21/10/2026
📜 𝗠𝘆𝘁𝗵𝗲𝘀 & 𝗹𝗲́𝗴𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀...
𝗕𝗟𝗢𝗜𝗦 - 𝗛𝗘𝗥𝗕𝗔𝗨𝗟𝗧 - 𝗠𝗢𝗟𝗜𝗡𝗘𝗨𝗙 - 𝗠𝗢𝗡𝗧𝗥𝗜𝗖𝗔𝗛𝗥𝗗 - 𝗕𝗜𝗡𝗔𝗦...
👉🏻 𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝘁𝗲 𝗧𝗵𝗶𝗯𝗮𝘂𝗱 - épisode 3/4
👉🏻 𝗗𝗲́𝗰𝗿𝘆𝗽𝘁𝗮𝗴𝗲 (suite)
𝗟𝗮 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗳𝗮𝗻𝘁𝗮𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 (ou chasse sauvage) - L’origine de ces chasses sauvages s’enracine dans le panthéon germanique, avec une armée de défunts (ou de créatures imaginaires : elfes, fées, fantômes…) menée par le roi Odin (ou Wotan selon les traditions). Ses thèmes principaux se sont agrégés aux folklores populaires avec la christianisation. Les entendre est un présage funeste et annonce en général une mort prochaine. Le thème existe dans toutes les régions françaises, au nord comme au sud et à l’ouest comme à l’est.
En Loir-et-Cher cohabitent différents récits de chasses sauvages, parfois identiques à celle du comte Thibaud, parfois en partie seulement.
La Chasse d’𝗛𝗲𝗿𝗯𝗮𝘂𝗹𝘁 (appelée aussi « Chasse-Marée ») : un seigneur d’Herbault, passionné de chasse à courre, au caractère violent et belliqueux, aurait commis un crime épouvantable en tuant un prêtre sur l’autel d’un coup d’arquebuse, forfait pour lequel il a été condamné par les mannes célestes à errer pour l’éternité avec ses équipages, ses cors et ses meutes, de Château-Renault (37) à 𝗟𝗮𝘃𝗮𝗿𝗱𝗶𝗻 et de 𝗩𝗲𝗻𝗱𝗼̂𝗺𝗲 à 𝗕𝘂𝗿𝘆 (encore). On la retrouve aussi à 𝗠𝗲𝘀𝗹𝗮𝗻𝗱, à 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗲𝗮𝘂𝘅 et à 𝗢𝗻𝘇𝗮𝗶𝗻.
La Chasse Briquet : chasse infernale très répandue sur les bords du Cher qui touchent au Berry, notamment à 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗔𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻 et 𝗟𝗮𝘀𝘀𝗮𝘆-𝘀𝘂𝗿-𝗖𝗿𝗼𝗶𝘀𝗻𝗲.
À 𝗕𝗶𝗻𝗮𝘀, un seigneur de Menainville, après avoir tué le curé de la paroisse sur les marches de l’autel pour avoir commencé la messe sans lui, est condamné à conduire éternellement la chasse infernale.
À 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗰𝗵𝗮𝗿𝗱, dans les souterrains du vieux château, se cacherait le roi Ugon. Accompagné d’esprits malfaisants et d’un loup-garou, ce roi maudit tue et emporte dans son repaire tous ceux qui ont l’imprudence de sortir la nuit dans les rues de la ville.
La chasse à Ribaud : Ribaud peut être une déformation de Thibaud. On entendrait par les froides nuits d’hiver cette chasse sauvage aboyer dans le ciel au-dessus de 𝗖𝗵𝗮𝘂𝗺𝗼𝗻𝘁-𝘀𝘂𝗿-𝗧𝗵𝗮𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲 et 𝗠𝗮𝗿𝗮𝘆.
