01/10/2026
Bonjour à tous,
Dans très exactement une semaine aura lieu le premier café-philo de l'année, scolaire tout au moins, et nous aurons fort à faire !
Nous n'avons ni plus ni moins que l'outrecuidance de nous attaquer au sujet qui ne cesse d'assaillir les ondes, à raison sans doute.
Inondés donc, à l'instar de ce qu'exige d'eau la sphinge contemporaine, à qui nous croyons soumettre nos questions, quand c'est elle qui commande le sacrifice de nos données.
Immonde l'est-elle? Ce sera un sujet si l'on sait y entendre non le jugement esthétique, ni même moral, mais plutôt celui prenant la langue au sérieux : la négation d'un monde.
La "honte prométhéenne" (Anders), le "Prométhée définitivement déchaîné" (Jonas), doivent-ils être les signifiants maîtres de notre ère, au nom d'une course à la productivité que nous perdrions à la faveur de la Chine, des Etats-Unis, si nous commettions l'erreur (le sacrilège?) de ne pas prendre ce train en marche? Ou bien préserverions-nous la créativité d'esprits désenglués d'un hypnotique défilement dopaminergique ? La question de l'interdiction (le "djihad butlérien" spectaculairement anticipé par Frank Herbert dans la saga "Dune", 1965) sera peut-être reléguée au rang de l'utopie pour les uns, d'une éventuelle dystopie pour les autres. D'un non-lieu quoi qu'il en soit, il ne saurait être question.
La question de l'usage alors, à la condition expresse que l'on ne s'en tienne pas à la trop naïve représentation d'un outil dont la neutralité serait supposée, au bénéfice (détriment?) de l'intention de son utilisateur, ne serait-ce que parce qu'il ne s'agit pas d'un outil. L'usage serait bien plutôt à questionner du côté de ses conséquences civilisationnelles, au sens nietzschéen du problème de la civilisation, freudien, d'un nouveau malaise dans la civilisation, ou encore simondonien de la modification essentielle de nos organisations.
Et puis bien évidemment, la question de l'émergence, laquelle nous conduira inéluctablement à interroger la nature de l'intelligence, et de ce que l'on nomme conscience. Si cette dernière semble potentiellement de plus en plus accessible à la machine (Naccache), qu'en est-il de l'inconscient? Ne s'affirmerait-il pas, dans le droit fil de la parole, l'irréductible spécificité de l'humain? La vieille question philosophique du propre de l'homme nous taraudera alors à son tour.
De la masse de ces dimensions disruptives, j'en omets, mais à tout le moins avons-nous déjà là matière. Encore faudra-t-il demeurer esprits. Serait-ce "ça, ou mourir" ?
Au plaisir de très bientôt vous entendre donc : mercredi prochain, 07 octobre, au cinéma Arletty (que soient remerciés nos hôtes à la générosité si constante), 18h30.
François VL.