A mots croisés

A mots croisés Association proposant des ateliers d'écriture, animations autour des mots (adultes & enfants), etc.

Les ateliers d’écriture se suivent et ne se ressemblent pas. À Mots croisés a invité Amandine Tondino, scénariste et réa...
12/06/2026

Les ateliers d’écriture se suivent et ne se ressemblent pas. À Mots croisés a invité Amandine Tondino, scénariste et réalisatrice, à animer un atelier d'écriture scénario (Court entretien avec elle à lire dans le précédent post).

Après une introduction sur l’approche d’écriture de scénario, sur ce qui sépare un récit qui se lit d'un récit qui se tourne, les participants ont réécrit leur récit préféré sous format de scénario.

À savoir qu’un scénario, on l’écrit, on l’oublie, on y revient, on le fait évoluer, on coupe, on reformule, on adapte. La réécriture reste une phase longue, difficile, complexe, qui s'étale parfois sur plusieurs années et se réalise à plusieurs mains. Nous partageons ici un essai d’écriture de scénario, réalisé par Annie sur son récit « Une fraction de seconde ».

Récit narratif original

Quelque part en Sibérie. Un lac. Gelé. Je viens de rejoindre l’équipe de tournage du prochain James Bond pour tourner une scène de course-poursuite. Je serai la doublure d’Irina, une terroriste qui veut la peau du célèbre agent secret.

Le thermomètre affiche moins 50°. Il est 14 heures. Les projecteurs s’allument. Sous ces étoiles artificielles, une armée de techniciens s’affairent, installent des caméras et recherchent les bons cadrages. D’autres guident des drones qui font faire des plans vus du ciel. Un certain, Victor, mon mécanicien, opère les derniers réglages sur ma moto.

À cause du blizzard, je pousse péniblement ma moto jusqu’au niveau d’une croix marquée en peinture fluorescente sur la glace. Je monte sur l’engin, le démarre en le faisant pétarader plusieurs fois pour m'assurer de son bon état de marche.

La radio de mon casque égrène le compte à rebours. Le haut-parleur braille : « ACTION ! » Je m’élance. Plus que quelques secondes avant la cascade. Tout a été chronométré et méticuleusement vérifié sur ordinateur. Les distances, le vent, la vitesse. Je vais lâcher la moto, sauter sur le capot de l’Aston Martin que James conduit, puis glisser et finir ma course sur le toit de sa voiture en marche. Là, je m’immobiliserai grâce à mes gants et à ma combinaison aimantés. La régie télécommandera une mini-caméra blindée qui filmera en gros plan la herse sensée le transpercer.

Je suis prise d’une crise d’angoisse. Un oiseau énorme sort de nulle part. D’un geste de la main, je le chasse de mon champ de vision. Ma tête casquée heurte le pare-brise qui vole en éclat. Mon corps traverse l’habitacle comme une fusée. Je ressors par la vitre arrière.

Me voilà, figée, plaquée sur la glace. J’enrage. C’est alors que j’entends une voix sortir de nulle part. Celle de James : « Bouge pas, Alixe, les secours vont arriver ! »

Essai d’adaptation - Écriture du scénario

1 - Extérieur - Jour
Lac gelé en Sibérie. Une équipe de tournage filme.

Alixe, jeune femme portant un casque, pousse une moto jusqu’à une croix marquée au sol à la peinture fluorescente. Elle enfourche sa moto et fait pétarader le moteur pendant qu'un mécanicien opère les derniers réglages de la moto.

Concentrée, elle écoute le compte à rebours.

Voix off
5, 4, 3, 2, 1

Elle fixe du regard l’Aston Martin, conduite par James Bond.

Voix dans haut-parleur
« ACTION »

Alixe s’élance avec sa moto, droit vers l’Aston Martin, qui roule à vive allure.
Un oiseau entre dans son champ de vision et l’occulte.

Écran noir.

Alixe heurte la tête la première le pare-brise. Il vole bruyamment en éclats.

Crissements de pneus. Bruits de freinage.

Le corps d’Alixe traverse l’habitacle dans un long sifflement, ressort avec fracas par la vitre arrière et glisse sur la glace avant de s’arrêter.

Silence.

