🏻 𝗗𝗲́𝗰𝗿𝘆𝗽𝘁𝗮𝗴𝗲 (suite)
𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗳𝗮𝗻𝘁𝗮𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 (ou chasse sauvage) - L’origine de ces chasses sauvages s’enracine dans le panthéon germanique, avec une armée de défunts (ou de créatures imaginaires : elfes, fées, fantômes…) menée par le roi Odin (ou Wotan selon les traditions). Ses thèmes principaux se sont agrégés aux folklores populaires avec la christianisation. Les entendre est un présage funeste et annonce en général une mort prochaine. Le thème existe dans toutes les régions françaises, au nord comme au sud et à l’ouest comme à l’est.

En Loir-et-Cher cohabitent différents récits de chasses sauvages, parfois identiques à celle du comte Thibaud, parfois en partie seulement.
La Chasse d’𝗛𝗲𝗿𝗯𝗮𝘂𝗹𝘁 (appelée aussi « Chasse-Marée ») : un seigneur d’Herbault, passionné de chasse à courre, au caractère violent et belliqueux, aurait commis un crime épouvantable en tuant un prêtre sur l’autel d’un coup d’arquebuse, forfait pour lequel il a été condamné par les mannes célestes à errer pour l’éternité avec ses équipages, ses cors et ses meutes, de Château-Renault (37) à 𝗟𝗮𝘃𝗮𝗿𝗱𝗶𝗻 et de 𝗩𝗲𝗻𝗱𝗼̂𝗺𝗲 à 𝗕𝘂𝗿𝘆 (encore). On la retrouve aussi à 𝗠𝗲𝘀𝗹𝗮𝗻𝗱, à 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗲𝗮𝘂𝘅 et à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻.

La Chasse Briquet : chasse infernale très répandue sur les bords du Cher qui touchent au Berry, notamment à 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗔𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻 et 𝗟𝗮𝘀𝘀𝗮𝘆-𝘀𝘂𝗿-𝗖𝗿𝗼𝗶𝘀𝗻𝗲.

À 𝗕𝗶𝗻𝗮𝘀, un seigneur de Menainville, après avoir tué le curé de la paroisse sur les marches de l’autel pour avoir commencé la messe sans lui, est condamné à conduire éternellement la chasse infernale.

À 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗰𝗵𝗮𝗿𝗱, dans les souterrains du vieux château, se cacherait le roi Ugon. Accompagné d’esprits malfaisants et d’un loup-garou, ce roi maudit tue et emporte dans son repaire tous ceux qui ont l’imprudence de sortir la nuit dans les rues de la ville.

La chasse à Ribaud : Ribaud peut être une déformation de Thibaud. On entendrait par les froides nuits d’hiver cette chasse sauvage aboyer dans le ciel au-dessus de 𝗖𝗵𝗮𝘂𝗺𝗼𝗻𝘁-𝘀𝘂𝗿-𝗧𝗵𝗮𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲 et 𝗠𝗮𝗿𝗮𝘆.

Enfin, à 𝗖𝗼𝘂𝘁𝘂𝗿𝗲-𝘀𝘂𝗿-𝗟𝗼𝗶𝗿, Ronsard évoque dans un de ses hymnes la chasse sauvage qu’il aurait croisée une nuit :
𝘜𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳, 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘮𝘪𝘯𝘶𝘪𝘵, 𝘨𝘶𝘪𝘥𝘦́ 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘢 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦𝘴𝘴𝘦
𝘘𝘶𝘪 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘢𝘯𝘥𝘦 𝘢𝘶𝘹 𝘢𝘮𝘢𝘯𝘵𝘴, 𝘫’𝘢𝘭𝘭𝘰𝘪𝘴 𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘮𝘢 𝘮𝘢𝘪𝘴𝘵𝘳𝘦𝘴𝘴𝘦
𝘛𝘰𝘶𝘵 𝘴𝘦𝘶𝘭 𝘰𝘶𝘵𝘳𝘦 𝘭𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳, 𝘦𝘵 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯 𝘥𝘦𝘴𝘵𝘰𝘶𝘳
𝘑𝘰𝘪𝘨𝘯𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥’𝘤𝘳𝘰𝘪𝘹, 𝘥𝘦𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘶𝘯 𝘤𝘢𝘳𝘳𝘦𝘧𝘰𝘶𝘳,
𝘑’𝘰𝘶̈𝘺, 𝘤𝘦 𝘮𝘦 𝘴𝘦𝘮𝘣𝘭𝘰𝘪𝘵, 𝘶𝘯𝘦 𝘢𝘣𝘰𝘺𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘴𝘴𝘦
𝘋𝘦 𝘤𝘩𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘮𝘦 𝘴𝘶𝘪𝘷𝘰𝘪𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘢̀ 𝘱𝘢𝘴 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘵𝘳𝘢𝘤𝘦 ;
𝘑𝘦 𝘷𝘺 𝘢𝘶𝘱𝘳𝘦̀𝘴 𝘥𝘦 𝘮𝘰𝘪 𝘴𝘶𝘳 𝘶𝘯 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥 𝘤𝘩𝘦𝘷𝘢𝘭 𝘯𝘰𝘪𝘳
𝘜𝘯 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘯’𝘢𝘷𝘰𝘪𝘵 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘰̂𝘴 𝘢̀ 𝘭𝘦 𝘷𝘰𝘪𝘳,
𝘔𝘦 𝘵𝘦𝘯𝘥𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘪𝘯 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘮𝘦 𝘮𝘰𝘯𝘵𝘦𝘳 𝘦𝘯 𝘤𝘳𝘰𝘱𝘦 ;
𝘑’𝘢𝘥𝘷𝘺𝘴𝘢𝘪 𝘵𝘰𝘶𝘵-𝘢𝘶𝘵𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘦𝘧𝘧𝘳𝘰𝘺𝘢𝘣𝘭𝘦 𝘵𝘳𝘰𝘱𝘦
𝘋𝘦 𝘱𝘪𝘤𝘲𝘶𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘤𝘰𝘶𝘳𝘰𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘰𝘮𝘣𝘳𝘦, 𝘲𝘶𝘪 𝘣𝘪𝘦𝘯 𝘧𝘰𝘳𝘵
𝘚𝘦𝘮𝘣𝘭𝘰𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘶𝘴𝘶𝘳𝘪𝘦𝘳 𝘲𝘶𝘪 𝘯𝘢𝘨𝘶𝘪𝘦𝘳𝘦 𝘦𝘴𝘵𝘰𝘪𝘵 𝘮𝘰𝘳𝘵,
𝘘𝘶𝘦 𝘭𝘦 𝘱𝘦𝘶𝘱𝘭𝘦 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘰𝘪𝘵, 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘴𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘮𝘦𝘴𝘤𝘩𝘢𝘯𝘵𝘦,
𝘌𝘴𝘵𝘳𝘦 𝘱𝘶𝘯𝘪 𝘭𝘢̀-𝘣𝘢𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘢𝘪𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘙𝘩𝘢𝘥𝘢𝘮𝘢𝘯𝘵𝘦 […].

