21/06/2026
L’AMF48 est présente aujourd’hui, dimanche 21 juin 2026, à la Fête de la Transhumance du Mont Lozère !
Jean de Lescure, vice-président de l’AMF48, et Olivier Maurin, membre de l’association et maire de Prévenchères, participent à cet événement emblématique de notre territoire.
Cet après-midi, une conférence consacrée aux liens entre le pastoralisme et le développement des territoires communaux a réuni Olivier Maurin, le Directeur du Parc national des Cévennes, le président de l’IGP ELOVEL – Agneaux de Lozère et le Département de la Lozère.
Les échanges ont rappelé les nombreuses contraintes auxquelles sont confrontés les éleveurs, avec pour conséquence une baisse de la production et un enjeu majeur : l’installation de jeunes agriculteurs et la reprise des exploitations. La diminution de la main-d’œuvre agricole et la transmission des savoir-faire ont également été soulignées.
Le président de l’IGP ELOVEL a rappelé l’importance du cahier des charges de la filière, qui repose notamment sur l’autonomie fourragère des exploitations, garantissant un élevage de qualité et ancré dans le territoire.
Comme l’a rappelé Olivier Maurin, le pastoralisme repose avant tout sur les agriculteurs et sur la prise en compte des problématiques remontant du terrain : écobuage pastoral, prédation et maintien des exploitations. L’écobuage, technique millénaire des bergers, permet de retrouver une herbe de qualité pour les troupeaux. La brebis joue également un rôle essentiel en limitant l’embroussaillement et en contribuant à la prévention des incendies.
Olivier Maurin a également rappelé que le cheptel ovin français a diminué de près de 40 % en vingt ans et que les éleveurs consacrent de très nombreuses heures de travail à leur activité, créant parfois un décalage avec le reste de la société. Les aides de la PAC demeurent ainsi indispensables à la viabilité des exploitations lozériennes.
Le Directeur du Parc national des Cévennes a souligné la spécificité d’un parc « vivant », où l’enjeu est de permettre à chacun de vivre durablement sur le territoire : éleveurs, habitants et touristes, tout en préservant la faune et la flore. Les enjeux liés à l’eau ont également été évoqués, notamment pour éviter les incendies pouvant affecter les zones humides.
« L’ouverture des milieux est le meilleur canadair du monde » : cette formule illustre parfaitement le rôle majeur du pastoralisme dans l’entretien des paysages et la prévention des risques naturels.
Le dialogue entre tous les acteurs est essentiel pour faire émerger des solutions adaptées aux problématiques locales. Si la loi s’applique à tous, elle évolue également, et les agents accompagnent les éleveurs dans leurs démarches. Des médiateurs pastoraux sont d’ailleurs déployés afin de favoriser la cohabitation entre les activités d’élevage et la fréquentation touristique.
Emmanuelle Solignac, chargée de développement au Département de la Lozère, a rappelé la nécessité de garantir une présence humaine sur le territoire, notamment pour assurer la reprise des fermes. Avec près de 6 millions de nuitées touristiques chaque année en Lozère, le monde agricole joue un rôle déterminant dans la préservation des paysages, qui constituent l’un des principaux atouts de l’attractivité touristique du département.
Le Département de la Lozère soutient également fortement les activités de pleine nature et a mis en avant l’application mobile « Lozère Outdoor », qui permet de découvrir le territoire tout en sensibilisant les visiteurs aux bonnes pratiques, notamment à proximité des troupeaux.
Le pastoralisme est une richesse pour la Lozère car il façonne nos paysages, entretient nos espaces naturels et participe pleinement à la vitalité et à l’avenir de nos communes rurales.