James est à genoux auprès d’Alixe.
Il la regarde, sourcils froncés, lèvres contractées, crispées par un rictus.
Il la colle au sol en posant ses mains sur ses épaules pour qu’elle reste immobile.

James
Bouge pas, Alixe, les secours vont arriver !

Alixe
Grrrr (grogrement sourd)

Les ateliers d’écriture se suivent et ne se ressemblent pas. À Mots croisés a invité Amandine Tondino, scénariste et réa...
11/06/2026

Les ateliers d’écriture se suivent et ne se ressemblent pas. À Mots croisés a invité Amandine Tondino, scénariste et réalisatrice, à animer un atelier d'écriture scénario. (Court entretien avec elle à lire dans le précédent post.)

En début d’atelier, Amandine a présenté les grandes lignes de l'écriture de scénario. Le texte doit écrit pour être lu par des producteurs, réalisateurs, comédiens, techniciens, et leur donner envie de s'investir et d'investir (financièrement) dans le film !

La forme est très différente de celle de l’édition. Il faut aller à l’essentiel. Pas de descriptions lourdes, pas de figures de styles alambiquées, pas de métaphores complexes. Des phrases courtes, simples, sèches. Un texte au présent et à la 3e personne. La mise en page est importante. L’en-tête permet de situer la scène / la séquence dans le temps et l’espace (unité de temps et de lieu comme au théâtre) et se présente ainsi :
Numéro de la scène - lieu - intérieur / extérieur - nuit / jour

Pour la narration, il s’agit d’écrire ce que l’on voit et ce que l’on entend, pas les pensées du personnage.
Exemple :
"Julie se sent heureuse."
Cela ne se voit pas, c’est un ressenti, une émotion du personnage.
"Julie se met à danser."
On montre le personnage en train de danser à l'écran, on voit qu’il est heureux.

Le séquencier terminé, il faudra écrire les dialogues en langage parlé.

Prochain post, essai de passage de récit narratif au scénario.

Aller plus loin
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) assure, sous l'autorité du ministre chargé de la Culture, l'unité de conception et de mise en œuvre de la politique de l'État dans les domaines du cinéma et des autres arts et industries de l’image animée, notamment ceux de l’audiovisuel, de la vidéo et du multimédia, dont le jeu vidéo. Une scénariothèque est en ligne pour donner des exemples sur l’exigence attendue pour bénéficier d’un soutien, mais ne sont pas destinés à constituer des formats types. https://www.cnc.fr/professionnels/jeunes-professionnels/scenariotheque

Les ateliers d’écriture se suivent et ne se ressemblent pas. À Mots croisés a invité Amandine Tondino, scénariste et réa...
10/06/2026

Les ateliers d’écriture se suivent et ne se ressemblent pas. À Mots croisés a invité Amandine Tondino, scénariste et réalisatrice, à animer un atelier d'écriture scénario.

C’est avec plaisir que nous partageons aujourd’hui un court entretien avec elle.

Vous êtes scénariste et réalisatrice, pouvez-vous nous en dire plus sur ces métiers de l’écriture et du cinéma ?

Ce sont deux métiers passionnants, qui dans mon cas vont de pair puisque je m’inscris dans une démarche de cinéma d’auteur. L’écriture de films, comme celle des romans, est très longue : on travaille par étapes, par strates, et les différentes réécritures permettent d’aboutir, à l’issue de plusieurs années de travail, à un texte (que l’on espère être) de qualité. A la différence de l’écriture romanesque, les scénarios sont écrits en vue d’être mis en image : ce sont des documents de travail, qui doivent toutefois être rédigés avec soin pour convaincre les guichets de financement et nos différents collaborateurs de nous accompagner sur le film. Quand on écrit pour le cinéma, il y a des moments de joie et de doutes, des difficultés car on est rarement rémunéré à la hauteur de notre travail pendant les phases d’écriture, ce qui demande de jongler avec d’autres métiers ou de vivre dans une forme de précarité. Après des années d’écriture, la réalisation du film va très vite : quelques jours à quelques mois selon la durée (court-métrage ou long-métrage) et le type (fiction ou documentaire) de film. Le tournage est un moment en tension, qui demande de faire les bons choix au bon moment et de s’adapter à de nombreuses contraintes. C’est également un temps merveilleux car il permet d’ouvrir le scénario, écrit seul ou avec peu d’interlocuteurs (dans mon cas), à de nombreux collaborateurs. Il y a quelque chose de grisant dans le fait de sentir comment un projet porté d’abord en solitaire est partagé avec d’autres au cours de la fabrication du film.