Rhadamante n’est autre que le juge des enfers de la mythologie grecque qui se retrouve là associé à la mythologie populaire, elle-même influencée par la mythologie germanique.

Malgré sa cotte de maille, le poète prend peur, tire son épée et pourfend l’air autour de lui. Aussitôt, les fantômes disparaissent.

À suivre...

L. V.

🗄️ Sources :
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, Jacques Cartraud, 1981.
- 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 𝘶𝘯 𝘤𝘩𝘢̂𝘵𝘦𝘢𝘶 𝘦𝘯 𝘭’𝘢𝘯 𝘔𝘪𝘭, Élisabeth Latrémollière, 2000.
- 𝘏𝘶𝘨𝘶𝘦𝘴 𝘊𝘢𝘱𝘦𝘵 𝘭𝘦 𝘧𝘰𝘯𝘥𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳, Georges Bordonove, 2004.
- 𝘜𝘯𝘦 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘉𝘦𝘢𝘶𝘤𝘦, vol. 1, Michel Aubouin, 1995.
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘵𝘳𝘢𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦, Aimé Michel et Jean-Paul Clébert, 1979.
- 𝘓𝘦 𝘔𝘰𝘺𝘦𝘯-𝘈̂𝘨𝘦, Georges Duby, 2011.
- "Notes historiques sur le château de Bury", Naudin, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1836.
- 𝘏𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘢𝘨𝘦, 𝘔𝘰𝘭𝘪𝘯𝘦𝘶𝘧, Jean Mornet, 1968.
- "Thibaud le Tricheur", Frédéric Lesueur, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1963.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘊𝘰𝘮𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 830-1524, d’après les travaux de Raoul de Warren, 1971, édition revue et augmentée en 2017, Cercle Généalogique de Loir-et-Cher.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘋𝘢𝘪𝘮𝘰𝘯𝘴, 𝘝𝘦𝘳𝘴 𝘩𝘦́𝘳𝘰𝘪̈𝘲𝘶𝘦𝘴, Pierre de Ronsard, premier livre des Hymnes, Hymne VII à Lancelot Carle, évêque de Riez, dans l’édition originale de 1555.

📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙 - 𝗖𝗛𝗔𝗠𝗕𝗢𝗥𝗗👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 2/4👉🏻  𝗗𝗲́𝗰𝗿𝘆𝗽𝘁𝗮𝗴𝗲 (suite)𝗧𝗵𝗶𝗯...
17/10/2026

📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...
𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙 - 𝗖𝗛𝗔𝗠𝗕𝗢𝗥𝗗
👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 2/4

👉🏻 𝗗𝗲́𝗰𝗿𝘆𝗽𝘁𝗮𝗴𝗲 (suite)
𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 𝗜𝗲𝗿, 𝗱𝗶𝘁 𝗟𝗲 𝗧𝗿𝗶𝗰𝗵𝗲𝘂𝗿 - Né vers 910, décédé entre 975 et 978. Vassal du duc Hugues le Grand, il consolide ses fiefs et s’impose en tant que puissance politique. Aux alentours de 945, Hugues le Grand lui inféode le comté de Blois. Après un conflit avec le chef de la principauté normande Richard Ier, Thibaud s’éloigne des Capétiens pour se ranger aux côtés Lothaire, l’avant-dernier roi carolingien. Ce revirement est peut-être à l’origine de son surnom, qui n’apparaît que dans les années 1020, sous la plume du moine Raoul Glaber (985-1047), hostile aux comtes de Blois, plusieurs décennies après la mort de Thibaud Ier. Cette dénomination peu flatteuse est ensuite reprise à l’envi par tous les rivaux des comtes de Blois. À Thibaud Ier succèdent Eudes Ier, puis Thibaud II qui s’opposent à une autre puissance locale, les comtes d’Anjou, notamment Foulques Nerra.
A-t-il été, comme le rapporte la légende, un personnage cruel, fourbe et sanguinaire ? Au Xe siècle, les grands dignitaires du royaume ne s’encombrent guère d’humanisme. En dépit de leur foi chrétienne, ils sont tous, sans exception, des oiseaux de proie impitoyables, d’envergures différentes, mais avec un fond semblable. La guerre étant leur métier, la ruse et la violence prédominent en eux. Cette brutalité, alternant avec une piété aussi profonde que complexe, est dans l’ordre des choses. Thibaud Ier ne diffère donc pas de ses contemporains.

