CGT Viotte

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Plusieurs faisceaux m’ont amené à Peter Green. Ma découverte remonte à mes seize ans. Et ce n’était pas en 1969, mais en...
02/12/2025

Plusieurs faisceaux m’ont amené à Peter Green. Ma découverte remonte à mes seize ans. Et ce n’était pas en 1969, mais en 1995. Fleetwood Mac était pour moi un groupe de rock FM, dont mon unique connaissance était « Little Lies », morceau sur le « Greatest Hits » qui traînait encore dans le Top 50 français au début des années 1990.
Lors d’un documentaire de Culture Rock sur M6, je découvris « Astronomy Domine » de Pink Floyd, et l’existence d’un premier guitariste-chanteur avant David Gilmour : Syd Barrett. Il faisait partie du club des musiciens à la carrière météorique, et dont la vie fut détruite par la drogue, la dépression, et quelques problèmes psychiatriques. En m’intéressant à Syd Barrett, le nom de Peter Green arriva assez vite, car il était une de ces comètes du rock anglais carbonisée par le L*D. Il m’apparut alors que Fleetwood Mac avait eu une première existence à la fin des années 1960, et sa musique était radicalement différente. Cependant, si j’aimais le blues anglais, je l’aimais surtout par des groupes heavy comme Led Zeppelin.
Et puis, il y eut un de ces samedis soirs. Depuis mon arrivée à Albi, je vivais un peu en reclus. J’avais quelques difficultés à me faire des amis. Mon cas était aggravé par le fait que j’étais un fils de prof dans le même lycée que moi. Ce qui pouvait paraître de la taquinerie était le plus souvent de la moquerie. Lorsque je prenais une tôle dans une matière, on me trouvait vraiment très nul, puisque je devais évidemment avoir les sujets d’interros avant tout le monde grâce à mon « réseau parental ». Le complotisme ne vient pas forcément de bien loin. Et puis je devais forcément tout balancer ce que je voyais le soir venu. De toute façon, je n’arrivais pas à me faire à ce caractère hypocrite du sud-ouest, sympa en apparence, avec l’accent chantant, mais faux-cul une fois le dos tourné. Et puis il y avait la frime, les fringues LC Waikiki, les scooters Booster, la dr**ue des filles qui gloussaient devant des types qui faisaient les pans. Je m’étais fait quelques potes, mais nous étions tous un peu des parias, les moches, les maladroits, les gens pas vraiment dans les critères de ceux que l’on invite aux boums. J’avais des relations amicales plus saines avec des types d’une trentaine d’années, évidemment tous disquaires.
Alors ce samedi soir-là, comme souvent, je mettais la radio sur ma chaîne hi-fi pour écouter « Classic Rock » sur RTL, présenté par Georges Lang. L’émission commençait à vingt-deux heure trente et se terminait à minuit. Des auditeurs appelaient, et commandaient la diffusion d’un morceau qu’ils aimaient, parfois avec une anecdote personnelle. C’était vivant, humain, et Georges Lang diffusait les morceaux de la première à la dernière note, qu’il fasse trois ou vingt minutes. Ce soir-là, un auditeur va demander à écouter « Oh Well » de Fleetwood Mac avec Peter Green dans son intégralité, ce qui représente presque neuf minutes de musique. Je me poste alors devant mon enregistreur cassette, ayant toujours de quoi copier ce qui me plaît pour avoir la musique et le nom du groupe. Je découvre alors ce fantastique blues électro-acoustique furieux, suivi de sa coda squelettique et d’une mélancolie poignante. J’adore ce mélange de dobro et d’interventions électriques. Je pense alors que les solos sont de Green, ils sont le travail de Danny Kirwan. « Oh Well » me bouleverse. Je trouve ce morceau fantastique.
Et puis dans un hors-série de Rock&Folk sur les je-ne-sais-combien disques indispensables, je retrouve l’album « Then Play On » de Fleetwood Mac. Pas très t**d, j’achète un Guitare Mag avec Gary Moore qui revient sur sa précieuse guitare, la Greeny, la guitare de Peter Green que ce dernier lui a vendu un quignon de pain. Il y a un article qui revient rapidement sur sa destinée. Le personnage me fascine, sa musique me pique de curiosité. Et une fois encore, le destin va venir frapper à ma porte.