Comment naît un scénario ? Est-ce une commande d’une société de production ? D’un réalisateur ou réalisatrice ? S’agit-il d’adapter une œuvre existante (roman, conte, bande dessinée, etc.) ? De s’inspirer de faits réels ?… Ou préférez-vous imaginer votre histoire, choisir votre sujet, construire vos personnages ? Pour réaliser ensuite votre court-métrage ou pour le soumettre à une société de production ?

Un scénario peut naître ou non d’une commande. Dans mon cas, sauf les quelques fois où j’ai pu travailler pour la télévision, le projet de film puis le scénario naissent du désir très intime et durable dans le temps (puisqu’il faudra tenir plusieurs années sur l’écriture) de raconter une histoire. Les inspirations sont diverses me concernant : lecture d’essais, réflexions au long cours sur le monde, lien personnel à un sujet... J’écris sur ce qui me touche et me semble ne pas avoir été déjà abordé au cinéma. Pour écrire mon dernier court-métrage : La nef des fous, qui est un film en costumes, je m’étais inspirée de textes d’historiens médiévistes pour construire un récit de fiction parce qu’il me semblait que cette époque, lorsqu’elle était abordée de manière plausible, racontait aussi notre rapport au monde en tant que contemporains. Le scénario de mon premier long-métrage, qui est en cours d’écriture, s’ancre quant à lui dans le territoire où j’ai grandi : la Nouvelle-Calédonie. Lorsqu’un projet en cours d’écriture me semble suffisamment lisible, je le fais lire à un ou à des producteurs et je vois si celui-ci prend. Lorsque c’est le cas, il faut compter sur de longues phases d’écriture à venir pour préciser, améliorer, convaincre et trouver les fonds pour que le film puisse, éventuellement, se tourner.


Pouvez-vous nous en dire plus sur les phases d’écriture de scénario, script, story-board ? Travaillez-vous avec une méthode précise ? Comment abordez-vous l’écriture des dialogues ? Y a-t-il des phases de réécriture ?

L’écriture d’un scénario se fait en entonnoir. On commence en général par développer ses idées, ses intentions, des personnages, avant de passer à l’écriture d’un synopsis (quelques lignes à quelques pages) puis d’un traitement (entre 10 et 20 pages) et enfin d’une continuité dialoguée (scénario). Pendant les réécritures, ces différents documents sont retravaillés lorsque la structure du film change ou qu’il faut déposer le projet à de nouveaux guichets (aides à l’écriture, résidences, aides à la production etc.). Je crois que la méthode dépend des projets et des auteurs mais sur l’écriture de long-métrage de fiction, il est nécessaire, à mon sens, de passer par des points structurels précis pour que le récit soit intéressant et dynamique : situation initiale, points de bascule, midpoint, résolution(s) etc. C’est une écriture assez technique et qu’en même temps on doit sentir vivre avec nous et avec les personnages. Pour dialoguer, je passe souvent par l’oralité et, surtout, je réécris beaucoup et je coupe ce qui n’est pas nécessaire : c’est souvent plus intéressant lorsque les émotions passent par les actions, les gestes, plutôt que par les dialogues.


Quel message ou quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans l’écriture de scénarios ? Un mot à ajouter ? Un message à faire passer ?

Faites preuve de patience et d’humilité, acceptez sans vous décourager que ce que vous écrivez ne sera bon qu’après de nombreuses réécritures – et c’est normal, l’écriture est un travail de marathonien.ne ! Lorsque l’on se lance dans l’écriture de scénario avec l’objectif d’une pratique professionnelle, il est important également de bien s’entourer et de savoir prendre les retours que l’on nous fait sur nos textes, les refus qui ne manqueront pas de venir dans un contexte très compétitif, avec philosophie. Et malgré tout, il importe avant tout de savourer et de cultiver le plaisir d’écrire ! Vous pouvez me retrouver sur Instagram et sur LinkedIn (les comptes sont à mon nom).

