07/03/2026
Pour un nouveau modèle de développement en Corse
- L'Urgence d'un Changement de Cap
Si la coordination TERRA s’adresse à vous aujourd’hui, c’est pour interpeller les futurs élus des communes de Corse. Qu’ils soient reconduits ou nouveaux, ces élus porteront la responsabilité du bien-être des habitants. Cela exige avant tout le respect rigoureux des documents d’urbanisme en stricte conformité avec le PADDUC pour les permis de construire ou d’aménagement et les PLU et cartes communales.
Il n’est pas trop t**d pour arrêter la politique mortifère du « tout-tourisme ». Cette économie monolithique creuse le malheur des insulaires et alimente une spéculation immobilière hors de contrôle.
- Logement et Social : Contre la Dépossession
La Corse subit une "touristification" qui chasse les habitants de leurs propres centres-villes.
La spirale de l'exclusion : Avec 19 % de la population sous le seuil de pauvreté, l’escalade des prix et des loyers rend le logement inaccessible aux jeunes Corses.
Le fléau Airbnb : La transformation massive de logements permanents en locations touristiques de courte durée dénature nos quartiers. Nous demandons aux maires de plafonner ces durées et d'interdire les locations de type Airbnb de moins de 30 jours dans les zones tendues.
Protection des terres : Nous exigeons la sanctuarisation des Espaces Stratégiques Agricoles (ESA).Les ESA doivent rester des terres fertiles vouées à l’agriculture. Le béton ne doit plus couler pour des résidences qui restent vides 9 mois sur 12 alors que des milliers de logements sociaux font défaut.
- Pollution Maritime : Respirer dans nos Ports
Le tourisme de masse ne se limite pas à la terre ; il sature nos côtes et pollue notre air.
L'alternative au gaz : Inutile de débattre du fioul lourd, dont l'abandon est acté. L’urgence est de supprimer les émissions à quai. Nous préconisons l'usage de groupes électrogènes au gaz (ou biogaz) et l'électrification des quais pour forcer les navires de ligne et de croisière à couper leurs moteurs polluants.
Capacité de charge : Des sites comme Scandola sont à saturation. Nous devons instaurer des quotas de fréquentation sur tous les sites sensibles pour protéger notre biodiversité endémique.
- Énergie : La Souveraineté contre le "Greenwashing"
La transition énergétique ne doit pas être un alibi pour de nouveaux profits industriels au détriment du paysage.
Le doute sur le Ricanto : Officiellement prévue au biocarburant, nous soupçonnons EDF de vouloir faire fonctionner la nouvelle centrale au fioul léger, faute d'une PPE (Programmation Pluriannuelle de l'Énergie) finalisée et d'une logistique d'approvisionnement claire. Nous exigeons une transparence totale.
Le refus de l'éolien industriel : Nous critiquons fermement la solution éolienne pour la Corse. Elle défigure nos crêtes, détruit nos paysages et offre une production aléatoire sans garantir notre stabilité énergétique.
Les vraies solutions :
o Les STEP (Stations de Transfert d'Énergie par Pompage) : Utiliser nos barrages comme des batteries naturelles.
o La Géothermie : Une ressource stable, invisible et constante, encore trop ignorée dans le mix insulaire.
o Le Solaire Urbain : Priorité aux toitures industrielles et parkings plutôt qu'aux terres agricoles.
CENTRALE DU RICANTO
- LE "FLOU" DE LA PPE
Le projet de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) nationale, déclinée en Corse, présente une faille majeure :
Le texte définit le biocarburant (HVO) comme le carburant cible, mais autorise le fioul léger en "secours". Sans plafonnement d'heures annuel strict inscrit dans la loi, le secours deviendra la règle pour des raisons de coût, transformant le Ricanto en centrale fossile permanente.
- LE MENSONGE DE LA RESSOURCE
EDF promet du biocarburant à tous les Systèmes Énergétiques Insulaires (Corse, Guyane, Réunion, Antilles).
Saturation de la filière : l'usine de Saint-Nazaire (Groupe Avril/Cargill) ne peut pas fournir les 600 000 tonnes nécessaires à l'ambition globale d'EDF.
Pour compenser, EDF devra importer du colza OGM d'Australie ou du Canada. Brûler des OGM à Ajaccio est une insulte à l'image de "Corse Propre".
Le surcoût financier : le biocarburant coûte 30 à 50% plus cher que le fioul. En l'absence de contrainte juridique, EDF arbitrera toujours en faveur de sa rentabilité au détriment de l'air des Ajacciens.
LA "SIGNATURE" DES MÉTAUX LOURDS
Le fioul léger n'est pas un carburant propre. Sa combustion rejette des poisons invisibles :
Nickel et Vanadium : le vanadium est le marqueur exclusif du pétrole. Sa présence dans les fumées prouverait la trahison d'EDF sur le "100% bio".
