16/09/2025
Petite interview d'Arnaud, facteur d'orgues chez Orgues De Facto 🔧🎹
- Qu’est-ce qu’un relevage ?
Un relevage, ce n’est pas une restauration complète. Dans le cas d’une restauration, l’instrument est entièrement démonté et transporté à l’atelier. Le relevage, lui, consiste à nettoyer l’orgue, à vérifier son état et à réparer les pièces défectueuses afin de faciliter l’entretien annuel. En général, il intervient tous les 25 à 30 ans. Pour l’orgue de Bailleul, près de 1 000 tuyaux ont ainsi été déposés.
- Pourquoi l’orgue Gonzalez de l’église Saint-Vaast de Bailleul est-il un instrument remarquable ?
D’abord parce qu’il est l’œuvre de Victor Gonzalez, l’un des plus grands facteurs d’orgues du XXe siècle, à qui l’on doit notamment les instruments des cathédrales de Soissons et de Reims. Celui de Bailleul est unique, car il a été conçu en collaboration avec Louis Vierne, alors titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris. Par ailleurs, il est construit avec des matériaux d’une grande qualité et possède des parties techniques particulièrement accessibles : c’est un instrument à la fois robuste, confortable et ingénieusement pensé.
- Comment devient-on facteur d’orgues ?
C’est un métier très complet qui demande de maîtriser plusieurs savoir-faire : le travail du bois, du métal et de la peausserie. Le parcours commence souvent par deux ans d’ébénisterie (il existe d’ailleurs une école spécialisée en facture d’orgues en Alsace), suivis de trois ans de formation spécifique en facture d’orgues. Ensuite, deux années supplémentaires permettent de se perfectionner dans la tuyauterie en étain et en plomb. Au total, ce sont environ sept années d’apprentissage, entre école et terrain. Pour ma part, j’ai découvert cette vocation à 12 ans, en restaurant avec mon père l’orgue de notre village : une expérience fondatrice qui a éveillé en moi la passion de ce métier.
(photo : machine pneumatique derrière la console)
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