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Photo © Jda Chai

Deux passionnées d’écriture d’À Mots croisés, Carmen Ferchault et Annie Lamiral, ont participé à l’automne dernier à un ...
08/06/2026

Deux passionnées d’écriture d’À Mots croisés, Carmen Ferchault et Annie Lamiral, ont participé à l’automne dernier à un cycle d’écriture, conçu et animé par Simon Lhéritier, autour de l'exposition « Atala, 1801. Voyage illustré au cœur d'un roman ».

Au printemps, une exposition dans la Bibliothèque de la Maison de Chateaubriand présentait les récits imaginés en atelier dont ceux de Carmen et Annie (voir post précédent + photos).

Aujourd’hui, le recueil vient d’être publié et mis en ligne sur le site internet de
la Maison de Chateaubriand
https://www.calameo.com/hauts-de-seine/read/0064434350cd7da16417f

À suivre les récits d’Annie, publiés dans le recueil. Bonne lecture !

🔹Atelier « Atala à la toile » où il s’agissait d’imaginer une critique d’art fantaisiste. Annie a choisi de s’inspirer du tableau « Atala panse la blessure de Chactas », J. Duthé, d’après Charles Abraham (1812 ?)

Ce couple, où est-il ?
Quelque part en Louisiane…

Ce couple, qui est-il ?
À gauche, Chactas, un jeune explorateur français
Hier encore, Chactas partait à l’inconnu à la conquête de nouvelles contrées à la recherche de l’or. Hier encore, il voguait paisiblement sur son radeau sur le Mississipi. Hier encore, il défiait les locaux qui lui déconseillaient de pénétrer cette jungle hostile, de s’embarquer sur ce fleuve, pas toujours si tranquille. Ses eaux pouvaient devenir tumultueuses et surprendre les navigateurs inexpérimentés. Difficile alors de tenir le cap dans les rapides, puissants et dangereux. De fait, il pouvait vite générer des accidents plus ou moins fatals !

À droite, une jeune indienne de la tribu Nachez
Atala, alertée par des hurlements de détresse, s’approcha du rivage. Elle qui d’habitude ne rencontrait que des papillons multicolores, des mouches bleues, des colibris, des perruches vertes, des geais d’azur, des cardinaux et des oiseaux moqueurs, nichés dans les micocouliers et les fougères géantes. Elle aperçut une silhouette agonisante. Un homme, jeune, au corps musclé, à la peau d’une étrange blancheur, était adossé à un rocher. À sa vue, il cacha rapidement sa nudité sous une draperie. Dans la chaleur humide du jour, Atala s’approcha de lui. Elle se sentait happée par sa beauté. Si singulière. C’était la première fois qu’elle voyait un étranger ? Elle sentait son cœur vibrer. Son cœur s’emballait. Son esprit était bousculé par des pensées des plus folles. Et, si c’était cela l’Amour ? Elle posa en silence sa main sur le bras de Chactas. Lui fit un bandage avec son jupon pour arrêter l’hémorragie. Maintenant, ils se regardaient en silence. Ils se rapprochèrent comme deux cygnes solitaires et s’enlacèrent. Une étreinte vigoureuse, longue, passionnée.

Un objet, un secret d’histoire
Cet objet intriguant, posé juste à côté de l’arc de notre aventurier, est une boîte de sardines. Étrange, n’est-ce pas ! C’est un ajout, une petite farce du concepteur de cette image, créée avec un nouveau programme d’intelligence artificielle, appelé Cerise 3.0. Il a placé ici un détail d‘un autre fameux tableau de Pierre-Jérôme Gordon, « La Conserverie de la Famille Blanche à Concarneau », huile sur toile du XVIIIe siècle. Cette boîte est particulièrement intéressante car, en fait, sous les sardines étaient cachées des perles de contrebande comme l’inspection des douanes, le révéla quelques années plus t**d, dans un documentaire diffusé par ARTE.

Un détail qui fait marque
Pour les amateurs de détails, att**dez-vous sur les pieds de Chactas. Il porte des nu-pieds à semelle rouge. Ce sont précisément ces chaussures qui ont inspiré au XXe siècle Christian Louboutin, les semelles rouges devenant sa marque de fabrique. Aujourd’hui encore, Louboutin est commercialisé de par le monde. Sa collection s’est étendue à des escarpins et à des bottines.