𝗕𝘂𝗿𝘆 - Les ruines actuelles du château de 𝗕𝘂𝗿𝘆, dans la commune de 𝗠𝗼𝗹𝗶𝗻𝗲𝘂𝗳, sont celles du château édifié au XVIe siècle (1515-1525) par Florimond Robertet, grand argentier du roi Louis XII. Cet édifice succédait à une « forteresse » (l’emplacement est idéal) érigée vers 1044 par Thibaud III dans le contexte des guerres continuelles entre les comtes de Blois et d’Anjou. Les seigneurs Burel de Buracio occupent ce fort (sans doute avec des modifications et des reconstructions) de 1124 environ jusqu’au début du XIVe siècle, puis d’autres familles jusqu’au milieu du XVe siècle. Les lieux auraient été ravagés par les Anglais durant la guerre de Cent Ans (ils occupent en effet le site de 1356 à 1365), puis abandonnés avant d’être achetés par Florimond Robertet en 1511. 𝗕𝘂𝗿𝘆 et son site fortifié sont donc très postérieurs à Thibaud le Tricheur…

𝗖𝗵𝗮𝗺𝗯𝗼𝗿𝗱 - 𝗖𝗵𝗮𝗺𝗯𝗼𝗿𝗱 dérive du terme gaulois « cambo-rito » (le passage sur la courbe), en référence au Cosson et à la courbe qu’il décrit à cet endroit. La commune partage une étymologie similaire à celle de 𝗖𝗵𝗮𝗺𝗯𝗼𝗻 (de « cambo », la courbe), sur la rivière de la Cisse. Le village serait déjà mentionné à l’époque romaine. Il figure en tout cas dans le testament d’Hugues II de Blois-Châtillon, en 1307, dans lequel il indique qu’un pont a été construit sur la rivière.

Jusqu’à l’érection de la paroisse en 1666, tout le domaine de 𝗖𝗵𝗮𝗺𝗯𝗼𝗿𝗱, parc compris, se répartit entre les paroisses de 𝗛𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲𝗮𝘂-𝘀𝘂𝗿-𝗖𝗼𝘀𝘀𝗼𝗻, 𝗕𝗿𝗮𝗰𝗶𝗲𝘂𝘅, 𝗧𝗵𝗼𝘂𝗿𝘆, 𝗠𝘂𝗶𝗱𝗲𝘀-𝘀𝘂𝗿-𝗟𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗗𝘆𝗲́-𝘀𝘂𝗿-𝗟𝗼𝗶𝗿𝗲. Il n’existait donc pas d’église à 𝗖𝗵𝗮𝗺𝗯𝗼𝗿𝗱 avant cette date. Le château actuel a été construit à l’emplacement d’un château médiéval qui daterait du Xe siècle, à une lieue d’une autre forteresse, 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗳𝗿𝗮𝘂𝗹𝘁, située dans la partie sud-est du parc (il n’en reste que quelques ruines). Il est toutefois très douteux que ces deux édifices aient été édifiés sous Thibaud le Tricheur. En effet, Foulques Nerra est l’initiateur du premier donjon en pierre, à Langeais (37), vers 994. Or, à l’époque où Thibaud a rendu son dernier soupir, Foulques n’était encore qu’un gamin…

À suivre...

L. V.

Merci à Alexis Durand.

🗄️ Sources :
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, Jacques Cartraud, 1981.
- 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 𝘶𝘯 𝘤𝘩𝘢̂𝘵𝘦𝘢𝘶 𝘦𝘯 𝘭’𝘢𝘯 𝘔𝘪𝘭, Élisabeth Latrémollière, 2000.
- 𝘏𝘶𝘨𝘶𝘦𝘴 𝘊𝘢𝘱𝘦𝘵 𝘭𝘦 𝘧𝘰𝘯𝘥𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳, Georges Bordonove, 2004.
- 𝘜𝘯𝘦 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘉𝘦𝘢𝘶𝘤𝘦, vol. 1, Michel Aubouin, 1995.
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘵𝘳𝘢𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦, Aimé Michel et Jean-Paul Clébert, 1979.
- 𝘓𝘦 𝘔𝘰𝘺𝘦𝘯-𝘈̂𝘨𝘦, Georges Duby, 2011.
- "Notes historiques sur le château de Bury", Naudin, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1836.
- 𝘏𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘢𝘨𝘦, 𝘔𝘰𝘭𝘪𝘯𝘦𝘶𝘧, Jean Mornet, 1968.
- "Thibaud le Tricheur", Frédéric Lesueur, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1963.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘊𝘰𝘮𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 830-1524, d’après les travaux de Raoul de Warren, 1971, édition revue et augmentée en 2017, Cercle Généalogique de Loir-et-Cher.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘋𝘢𝘪𝘮𝘰𝘯𝘴, 𝘝𝘦𝘳𝘴 𝘩𝘦́𝘳𝘰𝘪̈𝘲𝘶𝘦𝘴, Pierre de Ronsard, premier livre des Hymnes, Hymne VII à Lancelot Carle, évêque de Riez, dans l’édition originale de 1555.

📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 1/4👉🏻 𝗟𝗮 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲Aux IXe et Xe siècles, l...
14/10/2026

📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...
𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙
👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 1/4
👉🏻 𝗟𝗮 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲
Aux IXe et Xe siècles, les Vikings ravagent la vallée de la Loire. À cette époque arrive dans le Blésois l’un de ces 𝘯𝘰𝘳𝘵𝘩𝘮𝘦𝘯, prénommé Thibaud, sorte de diable vivant qui, par son mariage, se proclame vicomte de Tours. Il a un fils, également prénommé Thibaud, qui lui succède vers 920. « Passavant li meillor », telle est sa devise. Il se fait construire un château aux environs de 𝗕𝗹𝗼𝗶𝘀, à 𝗕𝘂𝗿𝘆, d’où il lance ses expéditions guerrières.
Surnommé le Tricheur par ses contemporains, le comte Thibaud a laissé le souvenir d’un homme brutal et malfaisant, ne se plaisant qu’à chasser sur ses terres de Sologne au milieu de ses meutes féroces qui ne se contentaient pas de courir le cerf mais aussi le serf… Hirsute, crasseux, fourbu, le comte campait le soir dans un pavillon de chasse près d’un petit village appelé « champ-bord ». Quand il arrivait, la population se sauvait à toutes jambes.

Étant en re**rd à la messe à laquelle il avait coutume d’assister avant de partir à la chasse, Thibaud manifesta son mécontentement de n’avoir pas été attendu en tuant le prêtre sur l’autel. Ce crime effroyable, ajouté à une longue série d’ignominies, déclencha les foudres célestes. Ainsi le comte Thibaud fut-il condamné à errer pour l’éternité, la nuit, dans les bois, avec ses compagnons de beuverie, chassant toujours le même cerf sans jamais pouvoir l’atteindre. Selon la légende, on peut encore entendre, pendant les nuits d’automne, un grand fracas d’hommes et de chevaux, de chiens et de cors, la chasse à Thibaud, à travers le ciel tourmenté. Cette troupe maudite court à travers bois jusqu’aux ruines de 𝗕𝘂𝗿𝘆 et, après une halte, retourne ensuite à 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗳𝗿𝗮𝘂𝗹𝘁.

