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" Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer " Toute sa vie Mustapha a persévéré...
15/04/2026

" Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer "

Toute sa vie Mustapha a persévéré. Dans ses luttes sociales ou politiques, Mustapha a toujours montré de la détermination.
Dès son plus jeune âge, il s’est engagé au service des autres, il a créé des associations sportives comme l’étoile sportive du Maghreb, il a organisé des soutiens scolaires au centre culturel de la rue de Londres aux Résidences.

Il dirigeait le club de foot sans moyen. Quand il n’y avait personne pour emmener les enfants à l’autre bout du département, il les entassait dans sa fourgonnette. Il arrivait à faire rentrer toute l’équipe, remplaçants et dirigeants compris. Avec ses modestes moyens, il prenait tous les frais à sa charge.

Mustapha était de ceux qui donnent sans compter. Toujours présent, toujours disponible, il aura consacré une grande partie de sa vie au service des autres, non par obligation, mais par conviction profonde que chaque personne mérite d'être aidée, respectée et entendue.
Il a sans nul doute sauvé des jeunes de la délinquance. À une époque où beaucoup regardaient ailleurs, Mustapha, lui, tendait la main. Il croyait au sport comme outil d'éducation, de discipline et de fraternité.
Organisateur de soutien scolaire, il a ouvert des portes à ceux qui en avaient besoin, convaincu que l'école était une chance qu'il fallait saisir. Car Mustapha n'aimait pas l'assistanat. Il n'aimait pas voir les gens subir leur vie. Il voulait les voir debout, acteurs de leur propre destin.
Combien nous lui sommes reconnaissants d’avoir pu aider auprès de lui les élèves en difficulté et combien sont ceux qui ont profité de cette solidarité. Il a tenté d’inculquer les valeurs de solidarité, de partage et il aimait transmettre le goût de l’effort aux plus jeunes.

Certains revenaient des années après le remercier. Il était conscient des difficultés. Il passait son temps à les dénoncer et à tenter de les réparer, à sa manière. Il croyait à l’intégration des personnes de références afro maghrébines (c’était sa définition) mais il en connaissait les obstacles et ceux qui participaient à créer ces obstacles. Pour autant il refusait le repli identitaire, il lui a préféré l’engagement politique.

Il a alors créé Génération Républicaine en 1992, il a présenté des candidats aux élections cantonales. Au début il était perçu comme un agitateur. Certains disaient de lui qu’il était un dangereux islamiste communautaire. Il n’a jamais cédé, il a même réussi à étendre l’influence du mini parti politique à d’autres villes françaises. Entre temps le nom a changé, il a créé l’UFCN (Union Française pour la Cohésion Nationale) puis Résistance Citoyenne. Il s’est pleinement engagé contre toutes les formes de discrimination, il s'est engagé pour une société plus juste, plus équitable, où chaque citoyen est traité avec la même dignité quelle que soit son origine. Il rêvait d’une égalité de traitement.

Cet engagement ne l’a jamais éloigné de ses valeurs de respect de la république, des règles et de ses lois. Il aimait profondément la France. Il aimait la culture. Il était également très cultivé, il aimait le droit et la philosophie. Nous le remercions de nous avoir fait connaître Serge Reggiani et de nous avoir fait aimer « ma France » de Jean Ferrat, entre autres.

Et lorsqu'il a été adjoint au maire, ce n'était pas pour les honneurs ni pour s'enrichir. C'était parce qu'il croyait, sincèrement et profondément, qu'il fallait être présent, être acteur de la vie politique et civile. Que le changement ne vient pas de ceux qui attendent, mais de ceux qui s'impliquent.

Mustapha, c'était aussi l'homme qu'on appelait quand on ne savait plus où aller. Celui qui aidait à rédiger une lettre de motivation. Il aimait se persuader qu’il avait la main heureuse et que sous sa plume l’embauche était assurée. Il écoutait les problèmes des autres, il conseillait, il orientait sans jamais juger. Il ne comptait pas le temps passé à régler les litiges avec les impôts, les assurances, les dettes de loyers, les banques, la liste est longue. Nous l’avons vu défendre une personne devant le tribunal administratif de Besançon, il avait réussi à faire plier la préfecture du Territoire de Belfort dans un cas d’expulsion. Il ne l’a pas fait par orgueil, mais parce que la justice le méritait et que personne ne devrait se retrouver seul face aux institutions.

Il laisse derrière lui des dizaines de vies qu'il a touchées, aidées, transformées en mieux. Des jeunes qui ont évité le mauvais chemin. Des personnes qui ont obtenu justice. Des citoyens qui ont appris à se battre dignement.

Belfort perd un homme rare. Un homme qui n'a jamais fait les choses à moitié.

La citation de Guillaume d’Orange, "Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer", Mustapha en avait fait sa propre devise.
Finalement, il aura toujours entrepris, avec ou sans espoir, il n’a jamais hésité à entreprendre et nous témoignons qu’il a réussi.
Sa réussite, c’est ce qu’il laisse derrière lui, c’est nous.

Repose en paix, Mustapha.

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