La nature au XIXe siècle
Vous avez sûrement noté, cher visiteur, cet arbre insolite, une espèce maintenant disparue depuis le réchauffement climatique et l’invasion de sauterelles gloutonnes venues de la planète Mars au 22e siècle. Aujourd’hui, seul son nom perdure : « Palmier ». Une appellation utilisée en pâtisserie pour désigner cette délicieuse viennoiserie en pâte feuilletée repliée, évocatrice des branches du palmier.

L’histoire d’Atala
Pour accéder au résumé en quatre minutes et sept secondes : « Une rencontre, un amour impossible. », scannez ce code QR pour accéder au podcast.
Si vous aimez lire (temps de lecture approximatif 95 heures), téléchargez l’œuvre complète « Atala » de François-René de Chateaubriand sur le tout nouveau site de la Maison de Chateaubriand.

Le bonus
À l’issue de la visite, prenez-le temps, cher visiteur, de vous att**dez dans l’un des fauteuils Chesterfield de la bibliothèque et méditez cette phrase de François-René de Chateaubriand, extraite d’Atala :
« Si tu crains les troubles du cœur, défie-toi de la solitude. »

🔹 Atelier « Atala à l’étal » où il s’agissait de s’inspirer d’un extrait d’Atala et le transposer dans un univers pas très glamour.

Mamama

Mamama me remit un tote-bag qu’elle avait pris soin d’apporter. Ensuite, elle me glissa quelques billets et petites pièces dans la main.

« C’est un baume », lui dis-je « que je veux pour apaiser ma plaie ».
« Je crains que la pharmacie ne soit fermée aujourd’hui », me répondit-elle avant d’ajouter « Prends aussi du sirop pour la toux, de l’aspirine et des suppositoires. Il y a beaucoup de rhumes, ces temps-ci. Il faut prévoir de quoi les traiter. Moi, je vais faire un tour à la librairie et à la bijouterie. On se retrouve où la crêperie ! »

Chacune de notre côté, nous prîmes notre chemin. Elle, vers le côté Ouest, celui du couchant. Pour moi, vers l’escalator pour rejoindre le niveau deux. Nous ne t**dâmes pas à nous apercevoir que nous perdions beaucoup de temps à chercher nos magasins et à faire la queue pour payer.

Le temps s’égrenait à toute vitesse. Ce centre commercial était immense géant, démesuré comme la forêt amazonienne. Sans expérience de ces galeries interminables, nous nous détournions de notre vrai chemin. Nous marchions à l’aventure. Qu’allions-nous devenir ?

Mamama m’envoya un SMS. Elle me racontait ses déboires. Je prenais soin à mon tour de l’informer des miens. Les heures passèrent et, puis, par un heureux hasard, nous tombâmes nez à nez devant la fameuse crêperie.

C’était comme si nous finissions une course à la nage entre des crocodiles ou que nous sortions d’un labyrinthe. Épuisées l’une et l’autre, nous n'avions plus qu’une seule hâte, fuir cette terre hostile. Mamama posa ses mains tendrement sur mon visage, caressa mes cheveux, m’embrassa tendrement. Comme deux cygnes voyageurs, nous partîmes bras dessus, bras dessous, rejoindre le parking par l’ascenseur pour éviter tout égarement, toute nouvelle désorientation.

Depuis ce jour, nous faisons notre shopping toujours ensemble. Nous refusons obstinément toute déambulation solitaire et savourons le plaisir de déguster tranquillement une délicieuse crêpe au sucre avec une petite bolée de cidre doux !

Deux passionnées d’écriture d’À Mots croisés, Carmen Ferchault et Annie Lamiral, ont participé à l’automne dernier à un ...
07/06/2026

Deux passionnées d’écriture d’À Mots croisés, Carmen Ferchault et Annie Lamiral, ont participé à l’automne dernier à un cycle d’écriture, conçu et animé par Simon Lhéritier, autour de l'exposition « Atala, 1801. Voyage illustré au cœur d'un roman ».

Au printemps, une exposition dans la Bibliothèque de la Maison de Chateaubriand présentait les récits imaginés en atelier dont ceux de Carmen et Annie (voir post précédent + photos).