👉🏻 𝗗𝗲́𝗰𝗿𝘆𝗽𝘁𝗮𝗴𝗲
𝗟𝗲𝘀 𝗡𝗼𝗿𝗺𝗮𝗻𝗱𝘀 - Les Vikings ont lancé des raids le long de la Loire au cours du IXe siècle, au moins jusqu’à Orléans. 𝗕𝗹𝗼𝗶𝘀 n’a pas échappé à leur rapacité, notamment en 854 et 857. Ces assauts s’amenuisent au cours du Xe siècle, après le traité de Saint-Clair-sur-Epte (923), par lequel Charles le Simple cède aux hommes du nord ce qui deviendra la Normandie. Des bandes de pillards scandinaves continuent cependant leurs rapines après cette date dans la Bretagne et le Poitou. Les comtés de 𝗕𝗹𝗼𝗶𝘀 et Chartres sont ravagés une dernière fois vers 1015.

𝗟𝗲𝘀 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱𝗶𝗲𝗻𝘀 - Contrairement à ce qu’affirme la légende, la première maison de 𝗕𝗹𝗼𝗶𝘀 n’a pas de lien avec les Vikings (Thibaud n’est pas un nom scandinave mais germanique). Cette version a vu le jour dans des chroniques largement postérieures à Thibaud Ier, afin de remettre en cause sa légitimité. Ses ascendances le rattacheraient plutôt à l’aristocratie franque, donc aux familles germaniques dont sont issus les Carolingiens et les Robertiens. L’épouse de Thibaud Ier, Liutgarde de Vermandois, fille d’Herbert II et nièce d’Hugues le Grand, achève de lier définitivement les Thibaudiens aux Capétiens (descendants des Robertiens).

À suivre...

L. V.

🗄️ Sources :
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, Jacques Cartraud, 1981.
- 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 𝘶𝘯 𝘤𝘩𝘢̂𝘵𝘦𝘢𝘶 𝘦𝘯 𝘭’𝘢𝘯 𝘔𝘪𝘭, Élisabeth Latrémollière, 2000.
- 𝘏𝘶𝘨𝘶𝘦𝘴 𝘊𝘢𝘱𝘦𝘵 𝘭𝘦 𝘧𝘰𝘯𝘥𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳, Georges Bordonove, 2004.
- 𝘜𝘯𝘦 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘉𝘦𝘢𝘶𝘤𝘦, vol. 1, Michel Aubouin, 1995.
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘵𝘳𝘢𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦, Aimé Michel et Jean-Paul Clébert, 1979.
- 𝘓𝘦 𝘔𝘰𝘺𝘦𝘯-𝘈̂𝘨𝘦, Georges Duby, 2011.
- "Notes historiques sur le château de Bury", Naudin, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1836.
- 𝘏𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘢𝘨𝘦, 𝘔𝘰𝘭𝘪𝘯𝘦𝘶𝘧, Jean Mornet, 1968.
- "Thibaud le Tricheur", Frédéric Lesueur, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1963.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘊𝘰𝘮𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 830-1524, d’après les travaux de Raoul de Warren, 1971, édition revue et augmentée en 2017, Cercle Généalogique de Loir-et-Cher.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘋𝘢𝘪𝘮𝘰𝘯𝘴, 𝘝𝘦𝘳𝘴 𝘩𝘦́𝘳𝘰𝘪̈𝘲𝘶𝘦𝘴, Pierre de Ronsard, premier livre des Hymnes, Hymne VII à Lancelot Carle, évêque de Riez, dans l’édition originale de 1555 👉🏻 https://resources.warburg.sas.ac.uk/pdf/ebh590b2455282E.pdf, consulté le 14/09/2026, School of Advanced Study, University of London).

11/10/2026

Et voilà, les Rendez-vous de l’histoire 2026 tirent déjà leur révérence ! ✨

Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont fait vivre cette 29ᵉ édition : festivalier·ères, intervenant·es, bénévoles, partenaires et équipes mobilisées. Grâce à vous, ces quelques jours ont été riches en rencontres, en découvertes et en échanges passionnants autour du thème des Marchands.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! 👀

On vous donne rendez-vous en 2027 pour une édition toute particulière : la 30ᵉ édition des Rendez-vous de l’histoire, autour d’un nouveau thème : « La Jeunesse ».

Ville de Blois Région Centre-Val de Loire regioncentre_valdeloire culture_gouv Ministère de la Culture education_gouv

👤 𝗣𝗲𝗼𝗽𝗹𝗲 : 𝗶𝗹𝗹𝘂𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗻𝗻𝘂𝘀 𝗱𝘂 𝗟𝗼𝗶𝗿-𝗲𝘁-𝗖𝗵𝗲𝗿𝗩𝗜𝗟𝗟𝗜𝗘𝗥𝗦-𝗦𝗨𝗥-𝗟𝗢𝗜𝗥 / 𝗣𝗔𝗥𝗜𝗦🎭 𝗔𝗻𝗻𝗲 𝗕𝗢𝗡𝗡𝗔𝗥𝗗-𝗗𝗘𝗠𝗘𝗥𝗦𝗢𝗡 : 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗲́𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮...
07/10/2026

👤 𝗣𝗲𝗼𝗽𝗹𝗲 : 𝗶𝗹𝗹𝘂𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗻𝗻𝘂𝘀 𝗱𝘂 𝗟𝗼𝗶𝗿-𝗲𝘁-𝗖𝗵𝗲𝗿
𝗩𝗜𝗟𝗟𝗜𝗘𝗥𝗦-𝗦𝗨𝗥-𝗟𝗢𝗜𝗥 / 𝗣𝗔𝗥𝗜𝗦
🎭 𝗔𝗻𝗻𝗲 𝗕𝗢𝗡𝗡𝗔𝗥𝗗-𝗗𝗘𝗠𝗘𝗥𝗦𝗢𝗡 : 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗲́𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗖𝗼𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗲-𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗮̀ 𝗩𝗶𝗹𝗹𝗶𝗲𝗿𝘀-𝘀𝘂𝗿-𝗟𝗼𝗶𝗿 !