Cette même année de mes seize ans, en 1995, sort un double live à la BBC de Peter Green’s Fleetwood Mac publié par Castle Communications. Les enregistrements live de la BBC sont une nouvelle mine d’or de matière nouvelle pour les amateurs de groupes des années 1960-1970-1980. Pour ce « Live At The BBC », le travail a été remarquablement fait. Le disque est superbe, avec un livret magnifique et des enregistrements d’une qualité irréprochable. Lorsqu’il débarque en bac chez WATT, je l’achète les yeux fermés. Je n’ai en tête que les qualificatifs de guitariste de génie de Gary Moore, de Guitare Mag, et même de Rock&Folk qui se fend d’une chronique plutôt élogieuse, avec toujours un petit bémol toutefois, pour ne pas trop encenser ce groupe de blues un peu trop prolo sur les bords.
Lorsque je lance l’écoute, je tombe directement sur une version de « Rattlesnake Shake » enflammée qui date de 1970 (je ne sais encore rien sur la chronologie du groupe). Il y a bien deux guitaristes solistes, Peter Green et Danny Kirwan, et je suis saisi d’entrée par le jeu totalement possédé de Green. Je ne sais pas pourquoi, je sais déjà qui de Kirwan et Green joue. Et cette wah-wah hululant à la Lune n’est autre que celle de Peter Green. Je suis immédiatement fasciné par ces trémolos subtils, cette économie d’effet, cette sensibilité à fleur de peau, et ce rendu sonore totalement possédé. Ce que j’entends est démoniaque, d’une beauté absolue. Cela m’impressionne même plus que mes Jimmy Page et Ritchie Blackmore chéris. Chaque intervention, chaque riff, chaque note, est pesé. Son solo coule comme une rivière d’émotions magnifiques. Sauf que le titre finit en fade-out. Il y aurait donc une suite, que je vais trouver quelques années plus t**d sur un double album nommé « Show-Biz Blues – Fleetwood Mac 1968 To 1970 – Volume 2 ». ce joli coffret propose la session BBC du 19 avril 1970, moins d’un mois avant que Green ne quitte Fleetwood Mac. « Rattlesnake Shake » est alors associé à l’instrumental « Underway », une autre coda magnifique à « Oh Well », mais électrique. Le titre complet fait quatorze minutes absolument magiques de la première à la dernière note. Tout le génie de Peter Green est resplendissant. Sa musique est sublime. La mélancolie qui s’en dégage est d’une beauté unique. Il y a par ailleurs sur ce même enregistrement la version la plus sombre et démoniaque de « The Green Manalishi », le titre satanique de Fleetwood Mac, qui sera par ailleurs repris avec génie par Judas Priest en 1978.
Cette version fulgurante de « Rattlesnake Shake » me plonge dans une sorte d’état de choc. Je viens de découvrir un musicien et son groupe dont la puissance émotionnelle est unique. Celles des Who, Led Zeppelin ou Deep Purple sont bien plus maîtrisées et dosées. Chez Fleetwood Mac, elle déborde de tous côtés comme une lave. Chaque note, chaque nuance, chaque coup de wah-wah vous arrache le coeur.
La suite du disque n’en est pas moins passionnant. En fait, il est le panorama un peu foutraque et merveilleux de toutes les facettes de Fleetwood Mac entre début 1968 et le printemps 1970, passant d’un blues rustique dominé par le boogie slidé de Jeremy Spencer, à un blues-rock de plus en plus subtil, aux mélodies fines et ciselées, virage enclenché avec l’arrivée du troisième guitariste Danny Kirwan. Les shows étaient d’ailleurs de plus en plus variés, voire scindés, entre les morceaux nécessitant les entrelacements de guitares de Green et Kirwan, et les rock’n’roll et boogie chantés et dominés par Jeremy Spencer, les deux autres se mettant à son service pour le soutenir en rythmique. L’un n’est pas forcément meilleur que l’autre : Fleetwood Mac explore avec ses trois guitaristes un vaste paysage blues, de la musique rustique et dansante inspiré du blues de Chicago à l’imaginaire rêveur qui tire vers la psychédélie américaine de Grateful Dead et Quicksilver Messenger Service.