Aujourd’hui, le recueil vient d’être publié et mis en ligne sur le site internet de la Maison de Chateaubriand
https://www.calameo.com/hauts-de-seine/read/0064434350cd7da16417f

À suivre les récits de Carmen, publiés dans le recueil et tirés de l’atelier « Atala à l’étal » où il s’agissait d’imaginer un univers autour d’un « Atala shop ». Bonne lecture !

Atala dans tous ses états

9 h lundi matin dans les locaux d’Ikéo, brainstorming en vue de la nouvelle collection.
- Bon, je vous ai réunis, la situation est critique pour l’entreprise. Urgente même. Il faut absolument qu’on sorte du lot, qu’on propose « the produit » celui qui ne laissera pas de place à la concurrence. Et elle est sacrément rude cette concurrence. Alinéo, Maison de mon monde, Cocktail norvégien nous grignotent des parts de marchés. Nous sommes cernés de toutes parts et ça vas mal finir pour nous si on ne redresse pas la barre. Alors, qui d’entre vous a une idée de génie ? Qui ?
Silences gênés, regards fuyants.
- Allez « guys », des idées, des idées, des idées, je veux que ça fuse de toutes parts.
Timidement, un doigt se lève.
- Moi, j’ai bien un truc en tête…
- Ah, enfin, vas-y, nous t’écoutons Romuald.
- Et bien voilà, ça m’est venu l’autre jour lorsqu’avec ma femme nous visitions l’exposition « Atala dans tous ces états » à la maison Chateaubriand …
- Romuald, stop, c’est très bien de nous raconter ce que tu fais en dehors de tes heures de travail, mais qu’est ce que ça à voir avec ce qui nous préoccupe ? On vend des meubles, je te rappelle, et si tu ne veux pas finir à France Travail, je te suggère de ne pas nous faire perdre un temps précieux.
- Justement j’y viens. Donc, je visitais l’expo et je tombe sur cette gravure. Tenez, je vous fais passer mon téléphone, pour que vous puissiez vous rendre compte. C’est Atala et Chaclas sur un radeau descendant le fleuve Mississipi.Observez attentivement le radeau. Comment les rondins s’articulent à l’aide de cordes. Alors, on va s’inspirer de ce radeau et proposer à nos clients un canapé/radeau qu’ils vont pouvoir assembler et désassembler eux-mêmes, à volonté. Il faut faire de la place ? Aucun problème ! On défait le cordage et on range le tout dans un placard. Et attendez le meilleur est à venir ! L’été, emportez-le avec vous et le canapé se muera en embarcation pour faire du rafting. Deux achats en un. Alors, malin non ? Vous en dites quoi ?
- Romuald, c’est la chose la plus grotesque que je n’ai jamais entendue, mais aussi la plus géniale. Je vais même aller plus loin, on va proposer des sessions d’entraînement pour nos clients et démos dans tous nos magasins. Avec ce concept, on va clouer le bec à la concurrence. Ikéo,toujours un temps d’avance. Romuald, tu viens d’obtenir de l’avancement, tu passes chef de projet. Tu veux l’appeler comment ton bébé ?
- Chactala, je verrais Chactala.


Inoubliable Saint-Valentin

Pour la Saint-Valentin, offrez un cadeau innovant, hors du commun. Oubliez, les chocolats, fleurs et autres bijoux, tellement communs.

Invitez votre moitié à partager un week-end original pour sortir des sentiers battus. Une descente de rivière à remous en radeau, comme Chaclas et Atala. Frissons garantis et sensations fortes au programme.

Si l’amour de votre vie parvient à survivre à cette épreuve, la société vous fournira un poison mortel et une pelle pour creuser vous-même sa sépulture.
Pour toute souscription avant le 31 décembre, un flacon de larmes amères vous sera offert.

Avec ce week-end, clefs en main, vivez l’amour fou avec votre partenaire. Cadeau idéal pour couples au bord de la rupture, venez à deux, repartez seul mais le cœur léger d’avoir vécu ensemble une vision extrême de vos sentiments.

Cadeau bonus pour les 100 premières inscriptions, une pelle gravée à vos deux initiales, pour garder un inoubliable souvenir. Vous pourrez vivre et revivre cette journée jusqu’à votre incarcération.

La société Mortalis décline toute responsabilité vis-à-vis des services judiciaires. Avocat non compris dans les prestations sauf option supplémentaire.