👉🏻 Née en 1786 en Haute-Marne, elle est l’une des nombreux enfants du couple Demerson-Guyot. Elle est recueillie par sa tante au décès de ses parents, elle s’intéresse à la lecture et au théâtre. Elle connait le succès dans l’opéra-comique et le vaudeville en province, puis elle arrive à Paris et débute, après avoir remporté le premier prix de comédie, au Théâtre-Français en 1810 dans la pièce 𝘭𝘦 𝘑𝘰𝘶𝘦𝘶𝘳 interprétant Nérine et dans 𝘭𝘦 𝘔𝘢𝘭𝘢𝘥𝘦 𝘪𝘮𝘢𝘨𝘪𝘯𝘢𝘪𝘳𝘦 dans le rôle de Toinette.

👉🏻 Admise à la Comédie-Française, elle devient la 226e sociétaire en 1813. Elle joue le rôle de soubrettes et de travestis. Elle crée de nombreux rôles comme dans 𝘭𝘦 𝘔𝘢𝘳𝘪 𝘦𝘵 𝘭’𝘈𝘮𝘢𝘯𝘵, 𝘭’𝘏𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘢𝘶𝘹 𝘴𝘤𝘳𝘶𝘱𝘶𝘭𝘦𝘴, 𝘭𝘢 𝘗𝘳𝘪𝘯𝘤𝘦𝘴𝘴𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘜𝘳𝘴𝘪𝘯𝘴, 𝘭𝘦𝘴 𝘐𝘯𝘤𝘰𝘯𝘴𝘰𝘭𝘢𝘣𝘭𝘦𝘴…

👉🏻 Elle épouse en 1821, Guillaume Louis Bonnard, sous-intendant militaire, qui la ruine. Ils se séparent. Malgré une santé fragile, elle mène une brillante carrière. Elle joue, à la Comédie-Française, plus de quarante pièces entre 1810 et 1830, année où elle prend sa retraite et se retire à Villiers-sur-Loir dans une petite ferme, à la Berthelotière, entourée d’animaux domestiques. Elle a pour amie Marie-Madeleine Thuret-Godin, propriétaire de la maison de maître voisine. Anne Demerson en hérite à la mort de son amie en 1849. Elle vit modestement, cultive et élève du bétail.

👉🏻 Dévouée, elle s’implique dans la création d’associations de bienfaisance locales. En février 1851, elle remonte sur les planches à Vendôme dans le rôle de Toinette, du 𝘔𝘢𝘭𝘢𝘥𝘦 𝘪𝘮𝘢𝘨𝘪𝘯𝘢𝘪𝘳𝘦, afin de collecter de l’argent pour la création d’une société de secours mutuel pour les femmes à Vendôme.

👉🏻 Elle ne revient qu’une fois à Paris, en 1855, pour interpréter le rôle de Dorine dans 𝘛𝘢𝘳𝘵𝘶𝘧𝘧𝘦.

👉🏻 Elle s’éteint en novembre 1872 après une douloureuse maladie. Elle est enterrée au cimetière de Villiers. C’est le maire de Naveil et ami de la comédienne, Octave Dujardin-Beaumetz, qui prononce l’éloge funèbre.

A. M.

📓 Sources :
- 𝘋𝘪𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯𝘯𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘮𝘦́𝘥𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘧𝘳𝘢𝘯𝘤̧𝘢𝘪𝘴, 𝘤𝘦𝘶𝘹 𝘥'𝘩𝘪𝘦𝘳 : 𝘣𝘪𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘪𝘦, 𝘣𝘪𝘣𝘭𝘪𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘪𝘦, 𝘪𝘤𝘰𝘯𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘪𝘦..., Henry Lyonnet, T. 1. A-D, 1912, p. 500-501.
- Henri Mésange, « Anne Bonnard Demerson », in 𝘓𝘦 𝘉𝘢𝘴 𝘝𝘦𝘯𝘥𝘰̂𝘮𝘰𝘪𝘴, n°6, mai 1998, p. 43-47.
- Eugène Achille Lacroix de Vimeur de Rochambeau, « Bonnard (Madame) née Demerson », in 𝘉𝘪𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘪𝘦 𝘷𝘦𝘯𝘥𝘰̂𝘮𝘰𝘪𝘴𝘦, tome premier, Paris, 1884, p. 98-105.
- 𝘓𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳, dimanche 24 novembre 1872.

03/10/2026

📰 𝗔𝗰𝘁𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́…
𝗟𝗢𝗜𝗥-𝗘𝗧-𝗖𝗛𝗘𝗥 - 𝗩𝗜𝗟𝗟𝗘𝗛𝗘𝗥𝗩𝗜𝗘𝗥𝗦 - 𝗠𝗢𝗡𝗧𝗢𝗜𝗥𝗘
👉🏼 𝗨𝗻𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗲̀𝘁𝗲 𝗲𝗻 𝗟𝗼𝗶𝗿-𝗲𝘁-𝗖𝗵𝗲𝗿 𝗲𝗻 𝟭𝟲𝟭𝟴 par L. V.

https://youtu.be/VXBeHGH-W3k

📷 𝗟𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗖𝗗𝗣𝗔...𝗟𝗢𝗜𝗥-𝗘𝗧-𝗖𝗛𝗘𝗥👉🏼 Thématique du jour... 𝗚𝗿𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗮̂𝘁𝗲𝗮𝘂, 𝗴𝗿𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱’𝗵𝗼𝗻𝗻𝗲𝘂𝗿… 🏰👉🏼  La grille ...
30/09/2026

📷 𝗟𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗖𝗗𝗣𝗔...
𝗟𝗢𝗜𝗥-𝗘𝗧-𝗖𝗛𝗘𝗥
👉🏼 Thématique du jour... 𝗚𝗿𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗮̂𝘁𝗲𝗮𝘂, 𝗴𝗿𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱’𝗵𝗼𝗻𝗻𝗲𝘂𝗿… 🏰
👉🏼 La grille d’honneur, clôture en fer forgé ou en fonte, marque l’entrée principale d’un château, d’une vaste propriété. L’entrée de la propriété est ainsi mise en scène, mise en valeur.