Particules Ultra-Fines (PUF) : le Ricanto émettra des milliards de particules par seconde. Ces PUF (< 0,1 micron) passent directement dans le sang, provoquant cancers et maladies cardiovasculaires.
Le piège de l'inversion thermique : l'hiver, l'air froid emprisonne ces fumées au sol dans la cuvette d'Ajaccio. C'est l'effet "chambre à gaz" nocturne, au moment précis où le chauffage impose une marche forcée de la centrale.
- LE DÉCRYPTAGE DU "MIX ÉNERGÉTIQUE" (Le Trépied)
EDF tente de diluer la pollution dans une moyenne annuelle (Hydraulique / EnR / Thermique).
Le mensonge des 30% : sur l'année, le thermique semble minoritaire. Mais en hiver, à 19h, le thermique assure jusqu'à 90% de la puissance appelée.
On ne fait pas de "moyenne" de la pollution. Si le poison est injecté 3 mois par an lors des pics de froid, l'impact sanitaire est total. La pollution ne se répartit pas uniformément sur l'année. Elle est concentrée massivement lors de ces pics de froid où le Ricanto sera sollicité au maximum de sa puissance. L'impact sur les poumons des Ajacciens est donc lié aux 90% de puissance de pointe, pas aux 30% de la moyenne annuelle.
" si vous gérez une flotte de bus, vous ne regardez pas la vitesse moyenne sur l'année pour savoir si vos freins sont bons. Vous regardez la vitesse maximale en descente. Pour le Ricanto, c'est pareil : peu importe que la moyenne annuelle soit de 30%, ce qui compte c'est que lors du pic de froid, la centrale tourne à 90% de sa capacité de réglage. Si à ce moment-là elle va bruler du fioul léger, elle saturera l'air d'Ajaccio de poisons."
- LE "LISSAGE" DE QUALITAIR
Qualitair publie des moyennes. Or, une moyenne lisse les pics de pollution. Si la centrale émet un nuage toxique pendant 1 heure, il est "dilué" dans la statistique de la journée. Le résultat paraît conforme, mais les poumons ont subi le pic. "Si vous avez les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, votre température moyenne est parfaite, mais vous êtes en danger." Le lissage rend la pollution invisible.
Il faut que les prélèvements de fumées soient faits par des drones pour prélever directement dans le panache et des capteurs mobiles pour mesurer la donnée brute et instantanée. Ainsi cela permettrait de traquer le pic de pollution là où Qualitair fait de la statistique météo. "Nous ne disons pas que les techniciens de Qualitair travaillent mal, nous disons qu'ils sont pieds et poings liés. Quand votre patron s'appelle EDF et que votre banquier s'appelle l'État, vous ne criez pas au loup ».
Les capteurs fixes (balises) ou mobiles (camions laboratoires) sont situés à environ 1,50 m ou 2 m du sol. Un capteur fixe est comme un pêcheur à la ligne qui attend que le poisson passe. Si le vent tourne de 10 degrés, le capteur ne voit plus rien.
Les capteurs au sol mesurent un mélange de tout : chauffage au bois, échappements des voitures, navires à quai et centrale.
EDF pourra toujours dire : "Le pic de particules fines que vous voyez sur la balise de la Rocade, c'est le trafic routier, pas notre centrale." Le capteur au sol ne sait pas faire la différence.
En prélevant directement avec un drone dans la colonne de fumée sortant du Ricanto, on obtient la "signature chimique pure" de la centrale. Si on y trouve du Vanadium, EDF ne pourra pas accuser les voitures ou les camions de livraison.
Les campagnes mobiles de Qualitair sont souvent statiques pendant plusieurs jours à un endroit précis. Si les conditions météo changent, la mesure est inutile. Le drone est dynamique. On peut le diriger exactement là où le vent pousse la fumée. C'est une traque active du polluant, et non une attente passive.
- LE TABOU DE LA FISCALITÉ (TICPE)
Une part vitale du budget de la Collectivité de Corse repose sur la taxe pétrolière (TICPE).
Le conflit d'intérêt : La Collectivité a un intérêt financier direct à ce que l'on brûle du fioul. Passer au bio (souvent détaxé) créerait un trou budgétaire que l'État ne s'est pas engagé à compenser à l'euro près.
NOS 3 EXIGENCES "NON-NÉGOCIABLES"
VERROU JURIDIQUE : inscription dans la PPE d'un plafond d'heures annuel de fonctionnement au fioul léger, sous peine de sanctions financières pour l'exploitant.
CONTRÔLE CITOYEN : accès permanent aux registres de cargaison des navires livrant la centrale par pipeline (fin de l'opacité du "tuyau").
SURVEILLANCE SCIENTIFIQUE : mise en place d'un réseau de capteurs de métaux lourds (Ni, V) et de Particules Ultra-Fines, géré par un collège indépendant et financé par EDF.