Deux passionnées d’écriture d’À Mots croisés, Carmen Ferchault et Annie Lamiral, ont participé à l’automne dernier à un ...
06/06/2026

Deux passionnées d’écriture d’À Mots croisés, Carmen Ferchault et Annie Lamiral, ont participé à l’automne dernier à un cycle d’écriture, conçu et animé par Simon Lhéritier, autour de l'exposition « Atala, 1801. Voyage illustré au cœur d'un roman ».

Au printemps, une exposition dans la Bibliothèque de la Maison de Chateaubriand présentait les récits imaginés en atelier dont ceux de Carmen et Annie (voir post précédent + photos).

Aujourd’hui, le recueil vient d’être publié et mis en ligne sur le site internet de la Maison de Chateaubriand.

À suivre dans nos prochains posts les récits imaginés par Carmen et Annie, publiés dans le recueil !

PDF à feuilleter
https://www.calameo.com/hauts-de-seine/read/0064434350cd7da16417f

PDF du recueil :https://vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr/images/MaisonChateaubriand/Publications/Ateliers_ecriture/Recueil_atelier_ecriture_Simon_Lheritier_Atala_2025_DEF_VInternet.pdf

Page des ateliers : https://vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr/publications/les-editions-de-la-maison-de-chateaubriand/181-textes-et-recueils-des-ateliers-d-ecriture

(C) Illustrations : Maison de Chateaubriand
https://vallee-aux-loups.hauts-de-seine.fr/

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en sile...
04/06/2026

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en silence, dans un espace familier : le Parc Richelieu de Bagneux.

Le silence devient ressource, l’écriture devient sensible. L’exercice n'est pas de chercher, mais d’attendre, d’avancer sans intention, de regarder, écouter, sentir, toucher, de s’arrêter, de cueillir un détail, un rien inattendu. Le parc devient un prétexte pour apprendre à s'arrêter. L'attention devient la tension de l'écriture : « Presque rien, et pourtant »

A suivre le récit imaginé par Francine !

Ma Cabane au parc

Après une journée de travail, je vais rejoindre ma petite famille. Quelques pas dans l’allée montante du Parc Richelieu sous le soleil déjà chaud d’un jour de printemps. Je m’arrête un moment, devant un hêtre pleureur majestueux, sûrement vieux de plusieurs décennies. Je sors de l’allée bétonnée, marche sur le tapis d’herbe vers lui. Je réponds à son invitation à pénétrer son ombre.

Je fends le rideau vert de ses feuilles, pour me glisser dans son intimité. Aussitôt, je me sens comme dans un cocon, enveloppée et protégée par ce plafond de branches enchevêtrées garnies d’un feuillage touffu, percé de quelques rayons de soleil. Plafond qui descend jusqu’au sol. Je prends place sur une grosse racine, m’en servant comme un fauteuil, le tronc rugueux de dossier. Sur le sol courent ses racines, formant une toile emprisonnant des végétaux secs, restes de l’hiver. Les feuilles mortes et sèches composent un tapis marron à l’odeur musquée, qui crissent sous mes pieds. Des oiseaux ont trouvé refuge sur ses branches hospitalières, la mélodie de leur chant me fait sortir de ma rêverie.

Ici, il fait bon se reposer, loin du tumulte de la ville. Je ferme les yeux, confortablement installée dans mon sofa improvisé, je suis à l’écoute de la musique de la nature, la symphonie des oiseaux, le bourdonnement des insectes virevoltant et le bruissement des feuilles. Je hume l’odeur de la terre humide qui me fait penser aux champignons. Je savoure l’instant présent un long moment, avant d’être rappelé à la réalité, par les cris d’un enfant. « Maman, maman, tu te caches où ? »

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en sile...
03/06/2026

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en silence, dans un espace familier : le Parc Richelieu de Bagneux.

Le silence devient ressource, l’écriture devient sensible. L’exercice n'est pas de chercher, mais d’attendre, d’avancer sans intention, de regarder, écouter, sentir, toucher, de s’arrêter, de cueillir un détail, un rien inattendu. Le parc devient un prétexte pour apprendre à s'arrêter. L'attention devient la tension de l'écriture : « Presque rien, et pourtant »

A suivre le récit imaginé par Isabelle !