👉🏼 La clôture est ajourée, ornée de motifs végétaux, de rosaces, de volutes en courbe et en contre-courbe (ex : 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗔𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻-𝘀𝘂𝗿-𝗖𝗵𝗲𝗿, 𝗠𝗲𝘀𝗹𝗮𝘆…).

👉🏼 Le couronnement au-dessus du passage peut être marqué par les initiales entrelacées des propriétaires. Ainsi, à titre d’exemples, nous pouvons citer… le A et le N à 𝗥𝗼𝗺𝗼𝗿𝗮𝗻𝘁𝗶𝗻 pour Antoine Normant, fondateur de la fabrique de draps de laine ; à 𝗦𝘂𝗲̀𝘃𝗿𝗲𝘀, la grille du château de Diziers avec le M pour la famille de Montlaur ; à 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗚𝗲𝗿𝘃𝗮𝗶𝘀-𝗹𝗮-𝗙𝗼𝗿𝗲̂𝘁, le fronton possède un B et un D pour les propriétaires Louis-Catherine Bergevin et son épouse, Mathilde Donnay…

👉🏼 Le couronnement peut également contenir le blason, les a***s de la famille (ex : château de Villetard à 𝗠𝗮𝘃𝗲𝘀 ou de Beauséjour à 𝗖𝗼𝘂𝗹𝗮𝗻𝗴𝗲𝘀…) et être surmonté d’une couronne comme au château de 𝗕𝗮𝗶𝗹𝗹𝗼𝘂 ou à Lierville à 𝗩𝗲𝗿𝗱𝗲𝘀.

📷 Le travail d’inventaire est loin d’être terminé, alors ouvrez l’œil et observez le patrimoine qui vous entoure... Vous souhaitez participer à l’enrichissement des connaissances patrimoniales du département, n’hésitez pas à nous envoyer une photo en lien avec la thématique du jour en précisant la commune et si possible l’adresse. Nous utiliserons votre/vos cliché(s) à bon escient.

A. M.

👤 𝗣𝗲𝗼𝗽𝗹𝗲 : 𝗶𝗹𝗹𝘂𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗻𝗻𝘂𝘀 𝗱𝘂 𝗟𝗼𝗶𝗿-𝗲𝘁-𝗖𝗵𝗲𝗿𝗖𝗥𝗨𝗖𝗛𝗘𝗥𝗔𝗬 – 𝗣𝗔𝗥𝗜𝗦 – 𝗡𝗢𝗨𝗩𝗘𝗟𝗟𝗘-𝗖𝗔𝗟𝗘́𝗗𝗢𝗡𝗜𝗘👨🏼 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗘𝗿𝗻𝗲𝘀𝘁 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗵𝗲𝗻𝗮𝘆, un comm...
26/09/2026

👤 𝗣𝗲𝗼𝗽𝗹𝗲 : 𝗶𝗹𝗹𝘂𝘀𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗻𝗻𝘂𝘀 𝗱𝘂 𝗟𝗼𝗶𝗿-𝗲𝘁-𝗖𝗵𝗲𝗿
𝗖𝗥𝗨𝗖𝗛𝗘𝗥𝗔𝗬 – 𝗣𝗔𝗥𝗜𝗦 – 𝗡𝗢𝗨𝗩𝗘𝗟𝗟𝗘-𝗖𝗔𝗟𝗘́𝗗𝗢𝗡𝗜𝗘
👨🏼 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗘𝗿𝗻𝗲𝘀𝘁 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗵𝗲𝗻𝗮𝘆, un communard du Loir-et-Cher
👉🏻 Jean Ernest Parthenay est né le 17 avril 1838 à 𝗖𝗿𝘂𝗰𝗵𝗲𝗿𝗮𝘆. Sa famille est implantée dans le secteur depuis la fin du XVIe siècle. Son père, cultivateur, et son frère cadet meurent tous les deux à quelques mois d’intervalle en 1841. Peu de temps après, sa mère se remarie avec un autre cultivateur de Crucheray.

👉🏻 Ébéniste de métier, Jean Ernest Parthenay est dispensé de service actif dans la Garde nationale pour cause d’infirmité, sans plus de précision. Il s’engage pleinement dans les mouvements de la Commune de Paris et adhère au Comité central des vingt arrondissements dès le début de l’année 1871. Membre de la délégation municipale du XIe arrondissement (où il réside), il collabore activement au club des Prolétaires, installé dans l’église Saint-Ambroise où il déclare, le 12 mai 1871, vouloir chasser « tous les marchands de religion ».

👉🏻 Il est arrêté à son domicile le 26 juillet 1871 comme homme « très exalté et très dangereux ». Aux membres du 14e conseil de guerre chargés de le juger, il déclare qu’ils sont « vermoulus dans votre stupide égoïsme, vous avez basé la loi sur la soif des jouissances, ne connaissant rien du travail ». Le 28 novembre 1871, il est condamné à la déportation simple en Nouvelle-Calédonie et à la dégradation civique. Le registre matricule du bagne précise qu’il a, par ses écrits, « excité à la haine et au mépris du gouvernement » et « à troubler la paix publique en excitant la haine ou le mépris des citoyens les uns contre les autres ». Il arrive à Nouméa début 1873, après avoir refusé de travailler à bord du navire de transport.

👉🏻 Le 1er mars 1874, il tente de s’évader mais, reconnu par un matelot du port, il est écroué au fort de Constantine et renvoyé à l’île des Pins, puis condamné à six mois d’emprisonnement par le premier conseil de guerre de Nouméa. Gracié le 31 mars 1879, il revient en France en novembre, sur le navire 𝘓𝘢 𝘓𝘰𝘪𝘳𝘦.

