20/08/2018
LE PORTRAIT DE LA SEMAINE. Céline Reylé. Astronome à l’Observatoire de Besançon, cette scientifique de 42 ans participe au projet international Gaïa. Celui-ci vise à mesurer la position, la distance, le mouvement et les propriétés physiques d’1,7 milliard d’étoiles. Une aventure sans précédant, qui doit notamment beaucoup à un modèle de simulation globale de notre galaxie élaboré à Besançon et sans équivalent dans le monde.
Paparazzi d’un milliard de stars
Enfant, elle se voyait bien travailler dans la décoration, mais malheureusement manquait d’aisance quand il s’agissait de griffonner sur papier les plans d’un salon revisité tendance feng shui... Et pourtant, ce que dessine aujourd’hui Céline Reylé, astronome à l’Observatoire des sciences de l’Univers (OSU) de Besançon, est bien plus vaste et complexe que l’aménagement harmonieux d’un canapé et de trois luminaires associés à la bonne teinte de papier peint... Il ne s’agit ni plus ni moins que de dresser la carte couleur, dynamique et tridimensionnelle la plus détaillée jamais réalisée de la Voie lactée, qui compte au bas mot 160 milliards d’étoiles. Excusez du peu. Céline Reylé ne fait pas partie de ces astronomes tombés dans une marmite d’étoiles quand ils étaient petits. Elle se revoit bien, enfant, se précipitant avec jubilation dans le jardin de la maison de campagne quand papa sortait la lunette pour observer le ciel. Mais le plaisir ressenti alors était avant tout le fait de « traîner la nuit et de se coucher t**d » et non le fruit d’une passion sans borne pour les astres. Son envie de jouer les paparazzis du ciel, scrutant le moindre fait et geste des stars de la Milky Way naît de son appétence pour les mathématiques...
Retrouvez ce portrait signé Frédéric Chevalier, dans son intégralité, dans notre édition du 13 au 19 août 2018.