La version de « I Believe My Time Ain’t Long » avec un Peter Green à l’harmonica est excellente. Le tempo du bassiste John McVie et du batteur Mick Fleetwood est impeccable, solide, délicieusement chaloupé. Danny Kirwan est déjà bien représenté, avec des morceaux qui vont figurer sur quasiment tous les lives de 1969-1970 : « Sandy Mary » et « Only You ». Ces deux bijoux n’ont pourtant jamais fait l’objet d’un enregistrement en studio, ils n’ont été captés qu’en live. Cela montre la prolificité de composition de Kirwan et Green, qui n’ont pas assez des simples et des albums pour publier tout ce qu’ils écrivent et jouent en concert.
On y découvre également le talent de Jeremy Spencer, dont l’idolâtrie pour Elvis Presley et Buddy Holly lui permettait de jouer des reprises particulièrement passionnées, convaincantes, et jamais exemptes d’humour. « You Never Know What You’re Missing » et « Buddy’s Song » en sont de bons exemples. Son jeu au bottleneck est également un prodige à toutes épreuves. « Preachin’ », une reprise de Delta Blues, enregistré en janvier 1971, presque un an après le départ de Green, et un mois avant la disparition dans une secte en Californie de Spencer, le livre seul avec sa guitare, son bottleneck et sa voix superbe, au sommet de son art. Peter Green a lui aussi enregistré quelques morceaux seuls au dobro. Il y a « Preachin’ Blues » capté en septembre 1968, où il montre aussi sa maîtrise du bottleneck, ce qui restera rare chez Green.
Le second disque de « Live At The BBC » offre davantage de morceaux de l’année 1968, qui sera celle de tous les succès originaux, et de la mutation vers une musique plus élaborée. Il y a d’abord les extraits du premier album publié en février, avec sa pochette au chien et à la poubelle. Il sera n°4 des ventes britanniques, et provoquera un immense engouement de la Grande-Bretagne pour le blues. « Mr Wonderful » qui va sortir en août 1968 maintient le même cap, avec quelques cuivres en prime. Fleetwood Mac est alors le véhicule d’un blues à la fois rock et rustique. Alors que la mode hippie tourne à plein, les musiciens se montrent un peu pouilleux, en particulier Green et Spencer. Ils ont besoin de ressentir cette appartenance à la classe ouvrière et de petits commerçants modestes à laquelle ils appartiennent.
Peter Green a toujours été un très grand sensible. Il va vite voir dans le blues le véhicule à cet étrange spleen qui le traverse depuis le début de son adolescence. Il n’est pas le dernier à s’amuser sur un boogie, mais il préfère quand il peut faire sonner sa guitare et aller chercher les notes dans la nuit. Cela donne des merveilles comme « Stop Messin’ Around », « Looking For Somebody » ou « A Fool No More », une percolation de larmes mise en musique. Green y est seulement accompagné du duo McVie-Fleetwood. Sa guitare et sa voix emplissent l’espace sonore, y compris avec les silences, qui deviennent parties prenantes de l’interprétation et de sa force.
Il serait criminel d’oublier la version de « World Keeps Turning » avec un Peter Green seul avec sa guitare électrique à la John Lee Ho**er. Et puis il y a « Albatross », le tube instrumental, merveille sonore qui exploite toutes les possibilités des percussions et de l’ampleur des guitares, basse comprise. La version proposée de novembre 1968 est concise et puissante, avec une basse ingénieusement mieux mise en avant, et qui rend le dialogue des guitares plus vif.
J’ai toujours ce double album précieusement dans ma collection. En écrivant cette chronique, je le réécoute avec attention, et je continue de le trouver superbe, fulgurant musicalement en bien des points. C’est l’une des plus belles démonstrations du génie de ce Fleetwood Mac mené par Peter Green, et qui, en à peine trois ans, va bouleverser toute la scène musicale anglaise d’une manière irréversible. A commencer par les twin-guitares. Qui a commencé ? Wishbone Ash ? Thin Lizzy ? Eh bien non, Fleetwood Mac. Et c’est même Ken Downing de Judas Priest qui le reconnaît. Quand je vous dis que ce groupe est primordial.