👉🏻 Il poursuit ses activités plus ou moins révolutionnaires à travers différents partis d’extrême-gauche. Mais les temps ont changé, le Second Empire est tombé et la IIIe République accorde plus de liberté à la contestation politique, sans emprisonner systématiquement tous ses opposants.

👉🏻 Jean Ernest Parthenay mène alors une vie des plus ordinaires. Il fonde même une famille et meurt à son domicile de Conflans-Sainte-Honorine (78) en 1914.

L. V.

🗄️ Sources :
- 𝘓𝘦 𝘔𝘢𝘪𝘵𝘳𝘰𝘯, dictionnaire biographique du mouvement social : https://maitron.fr/
- IREL, base de données des dossiers individuels de condamnés au bagne.

À la veille de la visite 🚶🏻🚶🏼🧍🏻‍♂️ que nous vous proposons avec le GELO et la mairie de Veuzain-sur-Loire à l’occasion d...
19/09/2026

À la veille de la visite 🚶🏻🚶🏼🧍🏻‍♂️ que nous vous proposons avec le GELO et la mairie de Veuzain-sur-Loire à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, voici une petite mise en bouche !

📅 Nous vous attendons nombreux demain à 14 h 00 devant la mairie d’Onzain pour la visite de la commune, les enfants ne sont pas oubliés, un jeu d’observation les attend 🃏 🔍.

🗄️ 𝗟𝗲𝘀 𝗽𝗲𝘁𝗶𝘁𝘀 𝘁𝗿𝗲́𝘀𝗼𝗿𝘀 𝗱𝘂 𝗖𝗗𝗣𝗔...
𝗢𝗡𝗭𝗔𝗜𝗡
👉🏼 𝗟𝗲 𝗽𝗲𝘁𝗶𝘁 𝘁𝗿𝗲́𝘀𝗼𝗿 𝗱𝘂 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗲𝘀𝘁… 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗵𝗼𝘁𝗼𝗴𝗿𝗮𝗽𝗵𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝟭𝟵𝟭𝟵 𝗮̀ 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻 📸 👰🏼🤵🏻.

👉🏻 Cette photo de mariage, un peu tachée et ayant pris la lumière, a surgi un jour des cartons d’archives familiales, avec une inscription laconique jetée au verso : Marcel Hémeret. En dessous de cette annotation au crayon figure le tampon de l’auteur de la photo : Gaston Piau – Photographe – 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻.

👉🏻 Une recherche a permis d’identifier qui était Marcel Hémeret, l’époux : il est né à 𝗛𝗲𝗿𝗯𝗮𝘂𝗹𝘁 le 10 janvier 1896 et ses mentions marginales précisent qu’il s’est marié deux fois.

👉🏻 Le 20 septembre 1919, à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻, il épouse Suzanne Louise Antoinette Dutertre. Voilà comment cette photo s’est retrouvée dans ma famille : cette femme était la cousine d’une arrière-grand-tante, Jeanne Joubert, dont nous avons hérité tous les papiers et photos.

👉🏻 Marcel Hémeret et sa femme résident à 𝗠𝗲𝘂𝘃𝗲𝘀. Ils ont deux filles : Jacqueline Simone Louise, née le 20 mars 1922, décédée à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻 en 2014, a priori célibataire et sans enfant ; et Gilberte Suzanne Marcelle, le 2 mars 1925, décédée à 𝗕𝗹𝗼𝗶𝘀 en 2017, a priori célibataire et sans enfant elle aussi. Suzanne Dutertre meurt jeune, à 32 ans, le 7 décembre 1930 à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻. Le veuf se remarie à 𝗕𝗹𝗼𝗶𝘀 en secondes noces le 27 janvier 1934 avec Jeanne Marie Fontenas.

👉🏻 Marcel Hémeret n’a pas vécu jusqu’à un âge avancé. Les mentions portées sur sa fiche matricule indiquent qu’il a été intoxiqué au gaz durant la Grande Guerre (il était maréchal des logis). Cet incident lui vaut un reclassement dans les services auxiliaires pour raison de « légère sclérose pulmonaire », puis « scléro-emphysème pulmonaire avec légère bronchite ». Son état se maintient jusqu’au milieu des années 1930, avant de se dégrader. En 1937, les examens concluent à une « tuberculose pulmonaire bactériologique ». Il meurt à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻 le 1er avril 1938, âgé de 42 ans.

👉🏻 En reconstituant la famille proche, nous avons pu mettre un nom sur la plupart des personnes de cette photo de mariage.

1 HÉMERET Marcel (1896-1938)
2 DUTERTRE Suzanne Louise Antoinette (1898-1930)
3 HÉMERET Édouard (1893-1980)
4 HÉMERET Jacques (1866-1924)
5 SOUPIZET Victoire Louise (1868-1945)
6 JOUBERT Louise Léonie Antoinette (1860-1933)
7 DUTERTRE Pierre (1858-1920)
8 DUTERTRE Marie Émilie Julie, dite Julia (1864-1920)
9 ?
10 PAVY Marie Augustine (1869-1933)
11 JOUBERT Joseph Théophile Alfred (1869-1944)
12 SOUPIZET Louis (1843-1920)
13 ?
14 ?
15 HÉMERET Marie Louise Victoire (1898-1932)
16 HÉMERET Victor (1900-1987)
17 JOUBERT Jeanne Marie (1899-1985)
18 HÉMERET Camille (1910-2000)
19 HÉMERET André (1907-1959)

👉🏻 Seules trois personnes ont échappé à nos investigations. L’acte de mariage fait en plus mention d’un témoin de l’époux extérieur aux familles, (Léon) Armand Raimbault (1885-1929), gendarme à 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗔𝗺𝗮𝗻𝗱. Il s’agit sans doute d’un camarade de régiment de Marcel Hémeret, mais ne peut être le personnage n°9 qui porte un uniforme de la Marine.

𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗽𝗵𝗼𝘁𝗼 𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲𝘀𝘀𝗮𝗻𝘁𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗽𝗹𝘂𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗿𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻𝘀 :
1️⃣ Tous les hommes jeunes portent leur uniforme : la démobilisation des classes postérieures à 1909 n’a pas encore eu lieu (elle dure jusqu’au 14 juin 1920). Par ailleurs, la famille Hémeret est une famille de militaires. Le père est un ancien gendarme et tous les garçons ont été enfants de troupe avant de partir à l’armée, y compris les deux plus jeunes.

2️⃣ Les vêtements noirs prédominent : plusieurs familles sont en deuil. Louis Hémeret (1892-1917), frère aîné de l’époux et sous-lieutenant dans l’artillerie, a disparu à la guerre. Louis Marie Dutertre (1854-1919), père de l’épouse, est décédé un mois avant ce mariage. Les Joubert ont aussi perdu leur fils, François (1895-1919), décédé de tuberculose pulmonaire contractée au front, en février de la même année. Eugène François Aubeneau (1882-1918), gendre de Pierre Dutertre, oncle de l’épouse, habitant à Dame-Marie-les-Bois (37), a été tué dans les tranchées.

3️⃣ Le photographe, enfin : il s’agit de Gaston Camille Augustin Piau (1873-1929), originaire d’Henrichemont (18). En plus de ses activités de photographe, il exerce la profession de libraire papetier, Grande Rue, à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻. Il réalise aussi des cartes postales.

L. V.

Sources :
- AD 41, 2MI 48/R 139, vues 399 et 400.
- Registres d’état civil d’Onzain, de Dame-Marie-les-Bois (37) et de Saint-Amand-Longpré.
- Mémoire des Hommes, Service historique de la Défense.

#1919

📰 𝗔𝗰𝘁𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́…𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 👉🏼 𝗦𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟭𝟵𝟯𝟬 : 𝟭𝗲̀𝗿𝗲 𝗯𝗿𝗮𝗱𝗲𝗿𝗶𝗲 𝗯𝗹𝗲́𝘀𝗼𝗶𝘀𝗲 🎊📅 𝗟𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝗽𝗮𝗿𝗮𝘁𝗶𝗳𝘀 : c’est la date du 14 sep...
16/09/2026

📰 𝗔𝗰𝘁𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́…
𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦
👉🏼 𝗦𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟭𝟵𝟯𝟬 : 𝟭𝗲̀𝗿𝗲 𝗯𝗿𝗮𝗱𝗲𝗿𝗶𝗲 𝗯𝗹𝗲́𝘀𝗼𝗶𝘀𝗲 🎊
📅 𝗟𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝗽𝗮𝗿𝗮𝘁𝗶𝗳𝘀 : c’est la date du 14 septembre qui a été choisie, par un groupement de détaillants de la ville de Blois, pour lancer la première grande animation commerciale et populaire. Celle-ci s’inspirera du modèle de celle existant déjà à Tours et de celles du Nord.

👉🏼 Pour assurer le succès de l’évènement des affiches sont placardées dans tout le département, des voitures munies de haut-parleurs doivent parcourir les communes et distribuer des prospectus sans compter la presse locale qui sert de relai.

👉🏼 On apprend grâce au règlement de la braderie que « la vente est exclusivement réservée aux commerçants et habitants de Blois. Elle aura lieu dans toute la ville de 9 heures à 18 heures (…). L’ancienne place du Marché-au-Beurre, les places à la Filasse, Ave-Maria, Louis XII sont réservées aux commerçants des quartiers éloignés qui désireront s’installer dans le centre ». Le 7 septembre, la presse publie plus d’une centaine de noms d’enseignes et de commerçants par rue. Il faut aussi ajouter les particuliers qui, le temps de la braderie, peuvent installer devant chez eux des « vieilleries à liquider ».

👉🏼 La Société des fêtes a notamment en charge les décorations et illuminations des rues. Le Comité de la braderie, avec le concours de cette dernière, organise le 13 septembre au château un grand bal dans la salle Gaston d’Orléans avec au préalable une retraite aux flambeaux. Le 14, sont programmés un défilé des sociétés musicales locales, des concerts et le soir, un grand bal populaire avec le concours de l’harmonie municipale dans la Halle aux Grains complété par un buffet et de nombreuses attractions (petits chapeaux, ombrelles, revolvers, pipes…).

📅 𝗟𝗲 𝗱𝗲́𝗿𝗼𝘂𝗹𝗲́ 𝗱𝗲𝘀 𝗳𝗲𝘀𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁𝗲́𝘀 : « Partout où se déroule une braderie, le succès est assuré ! ». Qu’en est-il à Blois ? Dès 6 heures du matin, les cliques de l’Abeille-des-Aydes et de la Blésoise annoncent le lancement des festivités ! La foule est là dans les rues principales. « Les cuivres rugissent, les haut-parleurs se mettent de la partie et les camelots font la parade (…). C’est un vacarme assourdissant. Les vendeurs interpellent les promeneurs qui se marchent sur les pieds (…). S’il y a quelques rossignols*, il y a aussi et surtout des articles d’excellente qualité ». Le succès de la première braderie et là :afflux des visiteurs et bonnes affaires !

*rossignol : une marchandise démodée, invendable dont le marchand essaie de se débarrasser.

🤔 𝗟𝗲 𝘀𝗮𝘃𝗶𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 ? Il sera créé pour les éditions suivantes un personnage 𝘭𝘦 𝘍𝘰𝘭 de la braderie de plus de 3 mètres de haut !

A. M.

🗄️ Sources :
- 𝘓’𝘈𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 du 2 juillet 1930, AD 41 – 20 PER 1930/2.
- 𝘓’𝘈𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 du 18 juillet 1930, AD 41 – 20 PER 1930/2.
- 𝘓’𝘈𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 du 7 août 1930, AD 41 – 20 PER 1930/2.
- 𝘓’𝘈𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 du 21 août 1930, AD 41 – 20 PER 1930/2.
- 𝘓’𝘈𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 du 7 septembre 1930, AD 41 – 20 PER 1930/2.
- 𝘓’𝘈𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 des 15 et 16 septembre 1930, AD 41 – 20 PER 1930/2.

#1930

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