Enfin, à 𝗖𝗼𝘂𝘁𝘂𝗿𝗲-𝘀𝘂𝗿-𝗟𝗼𝗶𝗿, Ronsard évoque dans un de ses hymnes la chasse sauvage qu’il aurait croisée une nuit :
𝘜𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳, 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘮𝘪𝘯𝘶𝘪𝘵, 𝘨𝘶𝘪𝘥𝘦́ 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘢 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦𝘴𝘴𝘦
𝘘𝘶𝘪 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘢𝘯𝘥𝘦 𝘢𝘶𝘹 𝘢𝘮𝘢𝘯𝘵𝘴, 𝘫’𝘢𝘭𝘭𝘰𝘪𝘴 𝘷𝘰𝘪𝘳 𝘮𝘢 𝘮𝘢𝘪𝘴𝘵𝘳𝘦𝘴𝘴𝘦
𝘛𝘰𝘶𝘵 𝘴𝘦𝘶𝘭 𝘰𝘶𝘵𝘳𝘦 𝘭𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳, 𝘦𝘵 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯 𝘥𝘦𝘴𝘵𝘰𝘶𝘳
𝘑𝘰𝘪𝘨𝘯𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥’𝘤𝘳𝘰𝘪𝘹, 𝘥𝘦𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘶𝘯 𝘤𝘢𝘳𝘳𝘦𝘧𝘰𝘶𝘳,
𝘑’𝘰𝘶̈𝘺, 𝘤𝘦 𝘮𝘦 𝘴𝘦𝘮𝘣𝘭𝘰𝘪𝘵, 𝘶𝘯𝘦 𝘢𝘣𝘰𝘺𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘴𝘴𝘦
𝘋𝘦 𝘤𝘩𝘪𝘦𝘯𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘮𝘦 𝘴𝘶𝘪𝘷𝘰𝘪𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘢̀ 𝘱𝘢𝘴 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘵𝘳𝘢𝘤𝘦 ;
𝘑𝘦 𝘷𝘺 𝘢𝘶𝘱𝘳𝘦̀𝘴 𝘥𝘦 𝘮𝘰𝘪 𝘴𝘶𝘳 𝘶𝘯 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥 𝘤𝘩𝘦𝘷𝘢𝘭 𝘯𝘰𝘪𝘳
𝘜𝘯 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘯’𝘢𝘷𝘰𝘪𝘵 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘰̂𝘴 𝘢̀ 𝘭𝘦 𝘷𝘰𝘪𝘳,
𝘔𝘦 𝘵𝘦𝘯𝘥𝘢𝘯𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘪𝘯 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘮𝘦 𝘮𝘰𝘯𝘵𝘦𝘳 𝘦𝘯 𝘤𝘳𝘰𝘱𝘦 ;
𝘑’𝘢𝘥𝘷𝘺𝘴𝘢𝘪 𝘵𝘰𝘶𝘵-𝘢𝘶𝘵𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘦𝘧𝘧𝘳𝘰𝘺𝘢𝘣𝘭𝘦 𝘵𝘳𝘰𝘱𝘦
𝘋𝘦 𝘱𝘪𝘤𝘲𝘶𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘤𝘰𝘶𝘳𝘰𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘰𝘮𝘣𝘳𝘦, 𝘲𝘶𝘪 𝘣𝘪𝘦𝘯 𝘧𝘰𝘳𝘵
𝘚𝘦𝘮𝘣𝘭𝘰𝘪𝘵 𝘶𝘯 𝘶𝘴𝘶𝘳𝘪𝘦𝘳 𝘲𝘶𝘪 𝘯𝘢𝘨𝘶𝘪𝘦𝘳𝘦 𝘦𝘴𝘵𝘰𝘪𝘵 𝘮𝘰𝘳𝘵,
𝘘𝘶𝘦 𝘭𝘦 𝘱𝘦𝘶𝘱𝘭𝘦 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘰𝘪𝘵, 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘴𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘮𝘦𝘴𝘤𝘩𝘢𝘯𝘵𝘦,
𝘌𝘴𝘵𝘳𝘦 𝘱𝘶𝘯𝘪 𝘭𝘢̀-𝘣𝘢𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘢𝘪𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘙𝘩𝘢𝘥𝘢𝘮𝘢𝘯𝘵𝘦 […].
Rhadamante n’est autre que le juge des enfers de la mythologie grecque qui se retrouve là associé à la mythologie populaire, elle-même influencée par la mythologie germanique.
Malgré sa cotte de maille, le poète prend peur, tire son épée et pourfend l’air autour de lui. Aussitôt, les fantômes disparaissent.
À suivre...
L. V.
🗄️ Sources :
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, Jacques Cartraud, 1981.
- 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 𝘶𝘯 𝘤𝘩𝘢̂𝘵𝘦𝘢𝘶 𝘦𝘯 𝘭’𝘢𝘯 𝘔𝘪𝘭, Élisabeth Latrémollière, 2000.
- 𝘏𝘶𝘨𝘶𝘦𝘴 𝘊𝘢𝘱𝘦𝘵 𝘭𝘦 𝘧𝘰𝘯𝘥𝘢𝘵𝘦𝘶𝘳, Georges Bordonove, 2004.
- 𝘜𝘯𝘦 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘉𝘦𝘢𝘶𝘤𝘦, vol. 1, Michel Aubouin, 1995.
- 𝘓𝘦́𝘨𝘦𝘯𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘵𝘳𝘢𝘥𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦, Aimé Michel et Jean-Paul Clébert, 1979.
- 𝘓𝘦 𝘔𝘰𝘺𝘦𝘯-𝘈̂𝘨𝘦, Georges Duby, 2011.
- "Notes historiques sur le château de Bury", Naudin, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1836.
- 𝘏𝘪𝘴𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘢𝘨𝘦, 𝘔𝘰𝘭𝘪𝘯𝘦𝘶𝘧, Jean Mornet, 1968.
- "Thibaud le Tricheur", Frédéric Lesueur, 𝘔𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘚𝘰𝘤𝘪𝘦́𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘚𝘤𝘪𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘓𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘓𝘰𝘪𝘳-𝘦𝘵-𝘊𝘩𝘦𝘳, 1963.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘊𝘰𝘮𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘉𝘭𝘰𝘪𝘴, 830-1524, d’après les travaux de Raoul de Warren, 1971, édition revue et augmentée en 2017, Cercle Généalogique de Loir-et-Cher.
- 𝘓𝘦𝘴 𝘋𝘢𝘪𝘮𝘰𝘯𝘴, 𝘝𝘦𝘳𝘴 𝘩𝘦́𝘳𝘰𝘪̈𝘲𝘶𝘦𝘴, Pierre de Ronsard, premier livre des Hymnes, Hymne VII à Lancelot Carle, évêque de Riez, dans l’édition originale de 1555.