16/06/2026
En avril dernier et jusqu’à la veille du 1er mai, le gouvernement était à l’offensive pour s’attaquer à une conquête sociale arrachée par la lutte des travailleurs et des travailleuses de tous les pays.
En avril dernier, face à la mobilisation unanime des syndicats, Lecornu a dû retirer son projet de loi réactionnaire visant à supprimer le 1er mai seul jour férié, chômé, payé et protégé du lien de subordination. Des exceptions existent déjà pour les hôpitaux, l’énergie et les transports publics, nous devons nous opposer à leur élargissement.
Les membres du gouvernement ont voulu mettre au pas l’inspection du travail et sont aller jusqu’à afficher leur soutien aux patronnes et aux patrons qui violeraient le code du travail.
Mais le patronat ne renonce pas puisque le sénat examine aujourd’hui la proposition de loi remettant en cause le caractère chômé du 1er mai. Non le 1er mai n’est pas payé double aujourd’hui, au-delà de cette escroquerie et de la mobilisation de ce jour à Paris et dans les territoires, nous devons sur chaque lieu de travail, dans chaque entreprise rappeler et exiger que le 1er mai doit rester chômé et payé.
Alors que les chiffres sont là : plus de 6 milliards de profits en quelques mois pour Total Energies, 6 milliards d’économies supplémentaires à réaliser sur le budget de l’état donc sur les services publics et 36 milliards supplémentaires pour actualiser la loi de programmation militaire. L’urgence n’est pas de travailler plus pour gagner un peu plus mais bien d’obtenir des augmentations générales des salaires et des pensions et de bloquer le prix des carburants.
Pendant que le gouvernement veut sécuriser l’exploitation des travailleurs et des travailleuses par le patronat, la précarité touche toujours plus de salarié•es pauvres, au Smic et en dessous en particulier pour les femmes assignées aux temps partiel et aux métiers dits féminisés. La pauvreté touche toujours plus de retraité•es en France et deux millions de personnes âgées de 60 ans et plus vivent sous le seuil de pauvreté. La pauvreté monétaire touche en premier lieu les travailleurs et travailleuses privé•es d’emploi (36,1%).
L’augmentation « mécanique du Smic » de 2,41 % (du fait notamment de l’inflation à 2,2 %), fait qu’un nombre croissant de branches ont des grilles de salaires qui débutent en dessous du Smic. Le mécanisme des allègements de « charges » dite réduction Fillon jusqu’à 3 fois le Smic, que le patronat veut maintenir à tout prix, ne fait qu’amplifier ce phénomène de « trappe » aux très bas salaires.
De dénonciations d’usages en mise en cause d’accords et de convention collective dans la métallurgie chez Compositec, Centrair et l’action sociale, le patronat s’attaque à tout ce que les travailleurs et travailleuses ont gagné par leurs luttes et qui sont devenus des compléments de revenus indispensables telles que des primes ou des pauses payées. Ce sont tous les salaires des ouvrier•es, employé•es, du privé comme du public, qui ne suffisent pas pour vivre, ce sont le temps et la charge de travail des cadres qui explosent.
Les « négociations salariales » de ces deux dernières années ont débouché sur de faibles augmentations, essentiellement individuelles, insuffisantes pour rattraper les prix. Décidés à ne pas lâcher sur les salaires et à marteler le chantage à l’emploi, le patronat et le gouvernement doivent tenir compte de la colère et des mobilisations des travailleuses et des travailleurs comme chez Bosch.
Les négociations salariales à CDM seront très tendues car les travailleuses ne comptent pas se satisfaire des miettes qu’on leur propose après des années de profits réalisés sur leur dos. Elles n’accepteront pas d’être des smicardes pour enrichir la famille Arnault, le groupe Vuitton et leurs actionnaires. Les camarades de Bosch et de l’ADMR démontrent que la lutte paie.
C’est dans ce contexte que les salarié•es ont le plus besoin d’un syndicat CGT et d’un syndicat offensif dans leur entreprise car ce n’est pas augmenter le temps de travail qu’il faut, c’est :
- Bloquer le prix du carburant
- Augmenter le SMIC à 2200 € brut,
- Rouvrir des NAO dans toutes les entreprises pour obtenir de véritables augmentations générales de salaires, gagner l’égalité salariale et vivre dignement de son travail
- Dégeler le point d’indice de la Fonction publique et rattraper la perte de pouvoir d’achat qui date de 2020 (12,5 % de perte sur le SMIC).
- Exiger une loi pour indexer les salaires sur les prix et les pensions sur les salaires.
Photos CGT 41⤵️