Une porte ouverte…

Ouverture d’un univers. Ce point cardinal m’arrête, revêtu d’une longue robe de bois et d'herbacées.

Je rentre. J’arpente. Je hume. Je goûte l’air de ce Richelieu au galero verdoyant, enterrant sans détour son ancêtre orné d’un rouge massacreur. L’air y est doux. Je découvre un être végétal en pelade. Ta présence majestueuse au corps imposant signe ton âge de sagesse. Ta hauteur incline ma tête de toute son amplitude. Découvrir ta chevelure. Qui es-tu ?

Je regarde tes feuilles qui ornent tes branches tentaculaires pour deviner ton nom. Tu le garderas secret. J’accepte. Ta coiffe si généreuse m’offre un espace ombragé, me préserve de ces rayons étincelants qui colorent sans préavis ma peau d’un rouge intense. Je m’assiérai bien quelques instants mais le temps m’est compté et non loin de toi je reçois l'appel de ton cousin. Merci de ton invitation, cher inconnu.

Je pars découvrir cette sphère à ras du sol. Une souche aux nervures noircies dégage une puissance.

Bonjour,
Je regarde tes perles de miel.
Qu’est-ce donc, qu’aucun insecte ne s’aventure à te savourer ?

Telle une assiette qui propose son mets, la dégustation est tentante. Je dépose un doigt sur une de tes perles collantes. Je n’ose porter à ma bouche ta sève qui circulait dans tes veines et que tu montres au grand jour. A qui s’y prendra !
Tu dévoiles ta famille, incontournable beauté de cette délicieuse senteur résineuse. Je ferme les yeux. Ta saveur arrive jusqu’à mes papilles.

Le temps m’est compté.
L’heure a sonné.
Je pars vous conter.

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en sile...
02/06/2026

Pour ce nouvel atelier, Annie Lamiral, intervenante À Mots croisés a choisi d’inviter les écrivants à une balade en silence, dans un espace familier : le Parc Richelieu de Bagneux.

Le silence devient ressource, l’écriture devient sensible. L’exercice n'est pas de chercher, mais d’attendre, d’avancer sans intention, de regarder, écouter, sentir, toucher, de s’arrêter, de cueillir un détail, un rien inattendu. Le parc devient un prétexte pour apprendre à s'arrêter. L'attention devient la tension de l'écriture : « Presque rien, et pourtant »

A suivre le récit imaginé par Charlotte !

Création

Tu vois, Monseigneur, j’ai bien listé tous les détails que j’ai vus dans le parc Richelieu. Je suis ébloui par ta créativité : petit escargot rampant sur une feuille, limace sur un brin de pelouse, perruche perchée en haut d’un arbre. Ça, c’est pour le monde animal. Tu as oublié les papillons, donc je suis quand même un peu déçu.

Maintenant, pour le monde végétal : hêtre magistral, saule pleureur solennel, pâquerettes décorant la pelouse, cavité ovale dans le tronc d’un arbre, tu as fait du bon boulot. Mais, laisse-moi te dire que tu peux mieux faire. Tu n’as pas mis assez de fleurs sur la pelouse, ce détail ne m’a pas échappé.

Toi qui te vantes d’être le Créateur, avec un C majuscule, tu étais un peu en panne d’inspiration aujourd’hui.Tu nous as cependant offert le soleil et la chaleur. L’inconvénient, c’est qu’il y avait trop de monde dans le parc.

Tu ne pourrais pas faire disparaître un peu les hommes quand il fait beau ? Non ? Et, pourquoi ? Ah ! Pour mieux contempler ta création ! Ta Création ou tes créations ? Tu hésites ? Moi qui croyais que tu savais tout et pouvais répondre à brûle-pourpoint, me voilà déçu. Mais au moins, tu me réponds. Ah ! du coup, tu dis ta Création plutôt que tes créations, j’en prends note. Mais au fait, pourquoi ai-je vu une perruche écrasée sur le sol au milieu des feuilles ? Pourquoi ne pas lui avoir laissé la vie ? Ah ! La vie et la mort marchent ensemble, main dans la main. Tu es dur quand même !

Dis-moi, j’ai besoin de savoir, quand est-ce que tu me rappelleras à toi ?

Adresse

11 Rue Pierre Brossolette
Bagneux
92220

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