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APPEL A LA MOBILISATION DU 10 SEPTEMBRE - BLOQUONS TOUT !

Bonjour à toutes et tous,

La CGT a décidé de soutenir le mouvement de protestation populaire du 10 septembre 2025. Vous trouverez en pièce jointe le tract de notre section nationale, elle suit le mot d'ordre émis par notre secrétariat général.

Ce mouvement a fait l'objet de beaucoup de critiques dans les médias, et notamment qu'il provenait de l'extrême-droite. Le RN s'est officiellement désolidarisé du mouvement, et les retours des assemblées générales dans de nombreuses communes de France ne font que confirmer un point : il s'agit d'une révolte populaire.
De manière assez inédite, tous les corps de métier, des salariés, des patrons de PME, des commerçants, des fonctionnaires... sont réunis sous une bannière unique : il faut que la machine à broyer s'arrête, et que les citoyens reprennent le contrôle de leur pays. Bien sûr que des désaccords sur les orientations à prendre se feront jour entre les sensibilités de gauche et celles de droite. Mais les citoyens français semblent tous d'accord pour dire qu'il faut dire STOP.

Que François Bayrou ait été forcé à la démission est une première satisfaction. Il a sans doute servi de fusible pour faire redescendre la pression en vue du 10 septembre. Jamais un Premier Ministre n'aura été aussi vaniteux, imbu de lui-même, menteur et incompétent. Il a finalement servi de révélateur à de très nombreux citoyens, qui ont vu la réalité de ce pouvoir néo-libéral devenu fou en face.

Mais le problème n'est pas réglé. Un autre premier ministre avec un autre gouvernement va être nommé par Emmanuel Macron, et tout va recommencer. Car la logique politique sera la même : arroser d'argent public les plus riches, et dépouiller les Français en détruisant un peu plus les services publics et en leur supprimant des jours fériés, en les accablant de jours de carence, en augmentant toujours plus les taxes. Et ce mécanisme va même au-delà de la Présidence de la République. En effet, notre budget est validé par l'Union Européenne, et les trois-quarts de nos lois sont désormais des traductions en droit français de directives européennes. C'est cette même Union Européenne qui valide 100 milliards d'achat d'armes américaines, 600 milliards d'achats de produits prétroliers aux Etats-Unis, et emmène notre agriculture par le fond en la jetant dans l'agro-industrie.

La moitié des Français vit désormais à découvert les deux tiers du mois. Pendant ce temps, et selon un rapport de commission sénatoriale que François Bayrou a eu le culot de contester (alors qu'il pense que les retraites, c'est de l'argent que l'Etat donne aux gens, et non le résultat de cotisations salariales), 211 milliards d'euros par an sont versées aux entreprises sans contre-parties. Et ce versement est fonction de la masse salariale. Autant donc dire que les PME ne sont pas celles qui en bénéficient le plus.

La CGT Viotte soutient ce mouvement de protestation, et appelle tous les agents de l'Etat à rejoindre les mouvements de protestation autour de chez eux. Le préavis de grève lancé par la CGT au niveau national vous le permet.

C'est peut-être un moment charnière de notre histoire. Soyons nombreux à tout stopper et tout bloquer. C'est nous, citoyens français, qui produisons la richesse et faisons tourner ce pays.

Les représentants de la CGT Viotte

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